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Notes
. Liste non-exhaustive des agressions, viols et meurtres de femmes et de jeunes filles en 2020 en Mauritanie. On cite souvent aussi les cas précédents de Penda Soghé (20 ans), mars 2013 à Tarhil, violée et assassinée ; Kadji Touré (6 ans), octobre 2013 à Kouvé, violée et assassinée ; Zineb Mint Abdellahi (10 ans), décembre 2014 à Arafat, violée et assassinée ; Roughya Mint Ahmed (8 ans), février 2016 à Arafat, violée et assassinée ; et Zeinabou (15 ans), août 2017 à Arafat, violée. Le Calame, « Des organisations féminines réclament une loi réprimant les violences à l’égard des femmes », 30/04/2020, <http://lecalame.info/?q=node/10241>.
. Slogan des manifestants contre les agressions faites aux femmes et aux filles à Bassikounou le 4 juin 2020.
. D’après la police, 300 cas sont enregistrés à Nouakchott en 2018, et déjà 60 au premier trimestre 2020, chiffres proches de ceux des ONG aidant les victimes de viols, d’après Le Calame, 25/04/2020, <http://cridem.org/C_Info.php?article=735267>. En 2019, il y avait une moyenne de 47 victimes de violence prises en charge par mois au CHME (Centre Hospitalier Mère et Enfant de Nouakchott) ; l’AMSME (Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l’enfant) a enregistré 47 cas d’agressions au premier trimestre 2020. Initiave news, 7/06/2020, <https://initiativesnews.com/projet-de-loi-sur-les-violences-faites-aux-filles-et-aux-femmes-la-balle-est-dans-le-camp-des-deputes/>.
. CRIDEM, « Meurtre de Khadija Oumar Sow, la famille de la victime face à la presse », 15/04/2020, <http://cridem.org/C_Info.php?article=734906>. À partir de ce moment, de très nombreux cas sont décrits, souvent les plus terribles car touchant de très jeunes filles, ou suivis de meurtres infâmes, ou encore impliquant des grossesses - sans compter les tentatives des familles des accusés pour passer les viols sous silence. Boubou Yatou Thiam, « De Penda Soghé à Kadiata Sow : la banalisation du viol et de l’assassinat au cœur d’une République Islamique », CRIDEM, 15/04/2020, <http://cridem.org/C_Info.php?article=734919> ou encore l’entretien avec Aminetou Mint Moctar, Le Calame, 21/05/2020, <http://cridem.org/C_Info.php?article=736266>.
. Fatimetou Sow Deyna Boye, Facebook Live , 21/04/2020, <https://tinyurl.com/y74cpgze> ; Djibri Ba, Facebook, 23/02/2020, <https://tinyurl.com/y8omorcb>. Le collectif Etkelmi (Parle) a produit un court-métrage de Mauritaniens qui dénoncent le viol et demandent un changement des articles 309, 310 et 312 du code pénal. « La Mauritanie dit non à la violence et non au viol ! », YouTube, 28/01/2015, <https://www.youtube.com/watch?v=eitw45GfL38>.
. « RMI-info.com & Mauritaniennes du Monde », Facebook Live. L’usage du digital a été poussé par l’invention de l’application TaxiSecure par Dioully Oumar Diallo, militante qui a introduit des cours d’autodéfense à destination des femmes, et qui a proposé dans les technologies un nouveau moyen de prévenir les violences qu’elles subissent. Kassataya, « En Mauritanie, le combat de Dioully Oumar Diallo contre les violences faites aux femmes », 16/03/2020, <https://tinyurl.com/yb6z4ajs>.
. RMI-info.com, « Mauritanie : manifester pour loi qui défend des femmes en Mauritanie », Facebook, 17/04/2020, <https://www.facebook.com/watch/?v=749953835409869> ; Le Calame, « Des organisations féminines réclament une loi réprimant les violences à l’égard des femmes », 30/04/2020, <http://lecalame.info/?q=node/10241>.
. Change.org, « Nous voulons une loi qui protège nos sœurs, nos filles et nos mères », 3/2020, <https://www.change.org/p/mr-le-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-islamique-de-mauritanie-mr-mohamed-ould-cheikh-el-ghazouani-nous-voulons-une-loi-qui-prot%C3%A8ge-nos-s%C5%93urs-nos-filles-et-nos-m%C3%A8res>.
. Voir par exemple les prises de paroles de Mariem Mint Derwich le 13 avril, de Fatimetou Sow Deyna Boye le 21, de Sawdatou Mamadou Wane le 5 mai, mais aussi les manifestations du 29 avril à Nouakchott. Le Calame, « Des organisations féminines réclament une loi réprimant les violences à l’égard des femmes », 30/04/2020, <http://lecalame.info/?q=node/10241 et en région le 4 juin>.
. AMI, « Communiqué du Conseil des ministres », 6/05/2020, <http://fr.ami.mr/Depeche-53491.html>.
. Les cas de Tewil et de Adel Bagrou ont été rendus publics d’abord par l’IRA Mauritanie, qui a des relais nombreux dans l’Est. Voir les déclarations des 15 puis 28 mai 2020 « Esclavage, superstition et contrainte sexuelle » et celle de l’AFCF du 17 mai sur l’affaire de Tewil.
. Avec le soutien de l’Union interparlementaire, « pour offrir en Mauritanie un forum aux femmes parlementaires, ainsi qu’à leurs collègues masculins partageant les mêmes idées, et leur permettre de se regrouper au-delà des clivages entre les partis pour examiner des questions d’intérêt commun, telles que la violence à l’égard des femmes ». Union Interparlementaire, « En Mauritanie, des femmes parlementaires œuvrent pour la sensibilisation à la violence sexiste », 10/03/2017, <https://tinyurl.com/y848s5pz> ; AMI, « Création du forum des femmes parlementaires », 12/02/2020, <http://fr.ami.mr/Depeche-52357.html>.
. Cheikh Aidara, « Mauritanie : un projet de loi sur les violences basées sur le genre », Thaqafa, 4/01/2017, <https://aidara.mondoblog.org/2017/01/04/projet-loi-violences-genre> ; Villasante Cervello, 2017.
. Et ce, malgré les précisions faites par le Ministre de la Justice Brahim Ould Abdallahi devant le Sénat, qui garantissait que le projet avait « reçu l’aval des ulémas et imams mauritaniens ». Jorge Brites, « La question du viol en Mauritanie », L’allumeur de réverbère, 8/03/2017, <http://lallumeurdereverbere.over-blog.com/2017/03/la-question-du-viol-en-mauritanie-le-tabou-peut-il-sauter.html?fbclid=IwAR0go0bllqgwS01QWSYsOGDFXnYNAkD-gMYf8Sa8Lj-3s3BQhw-s9axRMXU>.
. Entretien avec Fatoumata Nonissiré Diagana, 12 avril 2020.
. Cheikh Aidara, « Loi sur les VBG, rebelote et déjà, les barbus montent au créneau ! », Thaqafa, 13/05/2020, <https://aidara.mondoblog.org/2020/05/13/loi-sur-les-vbg-rebelote-et-deja-les-barbus-montent-au-creneau/>.
. Sahara médias, « Mauritanie la loi sur le genre », 26/12/2018, <http://mauriweb.info/node/5741> ; Lakoom info, « La loi sur le genre retirée du parlement », 28/12/2018, <http://cridem.org/C_Info.php?article=718749> ; Le Monde, 7/03/2019, « Droits des femmes en Mauritanie », <https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/03/07/droits-des-femmes-en-mauritanie-cette-loi-dont-l-assemblee-ne-veut-pas_5432586_3212.html>.
. Cheikh Aidara, 13 mai 2020, art. cit.
. Ramdan a publié plusieurs articles scientifiques dans les années 2000 sur la précarité des enfants, la protection des travailleurs migrants, les séquelles de l’esclavage, ou encore l’évolution du droit en Mauritanie. Il est membre de la Commission nationale des droits de l’homme. En mai 2020, il est pris à partie par certains magistrats qui lui reprocheraient de ne pas les avoir suffisamment consultés au sujet de la loi.
. Merci à Dieynaba N’diom d’avoir partagé le texte « Projet de loi relatif à la lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles », Version 2020.
. Le 23 janvier 2020, des personnes ayant participé à une fête d’anniversaire au cours de laquelle des hommes déguisés en femmes et qui dansaient avaient été filmés, sont arrêtées à Nouakchott et condamnées en première instance à 2 ans de prison pour « indécence » et « incitation à la débauche ». Voir Céline Lesourd, 2020 et Human Rights Watch, « Mauritania: Prison Terms for Men Celebrating Birthday », <https://www.hrw.org/news/2020/02/07/mauritania-prison-terms-men-celebrating-birthday>.
. En août 2020, l’avocat de l’ancien président ‘Abdel Aziz subit la réprobation publique pour avoir épousé une fille de 14 ans en 2017.
. Voir aussi Katherine Ann Wiley, 2019.
. Il y a bien sûr des réactions de religieux favorables mais elles sont moins visibles dans la médiasphère. Nené Ly, « Projet de loi sur les violences », Cridem, 8/06/2020, <http://cridem.org/C_Info.php?article=736683> et « Concertation pour l’adoption de la loi contre les violences faites aux femmes et aux filles », Association des femmes chefs de famille, 25/09/2020, http://afcf-rim.com/fr/node/1573.
. Zahraa, « Imam contre député sur le projet de loi », 9/05/2020, <http://cridem.org/C_Info.php?article=735903>. Saʿadani Mint Khaitour écrit sur Facebook le 7 mai, puis participe à une émission avec la présidente de Harka Hunna du mouvement ELLES le 12 mai pour réaffirmer la compatibilité de la loi avec la charia. <https://www.youtube.com/watch?v=5e9pVq1mVRU&feature=youtu.be&fbclid=IwAR1pbk2uR3cm7SNi-8eM0NYVbVTEhjUBAnJmegTEML-a81p6xNbPkvISzJc>.
. Déclarations des 8 et 14 mai 2020 : <http://tewassoul.mr/node/2250> ; <http://tewassoul.mr/fr/node/1084>. 31 % de l’assemblée consultative du parti est fait de femmes et 20 % de la direction : <http://elislah.mr/?p=7429>.
. Il utilise également certains passages du texte pour extrapoler la menace de l’impuissance des pères ou des maris en cas de comportements impudiques (c’est bien l’inverse qui est stipulé), ou encore celle d’être traîné en justice directement par des associations suite à des décisions concernant son propre foyer. Abou Hafs, « La loi sur le genre impose la pornographie dans nos foyers », Audio Whatsapp du 17 mai 2020 transcrit par Le Calame, 19/05/2020, <http://lecalame.info/?q=node/10337>.
. Il avait défrayé la chronique au cours de la discussion de 2016 sur le projet de loi avec une vidéo expliquant « comment battre sa femme dans l’islam : trois coups avec la main sur le dos ». En 2018 le gouvernement avait fait fermer les centres d’instruction religieuse qu’il dirigeait pour cause de radicalisme. Exilé puis régulièrement présent en Mauritanie, il est surtout extrêmement actif sur Internet. Voir Younes Johan Van Praet, « L’émergence de l’islam “traditionnel» au sein du cyber espace francophone musulman », Recherches sociologiques et anthropologiques, 49-1 | 2018, 127-156.
. Voir la fatwa « al-islāḥ yanshur naṣ fatwa al-ʿalāma al-shaykh al-Dedew hawl qānūn “al-nawʿa” », Al-islah, 6/2020, <http://elislah.mr/?p=13589>. Son commentaire « taʿlīq al-shaykh al-Dedew ʿala qānūn al-nawʿa al-muthīr lil-jadal fī morītānīā », YouTube, 31/05/2020, <https://www.youtube.com/watch?v=y6IAiTQA7SI>.
. La liste des signataires est visible en arabe sur cette page : <http://elislah.mr/?p=13746&fbclid=IwAR0D-Ic0_t5dSkyOF-IdphkaeJuYfxbFQyPYpdaq6esOgUL-qeSGrmt9eE0> ; Cridem citant Adrar info, eux-mêmes traduisant Alakhbar : Alakhbar Info, « Des Cheikhs et Imams demandent le retrait du projet de loi », 7/07/2020, <http://cridem.org/C_Info.php?article=737734&fbclid=IwAR1tPWogvkkeV7a-hOF32gdd6nbTHejWWuI6U7Mq1ziJJibWzQN8b_eRjNk>. Par ailleurs, l’Association de la femme mauritanienne pour l’éducation et la culture annonce son rejet de la loi (selon elle non conforme à la charia) ; sa présidente est une figure islamiste en Mauritanie.
. Une manifestation d’hommes anti-loi, dénonçant surtout la criminalisation du mariage précoce, rassemble du monde le 8 mai 2020. Les conservateurs écrivent volontiers sur le sujet et certaines femmes critiquent plus largement le mouvement féministe et l’adoption ‘du mouvement gay’. <http://elislah.mr/?p=13798>.
. Tandis que les militantes n’ont pratiquement que les réseaux sociaux pour plateforme. Entretien avec Selka Mint Hmeida.
. Merci à Ahmed Ould Sid’Ahmed Ould Benani pour ce partage, Whatsapp, le 26 avril 2020.
. Ce sont les lois de 1961 and 1965 qui établissent cette coexistence juridique (Marchesin, 1990).
. Voir Section IV : Attentats aux mœurs de l’islam dans « Ordonnance 83-162 du 09 juillet 1982 portant institution d’un Code Pénal », Journal Officiel de la République Islamique de Mauritanie, n. 608-609 (1984), RefWorld, <https://www.refworld.org/pdfid/491c1ffc2.pdf>. Il faut noter que la codification du droit criminel comme code pénal trouve ses origines dans le code pénal français de 1791 et que dans le cas du code en Mauritanie, si la famille d’une victime pardonne l’auteur du crime ou si elle accepte une compensation financière (diya), la personne condamnée peut être libérée ou voir sa peine commuée ou réduite.
. Marchesin cite Ahmed Salem Ould Bouboutt et Mohamed Ould Saleh qui précisent que, malgré les exemples cités ici, la mise en vigueur de la charia reste plus théorique que concrète et « que les peines prévues par la charia ont rapidement été abandonnées « (Marchesin, 1990 : 6, 7 et 12). Même si la Mauritanie n’a pas exécuté de condamnés à mort depuis 1987, selon Amnesty International en 2018, on note 102 condamnés à mort dans les prisons du pays. Nordine Drici, « Le bagne au pays des sables : peine de mort, conditions de détention et de traitement des condamnés à mort : Mauritanie », Ensemble contre la peine de mort, Paris, ECPM, 2019, 37. « L’Islamisme en Afrique du Nord IV : Contestation islamiste en nord Mauritanie : Menace ou bouc émissaire ? » Rapport Moyen-Orient/Afrique du Nord 41, 2005 ; Zekeria Ould Ahmed Salem (2013 : 74).
. « Charte constitutionnelle du Comité militaire de salut national du 9 février 1985 », Journal officiel, n. 632-633 (1985), 112-113 accessible en ligne sur Digithèque de matériaux juridiques et politiques, <https://mjp.univ-perp.fr/constit/mr1985.htm>.
. « Loi N° 2001-052 du 19 JUILLET 2001 portant code du statut personnel », Journal Officiel, n. 1004, 406-436, accessible en ligne sur Droit Afrique, <http://www.droit-afrique.com/upload/doc/mauritanie/Mauritanie-Code-2001-statut-personnel.pdf>.
. Ould Ahmed Salem déclare ce code « hybride et inutilisable » (2013 : 270).
. En 2020, le système judiciaire mauritanien compte trois femmes sur 250 magistrats et moins d’une dizaine de femmes sur 300 avocats. Franceinfo, « Mauritanie: Tekber Mint Oudeika, une femme à la tête du tribunal du travail », 18/05/2018, <https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/societe-africaine/mauritanie-tekber-mint-oudeika-une-femme-a-la-tete-du-tribunal-du-travail_3055315.html>.
. Sayhat al-Madhloum, n. 23, mars 1973. Les femmes firent campagne pour les partis politiques et les élections en distribuant des tracts et en organisant des réunions en faveur de certains candidats. Faisant le « gros travail de communication », elles composèrent des chansons entraînantes qui exprimaient leur soutien à un parti politique et des berceuses autour d’une poésie fine qui déploraient l’exil et la persécution de leurs fils (Lesourd, 2007 ; Ahmed Salem, 1995). Elles assistèrent à des défilés de masse et dansèrent pour susciter leur enthousiasme pour des candidats et des questions politiques.
. D’après Mariem Daddah, les avis divergents des Mauritaniennes sur la question de la polygamie explique pourquoi son mouvement n’a pas pu gagner du terrain (Lesourd, 2007). Il semble aussi que son identité française et son style de gestion ainsi que celui de son mari ont limité la portée de son travail.
. En 2015, 35,8 % des chefs d’entreprise étaient des femmes et 31 % des ménages étaient dirigés par des femmes (Kane, 2017 : 8 et 28).
. Bien que les femmes n’aient pas obtenu une représentation importante au sein du gouvernement, les femmes wolof, halpulaaren, soninké and ḥrāṭīn sont particulièrement sous-représentées par rapport aux bīḍān.
. ONU Femmes, « Déclaration et Programme d’action de Beijing », 1995, <https://www.unwomen.org/-/media/headquarters/attachments/sections/csw/bpa_f_final_web.pdf?la=fr&vs=754> et Nations Unies, « Commission de la Condition de la Femme », 1995, <https://www.un.org/fr/africa/osaa/pdf/au/cap_women_dakar_1994f.pdf>.
. Voir les versions différentes signées et ratifiées sur le site des Nations unies entre 2001 et 2014 : United Nations Treaty Collection, « Convention on the Elimination of all Forms of Discrimination Against Women », <https://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=TREATY&mtdsg_no=IV-8&chapter=4&lang=en#EndDec>.
. Les articles 13(a) et 16 qui stipulent le droit aux prestations familiales et aux mêmes privilèges maritaux que les hommes. Le texte de la convention originelle se trouve en ligne, <https://treaties.un.org/doc/Treaties/1981/09/19810903%2005-18%20AM/Ch_IV_8p.pdf>. Remerciements à Janine Kossen pour son explication des détails de ces conventions (entretien par Zoom le 25 avril 2020).
. Il y a aussi la ratification de la politique GENRE de la CEDEAO (2002), la déclaration solennelle des Chefs d’État de l’Union Africaine sur l’égalité entre les Hommes et les femmes en Afrique de l’Ouest, la politique Genre de l’Union Africaine (2008), la Résolution 1325 sur femme, paix et sécurité (2000), les Résolutions connexes 1820 (2008), 1888 et 1889 (2009) du Conseil de Sécurité des Nations unies. La Mauritanie a également souscrit aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), notamment en ce qui concerne l’amélioration de la situation de la femme et de l’enfant. Voir « Observations finales de la CEDAW », CEDAW/C/MRT/CO/1 (2007); CEDAW/C/MRT/CO/2-3 (2014).
. Voir les polémiques autour des choix de Leila Moulay en 2013 et Selka Mint Hmeida et Amane Mint Abdel Kader en 2020 de ne pas porter le voile dans des contextes bien précis. 56,1 % des femmes restent à la maison. 37,1 % des femmes sont occupées dans l’économie nationale (ONS, 2013).
. On dit qu’entre 33 et 49 % des femmes mauritaniennes ont divorcé au moins une fois (Kane, 2017 : 46).
. Il faut noter que dans l’étude de 2013 sur la nuptialité menée par l’ONS, on commence à compter les filles mariées à partir de 10 ans (ONS, 2013).
. « Loi no 025/2003 portant répression de la traite des personnes », 17 juillet 2003, Organisation internationale du Travail, <https://www.ilo.org/dyn/natlex/natlex4.detail?p_lang=fr&p_isn=65094&p_country=MRT&p_count=244> ; « Ordonnance no 2005-015 portant protection pénale de l’enfant », 5 décembre 2005, Organisation internationale du Travail, <https://www.ilo.org/dyn/natlex/natlex4.detail?p_lang=fr&p_isn=73641&p_country=MRT&p_count=244m> ; CEDAW/C/MRT/CO/1.
. Le nouvel Afrik.com, « Des imams interdisent l’excision en Mauritanie », 18/01/2020, <https://www.afrik.com/des-imams-interdisent-l-excision-en-mauritanie>. Le président de l’association des ulémas mauritaniens, Hamden Ould Tah, est le premier signataire de cette fatwa. Pour une liste complète, voir « al-nadwiya al-dawlīa l-ʿulamā’ gharb ‘ifrīqīa hawl mawqif al-islām min al-mumārasāt al-ḍāra b-almrā’ « (le Symposium international des ulama’ ouest-africains sur la position de l’islam sur les pratiques néfastes aux femmes), FSAN, <http://www.fsan.nl/docs/20160728163110_fatwa2011.pdf>.
. Au Guidimakha et Hodh el Gharbi, les taux de femmes excisées montent à 97,9 % et 98,9 % tandis qu’au Trarza le taux n’arrive qu’à 20 %. Les chiffres globaux varient selon le niveau d’éducation et la situation économique des familles. Les plus aisées et les plus éduquées ont les taux les moins élevés. OECD Gender Index in 2019 ; UNFPA avec des données de 2011; « Prevalence of FGM », 28 Too Many ; à écouter, le podcast « En Mauritanie, le plaisir n’est pas féminin », de L’allumeur de réverbères, YouTube, 18/07/2020, <https://www.youtube.com/watch?v=KB-NQfzSUb4&feature=emb_logo>.
. En 2012 est signée le protocole de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants des Nations Unies.
. Agence Mauritanienne d’Information, « Conseil suprême des fatwas et des recours gracieux : Nature et mission », 3/08/2013, <http://fr.ami.mr/Depeche-23445.html>.
. Ce mouvement « d’ongisation », commun à de nombreux pays, a été critiqué pour ses effets induits de dépolitisation des luttes et de désarticulation entre cause des femmes et autres combats, même si la dernière séquence, post 2010, montre de nouvelles formes de mobilisations qui tendent à relativiser ces effets (Kréfa et Le Renard, 2020 : 75-84). Cette chronique ne revient pas plus sur ce phénomène en Mauritanie car il n’a pas fait l’objet de travaux spécifiques.
. « Observations finales et recommandations relatives au Rapport périodique et cumulé de la République Islamique de Mauritanie sur la mise en œuvre de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (2006-2014) » et « Rapport Initial sur le Protocol de Maputo », Union africaine, du 12 au 22 février 2018, Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, shorturl.at/gruAJ. Sur les accords internationaux, voir Hodgson, 2017 ; Faedi, 2010 : 256-276.
. On parle aussi du manque de formation des juges et des avocats sur les droits de la femme et des « sensibilités genrées ». CEDAW/C/MRT/CO/2-3 ; Éducation à la citoyenneté et aux droits de l’homme : manuel pour les jeunes en Mauritanie, Rabat, UNESCO Office, 2015.
. CEDAW/C/MRT/CO/2-3 ; « Projet de loi cadre relatif aux violences basées sur le genre », présenté par Yahya Ould Hademine, premier ministre de 2014 à 2018, République Islamique de Mauritanie. « Projet de loi relatif à la lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles », Version 2020.
. En 2019, les détenues de droit commun à Nouakchott ont protesté contre les violences des gardiens et, dans la même année, des femmes victimes d’un régime d’achat de terres foncières ont organisé un sit-in pour réclamer une action du gouvernement. Voir Cheikh Sidiya, « Mauritanie. Nouakchott : Mutinerie à la prison pour femmes », le 360, 21/07/2019, <http://afrique.le360.ma/mauritanie-autres-pays/societe/2019/07/21/27196-mauritanie-nouakchott-mutinerie-la-prison-pour-femmes-27196> et Ely Salem Khayar, « La police disperse un sit-in des créancières de Aly Ridha devant la présidence… et confisque leurs téléphones », Adrar-Info, 25/07/2019, <https://adrar-info.net/?p=55576>.
. Comme le précise Fatoumata Nonissiré Diagana, l’AFCF est née du soutien d’une femme victime des circonstances d’un mariage secret dissous (Diagana, 2020 : 44). La mission de l’AFCF s’efforce explicitement de soutenir les femmes esclaves et les réfugiés tout en travaillant à améliorer les conditions économiques des femmes et en plaidant pour l’application des lois et des conventions internationales relatives aux femmes et aux enfants. Voir « Association des femmes chefs de famille », AFCF, <http://afcf-rim.com/fr/> et « Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l’enfant », AMSME-DEI, <http://amsme.org/>. Le Groupe des femmes à la Commission Nationale des Droits de l’homme a aussi publié une « Déclaration sur l’adoption d’un projet de loi réprimant les violences faites aux femmes et aux jeunes filles », Cridem, 8/05/2020, <http://cridem.org/C_Info.php?article=735870>.
. AFCF Mauritanie, Facebook, 1/01/2020, <https://tinyurl.com/ydhna5k8m> ; « RMI-info.com & Mauritaniennes du Monde », Facebook Live, 3/06/2020, <https://tinyurl.com/y8sk6xt5> ; Néna Ly, « Projet de loi sur les violences faites aux filles et aux femmes : La balle est dans le camp des députés », Cridem, 7/06/2020, <http://cridem.org/C_Info.php?article=736683>.
. Amenitou Mint al-Mokhtar a déclaré que le député Muhammed Ould Boya dit s’opposer au projet de loi pour des raisons religieuses. AFCF Mauritanie, Facebook, 19/12/2020, <https://tinyurl.com/y9pzpyzw> ; AFCF Mauritanie, Facebook, 9/01/2020, <https://tinyurl.com/y9xtnha8>.
. Dieynaba N’diom, entretien par Skype, le 25 avril 2020.
. Par exemple Dickel Dia, fondatrice de l’Association des femmes potières du Hebbiya et du Yirla est diplômée du Young African Leaders Initiative (YALI), une initiative du président américain Barack Obama, et d’autres formations suivies aux États-Unis, en Italie, en Suisse, au Kenya et en Angleterre ; ou Assa Thiam, militante contre l’excision a participé à plusieurs initiatives dont YALI entre Sénégal, Côte d’Ivoire et Maroc. « Dickel Dia », LinkedIn, <https://www.linkedin.com/in/dickel-dia-bb1700139> ; « Retour sur le pitch de Thiam Assa SAMBAKHE de la Mauritanie », YouTube, 22/04/2020, <https://www.youtube.com/watch?v=1nEnqtdfSpU>.
. Entretiens sur Skype avec Selka Mint Hmeida et Dieynaba N’diom, le 25 avril 2020 ; « Le féminisme, c’est quoi ? », animé par des membres de Voix des Femmes sur SoundCloud, Podcast, 3/03/2020, <https://tinyurl.com/y9sook8f> ; « Voix des femmes en Mauritanie », Facebook, <https://tinyurl.com/y8ln9xbo> ; « Mauritanie: elles libèrent leur parole », CCFD-Terre Solidaire, 2/03/2020, <https://tinyurl.com/y799lbbs> ; « Mouvement ELLES », Facebook, <https://tinyurl.com/yd4wqk2> ; « Féministes Mauritaniennes », Facebook, <https://tinyurl.com/ycl3rl39>.
. « Féminisme et droits des femmes en Mauritanie », Le Blog du Griot sur Facebook, 9/05/2020, <https://www.facebook.com/watch/live/?v=575394449750011&ref=watch_permalink>.
. Ibid.
. N’diom, interview.
. On dit que ce mouvement est lié au père de Mohamed Ould M’Kheitir, le bloggeur accusé de blasphème suite à un texte publié en ligne. « La sûreté interpelle des activistes dont Mekfoula Mint Brahim », Cridem, 14/02/2020, <http://cridem.org/C_Info.php?article=732785> ; Amnesty International, « Mauritanie : Les 10 personnes arrêtées, dont une éminente défenseure des droits humains, doivent être libérées », 20/02/2020, <https://tinyurl.com/y83lqfrs>. Voir la discussion de Mekfoula Mint Brahim : « Proposition de loi protégeant la femme et la fille, Mekfoula Brahim militante des DH donne son avis », RMI-info.com et Facebook, 18/05/2020, <https://www.facebook.com/rmiinfo/videos/1146242249041639/>.
. En septembre 2020, les militantes Dickel Dia et Zeinabou Mint Taleb Moussa participent à une conférence en ligne webinar sur le sujet du projet de loi organisé à l’occasion de l’Assemblée Générale des Nations Unies avec Khadijetou Cheikh Lô, chargée du programme genre de l’UNFPA et Abdellahi Diakité, conseiller auprès de la MASEF. « Change the Law on Domestic Abuse: Insights from Mauritania », One Young World et UNFPA, le 15 septembre 2020.
. L’argument consistant à affirmer que l’islam ne tolère pas l’inégalité entre les êtres et que c’est l’interprétation qui impose un rapport hiérarchique des sexes est discutée par Amina Wadud, « L’islam au-delà du patriarcat : lecture genrée et inclusive du Coran « dans Ali, 2020. Voir aussi Frede, 2014 sur la place des femmes érudites en islam en Mauritanie.
. Fatimetou Sow Deyna Boye, « Viol, meutre (sic). Trop c’est trop », Facebook Live Video, 21/04/2020, <https://www.facebook.com/100001399690623/videos/3015851911804769/> et la lettre envoyée à Ghazouani en juillet 2020, op. cit., note 31.
. MEMRI, « Le cheikh mauritanien Mohammed Ould Dedew explique comment battre sa femme dans l’islam : Trois coups avec la main sur le dos », 28/08/2016, <http://memri.fr/2016/08/28/lerudit-mauritanien-cheikh-mohammed-ould-dedew-explique-comment-battre-sa-femme-dans-lislam-trois-coups-avec-la-main-sur-le-dos-avec-la-main/>.
. Nouakchott a émis un verdict de lapidation à mort contre une femme accusée d’adultère en 2017. « “Ils m’ont dit de garder le silence” : Obstacles rencontrés par les survivantes d’agressions sexuelles pour obtenir justice et réparations en Mauritanie », Human Rights Watch, 5/09/2018, <https://www.hrw.org/fr/report/2018/09/05/ils-mont-dit-de-garder-le-silence/obstacles-rencontres-par-les-survivantes>. En 2020, les familles de Toutou Mint Kaber et Khadijetou Oumar Sow refusent la proposition des juges pour accepter des compensations financières et pour pardonner les agresseurs de leurs filles. « Note d’alerte ; Mauritanie : le gendarme violeur d’esclave mineure, exfiltré », IRA Mauritanie, 17/08/2020, http://www.iramauritanie.org/2020/08/note-dalerte-mauritanie-le-gendarme-violeur-desclave-mineure-exfiltre/ et « Aminetou Mokhtar, présidente AFCF à l’Eveil Hebdo : “Le procès du meurtrier de Khadjetou Sow était une mascarade” », l’Eveil Hebdo, 26/08/2020, http://eveilhebdo.info/Aminetou-Mokhtar-presidente-AFCF-a.
. « Les mécanismes coutumiers, même non reconnus, ont parfois un rôle bien plus important que l’État pour régler les conflits » écrit Monteillet, 2002 : 96. Voir aussi Ould Ahmed Salem, 2013 : 269.
. L’article 1 de la constitution précise que « La République assure à tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de condition sociale l’égalité devant la loi « dans « Constitution de la République islamique de Mauritanie », Version consolidée de 2012, Digithèque de matériaux juridiques et politiques, <https://mjp.univ-perp.fr/constit/mr2012.htm> ; « Les mauritaniens plébiscitent le projet de loi contre les violences faites à la femme et à la fille », RMI-info, 15/07/2020, <http://rmi-info.com/les-mauritaniens-plebiscitent-le-projet-de-loi-contre-les-violences-faites-a-la-femme-et-a-la-fille/?preview=true&frame-nonce=dc0ca37d45&fbclid=IwAR2WZk9e9Sw8gZTz5EcLsDYl1USNj35t79GNl7fQ3iIw0iEdumDuhOmPdUg>.
. En Indonésie (Fraser, 2019 : 180 et 184), le gouvernement s’est engagé à discuter avec des leaders, organisations, et communautés musulmanes et il s’est appuyé sur des fatwas pour promouvoir des droits de la femme. Des ulémas femmes ont participé aux colloques et elles ont fait pression sur les hommes politiques.
. Actions du gouvernement depuis l’élection de Ghazouani : visite du ministre de l’emploi au centre de prise en charge des victimes de violence (novembre 2019) ; organisation d’un colloque sur le rôle de la femme et de la société civile (novembre 2019) ; lancement d’une campagne pour éliminer la violence conjugale à l’égard des femmes (décembre 2019) ; lancement des activités de la journée internationale « tolérance Zéro contre les MGF « (février 2020) ; la MASEF déclare que « La promotion de la femme mauritanienne constitue une priorité dans les engagements du Président de la République « (8 mars 2020) ; projet de décret portant création de l’Observatoire National des droits de la Femme et de la Fille (31 juillet 2020), <http://fr.ami.mr/> ; Assemblée générale des Nations unies, 15/09/2020, <http://sdg.iisd.org/events/unga-high-level-meeting-to-celebrate-25th-anniversary-of-beijing-womens-conference/>.
. BBC, « Une loi criminalisant le viol et la pédophilie votée au Sénégal », 31/12/2019, <https://www.bbc.com/afrique/region-50953111>.
. <https://www.monde-diplomatique.fr/2019/08/BELKAID/60165>.
. Malgré la ratification du pays de ces conventions, programmes, et accords, la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies compte la Mauritanie parmi le groupe de pays qui connaît les plus graves disparités de développement humain au détriment des femmes en 2015 et le Women, Peace, and Security Index le compte 151e sur 167 pays en 2019 sur l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes (Kane, 2017 : 48 ; WPS, 2019).
. Par exemple l’esclavage ne le serait plus, ainsi que les mariages avant 18 ans, la violence domestique ou l’excision.
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