I
Les Anciens n’auraient jamais eu, que je sache, sans y être contraints par de surprenantes rencontres, l’idée d’opposer l’unicité du divin à la multitude des entités auxquelles ils adressaient leurs prières et leurs sacrifices. Au soubassement de l’idée occidentale d’une opposition entre monothéisme et polythéisme, on doit sans doute situer la découverte que les Égyptiens, les Grecs et les Romains ont faite d’êtres étranges à leurs yeux, les Juifs. L’ignorance des dieux proclamée par ceux-ci, à l’exception d’un seul, le leur, fut ressentie par les anciens habitants du bassin méditerranéen oriental comme une hostilité à l’égard de leurs propres dieux, et même parfois, carrément, cette affirmation d’un seul dieu passa pour une forme d’athéisme.
Il faut ici rendre hommage à Jan Assmann. Non pas pour ce qu’il a supposé du lien entre le traumatisme atonien et la rupture mosaïque, mais simplement pour avoir souligné l’importance de ce phénomène de rejet, de discrimination. Le récit de l’e...



