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Comptes rendus

Silverio Franzoni, Elisa Lonati et Adriano Russo (éds.), Le sens des textes classiques au Moyen Âge. Transmission, exégèse, réécriture

Pierrick Pogut
p. 256-258
Référence(s) :

Silverio Franzoni, Elisa Lonati et Adriano Russo (éds.), Le sens des textes classiques au Moyen Âge. Transmission, exégèse, réécriture, Turnhout, Brepols, 2022, 282 p. / ISBN 9782503598468.

Texte intégral

1L’ouvrage s’intéresse à la transmission des textes classiques durant le Moyen Âge, tant sur leur copie que sur les nombreux échanges dont ils ont fait l’objet au cours de cette période, aboutissant à l’élaboration des versions connues de nos jours. Les éditeurs ont regroupé les travaux de différents spécialistes, soit douze articles répartis en trois thèmes (transmission, exégèse et réécriture) : quatre articles sont en italien, quatre sont en anglais et quatre en français. L’ouvrage dispose également d’un index des manuscrits et d’un index des auteurs et des ouvrages.

2Les articles de la première partie se concentrent sur la manière dont sont transmis les textes classiques. Les spé­cialistes retracent les différentes versions de texte afin de comprendre comment les textes orignaux ont pu circuler, être recomposés et surtout transmis. Cette transmission met alors en lumière des contradictions entre les versions, voire de nouvelles hypothèses émises par ces travaux. Dès le premier article (A. Russo), le questionnement sur la transmission de textes anciens est évoqué, à travers l’exemple d’une épigramme connue par deux versions différentes d’époque médiévale : il retrace donc l’ensemble des manuscrits connus et en donne une nouvelle théorie concernant les variantes de cette épigramme. Un autre type de texte est particulièrement étudié dans les articles suivants, les florilèges (A. Cossu), notamment le Florilegium Gallicum. Y. Brandenburg compare deux florilèges, le Florilegium Angelicum et le Florilegium Gallicum dont il questionne la source originelle sur laquelle on s'appuie traditionnellement (le Vat. lat. 4929) tout en suggérant d'autres transcriptions. Quant à S. Franzoni, son analyse cherche à comprendre le but et l’organisation du Florilegium Gallicum pour en donner une autre interprétation.

3La deuxième partie est consacrée à l’élaboration des manuscrits médiévaux copiant et interprétant des textes anciens, l’exégèse. À travers différents exemples (Juvénal par D. Gallo et S. Grazzini, Lucain par B. Chachuat, Ovide par L. Degiovanni), les auteurs retracent les stemmas amenant à une version des textes. Les travaux mettent en lumière les relations entre les différents manuscrits, tout en apportant de nouvelles hypothèses. De plus, la popularité de certaines œuvres anciennes a suscité des interprétations de la part des auteurs qui ont pu amener parfois à des erreurs de transcriptions ou des réinterprétations. Par exemple, dans son article, L. Degiovanni reprend un texte d’Ovide concernant Hercule et sa soumission à l’amour : il essaie d’en comprendre la manière dont les exégètes ont alors transcrit ce texte, leur interprétation (erronée pour lui) et avec elle, sa réception à l’époque médiévale.

4La troisième partie s’intéresse, quant à elle, à la réécriture des textes anciens à l’époque médiévale. Pour cela, la question de l’imitation est abordée, notamment à travers les exemples des poètes et notamment des Odes (J.- Y. Tilliette). De même, la question d’ajouts de texte dans les compilations, qui sont alors faussement attribués à un auteur ancien, est développé à travers l’exemple du Ps.-Quintilien (R. Macchioro). Une pratique que l’on retrouve également dans d’autres types de texte, comme le Chronicon, où E. Lonati met en avant des citations de sources anciennes, parfois peu connues voire remaniées. Enfin, un dernier article évoque l’influence que peut avoir le contexte de rédaction sur l’interprétation médiévale : à travers l’exemple des œuvres de Virgile et de Lucain, I. Wolsing retrace la vision qu’il peut y avoir entre l’Occident et l’Orient (Ouest/Est), d’abord dans l’Antiquité, puis à l’époque médiévale dans un contexte de rivalité entre Chrétiens et Musulmans, ce qui peut alors influencer la transcription d’œuvres anciennes.

5La transmission des sources anciennes reste un sujet de débats et une problématique qui concerne tout spécialiste de l’Antiquité, qu’il soit historien, philologue, spécialiste de littérature. Les travaux ici compilés s’adressent véritablement à un public de spécialistes. Les questions abordées sont pertinentes mais peuvent sembler obscures pour un lecteur qui n’est pas familier des sources ou des auteurs évoqués. Les spécialistes décortiquent minutieusement les œuvres, les passages même, en citent de nombreuses autres pour comparer et étayer leur démonstration, ce qui peut être très intéressant pour un lecteur familier des dites œuvres. Toutefois, ils apportent des hypothèses solides au traitement de ces sources et mettent également en avant de nouvelles hypothèses de recherche qui pourront inspirer de futurs travaux d’étudiants ou de spécialistes.

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Pour citer cet article

Référence papier

Pierrick Pogut, « Silverio Franzoni, Elisa Lonati et Adriano Russo (éds.), Le sens des textes classiques au Moyen Âge. Transmission, exégèse, réécriture »Anabases, 43 | 2026, 256-258.

Référence électronique

Pierrick Pogut, « Silverio Franzoni, Elisa Lonati et Adriano Russo (éds.), Le sens des textes classiques au Moyen Âge. Transmission, exégèse, réécriture »Anabases [En ligne], 43 | 2026, mis en ligne le 01 mai 2026, consulté le 04 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/anabases/22810 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16ih0

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Droits d’auteur

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