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Lire, relire la bibliothèque des sciences de l'Antiquité

Relire « The Allegiance of Labienus » (JRS, 28, 1938) et dépasser l’inertie historiographique autour des travaux de Ronald Syme

Guillaume de Méritens de Villeneuve
p. 177-183

Texte intégral

Cette contribution a bénéficié de la lecture de Marie-Claire Ferriès et de Frederik Julian Vervaet que je remercie vivement.

  • 1 A. Powell, « Introduction », in A. Powell et K. Welch (dir.), Sextus Pompeius, Swansea, The Class (...)
  • 2 R. Syme, « The Allegiance of Labienus », JRS 28 (1938), p. 113-125.
  • 3 Voici les principales références prosopographiques qui permettent d’éclairer le parcours politiqu (...)
  • 4 Voir notamment Caes., Gall., passim ; Plut., Caes., 18, 2 ; Cass. Dio, XL, 11, 2 ; 31, 3 ; 38, 4 (...)

1En 2002, A. Powell établissait le constat suivant à propos de l’ouvrage The Roman Revolution de R. Syme : This masterly work of scholarship attained among historians, and still enjoys, a position of authority which sometimes resembles that of a superior ancient source1. Il est vrai que cet ouvrage, publié en 1939, a profondément marqué notre perception de l’histoire de la fin de la République romaine. La réception et l’influence des travaux de R. Syme peuvent être évaluées à partir d’une question controversée, celle du changement de camp de T. Labienus en 49 av. J.-C., dont l’auteur s’était saisi dans un article publié en 1938 dans The Journal of Roman Studies et qui était intitulé « The Allegiance of Labienus »2, publié en 1938 dans The Journal of Roman Studies. Lorsque César franchit le Rubicon le 10 janvier 49 av. J.-C., il perdit le soutien de T. Labienus3, l’un de ses légats propréteurs, qui allait rejoindre le camp de la coalition anti-césarienne. Si les réalisations militaires de T. Labienus ont été saluées dans la Guerre des Gaules4, le départ du légat n’est en revanche pas mentionné dans l’œuvre césarienne. Ce silence a largement été commenté par l’historiographie moderne, afin de déterminer quelles sont les raisons qui ont poussé le personnage à changer de camp au déclenchement de la guerre civile.

2L’examen du cas particulier de T. Labienus par différents chercheurs, à différentes époques, est révélateur des changements de paradigme qui renouvellent notre perception de la vie politique romaine. Ainsi, le présent article se propose de resituer l’influence des travaux de R. Syme dans l’historiographie afin de revenir sur certains fondements de l’attachement politique à Rome.

  • 5 R. Syme, The Roman Revolution, Oxford, Clarendon Press, 1939, p. 68 : Labienus left Caesar but no (...)
  • 6 L. R. Taylor, « Caesar and the Roman Nobility », TAPA 73 (1942), p. 19 ; La politique et les part (...)

3En 1938, R. Syme apportait une explication qu’il considérait comme décisive pour expliquer le choix de T. Labienus. Le titre de l’article révélait immédiatement aux lecteurs la thèse défendue par l’auteur : il s’agissait d’un changement d’allégeance, en raison d’un lien de clientèle liant T. Labienus le Picénien à son patron, Pompée le Grand, lui aussi originaire du Picenum selon l’opinion commune. L’auteur insiste particulièrement sur le fait que les raisons du changement de camp de T. Labienus ne doivent pas être interprétées en termes de principe politique. C’est une position qui est réaffirmée par R. Syme en 1939 dans The Roman Revolution et qui fut entérinée par le succès que connut l’ouvrage après sa publication5. L’hypothèse de R. Syme fut ainsi suivie par les principaux chercheurs travaillant sur la fin de la République, sur César ou sur Pompée, et notamment dans les années 1940 par L. R. Taylor et M. Gelzer, et dans les années 1970 et 1980 par E. Gabba, E. S. Gruen – qui lui assura un puissant relai avec son ouvrage consacré à The Last Generation of the Roman Republic – ou encore par R. Seager et Chr. Meier6.

  • 7 C. Wolff exprime une position à mi-chemin entre les deux tendances : « Le motif personnel peut av (...)
  • 8 Cass. Dio, XLI, 4, 4.
  • 9 Th. Mommsen, Römische Geschichte. Band 3. Von Sullas Tode bis zur Schlacht von Thapsus, Leipzig, (...)
  • 10 J. Harmand, « Des Gaulois autour de César », RSA 2 (1972), p. 131-142.
  • 11 D. F. Epstein, Personal enmity in Roman politics 218 - 43 BC, Londres, Croom Helm, 1987, p. 42. I (...)

4En parallèle, deux autres courants d’interprétation furent défendus pour expliquer le départ de T. Labienus7. Le premier courant, qui s’appuie sur l’œuvre de Cassius Dion, expliquait qu’il s’agissait de la conséquence de la détérioration des relations entre T. Labienus et César, du fait de l’ambition grandissante du premier et de la méfiance du second à l’égard de son légat8. C’est une explication qui était déterminante pour Th. Mommsen9, mais qui n’avait pas totalement convaincu R. Syme. La naissance d’une rivalité personnelle entre les deux hommes fut également argumentée en 1972 par J. Harmand, qui l’explique par la tentative d’assassinat de Commios l’Atrébate par T. Labienus10. En 1987, D. F. Epstein soutint lui-aussi l’explication de Cassius Dion 11.

  • 12 Notamment à partir d’une lettre du 23 janvier 49 (Cic., Att., VII, 13a, 1), qui célèbre T. Labien (...)

5Le second courant, qui privilégie la lecture de Cicéron, interprète le geste de T. Labienus comme la réaction d’un homme décidé à défendre la res publica face au péril césarien12. L’idée a été défendue par W. B. Tyrrell en 1972 :

  • 13 W. B. Tyrrell, « Labienus’ Departure from Caesar in January 49 B.C. », Historia 21 (1972), p. 439

Hence we must not assume that Labienus, in leaving Caesar, deserted a trusting friend and fellow soldier. Personal motives aside, he in fact joined the legitimate government in its struggle against a revolutionary proconsul who placed his own dignitas above his country13.

  • 14 J. Harmand, « Encore Labiénus. À propos d’un article récent », RSA 3 (1973), p. 197-200.
  • 15 R. Seager, Pompey the Great, op. cit., p. 238 n. 23.
  • 16 W. B. Tyrrell, « Labienus’ Departure », art. cit., p. 437. W. B. Tyrrell justifie son propos en c (...)
  • 17 Cic., Inv., II, 22, 65.

6L’hypothèse de W. B. Tyrrell fit l’objet d’une réception très critique de la part de J. Harmand14, qui défendait une thèse différente, ainsi que des héritiers de l’interprétation proposée par R. Syme, et notamment de la part de R. Seager qui évoque some implausible speculations dans le propos de l’auteur15. Il est vrai que l’argumentation est parfois confuse, et même contradictoire, particulièrement lorsque W. B. Tyrrell déclare que T. Labienus n’était pas un homme moved by principles16. Sans que l’on sache précisément ce que W. B. Tyrrell nomme des « principes », son opinion entre en contradiction avec la vision de Cicéron, qui célèbre le personnage comme un héros en raison de son sens du devoir envers la res publica, ce qui évoque immédiatement la pietas erga patriam – sans qu’elle ne soit nommée directement dans l’extrait – c’est-à-dire l’un des grands praecepta cités dans le De inuentione17. La démonstration de W. B. Tyrrell ne parvint donc pas à mettre suffisamment en valeur la vision cicéronienne des faits, ni à se démarquer de l’analyse de R. Syme, qui soutenait également que le comportement de T. Labienus ne répondait pas à des principes politiques.

7La plus franche remise en cause de l’hypothèse de R. Syme fut formulée en 1988, dans l’ouvrage de P. A. Brunt, The Fall of the Roman Republic :

  • 18 P. A. Brunt, The Fall of the Roman Republic and Related Essays, Oxford, Clarendon Press, 1988, p.(...)

When Cicero heard of Labienus’ desertion of Caesar (which Dio perhaps had some ground for ascribing to a personal quarrel), he assumed that Labienus judged that Caesar’s march on Rome was a crime and that he was actuated by the public good ; Syme’s notion that Labienus was bound to Pompey by an old allegiance, to which he was returning, simply did not occur to him, and has little plausibility18.

  • 19 Il faut préciser que P. A. Brunt n’a sans doute pas été influencé par l’article de W. B. Tyrrell (...)

8P. A. Brunt n’exprime ni approbation ni désaccord avec le point de vue de Cicéron. Cependant, quelques lignes auparavant, il avançait l’idée que l’Arpinate avait choisi de suivre Pompée in the belief that this was his duty to the commonwealth. On peut donc estimer que P. A. Brunt accorde un certain crédit aux propos de Cicéron concernant T. Labienus : c’est ce qui nous a conduit à l’inclure dans le deuxième courant historiographique que nous évoquions19. Pour saisir les enjeux de la critique de l’auteur contre l’hypothèse de R. Syme, il faut préciser qu’elle se situe à la croisée de deux controverses : celle sur l’existence des clientèles pompéiennes du Picénum et celle, plus générale, qui concerne le rôle des clientèles et la nature du lien qui les unit à leur patronus.

  • 20 P. A. Brunt, The Fall of the Roman Republic, op. cit., p. 438. Sur son examen des clientèles pomp (...)
  • 21 G. D. Farney, Ethnic Identity and Aristocratic Competition in Republican Rome, Cambridge, Cambrid (...)
  • 22 Dès l’introduction de son chapitre sur les clientèles, P. A. Brunt précise sa position : This ess (...)
  • 23 C’est une vision qui est désormais largement acceptée. Pour une bibliographie plus récente sur la (...)
  • 24 P. A. Brunt, The Fall of the Roman Republic, op. cit., p. 378-379.

9En effet, si R. Syme, ou encore E. S. Gruen, étaient convaincus de l’existence et de la dévotion des clientèles du Picénum envers Pompée, P. A. Brunt évoque au contraire un « fief putatif » et il démontre dans un développement convaincant qu’au déclenchement de la guerre civile there was no enthusiasm for Pompey. And not a hint either in narratives of the war or in Cicero’s correspondence of the importance of his patronage20. De plus, l’origine picénienne des Pompeii tend désormais à être remise en question, et notamment par G. D. Farney21. Pour autant, P. A. Brunt ne minimise pas l’importance des liens de clientèle dans le contexte qu’il étudie, au contraire22, mais il démontre que les clientèles n’avaient pas vocation à fournir un appui militaire en cas de guerre23. Il précise aussi que les relations d’amicitia de T. Labienus sont complexes : comme Cicéron, il était à la fois un ami de César et de Pompée24.

  • 25 E. Rawson, « Chapitre 11 : Caesar : civil war and dictatorship », in J. A. Crook, A. Lintott, E. (...)
  • 26 É. Deniaux, Clientèles et pouvoir à l’époque de Cicéron, Rome, École française de Rome, 1993, p.  (...)
  • 27 Sur cette question, voir J.-L. Ferrary, « Optimates et populares. Le problème du rôle de l’idéolo (...)
  • 28 Chr. Meier, Res publica amissa : eine Studie zu Verfassung und Geschichte der späten römischen Re (...)
  • 29 P. A. Brunt, The Fall of the Roman Republic, op. cit., p. 502.

10Les différentes thèses défendues dans l’ouvrage de P. A. Brunt affaiblissent donc considérablement l’argumentation de R. Syme. Ainsi, lorsque le changement de camp de T. Labienus est évoqué dans le chapitre sur César de la Cambridge Ancient History, en 1992, l’hypothèse de R. Syme est alors qualifiée d’incertaine par E. Rawson25. Cependant, des travaux ont continué à faire référence à l’article sur l’« Allegiance of Labienus » comme s’il n’avait suscité aucune discussion26. On remarque ainsi l’influence des travaux de R. Syme sur l’historiographie qui permet de mieux comprendre la remarque (la déploration ?) d’A. Powell citée en introduction. La persistance de son hypothèse ne repose pourtant pas sur la lecture et l’interprétation permises par les sources anciennes, qui n’évoquent pas le changement de camp de T. Labienus en termes de fidélité clientélaire, mais simplement sur une certaine inertie historiographique, entretenue par des travaux ne prenant pas suffisamment en compte le renouvellement de notre connaissance concernant la relation patron-client. Cette longévité est également favorisée par des études qui ne récusent pas véritablement le paradigme de la Faktionsthese, dont R. Syme était l’un des tenants, à la suite des travaux Fr. Münzer27, et ce malgré les critiques développées par Chr. Meier dans Res publica amissa en 196628, puis par P. A. Brunt, qui insiste sur l’absence de coalitions durables au sein de l’aristocratie et sur le fait que les relations entre aristocrates étaient basées sur des short-lived combinations29.

  • 30 C’est une question que nous développerons plus longuement dans une étude qui paraîtra prochaineme (...)

11La relecture de l’« Allegiance of Labienus » devrait désormais être motivée par un intérêt purement historiographique, afin de ne plus faire fi d’un demi-siècle de recherches sur les clientèles et sur l’amitié politique à Rome, et cela pourrait permettre de reconsidérer le riche et complexe parcours de T. Labienus à l’aune des plus récentes avancées de la recherche30. Si l’influence de l’œuvre de R. Syme concernant le changement de camp de T. Labienus est encore perceptible aujourd’hui, il convient néanmoins de privilégier la lecture de P. A. Brunt qui, en accordant un certain crédit au témoignage de Cicéron, envisage la possibilité que le légat ait pu rompre son amitié avec César pour défendre la res publica. Il ferait ainsi preuve des « principes politiques » dont R. Syme l’avait affranchi.

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Notes

1 A. Powell, « Introduction », in A. Powell et K. Welch (dir.), Sextus Pompeius, Swansea, The Classical Press of Wales, 2002, p. X.

2 R. Syme, « The Allegiance of Labienus », JRS 28 (1938), p. 113-125.

3 Voici les principales références prosopographiques qui permettent d’éclairer le parcours politique et militaire du personnage : Fr. Münzer, s. v. « Labienus » n°6, RE, XII 1, 1924, col. 260-270 ; L. R. Taylor, The voting districts of the Roman Republic. The thirty-five urban and rural tribes, édition mise à jour par J. Linderski, Ann Arbor, University of Michigan Press, 2013 [1960], p. 223 ; T. R. S. Broughton, The Magistrates of the Roman Republic, New York, American Philological Association, 1952, vol. II, p. 167 ; 198 ; 204 ; 212 ; 219 ; 225 ; 231 ; 238 ; 244 ; 252 ; 268 ; 281 ; 291 ; 301 ; 311 ; 1986, vol. III, p. 116 ; T. P. Wiseman, New men in the Roman Senate, 139 B.C. - A.D. 14, Oxford, Oxford University Press, 1971, p. 236, n°220 ; Chr. Delplace, La romanisation du Picenum : l’exemple d’Urbs Salvia, Rome, École française de Rome, 1993, p. 48-49.

4 Voir notamment Caes., Gall., passim ; Plut., Caes., 18, 2 ; Cass. Dio, XL, 11, 2 ; 31, 3 ; 38, 4 ; 43, 1 ; Oros., VI, 10, 10 ; 12 ; 16.

5 R. Syme, The Roman Revolution, Oxford, Clarendon Press, 1939, p. 68 : Labienus left Caesar but not from political principle – he returned to an old allegiance.

6 L. R. Taylor, « Caesar and the Roman Nobility », TAPA 73 (1942), p. 19 ; La politique et les partis à Rome au temps de César, Paris, François Maspero, 1977 [1949], p. 288 ; M. Gelzer, Pompeius. Lebensbild eines Römers, Wiesbaden, Fr. Steiner, 1984 [1949], p. 236, n. 142 ; E. Gabba, « La lotta si Sesto Pompeo in Spagna », in E. Gabba, Esercito e societa nella tarda repubblica romana, Florence, La Nuova Italia, 1973, p. 64-65 ; E. S. Gruen, The Last Generation of the Roman Republic, Berkeley, University of California Press, 1974, p. 63 ; R. Seager, Pompey the Great. A political biography, Oxford, Blackwell, 2002 [1979], p. 154 ; Chr. Meier, César, Paris, Seuil, 1989 [1982], p. 362.

7 C. Wolff exprime une position à mi-chemin entre les deux tendances : « Le motif personnel peut avoir joué (inimitié avec César, désir de jouer un rôle plus important), tout comme le fait que César, en commençant la lutte, se plaçait dans l’illégalité la plus complète. En tant qu’homo nouus, peut-être voulait-il monter son attachement aux institutions romaines » (C. Wolff, Déserteurs et transfuges dans l’armée romaine à l’époque républicaine, Naples, Jovene editore, 2009, p. 309). Labienus est ainsi présenté comme un personnage assez conformiste et à partir de la lecture d’une lettre de Cicéron (Cic., Att., VIII, 2, 3) C. Wolf minimise l’importance du personnage dans l’entourage de Pompée (ibid., p. 330), probablement à tort, car l’Arpinate fait preuve d’ironie dans cette lettre, non sans amertume, comme l’avait bien démontré N. Alfieri (« Labieno, Cingoli e l’inizio della guerra civile nel 49 a.C. », Studi Maceratesi 19 (1983), p. 116).

8 Cass. Dio, XLI, 4, 4.

9 Th. Mommsen, Römische Geschichte. Band 3. Von Sullas Tode bis zur Schlacht von Thapsus, Leipzig, Weidmann, 1856, p. 343.

10 J. Harmand, « Des Gaulois autour de César », RSA 2 (1972), p. 131-142.

11 D. F. Epstein, Personal enmity in Roman politics 218 - 43 BC, Londres, Croom Helm, 1987, p. 42. Il faut signaler, en note seulement, le travail de W. Graham qui se situe dans la même optique, mais dont les hypothèses ne sont pas toujours fondées sur les sources ou argumentées avec une bibliographie suffisamment complète (W. Graham, « Why did Labienus defect for Caesar in 49 B. C. ? », Ancient History Bulletin 3 (1989), p. 123-127).

12 Notamment à partir d’une lettre du 23 janvier 49 (Cic., Att., VII, 13a, 1), qui célèbre T. Labienus comme un héros après sa jonction avec la coalition anti-césarienne : Labienum ἥρωα iudico. Facimus iam diu nullum ciuile praeclarius  Labiénus est à mon sens un héros. Depuis longtemps on n’a rien fait où se déclare avec plus d’éclat le sens civique » ; traduction de J. Bayet publiée en 1967 dans la Collection des Universités de France).

13 W. B. Tyrrell, « Labienus’ Departure from Caesar in January 49 B.C. », Historia 21 (1972), p. 439.

14 J. Harmand, « Encore Labiénus. À propos d’un article récent », RSA 3 (1973), p. 197-200.

15 R. Seager, Pompey the Great, op. cit., p. 238 n. 23.

16 W. B. Tyrrell, « Labienus’ Departure », art. cit., p. 437. W. B. Tyrrell justifie son propos en citant un extrait de la Guerre civile (Caes., Civ., III, 19, 8), qui intervient dans le contexte de la bataille de Dyrrachium : Desinite ergo de conpositione loqui ; nam nobis nisi Caesaris capite relato pax esse nulla potest  Cessez donc, s’écria alors Labienus, de parler de négociations ; pour nous, tant qu’on ne nous aura pas apporté la tête de César, il n’y a pas de paix possible » ; traduction de P. Fabre publiée en 1936 dans la Collection des Universités de France). Outre le fait que W. B. Tyrrell donne parfois l’impression qu’il lit les discours au premier degré, et qu’il semble omettre que c’est la main de César qui les a consignés dans son œuvre, il n’est pas évident de comprendre dans quelle mesure l’extrait cité lui permet d’appuyer son analyse.

17 Cic., Inv., II, 22, 65.

18 P. A. Brunt, The Fall of the Roman Republic and Related Essays, Oxford, Clarendon Press, 1988, p. 497-498.

19 Il faut préciser que P. A. Brunt n’a sans doute pas été influencé par l’article de W. B. Tyrrell car il ne le cite pas.

20 P. A. Brunt, The Fall of the Roman Republic, op. cit., p. 438. Sur son examen des clientèles pompéiennes du Picenum, voir p. 436-438.

21 G. D. Farney, Ethnic Identity and Aristocratic Competition in Republican Rome, Cambridge, Cambridge University Press, 2007, p. 183-184 : Münzer, Syme, and others have argued for a Picene origin for the family of Pompey the Great, in an effort to account for its great influence in Picenum. Nevertheless, no reasonably explicit evidence for their origin has surfaced to date, and none of the Pompeii ever advertised Picenum as their homeland.

22 Dès l’introduction de son chapitre sur les clientèles, P. A. Brunt précise sa position : This essay challenges current views of the importance of patronage, reflected for instance in Syme, RR, Badian, 1958, and Gruen, 1974, which derive above all from von Premerstein, 1900 and 1937, and Gelzer, 1969 (The Fall of the Roman Republic, op. cit., p. 382 n. 1).

23 C’est une vision qui est désormais largement acceptée. Pour une bibliographie plus récente sur la relation patron-client, voir notamment Cl. Eilers, Roman Patrons of Greek Cities, Oxford, Oxford University Press, 2002, p. 4-7 ; K. Verboven, s. v. « Clientela, Roman Republic », in R. S. Bagnall (dir.), The Encyclopedia of Ancient History, Malden, Wiley-Blackwell, 2013, p. 1577 ; J. Nicols, Civic Patronage in the Roman Empire, Leiden-Boston, Brill, 2014, p. 2-4. Voir également les différentes contributions de l’ouvrage collectif suivant pour ce qui concerne les clientèles provinciales et la reconsidération des travaux d’E. Badian : M. Jehne et Fr. Pina Polo (dir.), Foreign clientelae in the Roman Empire. A reconsideration, Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 2015.

24 P. A. Brunt, The Fall of the Roman Republic, op. cit., p. 378-379.

25 E. Rawson, « Chapitre 11 : Caesar : civil war and dictatorship », in J. A. Crook, A. Lintott, E. Rawson (dir.), The Cambridge Ancient History. Volume IX. The Last Age of the Roman Republic, 146-43 B.C., Cambridge, Cambridge University Press, 1994 [1992], p. 425.

26 É. Deniaux, Clientèles et pouvoir à l’époque de Cicéron, Rome, École française de Rome, 1993, p. 369 ; L. Canfora, Jules César : le dictateur démocrate, Paris, Flammarion, 2001 [1999], p. 160 ; P. M. Martin, « Inimici Caesaris », VL 173 (1) (2005), p. 10 n. 74. D’autres biographes de César sont restés tacites concernant l’épisode du changement de camp de T. Labienus, et notamment Jérôme Carcopino et Robert Étienne. On peut également regretter que K. Welch ne prenne pas part à la discussion dans sa contribution sur « Caesar and his officers in the Gallic war commentaries », in K. Welch et A. Powell (dir.), Julius Caesar as Artful Reporter, Swansea, Classical Press of Wales, 1998, p. 85-110.

27 Sur cette question, voir J.-L. Ferrary, « Optimates et populares. Le problème du rôle de l’idéologie dans la politique », in H. Bruhns, J.-M. David et W. Nippel (dir.), Die späte römische Republik. La fin de la République romaine. Un débat franco-allemand d’histoire et d’historiographie, Rome, École française de Rome, 1997, p. 222-224.

28 Chr. Meier, Res publica amissa : eine Studie zu Verfassung und Geschichte der späten römischen Republik, Wiesbaden, Franz Steiner Verlag, 1966.

29 P. A. Brunt, The Fall of the Roman Republic, op. cit., p. 502.

30 C’est une question que nous développerons plus longuement dans une étude qui paraîtra prochainement dans la revue Pallas.

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Pour citer cet article

Référence papier

Guillaume de Méritens de Villeneuve, « Relire « The Allegiance of Labienus » (JRS, 28, 1938) et dépasser l’inertie historiographique autour des travaux de Ronald Syme »Anabases, 31 | 2020, 177-183.

Référence électronique

Guillaume de Méritens de Villeneuve, « Relire « The Allegiance of Labienus » (JRS, 28, 1938) et dépasser l’inertie historiographique autour des travaux de Ronald Syme »Anabases [En ligne], 31 | 2020, mis en ligne le 27 juin 2022, consulté le 11 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/anabases/10806 ; DOI : https://doi.org/10.4000/anabases.10806

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Auteur

Guillaume de Méritens de Villeneuve

PLH-ERASME (EA 4601)
Université Toulouse-Jean Jaurès
5, allées Antonio Machado
31058 Toulouse Cedex 9
de.meritens.guillaume@gmail.com

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Droits d’auteur

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