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Traditions du patrimoine antique

Rétablir la métrique de Térence au xvie siècle : le cas du Iudicium de Glaréan (1540)

Kevin Bovier
p. 93-105

Résumés

Les comédies de Térence connurent un succès considérable à la Renaissance, notamment parce qu’elles furent largement utilisées pour l’apprentissage du latin. En revanche, l’aspect métrique de ces textes fut oublié dès la fin de l’Antiquité. Les humanistes entreprirent de rétablir la métrique de Térence à l’aide des traités de grammaire antiques, mais se heurtèrent longtemps à une colométrie défaillante et à un texte instable. Cette période de tâtonnements a fait l’objet de quelques études d’ensemble ; le présent article vise à donner une image plus précise de l’exégèse sur la métrique térentienne en adoptant un point de vue plus spécifique : nous examinerons ici le commentaire de Heinrich Glaréan, paru en 1540, et plus particulièrement les méthodes qu’il met en œuvre pour corriger le texte et rétablir les mètres. Une mise en perspective avec les travaux qui ont précédé, notamment ceux d’Érasme, permettra de situer le rôle de Glaréan dans le débat humaniste sur la métrique de Térence.

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Texte intégral

1Heinrich Loriti (1488-1563), dont le canton d’origine, Glaris, lui a valu le surnom latin de Glareanus, est une figure connue de l’humanisme : ses pairs saluaient à la fois ses qualités de professeur et sa polymathie. Certaines de ses œuvres ont attiré l’attention des chercheurs, notamment celles qui concernent la géographie et la musique. Les commentaires consacrés à César, Horace et Valère-Maxime ont également fait l’objet d’études. D’autres cependant sont encore à examiner, parmi lesquels son commentaire sur les comédies de Térence. L’ouvrage en question s’intitule In Publii Terentii Carmina per omneis Comoedias… Iudicium et est publié en 1540, alors que Glaréan est professeur à l’université de Freiburg im Breisgau.

2Parmi les chercheurs, seuls Harold W. Lawton et Joseph A. Dane mentionnent l’ouvrage de Glaréan sur Térence. Le premier approuve un passage de l’épître dédicatoire dans lequel l’humaniste dénonce le foisonnement de commentaires inutiles sur Térence. Le second analyse un autre passage de cette épître où Glaréan évoque le travail d’Érasme sur le même auteur. En revanche, aucun d’eux n’a consulté le commentaire pour évaluer l’apport de Glaréan aux études sur Térence. C’est ce qui constituera le propos de cet article. Nous le débuterons en exposant les données d’un problème ancien que les humanistes ont tenté de résoudre : la métrique de Térence. Le commentaire de Glaréan s’inscrit en effet dans une lignée de travaux humanistes destinés à rétablir cette métrique.

3Une fois les enjeux du problème identifiés, il s’agira d’examiner la manière dont Glaréan s’insère dans le débat humaniste sur la métrique : pour cela, nous analyserons successivement l’épître dédicatoire qui tient lieu de préface à l’œuvre, le commentaire lui-même, révélateur des méthodes de travail de Glaréan, et enfin les appendices sur la métrique que ce dernier a ajoutés en fin d’ouvrage.

La transmission des comédies de Térence et le problème de la métrique

4Pour comprendre le problème de la métrique de Térence à la Renaissance, il faut revenir brièvement sur l’usage qui est fait de ses comédies au fil des siècles. Leur intégration dans le cursus scolaire dès l’Antiquité a eu pour conséquence immédiate l’apparition de commentaires qui répondaient aux besoins de l’enseignement. Parmi ces commentaires, seuls ceux de Donat et d’Eugraphius ont subsisté, auxquels il faut ajouter les Scholia Bembina contenues dans le plus ancien manuscrit des œuvres de Térence, le codex Bembinus (Vat. Lat. 3226). Térence est encore très lu au Moyen Âge, en témoignent les centaines de manuscrits conservés de cette période, sans parler des œuvres inspirées de ses pièces, comme les imitations en prose de Hrotsvita de Gandersheim au xe siècle.

5Le paradoxe de cette riche réception est que, dès la fin de l’Antiquité, la métrique des comédies de Térence n’est plus connue, à tel point que le grammairien Priscien, au vie siècle, « [s]’étonne que certains nient la présence de mètres dans les comédies de Térence » (miror quosdam vel abnegare esse in Terentii comoediis metra). Dane suggère que leur utilisation comme recueil d’expressions dans un contexte scolaire a contribué à en masquer le caractère poétique. De plus, les copistes médiévaux transcrivent le texte comme de la prose et perturbent ainsi la colométrie, c’est-à-dire la disposition du texte en vers, problème qui demeure dans la plupart des incunables. La colométrie est le premier aspect que Dane distingue dans la confusion métrique chez les humanistes, les deux autres étant la prosodie (l’identification des quantités syllabiques) et la métrique (l’identification du type de mètre). L’état du texte constitue un autre point sensible du problème : sans leçons fiables, la prosodie devient aléatoire et gêne à son tour l’analyse métrique. À la période des incunables, la présence des commentaires de Donat et de Guy Jouenneaux (Guido Juvenalis) autour du texte de Térence a une influence conservatrice sur les leçons adoptées par les éditeurs. Au xvie siècle, le déplacement de ces commentaires après le texte libère celui-ci de leur emprise.

6La première difficulté, celle de la colométrie, est résolue par Ange Politien. En 1491, celui-ci reproduit à la main la colométrie et certaines variantes textuelles du codex Bembinus dans un exemplaire de l’édition vénitienne de 1475. Il faudra cependant attendre 1505 pour que Benedictus Philologus (Benedetto Riccardini) applique cette colométrie à l’édition Giunta, dans laquelle il rend hommage au travail de Politien. En revanche, les variantes que ce dernier a tirées du manuscrit n’apparaissent que sporadiquement dans le texte édité. Ce n’est qu’en 1565 que Gabriele Faerno reprend de façon systématique les leçons du Bembinus, ce qui constitue une étape décisive dans l’établissement du texte et la restauration de la métrique.

7Néanmoins, au début du xvie siècle, les difficultés ne sont pas toutes sur­montées. Le rétablissement de la colométrie n’est que la première étape vers la compréhension de la métrique térentienne. Des paratextes sur la métrique comique apparaissent tôt dans les éditions, souvent compilés à partir des traités de grammaire antiques ; mais les commentaires qui paraissent à cette période livrent peu d’éléments sur la métrique de Térence. C’est en 1532 qu’interviennent de nouvelles avancées dues à la parution de l’édition d’Érasme et du commentaire de Johann Rivius. En plus de consacrer quelques pages à la métrique comique, Érasme insère des notes succinctes dans les marges du texte, identifiant le type de mètre, signalant les élisions ou proposant des variantes textuelles. Quant aux Castigationes de Rivius, elles sont bien plus développées : il s’agit d’un commentaire lemmatique qui vise à corriger le texte et à rétablir les mètres. Mais Rivius lui-même est conscient que le travail ne fait que commencer et encourage les érudits « muni[s] d’un jugement plus pénétrant » (acriorique judicio praeditus) à le compléter et à l’améliorer. C’est peut-être en réponse à cet appel que Heinrich Glaréan publie en 1540 son Iudicium in Terentii carmina.

Le Iudicium de Glaréan sur la métrique de Térence (1540)

8Imprimé au format in-8, le commentaire de Glaréan paraît en 1540 chez Frellon à Lyon sans le texte de Térence. L’ouvrage débute par une épître dédicatoire datée du 1er mars 1539 et adressée à Gérard Cizan. Le Iudicium s’étend sur deux cent quarante-trois pages. Suivant le découpage en actes et en scènes, le commentateur énumère les types de vers que lecteur va rencontrer et les difficultés générales de la scène. Il y ajoute des notes qui portent sur des problèmes plus précis, relevant de la critique textuelle et de l’identification des quantités syllabiques ou des types de pieds. Chaque note est introduite par un lemme tiré du texte, mais l’exégèse peut concerner des passages adjacents : le lemme n’est donc qu’un repère pour le lecteur qui doit avoir une édition du texte à portée de main. Le commentaire s’achève sur une brève Peroratio qui introduit les paratextes suivants : un schéma contenant les types de pieds utilisés par Térence et intitulé Communium pedum typus (fig. 1), deux pages sur les caractéristiques des vers (De carminum attributis), deux autres schémas respectivement sur les iambes (Iambicorum a monometris ad usque tetrametra generalis formula, de qua quinque ferme apud Terentium species, hic astericis notatae, reperiuntur) et les trochées (Trochaicorum eadem ratione formula tribus apud Terentium ferme speciebus, astericis pernotatis) ; enfin Glaréan revient sur les mètres iambiques dans les deux dernières pages, en concentrant son exposé sur l’évolution de ce type de mètre chez les Grecs et les Latins.

Fig. 1. Schéma des pieds utilisés par Térence dans le commentaire de Glaréan.

Bayerische Staatsbibliothek München, A.lat.a. 1867, p. 128r, urn:nbn:de:bvb:12-bsb00016459-9.

L’épître dédicatoire : entre émulation et souci d’utilité

  • 1 Glaréan, Iudicium, p. 2r-v.
  • 2 Glaréan, Iudicium, p. 2v.
  • 3 Glaréan, Iudicium, p. 2v.
  • 4 Glaréan, Iudicium, p. 2v.
  • 5 Glaréan, Iudicium, p. 2v.
  • 6 Glaréan, Iudicium, p. 2v.
  • 7 Ed. Froben (voir n. 23), f. a 3r.
  • 8 Dane, « On metrical confusion… », p. 120-121 et 125, estime que le travail d’Érasme à Venise n’a (...)
  • 9 Glaréan, Iudicium, p. 3r.
  • 10 Glaréan, Iudicium, p. 3r.
  • 11 Glaréan, Iudicium, p. 65r.

9Dans sa lettre-préface, le Glaronnais relève le nombre important de commen­taires, d’annotations et d’emblèmes qui existent déjà sur les comédies de Térence (In quem [Terentium] tot extant hodie iampridem edita commenta, tot annotationes, tot assuta emblemata1). Il estime cependant que peu de ces ouvrages ont une réelle valeur et dénigre en particulier celui de Guy Jouenneaux (Vt quid enim dicam de Guidone quodam Iuvenale, homine profecto ad hoc negotii inepto ?2), probablement parce qu’il n’y est question ni de critique textuelle, ni de métrique. Il valorise davantage le commentaire de Donat, bien que certains passages, à son avis, soient l’œuvre de plusieurs personnes (Donati… commentarii ipsi oppido elegantes et arguti. Verum neque unius hominis, sed saepe in unam scaenam quatuor3). Glaréan cite ceux qui ont entrepris de rétablir les vers avant lui : le nom de Politien apparaît, puis celui d’Érasme qui aurait travaillé sur Térence lors d’un séjour chez Aldo Manuzio à Venise, en 1507-1508 (Ante annos aliquot Politianus, ex nescio quo vetusto codice, conatus est carmina in certam redigere seriem. Post eum Erasmus praeceptor noster Venetiis apud Aldum4). Mais selon Glaréan, les premiers efforts d’Érasme n’auraient pas suffi : au fil du temps, le texte de Térence se serait à nouveau dégradé (non ita multo post rursus cuncta turbata sunt et intra triginta annos author ita a priore emendatione exorbitavit5) ; Érasme aurait alors repris sa tâche à un âge avancé, mais en travaillant à la hâte (Erasmus, iam extrema aetate, alteram adhibuerit manum, sed quatuor duntaxat dierum opera6). Et de fait, l’humaniste des Pays-Bas, dans son édition, reconnaît n’y avoir consacré que quatre jours (nos quatriduanam opellam sumpsimus7). En revanche, il ne mentionne pas son séjour chez Manuzio8 : Glaréan en a peut-être exagéré l’importance pour minimiser les progrès réalisés sur la métrique térentienne durant les décennies précédentes et pour légitimer son propre commentaire. Érasme aurait utilisé les annotations manuscrites que Glaréan avait faites dans une édition (usus ibi codice meo, in quo pleraque annotata erant9) : celui-ci fait donc part de sa contrariété, car, assure-t-il, « j’avais rédigé ces notes pour moi, non pour les autres, et certainement pas pour qu’elles fussent publiées dans cette édition » (Quam rem non admodum aequo animo tuli. Nam ego mihi ea, non aliis notaveram, nec in hoc certe ut ederentur10), c’est-à-dire celle qu’Érasme fit paraître chez Froben en 1532. Dans une note, Glaréan précise que l’exemplaire annoté de sa main était l’aldine de 151711.

  • 12 Glaréan, Iudicium, p. 3r.
  • 13 Métricien alexandrin du IIe siècle apr. J.-C., Héphestion fut peut-être un précepteur de l’empere (...)
  • 14 Ed. Froben (voir n. 23), f. a 3r.
  • 15 Glaréan, Iudicium, p. 5r.
  • 16 H. Schreiber, Heinrich Loriti Glareanus, seine Freunde und seine Zeit, Freiburg i. B., 1837, p. 1 (...)

10Piqué dans son orgueil, Glaréan est alors revenu à ces « bagatelles » (ad has nugas denuo relapsus) pour « faire part au lecteur de [s]on jugement sur l’arrange­ment de tous les vers qui se trouvent chez cet auteur » (de omnium quae apud hunc authorem sunt, carminum ratione meum lectori iudicium aperire12). Il se dit étonné que les grammairiens aient si peu écrit sur la métrique de Térence. Parmi ceux qu’il mentionne, Héphestion13, auteur d’un manuel de métrique, lui paraît le plus pertinent ; c’est de ce grammairien grec qu’il s’inspire pour élaborer les schémas qui se trouvent après le commentaire. Glaréan souligne l’audace (licentia) croissante des poètes grecs et latins à l’égard du mètre iambique ; selon lui, cette caractéristique atteint son paroxysme avec la poésie de Térence, dans laquelle tout ou presque est permis. Cette explication topique apparaissait déjà chez Érasme14. Glaréan expose ensuite sa vision de la métrique comique et de son évolution, les types de pieds et les élisions. Il reconnaît néanmoins que la complexité de cette métrique « crée beaucoup d’embarras partout » (Quae omnia multum negocii ubique facessunt nobis15). La lettre se conclut par l’éloge de son dédicataire et la mention de deux autres témoins de son travail acharné, Pierre Pétremand et Guillaume Barot, probablement des étudiants bourguignons qui ont résidé chez Glaréan16.

11Cette préface contient quelques renseignements sur l’élaboration du com­mentaire : Glaréan a l’ambition de fournir un ouvrage plus utile que la plupart des commentaires existants et qui soit dans la continuation des travaux de Politien et d’Érasme ; il souhaite même dépasser l’apport de ce dernier. Cette rivalité avec son maître se retrouvera dans le commentaire. Les connaissances que Glaréan a acquises en matière de métrique viennent des grammairiens antiques, grâce auxquels il a pu élaborer les schémas qui seront étudiés plus loin. La difficulté de la métrique de Térence, due à la grande diversité des pieds qui la compose, contraint cependant Glaréan à des tâtonnements pour améliorer le texte et rétablir sa scansion, comme on le verra en examinant le commentaire.

Le Iudicium ou le commentaire comme lieu de débat

  • 17 Glaréan, Iudicium, p. 61r.
  • 18 I. Fenlon et I. M. Groote, « Heinrich Glarean’s Books », in I. Fenlon et I. M. Groote (eds.), Hei (...)

12Il s’agit à présent de voir quelles méthodes a employées Glaréan pour corriger le texte et pour identifier les pieds dans les vers. Ces deux étapes ont exigé du commentateur l’usage de sources diverses. Tout d’abord, Glaréan ne semble pas avoir utilisé de manuscrits, malgré la terminologie parfois ambiguë à laquelle il recourt dans ses notes : les termes de codices vetusti ou encore d’antiquus codex qui s’y trouvent renvoient à des éditions anciennes des comédies de Térence. Ainsi, lorsqu’il parle de l’édition aldine de 1517 et d’une autre plus ancienne (peut-être celle de Soardi de 1512), il écrit : Aldinus codex atque adeo vetustus alter17. Il possédait un exemplaire de chacune de ces éditions vénitiennes18 ; celle de Soardi comprend même des annotations de la main de l’humaniste, mais c’est celle d’Aldo Manuzio qui fournit à Glaréan le texte de base pour son commentaire. C’est en outre celle qu’il cite le plus dans ses notes. Glaréan mentionne également une édition imprimée à Cologne (codex Agrippinensis) ; il est difficile de l’identifier avec précision, mais elle contenait les commentaires d’Érasme et de Rivius auxquels il se réfère constamment. L’édition bâloise réalisée par Érasme est aussi indiquée sous le nom de codex Frobenii ou de codex Erasmi : elle incluait le commentaire de Giovanni Calfurnio (Johannes Calphurnius), que Glaréan cite à plusieurs reprises dans ses notes. Toutes ces éditions, et peut-être d’autres encore, lui ont permis de comparer les différentes leçons retenues par ceux qui ont travaillé sur le texte avant lui.

  • 19 Glaréan, Iudicium, p. 6v.
  • 20 Glaréan, Iudicium, p. 21v.

13À la collation des éditions s’ajoute la consultation des commentaires d’Érasme et de Rivius, deux auteurs qu’il respecte, appelant le premier « notre précepteur » (praeceptor noster) et disant du second qu’il « a écrit élégamment sur cet auteur [Térence], à la fois soigneusement et abondamment » (Ioan. Rivius…, qui in hunc authorem et diligenter et oppido eleganter scripsit19). Glaréan tient compte de leur opinion dans ses notes avant de prendre position. Il n’hésite toutefois pas à se montrer critique envers eux s’il estime qu’ils se sont trompés. Il polémique en particulier avec Érasme qu’il connaît personnellement. Dans une note sur l’Andrienne, Glaréan rapporte qu’Érasme et lui n’étaient pas d’accord sur certains vers de cette pièce ; au cours du débat, Érasme aurait invoqué l’autorité de Priscien, Glaréan celle de Térentianus Maurus (ille Priscianum haberet authorem, ego Terentianum20). L’émulation entre les deux humanistes est flagrante dans la suite de cette note, où transparaît chez Glaréan un mélange d’admiration et d’agacement vis-à-vis de son mentor :

« Tandis que j’avançais ces arguments et quelques autres pour défendre mon opinion, il [Érasme] écoutait en faisant la sourde oreille. Ainsi il traita personnellement des treize premiers vers de cette scène, afin que je prisse l’habitude d’admirer plus souvent ce qui lui venait alors à l’esprit. Mais nous voyons, par Hercule, la nature nous pousser à écouter avec gravité les hommes de plus grande réputation, plus rarement les plus jeunes, même ceux qui donnent de bons conseils, surtout lorsqu’un contentieux survient à propos d’affaires intellectuelles. C’est que la faiblesse humaine est avide de victoire. »

  • 21 Glaréan, Iudicium, p. 22r.

Haec et quaedam alia cum pro meae opinionis defensione adduxissem, ille surda aure audiebat. Itaque ipse hujus scenae XIII primos versus ita tractavit, ut saepius mecum mirari soleam, quid ei tunc venerit in mentem. Sed ita, Hercules, natura comparatum videmus, ut majoris existimationis homines, nonnunquam minores, etiam bene admonentes, gravatim audiamus, maxime ubi de ingenii negotiis contentio incidit. Adeo victoriae est cupida humana imbecillitas21.

  • 22 Glaréan, Iudicium, p. 104v.
  • 23 A. Horawitz et K. Hartfelder (hrsg.), Briefwechsel des Beatus Rhenanus, Leipzig, 1886, p. 185. Rh (...)

14Ailleurs toutefois, Glaréan estime que le travail d’Érasme, quoique hâtif, est supérieur à celui des autres commentateurs22. Ce débat sur le texte et la métrique de Térence précède même la parution de l’édition érasmienne de 1532 : dans une lettre de l’automne 1519, l’humaniste Beatus Rhenanus signale en effet à Wilhelm Nesen que « Glaréan a restauré de nombreux passages de Térence à propos desquels il va écrire à Érasme » (Glareanus restituit multa Terentii loca, de quibus ad Erasmum scripturus est23). La discussion entre érudits pouvait donc prendre différentes formes, orales ou écrites, et se retrouver plus tard dans les commentaires.

  • 24 Ce commentaire paraît pour la première fois à Venise, chez Jacques le Rouge (Jacobus Rubeus), en (...)
  • 25 J. Bloemendal, « In the Shadow of Donatus : Observations on Terence and Some of his Early Modern (...)

15Outre les travaux d’Érasme et de Rivius, l’humaniste glaronnais a consulté le commentaire de Giovanni Calfurnio24 sur le Heautontimorumenos, car celui de Donat est perdu pour cette pièce. Glaréan y cherche une confirmation ou une infirmation des leçons de l’édition. En revanche, le nom de Guy Jouenneaux, critiqué dans l’épître dédicatoire, n’apparaît pas dans les notes de Glaréan. Jouenneaux avait produit un commentaire à l’imitation de Donat25, mais son contenu ne permettait pas à Glaréan d’améliorer le texte ou sa métrique.

  • 26 Fenlon et Groote, « Heinrich Glarean’s books », p. 326.

16On a vu plus haut Érasme et Glaréan s’affronter par l’intermédiaire de Priscien et Térentianus, deux grammairiens faisant figure d’autorités dans le débat entre humanistes. Térentianus Maurus est l’auteur d’un De litteris, syllabis, metris et Priscien a composé des Institutiones grammaticae et un De metris comicis. Glaréan avait un exemplaire imprimé des œuvres du second (Venise, 1500)26. Il trouvait dans ces ouvrages des passages des comédies utilisés comme exemples. Ces passages présentaient parfois des variantes par rapport au texte des éditions, ce qui permettait ensuite au commentateur de valider ou non ses analyses métriques.

  • 27 Fenlon et Groote, « Heinrich Glarean’s books », p. 330-331.
  • 28 A. Horz, « A Dorio ad Phrygium: Glarean and the Adagia of Erasmus » in Heinrich Glarean’s Books, (...)

17Plus ponctuellement, Glaréan mentionne d’autres travaux humanistes, comme les Elegantiae de Lorenzo Valla, dont il possédait une édition parisienne de 1520, ou encore le Cornucopiae de Nicolo Perotti, dont l’édition vénitienne de 1513 était également dans ses rayons27. Ces deux ouvrages constituent des sources habituelles pour les humanistes qui y trouvaient un grand nombre de remarques sur les œuvres antiques, principalement sur la langue. Les Adages d’Érasme figurent aussi dans les ouvrages cités : certains adages ont d’ailleurs été recopiés par Glaréan dans son édition de Térence de 151728. Il pouvait ainsi comparer les citations de Térence retenues dans les Adages avec le texte de l’édition.

  • 29 Glaréan, Iudicium, p. 30r.

18Concernant l’identification des mètres, Glaréan dénonce la confusion qui règne entre iambes et trochées et reproche à Érasme sa présentation peu claire des mètres de Térence. Selon lui, il est possible d’y mettre de l’ordre et de classer ces mètres sans aller contre l’art du poète. Pour arriver à ce résultat, Glaréan affirme reprendre de manière plus cohérente la tâche de son maître, sans inventer de nouvelles audaces (novas licentias29). En affichant ainsi son objectif et sa méthode de travail, il annonce aussi les schémas métriques qui suivent le commentaire. Malgré son aplomb assumé et ses critiques à l’encontre de ses prédécesseurs, Glaréan reconnaît qu’il reste des problèmes à résoudre et en appelle régulièrement au jugement du lecteur, signe qu’il n’est pas toujours sûr du bien-fondé de ses propositions.

  • 30 Glaréan, Iudicium, p. 112r.
  • 31 Glaréan, Iudicium, p. 53v.
  • 32 Glaréan, Iudicium, p. 51r.

19En dépit des difficultés, le commentateur estime maîtriser suffisamment la métrique de Térence pour en tirer des conclusions générales : « Toutes les comé­dies de Térence commencent en effet par des sénaires iambiques et finissent en tétramètres trochaïques catalectiques » (Omnes enim Terentii Comoediae ab iambicis senariis incipiunt et in trochaicos tetra[metros] catalecti[cos] finiunt30). Par ailleurs, Glaréan est capable d’identifier les procédés métriques couramment utilisés par Térence : « En huitième position, la première [syllabe] d’aedepol a de nouveau été rendue brève, comme souvent chez ce poète » (In octavo [loco] rursus ‘aedepol’ prima correpta, ut frequens est huic poetae31). Le commentateur repère aussi les traits archaïques de la langue de Térence, ce qui lui permet de deviner les quantités de certaines syllabes : « Ainsi aufugistin’ et satin’, dans ce vers, sont brefs selon un usage que Térence conserve obstinément à la suite d’Ennius et de tous les autres » (Sic aufugistin’ et satin’ in hoc carmine sunt brevia usu, quem Terentius mordicus obtinet post Ennium ac caeteros32).

  • 33 Glaréan, Iudicium, p. 46r.

20Enfin, le commentaire comporte des parallèles avec les textes littéraires antiques. Il s’agit surtout de pièces poétiques d’auteurs tels que Virgile et Horace, et à quelques reprises Plaute, Juvénal, Ovide et Lucain ; la prose est citée plus rarement (Cicéron, Salluste). Glaréan effectue des rapprochements métriques et linguistiques avec ces textes. Il compare également plusieurs passages de Térence et estime que « ce poète a pris plaisir à faire des vers ambigus » (Habuit hoc poeta pro voluptate, opinor, ut ambiguos versus faceret33). Si la licentia en matière de métrique est un motif de plainte régulier chez Glaréan, elle devient parfois un argument pour justifier certaines propositions du commentateur, que celui-ci juge lui-même audacieuses.

21Ainsi l’utilisation des sources dans le commentaire est double : les unes amènent des variantes pour rétablir le texte, les autres contribuent plutôt à restituer la métrique. Dans la première catégorie se trouvent les éditions, que Glaréan collationne pour obtenir les variantes de la tradition, faute d’avoir accès à des manuscrits. Les commentaires peuvent receler des leçons divergentes, mais Glaréan les consulte aussi pour avoir l’avis de ses prédécesseurs sur certains passages, qu’il s’agisse de critique textuelle (conjectures) ou d’analyse métrique (identification des pieds). Certaines sources font double emploi : les traités des grammairiens ont permis à Glaréan d’acquérir les connaissances théoriques sur la métrique comique, mais dans la perspective concrète du commentaire ce sont les exemples tirés des comédies de Térence qui lui ont été les plus utiles. Les textes littéraires antiques servent de révélateurs de la langue et de la métrique particulières de Térence. Les autres écrits humanistes fournissent à Glaréan des indications linguistiques (les Elegantiae de Valla) ou des leçons textuelles (les Adages d’Érasme). La tentative de rétablir le texte n’est pas originale, puisque Rivius avait appliqué la même méthode dans ses Castigationes. Le raisonnement philologique, qui demeure largement empirique, se heurte à la métrique souvent fluctuante de Térence : dès lors, le manque d’assurance dans les domaines textuel et métrique empêche l’exégète de proposer une solution définitive. Enfin, l’omniprésence de la rivalité avec Érasme dans le commentaire incite à penser que Glaréan voulait afficher son érudition en s’attaquant à un sujet difficile.

Les schémas métriques : un mode d’emploi pour débutants

22Le commentaire est suivi d’une brève peroratio où Glaréan présente un schéma (typus) qu’il a établi à la page suivante. Il comporte les types de mètres les plus courants accompagnés d’exemples, comme Tityre pour le dactyle ou dominus pour le tribraque. Le commentateur poursuit son objectif pédagogique dans une annexe intitulée De carminum attributis. Dans ce petit texte à l’usage des débutants (pro rudibus), il revient sur les notions métriques de base. Deux schémas le complètent, l’un sur les vers iambiques, l’autre sur les vers trochaïques ; Glaréan les classe du monomètre au tétramètre en fournissant un exemple pour chaque cas. Ainsi, dans le schéma iambique, le monomètre acatalectique est représenté par Musae deae ; pour les trochées, le trimètre brachycatalectique est illustré par la phrase Musa dulcis est Horatiana. Deux schémas plus brefs indiquent respectivement la formule de base du vers iambique (l’exemple donné, suis et ipsa Roma viribus ruit, est composé uniquement d’iambes) et les positions potentielles des différents pieds qu’on rencontre dans le vers iambique. Un dernier schéma montre la formule la plus libre (licentiosissima) du vers iambique, avec toutes les possibilités de substitution. Il faut insister sur l’originalité de Glaréan dans sa manière de présenter les mètres de Térence : les travaux de ses prédécesseurs contiennent certes quelques développements théoriques à ce sujet, généralement tirés des traités de grammaire antiques, mais aucun n’expose aussi clairement la métrique comique.

  • 34 Glaréan, Iudicium, p. 6r.

23Cette profusion de paratextes destinés aux lecteurs « débutants » laisse penser que le commentaire lui-même ne s’adresse pas qu’à des humanistes chevronnés. Cette impression est confortée par l’avis au lecteur qui précède les notes sur la première pièce, l’Andrienne : Glaréan y réitère son intention d’être utile aux débutants (rudibus prodesse) en leur rappelant parfois quelques notions de base (rudia) dans ses notes34.

  • 35 Voir Érasme, De ratione studii, in J.-Cl. Margolin (ed.), Opera omnia, I.2, Amsterdam, 1971, p. 1 (...)
  • 36 Wiener, « Glarean’s didactic approach to Horace », p. 226.
  • 37 P. Terentii Aphri Comoediae sex, summa denuo vigilantia recognitae. Item Henrici Loriti Glareani, (...)
  • 38 Sur la fortune des éditions et commentaires sur Térence du xve à la fin du xvie siècle, voir P. F (...)
  • 39 P. Terentius Afer cum commentariis Aelii Donati, Guidonis Iuvenalis Cenomani, Petri Marsi in omne (...)

24Le format in-8 du livre est d’ailleurs adapté à un tel usage. Le commentaire est en outre construit comme un correctif à l’édition d’Érasme, qui considérait Térence comme un auteur aux intérêts multiples dans l’apprentissage humaniste35. Enfin, on a vu Glaréan mentionner des étudiants français dans la préface. Néanmoins, contrairement au commentaire sur Horace qui était surtout destiné à ses étudiants de Freiburg36, le Iudicium, imprimé à Lyon, vise une audience plus variée. En laissant fréquemment le lecteur juger des passages, Glaréan ouvre la porte au débat et s’adresse alors aux humanistes confirmés, capables de donner leur avis sur ce sujet complexe. En ce qui concerne sa fortune éditoriale, le Iudicium a été réédité une fois à Venise en 154337 avant de se retrouver au milieu d’autres commentaires dans un grand nombre d’éditions postérieures38. Il semble avoir été imprimé pour la dernière fois à Venise en 158639.

Conclusion

  • 40 J. Marouzeau (éd.), « Introduction », in Térence, Comédies, t. I : Andrienne, Eunuque, Paris, Les (...)
  • 41 Reynolds, Wilson, Scribes and Scholars, p. 187. Voir l’avis au lecteur de Bentley dans son éditio (...)

25Dans l’introduction à son édition des comédies de Térence, Jules Marouzeau prétend qu’il n’y a pas de travail sur la métrique térentienne avant celui qui accompagne l’édition de Gabriele Faerno en 156540. Ce jugement est en réalité tributaire de celui de Richard Bentley, qui fut le premier à maîtriser les principes métriques de Térence (dont il publie les œuvres en 1726) et qui reconnaissait l’importance du travail préalable de Faerno41. Cependant, comme on l’a vu, les humanistes n’ont pas attendu Faerno pour aborder le problème de la métrique térentienne. Le rétablissement de celle-ci n’est pas le fait d’un seul individu plus éclairé que les autres ; c’est le résultat d’un processus de plusieurs décennies qui implique de nombreux humanistes.

26Glaréan avait toutefois ses propres raisons de commenter les comédies de Térence, en particulier leur aspect métrique : il y a une préoccupation pédagogique, celle de faire progresser les connaissances sur un auteur qui occupe une place majeure dans l’éducation humaniste ; il y a aussi le défi intellectuel représenté par la métrique si particulière de Térence. Érasme a sans doute joué un rôle dans la motivation de son élève, au-delà même de l’affaire des notes de Glaréan que le maître aurait indûment utilisées. Enfin, il ne faut pas négliger le prestige que pouvait valoir à Glaréan ce commentaire en raison de la popularité de Térence au sein du mouvement humaniste.

27Du point de vue méthodologique, Glaréan suit les normes du commentaire humaniste : en l’absence de manuscrit donnant un texte fiable, le commentateur recourt à toutes sortes de sources, textes littéraires, éditions et commentaires anciens, travaux divers d’humanistes, afin de rétablir le texte des comédies et, in fine, la métrique térentienne. Au milieu de ces sources se détache la figure d’Érasme : son édition a servi de base à Glaréan pour son commentaire, mais le Glaronnais s’est également souvenu des discussions qu’il avait eues dans le passé avec son maître. Le iudicium évoqué par Rivius et repris par Glaréan apparaît dès lors comme le maître-mot de ce type d’exégèse : il convient à la fois pour désigner la manière dont le commentateur utilise ses sources et pour faire valoir son opinion dans le débat humaniste.

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Notes

1 Glaréan, Iudicium, p. 2r-v.

2 Glaréan, Iudicium, p. 2v.

3 Glaréan, Iudicium, p. 2v.

4 Glaréan, Iudicium, p. 2v.

5 Glaréan, Iudicium, p. 2v.

6 Glaréan, Iudicium, p. 2v.

7 Ed. Froben (voir n. 23), f. a 3r.

8 Dane, « On metrical confusion… », p. 120-121 et 125, estime que le travail d’Érasme à Venise n’a pas influencé les éditions ultérieures des comédies, pas même l’aldine de 1517.

9 Glaréan, Iudicium, p. 3r.

10 Glaréan, Iudicium, p. 3r.

11 Glaréan, Iudicium, p. 65r.

12 Glaréan, Iudicium, p. 3r.

13 Métricien alexandrin du IIe siècle apr. J.-C., Héphestion fut peut-être un précepteur de l’empereur Lucius Vérus. Il est l’auteur d’une œuvre de métrique considérable dont il reste un manuel (Encheiridion). À cela s’ajoute un traité fragmentaire sur la poésie (S. Fornaro, s.v. « Hephaistion [4] », DNP 5, 1998, col. 350-352).

14 Ed. Froben (voir n. 23), f. a 3r.

15 Glaréan, Iudicium, p. 5r.

16 H. Schreiber, Heinrich Loriti Glareanus, seine Freunde und seine Zeit, Freiburg i. B., 1837, p. 105, n. 255. Leur nom n’apparaît pas dans la matricule de l’université de Freiburg (H. Mayer (hrsg.), Die Matrikel der Universität Freiburg im Breisgau, von 1460-1656, 2 vol., Freiburg i. B., 1907-1910).

17 Glaréan, Iudicium, p. 61r.

18 I. Fenlon et I. M. Groote, « Heinrich Glarean’s Books », in I. Fenlon et I. M. Groote (eds.), Heinrich Glarean’s Books, Cambridge, 2013, p. 328.

19 Glaréan, Iudicium, p. 6v.

20 Glaréan, Iudicium, p. 21v.

21 Glaréan, Iudicium, p. 22r.

22 Glaréan, Iudicium, p. 104v.

23 A. Horawitz et K. Hartfelder (hrsg.), Briefwechsel des Beatus Rhenanus, Leipzig, 1886, p. 185. Rhenanus a lui-même annoté une édition strasbourgeoise de Térence datée de 1516 : voir à ce sujet G. Freyburger, « Beatus Rhenanus annotateur de l’Heautontimoroumenos de Térence », in J. Hirstein (éd.), Beatus Rhenanus : lecteur et éditeur des textes anciens, Turnhout, 2000, p. 117-128.

24 Ce commentaire paraît pour la première fois à Venise, chez Jacques le Rouge (Jacobus Rubeus), en 1476.

25 J. Bloemendal, « In the Shadow of Donatus : Observations on Terence and Some of his Early Modern Commentators », in K. Enenkel et H. Nellen (eds.), Neo-Latin Commentaries and the Management of Knowledge in the late Middle Ages and the Early Modern Period (1400-1700), Louvain, 2013, p. 299.

26 Fenlon et Groote, « Heinrich Glarean’s books », p. 326.

27 Fenlon et Groote, « Heinrich Glarean’s books », p. 330-331.

28 A. Horz, « A Dorio ad Phrygium: Glarean and the Adagia of Erasmus » in Heinrich Glarean’s Books, p. 182-183 et n. 13.

29 Glaréan, Iudicium, p. 30r.

30 Glaréan, Iudicium, p. 112r.

31 Glaréan, Iudicium, p. 53v.

32 Glaréan, Iudicium, p. 51r.

33 Glaréan, Iudicium, p. 46r.

34 Glaréan, Iudicium, p. 6r.

35 Voir Érasme, De ratione studii, in J.-Cl. Margolin (ed.), Opera omnia, I.2, Amsterdam, 1971, p. 136-138.

36 Wiener, « Glarean’s didactic approach to Horace », p. 226.

37 P. Terentii Aphri Comoediae sex, summa denuo vigilantia recognitae. Item Henrici Loriti Glareani, in P. Terentii carmina per omneis eius comoedias iudicium, Venise : C. da Trino, 1543.

38 Sur la fortune des éditions et commentaires sur Térence du xve à la fin du xvie siècle, voir P. F. Gehl, « Selling Terence in Renaissance Italy : The Marketing Power of Commentary », in Chr. Kraus and Chr. Stray (éds.), Classical Commentaries : Explorations in a Scholarly Genre, Oxford, 2016, p. 253-274.

39 P. Terentius Afer cum commentariis Aelii Donati, Guidonis Iuvenalis Cenomani, Petri Marsi in omnes fabulas, Io. Calphurnii Brixiensis in Heautontimorumenon… Henrici Loriti in carmina Terentii per omnes eius comoedias iudicium, Venezia : G. Griffio, 1586 [USTC 858813].

40 J. Marouzeau (éd.), « Introduction », in Térence, Comédies, t. I : Andrienne, Eunuque, Paris, Les Belles Lettres, 1947, p. 53.

41 Reynolds, Wilson, Scribes and Scholars, p. 187. Voir l’avis au lecteur de Bentley dans son édition : P. Terentii Afri Comoediae. Recensuit notasque suas et Gabrielis Faerni addidit Richardus Bentleius. Editio altera denuo recensita, ac indice amplissimo rerum et verborum, tam in textum quam notas, aucta, Amsterdam : R. et J. Wetstenios et G. Smith, 1727, f. [* 4].

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Pour citer cet article

Référence papier

Kevin Bovier, « Rétablir la métrique de Térence au xvie siècle : le cas du Iudicium de Glaréan (1540) »Anabases, 29 | 2019, 93-105.

Référence électronique

Kevin Bovier, « Rétablir la métrique de Térence au xvie siècle : le cas du Iudicium de Glaréan (1540) »Anabases [En ligne], 29 | 2019, mis en ligne le 14 avril 2021, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/anabases/8630 ; DOI : https://doi.org/10.4000/anabases.8630

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Auteur

Kevin Bovier

Université de Genève
Département des sciences de l’Antiquité
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