Un point de départ : la formation de la nobilitas
Évoquer la réception de l’œuvre de Karl-Joachim Hölkeskamp en France depuis les années 1990/2000, suppose de partir du livre qui le fit connaître (et reconnaître) : sa thèse, soutenue à Bochum en 1984 et publiée en 1987, Die Entstehung der Nobilität. Comme pour tout classique, la thèse de ce livre est à présent bien connue, au point sans doute de paraître – à tort – peu originale à ceux qui la découvriraient de nos jours. Sans entrer trop dans le détail, rappelons que l’ouvrage s’organise comme suit. Après un chapitre introductif général, le deuxième chapitre s’en prend aux approches prosopographiques dites factionnalistes (ce qu’il appelle la Gruppierungsrekonstruktion). Karl-Joachim Hölkeskamp s’y oppose en particulier à la fameuse thèse de Friedrich Münzer sur le Mittelpartei à l’origine du compromis politique patricio-plébéien de 366. Cette clef de lecture, construite à l’aube du xxe siècle sur une vision de la vie politique fondé...



