Quand Montherlant publia, en 1920, La Relève du matin, l’essai figurant en tête du recueil portait un très long titre : En mémoire d’un mort de dix-neuf ans (de qui je joins les mains sur ce livre), qui ne changera plus, sinon que l’auteur précisera plus tard que le défunt était un camarade de collège, Marc de Montjou, « tué comme sous-lieutenant d’infanterie en 1915 ». Montherlant et Montjou s’étaient en effet connus à Sainte-Croix de Neuilly entre janvier 1911 et mars 1912.
On lisait aussi, à la fin de l’essai : « Mai 1918. 360e d’Infanterie, dans les Vosges. », qui sera maintenu dans toutes les éditions. Montherlant se trouvait alors à Mirecourt. Blessé le 6 juin, quand sa section fut repérée par un avion ennemi à Ban-de-Laveline, il sera opéré le 8 juin à Saint-Dié, affecté le 29 au bureau de l’officier des détails et démobilisé le 23 août 1919.
Voilà pour le contexte, venons-en au texte.
Il avait d’abord paru, avec un titre moins emphatique : Sur un mort de dix-neuf ans, et avec...



