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Dossier Thématique Amérique Centrale
Mémoire et identités centre-américaines

Agunbiraha wamutiñu iun hebelurun tumou baruwa garífuna : Nous vous invitons à entrer dans la nation garifuna

Jimmy Dos Santos et Ricardo Torre

Résumés

Ce travail se propose d’explorer le monde peu connu de la nation garifuna en Amérique centrale. Une étude historique et culturelle a pour but de répondre à la problématique suivante : dans quelle mesure la nation garifuna se caractérise-t-elle par une identité forte au sein de l’Amérique centrale ? Deux entretiens inédits avec deux membres de cette communauté afro-amérindienne apportent des éléments essentiels à la compréhension de la complexité de la nation garifuna. Seront successivement abordées la genèse de la culture métissée garifuna dans les Caraïbes, les péripéties historiques de guerres et d’exils forcés des Garifuna, la revendication du nom garifuna et l’importance de leur langue.

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Texte intégral

Introduction1

  • 1 Le présent article est la réélaboration par les auteurs d’une recherche effectuée par Jimmy Dos San (...)
  • 2 L’entretien avec M. Reyes est reproduit en annexe. Dans le corps de l’article, nous y ferons référe (...)

1Dans la lignée des travaux précurseurs en France du sociologue Carlos Agudelo (entre autres : 2011, 2012, 2018), nous proposons d’explorer l’espace culturel et identitaire de la nation garifuna. Peuple métis afro-amérindien, les Caraïbes noirs habitent aujourd’hui quatre pays d’Amérique centrale (le Honduras, le Bélize, le Guatémala et le Nicaragua) et les États-Unis. La problématique sous-tendant cette étude peut être énoncée ainsi : dans quelle mesure la nation garifuna se caractérise-t-elle par une identité forte au sein de l’Amérique centrale ? Deux entretiens inédits réalisés en 2019 par Jimmy Dos Santos avec deux représentants de cette communauté nourrissent notre réflexion et notre approche culturelle. Il s’agit de M. Rubén Reyes, expert de la langue garifuna et représentant de la nation garifuna au Honduras, et de M. Carlos Bodoma, guide de cérémonies ancestrales de l’úgulendu (nom de la spiritualité de la communauté) au Honduras aussi2. Notre hypothèse centrale est que la survie de cette communauté est en lien direct avec l’affirmation de leurs productions et de leurs valeurs culturelles, telles que la langue, la musique et la spiritualité.

  • 3 Tout au long de ce travail, nous nous servirons du mot tribu, lato sensu, dans son acception anthro (...)
  • 4 Dans l’expression « une identité forte », notre intention n’est pas de véhiculer un jugement de val (...)

2Pour comprendre notre démarche réflexive, nous devons d’abord définir trois termes essentiels. Commençons par notre premier cas de figure : un Garifuna (Garinagu au pluriel) est le produit d’un mélange entre deux tribus localisées autrefois aux Petites Antilles, sur l’île de Saint-Vincent, en 1635, à savoir entre Kaliponan (union entre Amérindiens et Arawaks) et Africains (Agudelo, 2012 : p.71), ce qui démontre l’originalité des Garinagu. Ensuite, une tribu3 avec une identité forte4, c’est une tribu qui, entres autres, a eu les ressources mentales et physiques nécessaires pour lutter contre sa disparition. Ceci les différencie des nombreux peuples afro-amérindiens et amérindiens qui ont disparu de la surface de la Terre après l’arrivée des colons en Amérique latine et la mise en place des déportations ainsi que des génocides. De plus, l’identité forte est caractéristique d’une capacité d’adaptation à différentes époques et différents contextes. Notamment celle de la modernité à laquelle il faut savoir s’ajuster pour prouver son existence. C’est ce que nous verrons avec le peuple garifuna qui vit en Amérique centrale depuis 1797.

3Dans un premier temps, nous étudierons non seulement comment la culture métissée de ces hommes et femmes s’est formée au Yurumein (nom donné en garifuna pour faire référence à l’île de Saint-Vincent) mais également les caractéristiques qui les identifient. Pour cela, nous allons évoquer la présence des tribus arawak et amérindiennes sur l’île de Saint-Vincent et qui se sont mélangées pour former la communauté kaliponan. Puis, nous parlerons de l’arrivée d’esclaves africains dès 1635 et du mélange ethnico-culturel qui a eu lieu avec les Kaliponan pour donner vie à la communauté afro-amérindienne.

4Dans un deuxième temps, pour démontrer leur identité forte, nous analyserons pourquoi la culture garifuna a réussi à ne pas disparaitre malgré les agressions et le racisme subis de la part des Français et des Anglais sur une période de 1710 à 1796. Ensuite, nous verrons comment après l’exil en Amérique centrale, en 1797, ils ont su rester solidaires pour survivre pendant plus de deux cents ans sur ce continent, malgré plusieurs difficultés. Entre temps, d’autres peuples amérindiens et afro-amérindiens n'ont pas réussi à élaborer des stratégies suffisamment puissantes pour mettre à mal le système colonialiste, pour préserver leurs terres de tout danger et pour moderniser leur mode de vie.

5Dans un dernier temps, nous nous intéresserons à deux aspects de cette communauté à savoir, la revendication du nom garifuna et l’importance de leur langue. C’est alors que nous verrons les stratégies mises en place pour continuer à garder leur identité culturelle et sociale et à lutter contre l’extinction de leur communauté, ce qui démontre leur force de caractère pour s’inscrire dans la durée et dans le paysage sociopolitique du continent.

Une culture garifuna métissée au Yurumein

  • 5 Selon le site officiel de la fondation pour la préservation du patrimoine culturel de Saint-Vincent (...)

6Auparavant localisés dans l’actuelle Amérique du Sud, les Arawaks ont rejoint l’île de Saint-Vincent entre le IVe et le VIIe s. après J.-C.5. Ils vivaient de manière pacifique et ils pouvaient se nourrir à leur avantage grâce à la pêche (Suazo, 1997 : 16). La tranquillité de ce peuple allait connaître un revirement de situation vers les années 1200. Localisés dans le Delta de l’Orénoque dans l’actuel Vénézuéla et connus pour leur aspect guerrier, les hommes amérindiens appelés Kalinago massacreront toute la gent masculine au Yurumein (Gargallo, 2012 : 16). C’est ainsi que les premiers se mélangèrent avec les femmes arawaks. De cette fusion naîtra la société kaliponan (Suazo, 1997 : 18). L’île ne connaîtra ni la colonisation ni la domination étrangère avant l’an 1797, malgré la présence des Anglais et des Français aux Grandes et aux Petites Antilles. Néanmoins, l’île de Saint-Vincent accueillera les esclaves africains en 1635.

  • 6 Selon Taylor : « a Negro cake composed of Amerindian ingredients » (1951 : 143).

7L’éminent anthropologue et linguiste Douglas Taylor a suggéré l’image d’un gâteau noir à base d’ingrédients amérindiens pour parler des Garinagu6. Cette comparaison prend en compte une part de leur histoire, celle sur l’île de Saint-Vincent après 1635. Le « gâteau noir » se réfère à la génétique de leurs ancêtres africains qui a eu l’ascendant sur celle des Kaliponan. Pour survivre, les Africains ont assimilé plusieurs coutumes amérindiennes. D’une part, les Garinagu ont non seulement la peau noire mais ils sont également imposants tant par leur taille que par leur physique, contrastant ainsi avec le facteur de l’hérédité des Amérindiens Arawaks, moins imposants, à la peau claire et aux traits mongoliens (Suazo, 1997 : 23). Le contraste peut être mis en relation avec le nombre d’Africains parvenus sur l’île du Yurumein pour diverses raisons. Premièrement, le naufrage de deux bateaux espagnols en 1635, qui transportaient des Africains de l’Ouest (Agudelo, 2012 : 74), occasionnera quelques années plus tard l’hybridité garifuna (produit d’un métissage entre les femmes kaliponan et les Africains). Ensuite, cette société connaîtra d’autres bouleversements socio-ethniques avec l’intégration des Cimarrons, anciens esclaves noirs fugitifs des îles voisines (la Barbade, Sainte-Lucie et les Grenadines, alors possessions anglaises). Ces derniers se sont échappés à cause des conditions de vie inhumaines dans les plantations de canne à sucre. Ils joueront un rôle important au sein du mouvement anti-esclavagiste. Enfin, en 1675 un autre naufrage de bateaux hollandais, près de l’île de Bequia, transportant 500 Noirs de la tribu mocoes au Nigéria les rendra majoritaires à Saint-Vincent (ils n’étaient pas moins de 3000 Noirs habitant Saint-Vincent à l’époque ; Suazo, 1997 : 27, 28). Cette référence montre la majorité de Garinagu rencontrée sur l’île par rapport aux Amérindiens. C’est ainsi que les Africains ont influé sur les traits héréditaires. Notons tout de même qu’il existe des Garinagu à la peau claire.

8Par ailleurs, la comparaison de Taylor insiste sur les caractéristiques amérindiennes des Garinagu. Elles sont dues non seulement à l’acculturation des Africains dès leur arrivée à Saint-Vincent, mais également au fait que les esclaves africains ne soient pas du même pays et ne pratiquent pas la même langue, car ils ne sont pas tous arrivés en 1635 (Portilla, 2010 : 3:40-4:07). Alors soucieux du danger de l’esclavagisme européen, ils s’adapteront aux coutumes des Kaliponan, par exemple par la maîtrise du tir à l’arc (Suazo, 1997 : 21), l’usage des ustensiles de cuisine, l’adoption des savoirs culinaires, l’utilisation d’instruments typiques (Reyes, 2019 : r 26) ou encore l’apprentissage de leur langue (caribe composé de la langue des femmes arawaks et du dialecte lexical des Amérindiens, Portilla, 2010 : 3: 40-4:07).

  • 7 Cf. l’entretien avec M. Bodoma en 2019, cité précédemment.
  • 8 Cf. l’entretien avec M. Bodoma.

9Cela nous aide à comprendre pourquoi la culture amérindienne est très présente aujourd’hui. Néanmoins, nuançons l’avis de Douglas Taylor. La couleur de peau et la stature ne sont pas les seuls traits africains des Garinagu. Premièrement, lors de l’entretien avec M. Carlos Bodoma, nous avons appris que les Africains, arrivés à Saint-Vincent, ont emporté différents rites spirituels, provenant des cultures yoruba, bantu et moko. Ils seront à l’origine du nom de la religion garifuna : úgulendu7. Nous constatons qu’il y a une grande diversité dans ces apports culturels africains car les premiers sont d’origine nigérienne et béninoise et les autres proviennent de l’Afrique centrale, de pays comme le Congo. Deuxièmement, M. Bodoma contredit l’idée de M. Reyes (2019 : r 26) sur le fait que les danses sont d’origine africaine, telles que le yankunu au Ghana provenant du chef John Canoe. Sur la base d’une recherche plus approfondie, nous constatons que la punta, danse célébrant la mort, est aussi une ancienne danse africaine appelée bunda8. L’africanité est d’ailleurs présente grâce à la lutte des ancêtres africains des Garinagu contre l’esclavagisme. La peur de l’esclavage leur a permis de s’imprégner plus facilement de la culture amérindienne pour ne pas retomber dans les mains des colons. Enfin, il ne faut pas négliger la présence de la phonétique africaine, laquelle permit de construire une langue hybride qui rendra possible le nom de leur tribu : garifuna (Reyes, 2019 : 20). Tous ces éléments démontrent que les recherches sur ce peuple n’ont pas été épuisées, loin de là, et qu’il y a bien une culture africaine variée, selon les régions et les époques, et vivante chez les membres de la communauté garifuna.

10Pour démontrer l’identité forte de la tribu garifuna, il est nécessaire de remonter au XVIIIe siècle lors de la présence franco-britannique à Saint-Vincent. Les Garinagu se sont imposés sur l’île grâce à leurs caractères hybrides et à un nombre d’individus plus conséquent que les Kaliponan. La fraternité entre les deux communautés est ainsi devenue une animosité, ce qui provoqua une division interne au Yurumein. Pendant ce temps-là, le mélange afro-amérindien représentait un problème pour les colons français et britanniques qui possédaient des territoires et des esclaves noirs aux Grandes et aux Petites Antilles. En effet, les Garinagu, de couleur noire, étaient libres et jouissaient des terres qu’ils avaient occupées. Considérés à l’époque comme inférieurs et au dernier rang de l’échelon social (société de castes), y compris « après » ou en-dessous des Amérindiens, à cause de leur teint, la tribu garifuna s’est confrontée aux deux nations européennes. Ces deux dernières ont essayé de les déposséder de leur liberté. En dépit de cet essai, ou pouvons-nous dire à la suite de celui-ci, la détermination et le caractère des Garinagu se sont affirmés.

Une culture menacée au cours de son histoire

11La démarche anti-esclavagiste des Garinagu a fait que la relation avec les Britanniques, dans les années 1760-1796, s’est résolue par de nombreuses guerres pour une raison, à savoir que les Anglais voulaient absolument récupérer l’île acquise grâce au Traité de Paris signé avec les Français en 1763. C’est alors que la communauté garifuna a vécu plus de 30 ans de guerre sur l’île de Saint-Vincent. Le « clan » garifuna a dû subir des rumeurs infondées transmises par les Anglais (selon lesquelles les Garifuna auraient possédé des esclaves noirs [Gargallo, 2012]) pour justifier l’élimination et l’acquisition d’un nouveau territoire. Les Anglais cherchaient à créer des divisions. En effet, lors de la dernière guerre en 1796 à Saint-Vincent, ils avaient emmené des esclaves et des esclaves affranchis avec comme mode opératoire : « divide y vencerás » (Portilla, 2010 : 5:56-6:23) afin de créer une fracture au sein des communautés noires et de remporter la guerre. En outre, les Anglais se servaient aussi de l’expression caribe negro, guerrier noir (Reyes, 2019 : r 24). Ce qui est déclaré par M. Reyes à ce sujet renforce l’idée que les Britanniques engendrèrent une discrimination ethnique entre les Noirs et les Garinagu et envers la tribu garifuna. De ce fait, les Anglais inventèrent deux expressions dont l’une est celle de caribe amarillo pour créer une animosité chez les différentes communautés entre les individus à la peau plus claire et ceux à la peau plus noire. Toutefois, comme l’explique Reyes, les Garinagu se sentent fiers de ce qu’ils représentent au-delà de leurs traits physiques et de la couleur de leur peau. C’est pourquoi la stratégie anglaise n’a pas les résultats escomptés. La tribu garifuna sera, en revanche, touchée elle-même par des discriminations en Amérique centrale.

  • 9 Par exemple, la danse du yankunu donnait l’occasion aux hommes de la « tribu » garifuna de tromper (...)

12Nous venons de voir que les persécutions et les nombreuses guerres que les Garinagu ont subies de la part des Anglais n’ont pas eu de succès. Les habilités guerrières et stratégiques9 de ceux-là leur ont permis de tenir tête à ceux-ci, tout en restant libres sur leur territoire natal. Cela démontre que les Garinagu ont une identité forte car leur caractère inébranlable et tenace leur a permis de conserver leur liberté, de ne pas tomber dans l’esclavage comme cela a été le cas d’autres tribus afro-amérindiennes et amérindiennes, en repoussant les assauts des adversaires pendant plusieurs décennies (de 1763 à 1796). Pourtant, à la fin de cette période de conflits armés, en 1797, ils subirent l’exil : la déportation sur d’autres îles, suivie de dispersions.

  • 10 Information qui est contradictoire avec la plupart des sources, car certains considèrent qu’ils éta (...)
  • 11 Voir la présentation de l’hymne national garifuna par M. Reyes (2018), https://drive.google.com/fil (...)
  • 12 Les atrocités perpétrées n’ont jamais été reconnues internationalement étant donné qu’il n’existe p (...)

13Il suffit d’étudier le leremuna garifuna (leur hymne) pour comprendre que leur histoire n’est pas commune car, d’une part, ils ont souffert de l’exil en 1797 à la suite à une décision du roi d’Angleterre, George III (Suazo, 1997 :149). Ainsi, à travers ce chant, ils remettent en cause le traitement de l’homme blanc qui n’est autre que l’Anglais colonialiste. En effet, Suazo (1997 : 149) indique que 433810 Garinagu ont été déportés hors de l’île se trouvant leur « État-nation » historique, le Yurumein. Par la suite, ils ont été transférés à Baliceaux et à Bequia, où ils sont devenus prisonniers avec le temps. Le leremuna nous fait remarquer, d’une part, que les Garinagu ont non seulement été persécutés par les Français, mais ils ont également été atteints dans leur dignité et dans leur honneur par les Anglais : « Y los abusos inconmensurables de nuestro enemigo nos dieron muerte y exilio »11. L’hymne nous informe, d’autre part, sur le génocide commis par les Anglais, qui aura eu raison de plus de 3000 membres de la communauté garifuna12. De plus, les Garinagu vécurent un second exil puisque les derniers survivants de l’île de Saint-Vincent, environ 2000 personnes (Agudelo, 2012 : 78) ont été déportés sur l’île de Roatan le 12 avril 1797 (Suazo, 1997 : 149), date de la commémoration de leur arrivée au Honduras. Cette communauté est alors singulière, car il est peu commun que des tribus (afro-)amérindiennes aient connu deux exils dans leur histoire.

14Une fois arrivés à Trujillo, sur la côte caribéenne, des dispersions se sont produites dans un premier temps vers l’actuel Bélize (où les Garinagu sont arrivés le 19 novembre 1802), ensuite vers le Guatémala (foulé par des membres de la communauté une semaine plus tard) et, enfin, vers le Nicaragua (avant 1830), dans le but de subvenir à leurs besoins. Le fait d’avoir pensé de la sorte à leur communauté démontre une solidarité ayant permis la survie du groupe. Pour cela, ils ont fait de la contrebande. Les différents groupes ainsi constitués communiquaient et s’entraidaient. La communauté garifuna ne s’est jamais désolidarisée malgré la distance ou, encore, les nombreux événements liés à l’indépendance des pays d’Amérique centrale après 1821. En dépit des difficultés, elle a maintenu une stabilité territoriale et s’est même agrandie. La communauté a donc réussi à perdurer à travers les siècles.

  • 13 Les Anglais les méprisaient, jugeant que le travail des Garinagu n’était pas aussi productif que ce (...)

15Pourtant, la « tribu » s’est vue inquiétée par les discriminations qui l’ont poursuivie au sein des quatre pays qui l’ont accueillie ; remarquons, d’une part, qu’un décret au Honduras du 22 avril 1929 d’Ernesto Cruz jugeait les Garinagu comme une race inférieure afin qu’ils soient expulsés du pays (Portilla, 2010 : 21: 40-22:46). D’autre part, au Bélize ils étaient comparés avec les esclaves noirs, qui parlaient anglais et qui travaillaient dans les plantations bananières13. Par ailleurs, ils ont aussi été isolés à cause de leurs revendications libertaires (Portilla, 2010 : 14:36-15:24). Ainsi, les Garinagu ont toujours vécu le racisme et la ségrégation. Mais ils ont su y faire face.

16Nous constatons qu’après plus de deux cents ans de présence en Amérique centrale, l’existence des Garinagu fut compromise. Cependant, leur capacité d’adaptation, malgré plusieurs facteurs qui les ont défavorisés, leur a permis de survivre, d’être encore présents de nos jours (plus de 400 000 individus sur le continent américain, en comptant les migrations vers les États-Unis) et d’avoir toujours conservé leur liberté. Ce qui démontre leur capacité d’intégration et leur force de caractère puisqu’auparavant ils n’étaient environ que 2000 membres sur l’île de Roatan. Pendant ce temps-là, certaines tribus n’ont pas réussi à s’imposer face aux colons et ont subi l’acculturation, qui leur a fait perdre leurs traditions et leur langue. D’autres groupes ne sont pas aussi nombreux et aussi étendus sur plusieurs pays que les Garinagu. Pourtant, de nos jours, la survie du peuple garifuna peut s’avérer compromise. Nous allons voir quels sont les moyens que cette communauté se donne pour conserver son héritage.

Lutte de la nation garifuna en Amérique centrale pour conserver son patrimoine

17Comme le souligne M. Reyes (2019 : r 11), le terme afro-descendant est un amalgame. En effet, il se réfère à toutes les personnes ayant des ancêtres africains de peau noire. Certains d’entre elles sont Créoles, car elles ont été mises en esclavage par les Anglais. C’était le cas notamment des Isleños au Honduras, qui vivaient sur les îles de la baie, ou encore des Noirs au Bélize, lors des exploitations bananières ; ils parlent anglais comme conséquence de la colonisation britannique. Les Garinagu, eux, ne se considèrent pas comme étant afro-descendants.

  • 14 Nous convenons que le racisme au Guatémala est complexe et que les Garinagu font partie d’une série (...)

18Prenons le cas du Guatémala, où le racisme envers les Garinagu vient, entre autres, d’une mauvaise image véhiculée par certains adultes qui les appellent Negros (Palacios & Ernst, 2010a : 3:21- 4:00)14. Considéré comme une appellation normale pour se référer à eux, ce terme génère ainsi du racisme. Cela est dû en partie aux institutions nationales qui ne donnent pas la bonne information aux habitants, si bien qu’il n’y a pas la culture du respect du nom garifuna et tout ce qu’il devrait s’en suivre.

19Nous ne devrions pas généraliser et dire que chaque communauté ayant des origines africaines est afro-descendante. Certes, les Garinagu ne renient pas leurs origines africaines. Mais le nom représente une identité et un bagage culturel, une histoire symbolique. Le changer, c’est pour eux ne pas respecter qui ils sont, c’est ôter toute trace de son histoire, oublier leur éthique. Nous assistons donc à une vulgarisation du terme afro-descendant en Amérique centrale. C’est un moyen habile et détourné pour faire disparaître une ethnie en refusant d’accepter leur caractère hybride. En effet, on s’attarde sur leur couleur de peau et non sur leur culture amérindienne-arawak et leur langue, comme c’est d’ailleurs le cas avec chaque communauté amérindienne. On les rabaisse au rang de minorité inférieure. C’est pour cela que plusieurs représentants se battent pour conserver le nom garifuna, pour rappeler leurs différences par rapport aux autres et pour qu’on leur accorde le respect.

20Le combat pour garder leur identité se révèle être capital pour l’obtention de droits essentiels à leur organisation socio-institutionnelle. Par ailleurs, l’investissement du peuple garifuna au quotidien pour défendre sa singularité, en recherchant la paix, la liberté et le respect de leur hybridité tout en dénonçant le racisme a des conséquences aussi sur la langue garifuna.

  • 15 La langue a été inscrite dans la liste correspondante en 2008 avec la danse et la musique des Garif (...)

21Le garifuna, langue des Garinagu, a été proclamé le 18 mai 2001 comme faisant partie du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO15. Bien qu’il n’y ait pas de recensement officiel déterminant le nombre exact de locuteurs, les Garinagu ont remarqué que de nombreux membres de leur communauté ne savaient plus parler la langue. Par ailleurs, les expressions no nechanu (Honduras), qui vient de l’anglais, et limeme (Guatémala) (Palacios & Ernst, 2010b : 3:45) sont utilisées pour faire référence aux locuteurs passifs. Celles-ci signifient qu’ils n’ont ni d’appartenance nationale – ils se sentent peut-être honduriens ou guatémaltèques – ni d’identité. Ces expressions s’expliquent pour plusieurs raisons.

  • 16 Les Garinagu ont intégré des anglicismes tels que wachi (de watch), béliti (de belt) ou bien tulu ( (...)

22Premièrement, nous devons prendre en compte que l’exode des anciennes générations vers les centres urbains a été préjudiciable. En effet, elles ont dû s’intégrer à la société en parlant espagnol ou anglais pour trouver du travail, car elles souffraient de la discrimination. Pour être acceptés et bien vus par la collectivité, ces Garinagu ont dû abandonner leur langue et leur culture. Deuxièmement, le contact permanent avec l’espagnol et l’anglais a affecté la langue garifuna dans les quatre pays d’Amérique centrale où ils sont installés, parce qu’elle emprunte leur vocabulaire (10 % d’anglais et 5 % de l’espagnol, cf. Suazo, 2002 : 6). Suite à un emploi de moins en moins fréquent, certains mots garifuna tombent en désuétude au profit d’anglicismes ou d’hispanismes (Suazo, 2002 : 9)16. Comme leur usage devient rare, le sens des mots se perd. Il y a de lourdes conséquences sur l’imaginaire des locuteurs passifs puisque toute personne a besoin de sa langue maternelle pour pouvoir s’approprier le monde qui l’entoure. Troisièmement, reconnus pour leur caractère moqueur envers ceux qui font des fautes de langue, les locuteurs actifs inhibent les personnes qui ne maîtrisent pas le garifuna au sein de leur communauté de sorte que celles-ci seront mal perçues (Palacios & Ernst, 2010b : 0:26-0:38, 3:13-4:00). Ainsi, elles se réfugient derrière l’espagnol, voire l’anglais. Enfin, les Créoles se vantaient d’être « meilleurs » que les Garinagu, notamment au Bélize, grâce à l’usage de l’anglais, qui permet d’obtenir plus d’emplois. De là, certains n’étaient pas intéressés à apprendre le garifuna.

23À l’heure où la plupart des langues amérindiennes disparaissent, provoquant alors une diminution de la richesse linguistique du continent, les Garinagu mettent en place d’autres méthodes pour la préservation de leur idiome. Revitaliser l’enseignement du garifuna dans le système scolaire est alors devenu nécessaire pour éviter de perdre leur identité et leur culture (cf. Reyes, 2019 : r 14). La maîtrise de leur langue leur permet d’appartenir pleinement à leur communauté.

24« Para no perder la cultura (…) es como un árbol. Uno siembra. Este comienza a crecer y si nace torcido pues uno todavía puede ponerle una estaca (…) y si pasan los años y el árbol crece torcido, ya no le puedo poner una estaca como para que este se enderezca [sic] », nous explique un jeune homme garifuna au cours d’une interview dans un documentaire (Palacios & Ernst, 2010b : 4:21-4:51). Cette comparaison avec la culture peut être reprise avec la langue. En effet, les générations qui n’ont pas permis l’apprentissage à leurs enfants, à cause de phénomènes sociaux, font que ces derniers se sont éloignés petit à petit de la communauté. Si les anciens ne rendent pas les autres membres de la tribu conscients de l’importance du garifuna, avec les moyens mis à leur disposition, alors le pieu ne pourra plus maintenir la stabilité de l’arbre. Les enfants continueront à délaisser les aspects traditionnels de leur nation. D’après Rubén Reyes (2019 : r 8), perdre l’héritage langagier, c’est devenir esclave d’une autre langue, comme ont pu l’être les communautés afro-descendantes ou amérindiennes. Ainsi, ils doivent prendre conscience de leur identité propre et de leur patrimoine culturel. Les Garinagu démontrent alors une nouvelle capacité d’adaptation (utilisation d’outils numériques et créations d’écoles) alors qu’ils se retrouvent exposés à de nouvelles contraintes.

Conclusion

25Nous venons de voir que, dans sa singularité déterminée par son hybridité –entre trois groupes ethniques qui ont apporté de nombreuses particularités – et par son histoire, la communauté garifuna se caractérise par une identité forte au sein de l’Amérique centrale. En effet, à travers son histoire marquée par la ségrégation sociale, par le génocide, par les discriminations, par les déplacements territoriaux et par les difficultés, cette nation a réussi non seulement à avoir une visibilité en Amérique centrale mais également à préserver ses traits identitaires, et elle continue à s’adapter à travers le temps.

  • 17 Nous partageons le point de vue de Francesca Gargallo, qui dans son chapitre de conclusion (intitul (...)
  • 18 Cf. l’article de Valérian Mazataud, de 2017, intitulé « À qui appartient ce coin de paradis ? », pu (...)

26C’est ainsi qu’elle a su s’imposer, sans être réduite en esclavage. De fait, elle a conservé ses us et coutumes ainsi que sa langue, le garifuna. Par ailleurs, elle aurait insufflé aux esclaves noirs haïtiens leur mouvement libertaire (Reyes, 2019 : r 10) quand ils se sont croisés à Trujillo. En plus d’être une communauté, les Garinagu sont devenus, par la suite, une nation17. Ce terme les fait rentrer dans une autre dimension par leur présence étendue en Amérique. Ils n’ont pas disparu et ils cherchent à se moderniser pour rester unis et libres de droits sur leurs territoires. Pour cela, plusieurs méthodes permettent de raviver l’intérêt pour leur patrimoine et leur héritage, qui regorgent d’une richesse culturelle reconnue par l’ONU depuis 2001, telle que la danse et la musique. Cependant, la communauté n’est pas en totale sécurité étant donné que leurs territoires restent en danger. En effet, des entrepreneurs achètent les terres des villages locaux et investissent dans le tourisme sur les terres garinagu18. La capacité de résistance de la communauté garifuna est encore une fois mise à l’épreuve pour préserver leur terre et leur culture.

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Bibliographie

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Torre, Ricardo, « L’Amérique latine et les identités multiculturelles : mythe inatteignable ou réalité bien cachée ? », Historia Actual Online 50, oct. 2019, p. 35-50, consulté le 11/06/20. DOI : https://doi.org/10.36132/hao.vi50.1706

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Annexe

Annexe

Transcription de l’entretien réalisé en espagnol avec M. Rubén Reyes le 19 octobre 2019 par Jimmy Dos Santos.

Les questions posées par J. Dos Santos seront numérotées et écrites en italique, les réponses de M. Reyes seront transcrites en romain à la ligne.

1) ¿Cuál es su nombre completo?

Rubén Reyes.

2) ¿Cuántos años tiene?

Cincuenta y ocho años.

3) ¿Cuál es su nacionalidad?

Estados Unidos.

4) Cuéntenos de usted.

Vea biografía al final de este documento.

5) A su parecer, ¿cuáles son las cualidades de la tribu garífuna?

La etnia garífuna tiene varias cualidades: sus valores autóctonos, su filosofía de unidad y hermandad incondicional, su historia de enorme contribución directa e indirecta a la libertad en el mundo, tener su propia espiritualidad, su propio idioma, sus características híbridas (kaliponan-arahuaco-africano) o sea afrik-amerindio, su laboriosidad para generar una economía propia como base de su autonomía, su apego sin precedentes a la tenencia de la tierra y su inclaudicable [sic] condición de libres por nacimiento.

6) ¿Cómo una comunidad como la suya hizo para que los kaliponan, los ingleses, los franceses y los españoles no los hayan sometido a la esclavitud?

En primer lugar, los kaliponan rescataron a los africanos del naufragio y los consideraron sus aliados y huéspedes en la isla de Yurumein (hoy día conocida como San Vicente y las Granadinas). Una vez conviviendo en la isla, se casaron entre ellos y procrearon al garífuna, de tal manera que se dio una fusión sin precedentes entre africanos y amerindios, lo cual modifica la cultura kaliponan para darle lugar a la etnia y cultura garífuna. Los franceses intentaron dominar y desplazar a los garinagu, pero en batallas bélicas los franceses fueron rechazados de la isla, posteriormente estos optaron por hacer intercambio comercial con los garinagu, por lo cual en ese tiempo se adopta una base de conteo mayoritario en francés, con la reservación de los primeros tres números (aban [uno], biama [dos] son arahuaco y üruwa [tres] es kaliponan). También los utensilios franceses quedaron con nombres franceses con acento garífuna. Ejemplo: asiedu (plato), fígiedu (tenedor), kopu (taza), gulieru (cuchara), etc.

En cambio con los ingleses, siempre fue de enfrentamiento bélico, ya que ellos solamente tenían intención de desplazar al pueblo garífuna sin importarles el costo, ni la magnitud de abusos propinados hacia nosotros, para distribuirse los territorios de la madre patria garífuna: Yurumein. Al punto que tras varias décadas de lucha por preservar nuestra nación, sucumbimos al no poder sostener más guerras contra el usurpador imperio inglés, considerado como el imperio más poderoso de esos tiempos. Pero a pesar de todo, el garífuna jamás permitió que se jugara con su idioma, libertad y filosofía.

7) Los garinagu siempre han rechazado la esclavitud. Sin embargo, ¿cómo hace para explicar, por ejemplo, el hecho de que Joseph Chatoyer, el héroe de su tribu, sometiera a esclavos negros?

Los garinagu jamás se sometieron a la esclavitud, sin embargo ellos iban a rescatar a muchos esclavos en las islas vecinas; eso hizo confundir a los ajenos, quienes pensaron que los garinagu pudientes como Joseph Satuyé tenían esclavos a su servicio. Dentro de nuestra cultura no existen rasgos de esclavizadores, pero sí somos compasivos con las personas que tienen menos oportunidades, ya sea que no tengan terrenos, oficios, etc. Eso puede dar la impresión de que son sumisos, pero no.

8) Cuando estudiamos sobre la comunidad afroindoarahuaco, nos damos cuenta de que su lengua y sus atributos son fundamentales. Por ejemplo, ¿cómo pudo haber renunciado a la isla Patria para conservar su idioma y sus preceptos en otra parte del mundo? ¿Por qué les importa tanto su lengua y cultura?

Al garífuna le importa tanto su lengua y cultura porque son elementos predominantes para demostrar su independencia y libertad, estos dos factores son parte del ADN garífuna. Vale la pena mencionar que una persona sin su idioma propio es esclavo del idioma ajeno.

9) A su juicio, ¿por qué otros garinagu no quisieron salir de San Vicente? ¿Será que su isla representa algo más para ellos que para ustedes? ¿Cuál es la diferencia entre ellos y ustedes?

A mi juicio no existe “ellos y nosotros” dentro de la comunidad garífuna. Los que fueron enviados al exilio fueron los que primordialmente eran guerreros y capturados en guerra. Había también población que no eran guerreros, pero eran parte de la comunidad garífuna y servían de apoyo logístico, moral, etc. Sin embargo, al momento del exilio, los que fueron enviados sufrieron la pérdida de su madre patria, de sus hermanos, familiares y todo lo que significa patrimonio para las familias. Los que quedaron fueron sometidos a los caprichos y mandatos de los ingleses. Por esa razón perdieron su idioma y posteriormente su cultura. No así a los garinagu que fueron puestos en el exilio, a pesar de las nuevas adversidades, pudieron sobrevivir con sus atributos propios. Vale mencionar que no se dio a votación a los garinagu sobre quiénes se iban y quiénes se quedaban. La orden vino desde Inglaterra sobre quiénes eran los exiliables [sic].

10) Esta isla me hace recordar, pero de manera muy distinta y con un contexto diferente, a otra isla en África. Se llama la Isla de Gorea. Se ubica en Senegal. Básicamente, sirvió de forma mayoritaria para el comercio de esclavos de los europeos y allí se fundó una casa de esclavos en la que los mantuvieron antes de venderlos. Se convirtió en un museo y memorial donde todos pueden recordar la historia de los esclavizados. En la isla del Yurumein, en San Vicente, ¿hay algo similar para recordar su historia?

A diferencia de la isla de Gorea, Yurumein no fue escenario de “almacenamiento” de humanos para fines comerciales, la isla fue el ejemplo de resistencia en todo el hemisferio americano [sic]. Yurumein, a través de la lucha armada de su pueblo, fue inspiración para sublevaciones en otras islas del Caribe, cítese el ejemplo de Haití. Unas de las razones para que el rey George [Jorge III del Reino Unido] enviara a Ralph Abercrombie, su mejor general, acompañado de 15 000 soldados, fue debido a que los garinagu representaban lo indómito en América. Las islas de Bequia y Baliceaux fueron utilizadas como centro de retención por los ingleses. Allí, ellos practicaron el genocidio en contra de la población garífuna. Debido a sus atrocidades, perecieron más de 3 000 personas garinagu. Hasta la fecha no se ha declarado Baliceaux como un lugar memorable en honor al pueblo garífuna por haber perdido allí a sus indefensos ancestros, quizás porque demostraría la crueldad sin precedentes con que nuestro pueblo garífuna fue tratado por los ingleses. Sin embargo, nuestra comunidad cada día recuerda su historia, lo cantamos en nuestro himno garífuna, lo manifestamos de generación en generación. Eso da razones para no abandonar nuestra filosofía de tolerarnos entre nosotros y nunca sucumbir ante ningún tipo de amenazas o enemigo.

11) Hoy en día hablamos de la idea de pertenencia a un grupo social o por ejemplo a un país. ¿Cuál es el sentido de pertenencia e identitario que tienen en el seno del pueblo garífuna? Es decir, ¿Será que se sienten africanos?, ¿indígenas?, ¿garífuna? o ¿afro-hondureños/nicaragüenses/guatemaltecos?

La identidad garífuna está basada en lo que es: garífuna, con todo el contexto representado en nuestra condición de un pueblo híbrido, donde se manifiesta claramente nuestra ancestría [sic] africana y amerindia. No tenemos preferencia ni excesivos anhelos de ser africanos, porque no conocemos el continente africano. Nuestra cultura tampoco es reconocida o descubierta en el continente africano. Solamente parte de ella. La mayor parte de los elementos de la cultura garífuna es identificable en Sudamérica y en Yurumein, por lo cual el garífuna opta solamente por identificarse como garífuna de Yurumein. Recientemente se han introducido términos como afrodescendientes, lo cual también ha llegado a la comunidad garífuna; esto es considerado por muchos como un atentado del Estado hondureño en hacer desaparecer la identidad garífuna, ya que afrodescendiente está siendo usado como identidad por los pueblos descendientes de África que no hallan cómo identificarse. No obstante, el garífuna no necesita de otra identidad ya que está muy bien definido en ese respecto.

Por su historia el garífuna es indígena, tanto en su madre patria Yurumein porque allí nació, como en los países centroamericanos donde radica porque ya estaban allí asentados antes de la independencia de esos países.

La nacionalidad garífuna es dada al nacer como miembro de la Nación indígena garífuna y luego también somos nacionales del país en donde nacemos.

12) ¿Qué es lo que nos permite decir que las especificidades de los garinagu hacen que sea una tribu con una identidad muy fuerte en el seno de América Latina?

Los elementos propios de la comunidad garífuna hacen su realce en donde llegue o viva: su cultura, historia e idioma propio hacen su identidad. Es fácil identificar a las culturas diferenciadas por las riquezas propias de su cultura.

13) ¿Cuáles son sus relaciones con los demás garífuna de Centroamérica? ¿Tienen un grupo político? Si es así, ¿cuál es su política?

El pueblo garífuna es una Nación a través de fronteras. Coexistimos en los diferentes países de Centroamérica, como ser: Honduras, Belice, Guatemala y Nicaragua. Esas fronteras no nos demarcan. Continuamos siendo una Nación a pesar de que la ciudadanía sea de un país o de otro. Nuestra identidad jamás es suplantada por un pasaporte o una cédula de identidad oficial. Nuestro vínculo con nuestra cultura y lengua es un compromiso real. Compartimos una política basada en los derechos ancestrales de los pueblos indígenas a existir con sus condiciones propias, adherir a símbolos que representen sus ideologías como ser una bandera garífuna, emblema/escudo, etc.

14) ¿Cuáles son sus métodos para guardar su idioma y cultura (tradición oral, museos por ejemplo, etc.)?

Todos los anteriores, incluyendo el uso diario del idioma, su práctica en casa y su enseñanza en aulas escolares. Este último se está dando bajo esfuerzo de la misma comunidad y con liderazgo emanado del mismo pueblo en acción. La música garífuna es también un elemento importante de la preservación del idioma.

15) En comparación con todas las comunidades indígenas o africanas en Centroamérica, ¿cuál es su medio para que puedan ser recordados en la historia? y ¿cómo son vistos por el mundo?

Somos vistos ante el mundo como un pueblo diferenciado. Nuestro idioma, danzas, música, gastronomía, cultura y territorios, nos hacen ver una comunidad grande y la más importante culturalmente en todo el istmo centroamericano. Nuestra historia también es un gran contribuyente, ya que somos los únicos indígenas con ascendencia africana que no pasamos por el yugo esclavista.

16) ¿Cómo harán para que los garinagu vayan permaneciendo en el tiempo?

Nuestra permanencia en el tiempo dependerá de nuestra capacidad organizativa de preservarnos unidos por nuestros valores. Nuestra economía local como micro-empresarios nos dará siempre la facultad de liderar nuestro destino. La tenencia continua de nuestros territorios garinagu, es una aseguranza [sic] hacia el futuro lejano.

17) ¿Cuál es la relación que tienen con los españoles? ¿Cómo han influido en el idioma garífuna (palabras, gramática etc.)?

La gente de habla española ha inferido mellas en nuestro idioma, en nuestra sicología y en nuestro actuar. En primer lugar, el idioma garífuna se prohibía dentro de los centros educativos; segundo, los hispanos-parlantes hacen burla de los que hablan el idioma garífuna y denigran toda nuestra apariencia, al punto de generar vergüenza por lo que somos.

Por otro punto, la introducción del idioma español en la vida cotidiana del garífuna, genera un efecto negativo en nuestro idioma materno. Por mucho que lo preservemos, el dominio del español no viene sin costo alguno; lamentablemente el costo es en detrimento del idioma garífuna. La gramática cambia ya que se empiezan a notar cambios en la estructura, un ejemplo muy común es el uso del pero, la y entre oraciones. El uso de palabras del español también es muy frecuente, al punto que se olvidan algunas palabras en su equivalencia.

Ejemplo: la palabra cielo fue utilizada por más de cien años al punto de que se olvidó su equivalente en garífuna. Ya fue hasta a finales del siglo pasado que se encontró la palabra seiri en los cánticos del Dügü; desde entonces, la comunidad ha hecho un esfuerzo de usar la palabra adecuada en vez de cielo en español. De esa manera se repiten casos que son de mucha preocupación a los escritores, maestros y educandos del idioma garífuna.

18) Teniendo en cuenta que pasaron más tiempo en las costas de Centroamérica que en San Vicente, ¿cómo explica la menor presencia del español con su idioma en comparación con el inglés y el francés?

Debido a que el garífuna tuvo interacción con los franceses, su idioma sufrió una modificación con la adopción del conteo en francés y el uso del nombre de muchos artículos de origen francés. Subsecuentemente, el inglés también tuvo su efecto en el idioma garífuna durante la época de las guerras en Yurumein. En los tiempos contemporáneos, nuestra comunidad existe en países angloparlantes, por lo que también incrementan más palabras del inglés en el idioma garífuna.

19) ¿El idioma garífuna se sigue hablando en San Vicente?

La llegada posterior de los africanos a San Vicente, luego que los garinagu habían sido enviados al exilio, dio lugar al criollo dentro de la isla. El inglés predominó y generó la pérdida total del idioma garífuna a través de los años.

20) ¿Cómo hicieron los africanos para entender el idioma de los kaliponan?

En 1635, los africanos se encontraron con los kaliponan de Yurumein. Debido a que eran escogidos de diferentes áreas y con diferentes lenguas, los africanos venían casi incapaces de comunicarse eficazmente entre ellos; eso los forzó a aprender casi de inmediato el idioma que reinaba en Yurumein, el idioma de los kaliponan, y con la fonética del africano se convirtieron algunas palabras. Kaliponan se convierte en garífuna; nótese que la K es reemplazable con la G, la L con la R y la P con la F. Esos cambios son comunes a través de muchas palabras que hoy día se comparan entre el idioma garífuna y muchos otros idiomas que son también partes del maipure19.

21) ¿Cómo llegaron a conservar el 70 por ciento del arahuaco?

Debido a que la madre habla arahuaco, el niño fue conservando más parte del idioma materno, mientras que el idioma paterno kaliponan fue perdiendo fuerza, ya que se adoptaba después. Recuerde que el niño no debía de hablar como su padre kaliponan hasta que tuviera su mayoría de edad. Ese fenómeno prevalece hasta nuestros tiempos dentro de los pueblos garinagu. De tal manera que, dentro de los pronombres personales del idioma kaliponan, solamente la primera persona au (yo) y la segunda persona amürü (tú) son latentes, mientras que del arahuaco, existen todavía todos: nugía (yo), bugía (tú), ligía (él), tugía (ella), wagía (nosotros), hugía (vosotros), hagía (ellos).

22) ¿En qué año creó usted el Diccionario trilingüe garífuna, inglés y español20? ¿Por qué no aparece el idioma francés? ¿En qué fue notable para los garinagu?

El trabajo del diccionario fue iniciado desde el año 1991 y publicado en el año 2012. El idioma francés no fue relevante para mí para su inclusión en el diccionario, ya que su uso fue diseñado para las comunidades que radican en Centroamérica y los Estados Unidos. En Centroamérica se habla español con la excepción de Belice donde se habla inglés. No conozco comunidades de garinagu que vivan donde predomine el francés.

23) Me pude percatar de que la idea de defensa del territorio es algo muy significativo para su comunidad. Por ejemplo, los garinagu desarrollaron un papel muy importante en la guerra contra El Salvador para defender Honduras. ¿Será que la idea de patria es importante? ¿O solo quieren defenderse para no desaparecer en el tiempo? (Aquí me refiero por ejemplo a la emigración que sufrieron en 1797 o a la defensa de su territorio contra los ingleses y franceses.)

La comunidad garífuna reconoce la importancia del territorio para la preservación de la vida, la identidad, la alimentación y todo lo relacionado con la misma vida.

El evento ocurrido dentro de la guerra de Honduras y El Salvador en 1969, donde participa la comunidad garífuna a través del uso del idioma, fue por sobrevivencia. Los soldados garinagu tuvieron que apropiarse de las radios de comunicación para impedir que los enemigos continuaran descifrando las claves emitidas. El idioma no era conocido por los salvadoreños y la inteligencia no tuvo fruto, eso dio tiempo a que Honduras se recuperara y forzó a que El Salvador se retractara.

24) ¿Por qué rechazaron la expresión de caribe negro?

La expresión caribe negro nunca fue nuestra identidad, fue más que todo una trama de los ingleses para dividir a nuestro pueblo en Yurumein. Ellos sacaron la terminología caribe negro y caribe amarillo. Los garinagu no tienen rasgos de racismo entre ellos, ya que reconocen sus raíces, tanto africanos como amerindios, hasta el punto de ser ciegos al color de sus pieles. Hágase un recordatorio de que la mezcla en Yurumein generó que las familias fueran en su normalidad algunos con características africanas y otros amerindios. Esa es la realidad del pueblo garífuna. Por eso hasta la fecha, no se discrimina por color de piel dentro de nuestra cultura y no existe el odio entre los más claros u oscuros en color.

En conclusión, el pueblo garífuna se siente muy confortable siendo garífuna. No quiere que se le agregue nada, ni que se le quite nada.

25) ¿Cuál es la finalidad de su comunidad? ¿A qué quiere llegar usted recordando su pasado y preservando sus bienes?

Tal y como lo hicieron nuestros padres y antepasados, queremos ser parte de la vida digna de los seres humanos que reconocen sus valores. Nuestros valores como garífuna son suficientes para sentirnos bien y sin complejos, no necesitamos complementos de otras culturas, ni aprobación de terceros para ser seres con dignidad. Nuestra finalidad es exigir nuestro derecho de vivir en paz, en nuestros territorios y a nuestra forma de ser como pueblos diferenciados, con un idioma propio y una nación garífuna que une a nuestro pueblo a través de fronteras. Nuestros bienes son parte de nuestro patrimonio y constan de bienes materiales e inmateriales.

26) ¿Cuáles son las fechas y costumbres más representativas del pueblo garífuna? ¿Preservaron costumbres africanas?

La fecha más conmemorable del pueblo y Nación garífuna es el 12 de abril de 1797, fecha del arribo al exilio, cuando 2026 personas fueron depositadas en Port Royal, Roatán, una isla frente a las costas de Honduras. En Belice se celebra el 19 de noviembre, fecha conmemorativa al arribo del garífuna a Belice y en Guatemala el 26 de noviembre se conmemora como fecha del arribo garífuna a ese país. Hay muchas otras fechas de celebración en cada pueblo garífuna y estas son fiestas patronales anuales.

Dentro de las costumbres africanas preservadas por el pueblo garífuna, está el uso del hana, un instrumento de madera que sirve para majar el plátano. No está muy bien definido qué otros elementos son correspondientes a costumbres africanas. Se identifican en mayor escala partes de la cultura de lo amerindio, cual es comparativo a culturas suramericanas. La mayoría de los instrumentos para la elaboración de la alimentación garífuna son amerindios, con la excepción del hana (mortero) para la machuca de plátano o para apilar arroz. Muchos piensan que el tambor garífuna también es africano pero yo difiero, ya que hay evidencias científicas que [sic] ya había tambores en América por lo menos 400 d.C.  Además, el estilo del tambor garífuna no es replicado en África, pero es muy similar al tambor que usan los amerindios del Caribe y Suramérica de donde se originan nuestros otros ancestros. El sebucán o ruguma y todos los utensilios para la elaboración del casabe son amerindios.

No obstante a lo mencionado anterior, el pueblo garífuna se siente muy orgulloso de su legado híbrido en las Américas. Su piel lo enorgullece como ente africano y su cultura lo hace pertenecer en el continente americano. El garífuna se considera como el hijo único del continente africano y el americano en matrimonio real.

27) Para terminar, ¿tendrá algún documento como un discurso o unos archivos más relevantes que recomendarme/mandarme?

Mi discurso “Gawenedutina uguñe” (Yo tengo un sueño), totalmente en garífuna: https://www.facebook.com/​WAGIA1/​videos/​10156731058033147/​

El himno nacional de los Estados Unidos en garífuna, traducido por R. Reyes en el año 2009: https://youtu.be/​A7zjx-Glnco

Himno nacional de Honduras, traducido por R. Reyes en 1991: https://www.youtube.com/​watch?v=TKE8wXyPYC4&t=47s

Parte del himno nacional de Guatemala en garífuna, traducido y cantado por R. Reyes en 1994: https://youtu.be/​mYf4y7odUqA

Presentación de la bandera y del escudo por R. Reyes: https://drive.google.com/​file/​d/​17-qB7y2KhGoImCqW4zGKOnD6UrrXcw40/​view?usp=sharing

Le estoy muy agradecido por su tiempo, su paciencia al haber contestado a mis preguntas que serán fundamentales para mis investigaciones. Espero que mis preguntas hayan sido de su agrado y que usted me pueda apoyar en conocer mejor su cultura y difundirla en otros países como el mío (Francia).

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Notes

1 Le présent article est la réélaboration par les auteurs d’une recherche effectuée par Jimmy Dos Santos dans le cadre de ses études de master « Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation », mention second degré, parcours espagnol, à l’université Paris-Est Créteil au cours de l’année académique 2019-2020. Initialement, sa recherche a été dirigée par Mme la Professeure Graciela Villanueva et elle a intégré un mémoire de master codirigé par Ricardo Torre. Le mémoire, pluridisciplinaire dans sa conception, a été soutenu le 18 juin 2020 et porte le titre : Minorités ethniques en Amérique latine. Enjeux sociopolitiques pour les Afro-Amérindiens et objectifs pédagogiques autour de la culture amérindienne dans le cadre de l’enseignement de l’espagnol. Le mémoire est inédit.

Cette recherche trouve de même un antécédent important dans nos travaux (Ricardo Torre), du fait du traitement de la question des minorités amérindiennes et afro-descendantes en Amérique latine. Dans un article de publication très récente (Torre, 2019), nous avons abordé, entre autres, la problématique des identités multiculturelles dans le cadre du multiculturalisme latino-américain dans les contextes spécifiques mexicain et argentin.

2 L’entretien avec M. Reyes est reproduit en annexe. Dans le corps de l’article, nous y ferons référence de la façon suivante : (Reyes, 2019 : r [n°]), où le numéro correspondra au numéro de la question-réponse (r) de M. Reyes. L’entretien avec M. Bodoma, réalisé par WhatsApp entre le 02 et le 10 novembre 2019, est accessible sur le site suivant : https://drive.google.com/file/d/1sNrUfGfe8z0CThFSWaDZvBzgyi0CxoRl/view?usp=sharing, consulté le 11/06/20.

3 Tout au long de ce travail, nous nous servirons du mot tribu, lato sensu, dans son acception anthropologique de « Groupe social, généralement composé de familles se rattachant à une souche commune, qui présente une certaine homogénéité (physique, linguistique, culturelle...) » (TLFi, CNTRL), sans aucune connotation ni nuance péjorative. Pour nous, ce terme n’a pas vocation à véhiculer une quelconque interprétation historiciste reliée le cas échéant à des sociétés prétendument primitives ou à des stades de l’évolution de la société humaine. Avec le choix utile d’éviter d’utiliser des guillemets, tribu pourra correspondre, selon le contexte, à peuple, population, ethnie, communauté et sera majoritairement appliqué aux communautés garifuna et amérindiennes.

4 Dans l’expression « une identité forte », notre intention n’est pas de véhiculer un jugement de valeur. Une identité « forte » équivaut à une identité suffisamment affirmée. Nous convenons qu’une telle identité à propos d’une communauté n'est pas montrée seulement dans sa capacité de survie. Nous nous efforçons dans cette section de démontrer qu'une identité forte passe par plusieurs aspects.

L'identité garifuna est une identité forte, car la communauté a fait face à plusieurs guerres (contre les colons anglais et français) de 1635 à 1797 en étant en nombre réduit. Elle a été persécutée à de nombreuses reprises (déplacements territoriaux, racisme). La communauté, qui en 1797 dénombrait moins de 5000 membres, dénombre aujourd'hui plus de 300 000 membres (augmentation du chiffre importante). Chaque communauté garifuna en Amérique centrale a su tisser un lien fort permettant la cohésion des Garinagu. Aujourd'hui encore, les communautés sont unies sous le même drapeau et le même hymne et elles partagent des valeurs communes. Par ailleurs, la communauté garifuna n'a jamais connu le joug de l'esclavage, qu'il soit de type colonial ou culturel.

5 Selon le site officiel de la fondation pour la préservation du patrimoine culturel de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, The St. Vincent and the Grenadines National Trust, la présence arawak sur ce territoire daterait des années 300-600 après J.-C. grâce à la présence d’une gravure d’art rupestre : The Layou Petroglyph Park, réalisée par des membres de cette ethnie amérindienne (cf. https://www.svgnt.org/layou.htm, consulté le 11/06/20).

6 Selon Taylor : « a Negro cake composed of Amerindian ingredients » (1951 : 143).

7 Cf. l’entretien avec M. Bodoma en 2019, cité précédemment.

8 Cf. l’entretien avec M. Bodoma.

9 Par exemple, la danse du yankunu donnait l’occasion aux hommes de la « tribu » garifuna de tromper les Anglais, car, déguisés en femme, les premiers pouvaient tuer les ennemis européens ou leur couper le membre afin d’éviter le viol des femmes de la communauté.

10 Information qui est contradictoire avec la plupart des sources, car certains considèrent qu’ils étaient plus de 5000.

11 Voir la présentation de l’hymne national garifuna par M. Reyes (2018), https://drive.google.com/file/d/1jl4WBMXfO_G6YqzPNFl4Icbw24Pux27x/view, consulté le 11/06/20.

12 Les atrocités perpétrées n’ont jamais été reconnues internationalement étant donné qu’il n’existe pas de mémorial (Reyes, 2019 : r 10).

13 Les Anglais les méprisaient, jugeant que le travail des Garinagu n’était pas aussi productif que celui des Dangringa et des Barranco.

14 Nous convenons que le racisme au Guatémala est complexe et que les Garinagu font partie d’une série de discriminations systémiques dans le pays. Nous rapportons ici un élément ponctuel appartenant au domaine de l’expérience et du vécu personnels du Garifuna interviewé par Palacios et Ernst.

15 La langue a été inscrite dans la liste correspondante en 2008 avec la danse et la musique des Garifuna ; cf. https://ich.unesco.org/fr/RL/la-langue-la-danse-et-la-musique-des-garifuna-00001, consulté le 11/06/20.

16 Les Garinagu ont intégré des anglicismes tels que wachi (de watch), béliti (de belt) ou bien tulu (de tool) (cf. Reyes, 2019 : r 19-22). D’autres privilégient des mots en espagnol (Reyes, 2019 : r 17).

17 Nous partageons le point de vue de Francesca Gargallo, qui dans son chapitre de conclusion (intitulé : « Nación y actualidad ») de son ouvrage Garífuna, Garínagu, Caribe, historia de una nación libertaria indique :

Insisto en las ideas de nación de la garínagu, porque implican la necesidad de una reconsideración del estado-nación latinoamericano, en la que la institución política llamada estado no esconda las diferentes naciones que contiene. Comparto con el maestro Jesús María Serna Moreno, de la Universidad Nacional Autónoma de México, « la idea que hablar de configuración nacional implica concebir el problema étnico no como una condición estática en la que se está ubicado como pueblo indio o afroamericano de un determinado país, sino como un complejo proceso dinámico mediante el cual la nación se constituye contando con la participación de los pueblos indios o afroamericanos a partir de sus especificidades culturales y lingüísticas en un plano de continuidades y rupturas, de relaciones de alianza y oposición entre ellos ». (Gargallo, 2012, p. 84 ; la citation de Serna Moreno provient de l’article « La cuestión étnica en el caribe Centroamericano. Algunos elementos para la discusión », publié dans Cuadernos Americanos, Nueva Época, nº 47, Mexico, 1994, p. 134.)

18 Cf. l’article de Valérian Mazataud, de 2017, intitulé « À qui appartient ce coin de paradis ? », publié dans le journal La Presse+ (https://plus.lapresse.ca/screens/59f03d0a-d8f1-4088-8132-2f2c9fa269b1__7C___0.html), où il est question d’investisseurs canadiens ayant acheté des terres revendiquées par des Garinagu au Honduras.

19 Langue arawak parlée au XVIII s. comme lingua franca dans le Haut-Orénoque.

20 Reyes, Rubén. Garüdia: Garifuna Trilingual Dictionary (Diccionario Garifuna Trilingüe) Garifuna-English-Spanish : CreateSpace Independent Publishing Platform, 2012, accessible en ligne, consulté le 11/06/20. URL : http://www.garifunainstitute.com/

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Référence électronique

Jimmy Dos Santos et Ricardo Torre, « Agunbiraha wamutiñu iun hebelurun tumou baruwa garífuna : Nous vous invitons à entrer dans la nation garifuna »Amerika [En ligne], 20 | 2020, mis en ligne le 21 juillet 2020, consulté le 11 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/amerika/11843 ; DOI : https://doi.org/10.4000/amerika.11843

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Auteurs

Jimmy Dos Santos

Université Paris-Est Créteil ji2my77@gmail.com

Ricardo Torre

Université Paris-Est Créteil/ IMAGER ricardo.torre@u-pec.fr

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

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