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AccueilVolumes120Cours et recherches des professeursII. Humanités et sciences socialesHistoire et archéologieCulture écrite de l’Antiquité tar...

Cours et recherches des professeurs
II. Humanités et sciences sociales
Histoire et archéologie

Culture écrite de l’Antiquité tardive et papyrologie byzantine

Jean-Luc Fournet
p. 349-377

Plan

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Notes de la rédaction

La série de cours « Le calame et la croix : la christianisation de l’écrit et le sort de la culture classique dans l’Antiquité tardive (2). Les bibliothèques (1) » est disponible, en audio et vidéo, sur le site internet du Collège de France (https://www.college-de-france.fr/agenda/cours/le-calame-et-la-croix-la-christianisation-de-ecrit-et-le-sort-de-la-culture-classique-dans-antiquite-0), ainsi que le colloque « Appréhender la culture écrite des Anciens : les catégories “documentaire” et “littéraire” en papyrologie et leurs limites ».

Texte intégral

Enseignement

Cours – Le calame et la croix : la christianisation de l’écrit et le sort de la culture classique dans l’Antiquité tardive (2). Les bibliothèques (1)

Introduction

1Après avoir tenté, l’an dernier, à partir des milliers de papyrus qui nous sont parvenus, une étude statistique de la réception de la littérature chrétienne aussi bien que classique (autrement dit produite par les auteurs préchrétiens ou païens) durant l’Antiquité tardive (ive-viie siècles), nous avons cherché cette année à redonner chair aux lecteurs de ces papyrus en creusant le lien qui les rattache à leurs livres à travers leurs bibliothèques. C’est en reconstituant ces dernières qu’il devient possible de replacer les livres dans le contexte de leurs lecteurs et de mieux cerner leur profil socio-culturel – tâche d’autant plus digne d’intérêt qu’elle n’a jamais été systématiquement entreprise.

2Appréhender le livre non comme une unité en soi mais comme un élément du tout qu’est la bibliothèque amène à se poser la question des rapports entre culture chrétienne et culture classique : les Anciens ont-ils traité indistinctement les livres relevant de chacune de ces cultures comme étant susceptibles de se mêler et d’interagir, ou bien, au contraire, comme appartenant à deux univers distincts et appelés à remplir des fonctions différentes ?

La quête des bibliothèques : mission impossible ?

  • 1  Comme Lionel Casson, Libraries in the Ancient World, New Haven/Londres, Yale University Press, 200 (...)
  • 2  Cf. G. Cantino Wataghin, « Le biblioteche nella tarda Antichità: l’apporto dell’archeologia », AnT (...)
  • 3  Notamment dans son Inside Roman Libraries: Book Collections and Their Management in Antiquity, Cha (...)
  • 4  God’s Library: The Archaeology of the Earliest Christian Manuscripts, New Haven/Londres, Yale Univ (...)

3La bibliographie concernant les bibliothèques de l’Antiquité tardive repose presque exclusivement sur les sources littéraires, aussi bien dans les ouvrages généralistes1que dans les études sur des bibliothèques spécifiques (par exemple, celles qui ont pu être menées sur la bibliothèque d’Aristote et de Théophraste ou sur celle d’Origène et Eusèbe – sans compter celle d’Alexandrie). Les rares travaux menés sur le terrain archéologique2 s’intéressent plus aux structures qu’au contenu des bibliothèques et ignorent l’Égypte, alors que celle-ci, du fait de ses conditions climatiques rendant possible la conservation massive des papyrus, nous offre la chance unique de pouvoir travailler sur les restes de bibliothèques réelles. Nous devons certes à George W. Houston plusieurs études sur les bibliothèques d’Égypte qui ont été sauvegardées par l’archéologie3, mais l’Antiquité tardive n’y apparaît que furtivement. Ce n’est pas le cas du livre récent de Brent Nongbri4 mais cet ouvrage qui, pour la première fois, fait une véritable archéologie des ensembles de livres de la fin de l’époque romaine et de l’Antiquité tardive en croisant plusieurs démarches se limite aux livres chrétiens, alors que l’approche de notre enquête se veut holistique.

4Ce retard bibliographique ne serait-il pas dû au fait que la reconstitution des bibliothèques anciennes tient de la mission impossible ?

Absence de données internes

5La difficulté majeure que nous rencontrons vient de ce qu’une bonne partie des papyrus littéraires ne sont pas sortis de fouilles archéologiques et sont entrés dans les collections sans données relatives à leur provenance. Or, contrairement aux documents, les livres ne contiennent aucune information qui permette de les remettre en contexte (pas de provenance, pas de date, pas de nom du copiste ou du commanditaire). Il n’était pas encore d’usage d’accompagner les livres de colophon ni d’y apposer des ex-libris (à l’exception de rares contre-exemples).

Les découvertes clandestines : le désastre des sebbâkhîn

6Nombre de papyrus littéraires proviennent de découvertes clandestines faites par les chercheurs de sebâkh – cette terre servant d’engrais issue de la décomposition de détritus organiques dont les sites antiques sont si riches. Des mains de ces sebbâkhîn à celles des marchands d’antiquités, jusqu’à la dispersion des papyrus dans les différentes collections papyrologiques modernes, les livres antiques découverts ainsi fortuitement sont passés par une longue chaîne d’intermédiaires qui a eu pour conséquence de faire disparaître purement et simplement les données de provenance (quand celles-ci n’ont pas été maquillées par peur du gendarme) ou de démembrer des ensembles textuels pour accroître la valeur des papyrus revendus à l’unité. Des bibliothèques se sont ainsi retrouvées dispersées aux quatre coins du monde et parfois dissociées des documents qui les accompagnaient et qui, seuls, étaient en mesure de nous informer sur leurs possesseurs.

7Malgré les informations que l’on peut retrouver en remontant la filière par laquelle les papyrus sont arrivés dans une collection (la museum archaeology), ou encore celles qui sont fournies par l’étude matérielle des manuscrits (caractéristiques paléographiques et codicologiques), une découverte clandestine fait toujours peser sur les papyrus littéraires qui en sont issus une chape d’incertitude.

Les fouilles anciennes : des données irrémédiablement perdues

8D’autres papyrus littéraires proviennent néanmoins de vraies fouilles, mais la situation n’est pas tellement meilleure pour ceux, très nombreux, qui ont été recueillis avant l’avènement de l’archéologie moderne : c’est notamment le cas des fouilles d’Oxyrhynchos. Conduites par deux philologues, B.P. Grenfell et A.S. Hunt, elles ont livré une quantité phénoménale de papyrus entre 1897 et l’hiver 1906/1907, mais le non-recours à la méthode stratigraphique rend inéluctables, là encore, les incertitudes et approximations relatives à la reconstitution des fonds d’origine.

Les fouilles plus récentes : l’obstacle des contextes secondaires

9Enfin, même dans le cas des fouilles plus méthodiques, les assemblages susceptibles de provenir de bibliothèques antiques sont le plus souvent trouvés dans des contextes secondaires, notamment des dépotoirs anciens où ils étaient mis au rebut et mélangés à d’autres ensembles de papyrus. La cantina dei papiri, remarquable découverte faite par les Italiens en 1934 dans la cave d’une maison du village antique de Tebtynis, en est un des meilleurs exemples : malgré la présence de documents qui auraient pu jeter quelques lumières sur leurs détenteurs, les nombreux livres qu’elle recélait ne permettent pas de reconstituer les bibliothèques dont ils proviennent, car la cave où ils ont été découverts servait de poubelle à des vieilleries destinées à la destruction et ayant donc subi des perturbations et des mélanges qui rendent impossible leur remise en contexte. Entre amputation et contamination anciennes, la mise au jour de ces ensembles reflète surtout le désintérêt de leurs possesseurs et ne doit pas être surinterprétée.

Les livres recyclés

10Un cas particulier et extrême de contexte secondaire nous est fourni par la réutilisation des livres dans les bourrages de reliure. Là encore, les restes des feuillets que l’on parvient à en extraire ne nous renseignent guère sur leurs lecteurs et ne peuvent être mis en rapport avec les occupants des lieux où ont été trouvés les livres dont ils sont sortis, puisque rien ne permet de prouver qu’ils proviennent du même contexte que le livre lui-même. On ne peut donc tirer aucune conclusion sur la présence, par exemple, d’un manuscrit de l’Andromaque d’Euripide dans la reliure d’un ouvrage issu, semble-t-il, du monastère de Sainte-Catherine au Sinaï. Et il en est de même pour les réutilisations de papyrus, après grattage ou lavage, comme cet exemplaire de Ménandre du ive siècle réutilisé en palimpseste, au viiie /ixe siècle, pour la copie d’un manuscrit syriaque dans le même monastère.

Des provenances fluctuantes : l’odyssée des livres

11Le livre est un objet de valeur qui se transmet de génération en génération et qui circule de main en main. La longue durée d’utilisation d’un livre vient ainsi ajouter un nouvel élément perturbateur : une bibliothèque ne cesse de se reconfigurer à la faveur, notamment, des successions et des dons. Aussi n’est-il pas facile, à partir d’un groupe de livres trouvés ensemble, de reconstituer le profil du dernier utilisateur et d’en tirer des conséquences en termes de sociologie culturelle.

12Ce passage en revue des conditions de découverte des livres donne à penser que la tâche que nous nous sommes fixée est presque impossible ; il doit en réalité sonner comme une mise en garde méthodologique visant à identifier les pièges pour mieux s’en prémunir.

Les textes qui parlent de livres

13Avant de regarder les bibliothèques qui nous sont parvenues, il n’est pas inutile de s’intéresser aux informations que les textes documentaires ont livrées sur les livres et les bibliothèques dans la mesure où elles éclairent le contexte de copie et d’utilisation des livres. Ces documents sont de quatre types :
1) les lettres, où il est fréquemment question de la fabrication, la copie, l’envoi ou l’échanges de livres ;
2) les notes de natures diverses, comme les bordereaux d’envoi ;
3) les inventaires : à caractère officiel, ils recensent les biens d’une institution, notamment ses livres ;
4) les catalogues de bibliothèque : réalisés à des fins bibliothéconomiques, ils enregistrent les livres en apportant des précisions sur (a) leurs caractéristiques physiques, à savoir le matériau (papyrus ou parchemin), leur reliure, leur état (vieux ou récent) ; (b) la présence éventuelle de plusieurs livres dans le même volume ; (c) leur provenance (ancien propriétaire).

14Dans l’ensemble, on est frappé par la rareté des titres non chrétiens parmi les livres cités dans ces documents : entre le ive et le viiie siècle, 58 lettres et 22 listes (notes, inventaires et catalogues) citent 402 livres chrétiens, alors que seuls 2 documents (P.Turner 9 du ive s. et SB XII 11084 du ve s.) mentionnent 22 livres non chrétiens – et encore s’agit-il pour trois d’entre eux de manuels de rhétorique, qui, quoique se réclamant de la paideia hellénique, pouvaient être utilisés aussi pour des œuvres de nature chrétienne.

15Si les livres de tradition non chrétienne voient globalement leur nombre s’effondrer après le ive siècle, la quantité des exemplaires retrouvés représente tout de même plus de 30 % des papyrus littéraires, comme nous l’avons vu l’an dernier : comment expliquer que ces livres soient si peu cités dans les documents ? Cette apparente incohérence statistique pourrait trouver une explication dans le fait que la littérature classique devient un matériau d’étude et de formation, et partant se trouve confinée au monde de l’école – ce qui explique qu’elle soit absente des lettres et des catalogues. Par ailleurs, nous ne disposons pas d’inventaire ou de catalogue de bibliothèques de particuliers : les listes de livres qui nous sont parvenues sont celles d’institutions chrétiennes – églises ou monastères – le plus souvent de langue copte, où l’on ne s’attend pas à trouver des ouvrages profanes.

Les livres hybrides

16La situation apparemment très monolithique que renvoient les documents correspond-elle à la réalité des bibliothèques ? Elle est sans doute beaucoup plus complexe, comme le montre le cas des livres hybrides, ces livres qui combinent traditions classique et chrétienne. Avec le développement du codex, il n’est pas rare en effet que les particuliers compilent leurs propres livres à partir d’exemplaires qu’ils se faisaient prêter et juxtaposent ainsi dans une même unité bibliologique (rouleau, codex, feuillet) des textes de natures diverses. L’étude de ces livres composites pose la question du lien qui unit les divers textes qu’ils contiennent et de ce qu’il nous apprend du profil de leurs copistes-lecteurs – par ailleurs inconnu du fait qu’aucun d’eux n’a été trouvé en contexte archéologique ou en liaison avec d’autres livres (à l’exception de ceux de la bibliothèque Bodmer sur laquelle nous reviendrons l’an prochain).

17Si l’on met de côté les textes scolaires, ils sont peu nombreux : le P.Jen.Irenaeus du iiie/ive siècle (un texte mythologique sur le meurtre d’Osiris par Seth versus un extrait d’Irénée, Contre les hérésies, V) ; le codex G67 de la Pierpont Morgan Library du ve siècle (le début de l’Ad Demonicum attribué à Isocrate et AP IX 538 versus les Actes des Apôtres) ; P.Vindob. G 29788 A-C du ve/vie siècle (série de poèmes de type classique dont une ekphrasis de Pamprépios de Coptos versus deux lettres de Grégoire de Nazianze) ; P.Lit.Lond. 239 du viie siècle (invocation du Nil d’esprit a priori païen eu égard à une allusion à Isis versus le symbole de Nicée-Constantinople). Ces livres hybrides ouvrent chaque fois sur des univers très différents : les textes non chrétiens appartiennent tantôt à la tradition pharaonique, tantôt à la tradition grecque, reprise telle quelle ou réactualisée, tandis que les textes chrétiens sont de nature tantôt biblique, tantôt patristique. Leur fonction varie, de la polémique antipaïenne à l’entraînement calligraphique, de la formation rhétorique aux activités médico-magiques. Chacun de ces microcosmes culturels montre ainsi la diversité du monde des livres et pousse à dépasser une opposition manichéenne pour accepter que plusieurs types de cultures chrétiennes et préchrétiennes puissent se compléter de façon parfois inattendue, selon la personnalité de leurs utilisateurs.

18Il nous faut poursuivre cette sociologie des livres en cherchant désormais les lecteurs qui se cachent non plus derrière des livres isolés, mais derrière de vraies bibliothèques, plus à même de refléter la complexité de leur profil et de leurs intérêts.

Les bibliothèques de particuliers

Les bibliothèques magiques

19À l’orée du ive siècle, la première de ces bibliothèques est « la bibliothèque magique thébaine », composée d’une dizaine de livres magiques et alchimiques. Sa fonction et son contexte d’utilisation font encore l’objet de vives discussions chez les spécialistes. Mais avec cet ensemble de manuscrits comme avec les autres bibliothèques magiques et astrologiques livrées par les papyrus, nous avons de toute façon affaire à des fonds de textes à caractère professionnel ne permettant guère de dessiner précisément le profil culturel de leurs utilisateurs – et assurément pas leurs goûts littéraires – pour autant que leur contenu, très spécialisé, soit conditionné par l’exercice d’une profession.

La bibliothèque d’Aurelius Ammôn

  • 5  Cf. le colloque Horapollon : hellénisme et hiéroglyphes dans l’Antiquité tardive qui s’est tenu au (...)

20Une des premières véritables bibliothèques que l’on pourrait qualifier de privée est celle d’Aurelius Ammôn, fils de Petearbeskhinis (Panopolis, ive s.) : ses livres retrouvés en même temps que les archives documentaires de sa famille offrent un excellent échantillon de l’attachement à l’hellénisme – dans sa forme la plus raffinée – de ces dernières générations de païens, associant les belles-lettres à la philosophie. Ammôn et sa famille préfigurent ce que sera au siècle suivant, dans le domaine de la philosophie, le cercle du païen Horapollon (originaire lui aussi de la région de Panopolis5) et, dans celui de la poésie, les Thébains Nonnos de Panopolis, Cyrus, et Pamprépios.

La bibliothèque de la famille d’Aurelia Ptolemaïs

21Cette bibliothèque aurait été constituée au iiie siècle avant d’être mise au rebut au ive siècle. C’est à la suite d’une enquête partant de deux documents qu’a pu être reconstituée cette bibliothèque (contenant deux exemplaires de l’Iliade, une œuvre historique et le livre XVIII des Cestes de Jules l’Africain) dont la dernière propriétaire fut une certaine Aurelia Ptolemaïs, fille d’Hermogène, personnage important de la cité d’Oxyrhynchos. La copie du testament de ce dernier au verso du rouleau qui contenait les Cestes de Jules l’Africain suggère que cette œuvre ne devait présenter que peu d’intérêt pour Aurelia Ptolemaïs. Si elle a peut-être conservé l’œuvre d’Homère pour l’éducation de ses enfants, il paraît plus prudent de voir dans cet ensemble de quatre manuscrits le reflet des goûts éclectiques du père (poésie, histoire, critique littéraire).

La bibliothèque de la « seconde trouvaille » d’Oxyrhynchos

22Entièrement consacrée à la littérature grecque classique, cette bibliothèque aurait été utilisée au ive siècle avant d’être, elle aussi, jetée dans un dépotoir. Elle se caractérise par sa large amplitude chronologique – le manuscrit le plus ancien remonte au iie siècle av. J.-C. –, qui impliquait un entretien régulier des livres (certains d’entre eux portent en effet des traces de réparation, d’autres de traitement contre les insectes). Cet ensemble dessine le profil d’un amateur de littérature grecque, avec une prédilection pour la poésie lyrique, qui ne se contente pas de lire les œuvres mais qui se dote d’instruments de travail permettant de mieux les comprendre. Plus qu’un amateur, nous aurions affaire à un érudit, peut-être un grammairien (ou une lignée de grammairiens) comme semble en témoigner le nombre impressionnant de gloses appartenant à plusieurs mains (dont certaines, de nature tachygraphique, pourraient être des notes prises pendant des cours).

La bibliothèque d’un amateur de romans ?

23Il n’est pas impossible qu’un ensemble de sept manuscrits trouvés à Oxyrhynchos et datés des iiie/ive siècles ait formé une bibliothèque au sens propre du terme. La forte présence de romans grecs (Leucippé et Clitophon d’Achille Tatius, le Roman de Sesonchôsis et un roman non identifié) donne à cet ensemble un faciès suffisamment caractéristique pour aller dans ce sens, mais l’hypothèse n’en reste pas moins fragile.

La bibliothèque byzantine d’Oxyrhynchos

24Le dernier ensemble d’Oxyrhynchos, moins hypothétique que le précédent, est constitué d’une douzaine de livres qui présentent une grande homogénéité dans leur contenu (Aristophane, Homère, Euripide et Sophocle), reflétant les canons de la littérature enseignée à l’école. La quantité des fragments d’Aristophane, auteur qui revient dans les programmes scolaires au ive siècle, et l’arsenal de signes et gloses visant à faciliter leur lecture et compréhension sont l’indice que le propriétaire de cet ensemble de codices devait être un lecteur professionnellement intéressé par cette littérature, peut-être un maître de grammaire plutôt qu’un érudit.

La bibliothèque byzantine de Lycopolis

25Cette bibliothèque encore en partie inédite présente l’insigne avantage d’avoir été mêlée à un lot d’archives documentaires qui dessine le profil de différentes familles appartenant à la bourgeoisie provinciale des ve-vie siècles. Les quelques lambeaux de livres (Homère, Aristophane et des textes scolaires) qui ont pu être sauvés correspondent bien à ce que l’on attend de ce milieu. On y trouve en outre plusieurs textes médicaux à portée pratique, peut-être les restes des papiers d’un apothicaire. Comment expliquer le lien entre ces deux ensembles ? Le premier pourrait témoigner des lectures de notre apothicaire dont l’activité professionnelle serait illustrée par les seconds. Mais il est aussi possible qu’il s’agisse de noyaux différents des archives au sein desquelles la bibliothèque, par exemple, d’un maître d’école se serait mêlée aux papiers relevant des activités médicales d’un praticien, peut-être de la même famille.

26Comme pour les autres bibliothèques, on remarque l’absence de livres chrétiens – mis à part une amulette, qui, pour la première fois, introduit un élément chrétien dans un ensemble de livres de tradition classique.

27Les cours, interrompus par le confinement, reprendront l’an prochain sur le même thème. Nous poursuivrons notre enquête sur les bibliothèques privées avant d’examiner les bibliothèques institutionnelles dont on peut suivre les traces papyrologiques.

Séminaire – Études de papyrus byzantins en relation avec le sujet du cours

Séminaires 1 et 2 – Deux ostraca mal interprétés du monastère d’Épiphane

Les 30 janvier et 6 février 2020

  • 6  New York, The Metropolitan Museum of Art, 1926.

28Rien ne pouvait mieux illustrer un des rôles dévolus à la culture classique dans l’Égypte chrétienne de l’Antiquité tardive que les deux ostraca qui ont fait l’objet des deux premières séances du séminaire. Encore fallait-il les passer au crible d’une révision complète, leur éditeur n’ayant pas réussi à en identifier le contenu. Ces deux ostraca, datables paléographiquement de la première moitié du viie siècle, ont été édités par H. Evelyn-White dans The Monastery of Epiphanius at Thebes6 sous les numéros 589 et 590 comme étant des extraits d’homélie. Le fait qu’ils ont été découverts dans des cellules de moines n’est probablement pas pour rien dans l’interprétation qu’il en a proposée. Pourtant, une révision du 590, un ostracon de céramique (dont la surface très abîmée ne conserve qu’une partie des lettres), a montré qu’il s’agissait d’un choix des Sentences de Ménandre – une compilation, réalisée au ier siècle, de maximes extraites de ses comédies, puis d’autres œuvres non ménandréennes, qui connut un succès grandissant, notamment dans les écoles. Notre texte suit exactement l’ordre des sentences que l’on retrouve dans un autre ostracon exhumé dans la même cellule (Cell A) et publié sous le no 615.

  • 7  « Scribes and schoolmasters? On contextualizing Coptic and Greek ostraca excavated at the Monaster (...)

29Il est intéressant de noter que la Cell A a principalement livré des ostraca de la main d’un moine qui devait s’appelait Moïse. Leur étude sérielle a convaincu S. Bucking7 qu’ils pouvaient résulter d’un contexte d’enseignement (on a retrouvé des textes chrétiens recopiés par plusieurs mains comme s’il s’agissait d’exercices d’écriture). L’identification de sentences de Ménandre dans un ostracon de la Cell A va dans le sens de cette hypothèse eu égard à la fonction qu’a jouée ce recueil.

30Il est difficile, du fait du délabrement de notre ostracon, de garantir qu’il a été écrit par la même main que 615. Si c’est le cas, un même moine se serait exercé à recopier plusieurs fois les mêmes sentences. Si les mains sont différentes, il est possible que 589 ait été copié à partir de 615, ce dernier étant peut-être le modèle du maître, le premier la copie de l’élève.

  • 8  Le rapprochement a récemment été fait par A. Maravela, « Homer and Menandri Sententiae in Upper Eg (...)

31Quant au second ostracon soumis aux auditeurs cette année, le no 589, il est écrit sur un éclat de calcaire (support typique de la Montagne thébaine qu’elle offrait naturellement à ses habitants). Les onze lignes encore visibles sur la surface antérieure de l’ostracon, loin d’être un texte homilétique comme le proposait le premier éditeur, sont une suite de sentences présentées selon un acrostiche alphabétique (les 11 lignes conservées couvrent les lettres ξ-ω). Aucune sentence de Ménandre ne se laisse clairement identifier, mais certains syntagmes sont sans conteste d’inspiration ménandréenne (ainsi l. 2 : ὁ γράμ]μ̣ατα εἰδὼς .[ qui rappelle le monostique 568, ὁ γράμματ’ εἰδὼς καὶ περισσὸν νοῦν ἔχει « celui qui sait lire et écrire a un esprit supérieur8 » ; l. 10 : Ψυ]χὴν νοσούσης φάρ[μακον fait penser au monostique 840, Ψυχῆς νοσούσης ἐστὶ φάρμακον λόγος « La raison (ou le discours) est un remède pour une âme malade »). On aurait donc là un extrait de sentences para-ménandréennes dont le thème, d’après les bribes encore lisibles, tourne autour des vertus du savoir. La dernière sentence, que l’on peut restituer Ὦ̣ παῖ, φύλαξον τὰς π[αραινέσεις] « Enfant, suis ces conseils » est de ce point de vue sans équivoque.

32Cet ostracon a été retrouvé dans une cellule (Cell B) où ont été retrouvés d’autres textes ayant servi sans doute possible à un enseignement (outre plusieurs copies du début de l’Iliade d’Homère, l’auteur grec obligé des programmes scolaires à toute époque, une liste de mots grecs avec leur traduction copte et une liste des jours de la semaine). La lecture et l’interprétation qui ressortent de notre révision confirment la tenue d’une école dans cette cellule.

Séminaires 2 à 5 – Un inédit concernant le monastère de la Métanoia

Les 13, 20 et 27 février 2020

33Le monastère de la Métanoia (ou « Pénitence ») est un établissement pachômien situé à Canope, près d’Alexandrie, connu par un petit dossier de papyrus qui nous le présente comme assurant pour le compte de l’État le convoiement du blé annonaire à destination d’Alexandrie et peut-être même de Constantinople. Un nouveau témoignage de cette activité nous est fourni par un papyrus inédit de l’université du Michigan (inv. 3460), déchiffré et analysé dans le cadre du séminaire. Ce coupon de 33,5 × 20 cm conserve la moitié gauche d’un feuillet où a été consigné un reçu d’embarquement de l’annone civile sur les bateaux de la Métanoia. Il concerne une quantité importante de blé (6 020 artabes = env. 240 000 litres) qui est à rapprocher de celles qui ont été enregistrées dans d’autres reçus concernant la contribution annonaire du village d’Aphrodité, bien connu des historiens de l’Antiquité tardive grâce aux archives de Dioscore d’Aphrodité qu’on y a découvertes en 1905. De fait, ce reçu provient sans aucun doute de cet ensemble archivistique, dont la plus grande partie fut découverte clandestinement, ce qui explique que les papyrus qui le composaient soient passés par le marché des antiquités et se soient ainsi retrouvés dans diverses collections aux quatre coins du monde. Divers indices internes incitent à dater notre reçu de 539/540 ou 554/555. Le montant de l’annone du village est très proche de celui attesté pour 538/539 (6 100 artabes) ou 546/547 (6 053 artabes) et confirme la stabilité des contributions annonaires réclamées par l’État.

34Ce papyrus fut l’occasion de revisiter le dossier de reçus de la Métanoia, travail qui débouchera sur une prochaine publication.

Séminaire 6 – Un nouveau papyrus littéraire de la Bibliothèque nationale de France

Intervenant : Nathan Carlig (F.R.S.-FNRS, université de Liège/Cedopal), le 5 mars 2020

35Dans le cadre du programme d’édition des papyrus grecs et latins de la Bibliothèque nationale de France que j’ai lancé il y a quelques années, Nathan Carlig a présenté ses recherches sur un fragment de parchemin grec littéraire inédit, P.Paris.BnF inv. Suppl. gr. 1382.3, provenant d’Égypte et datable du ive ou du début du ve siècle. Appliquant la grille d’analyse des papyrus littéraires grecs et latins développée au Cedopal de l’université de Liège (langue, contenu, forme et matériau du support, datation, provenance, dimensions, dispositifs de mise en pages, écriture), il a montré l’importance que pouvait revêtir pour l’identification du genre de ce parchemin la mise en pages à deux colonnes d’écriture, privilégiée pour les textes des genres oratoire et historique. Combiné à la présence de l’anthroponyme Agelaos, cet indice amène à conclure que le fragment parisien contenait très vraisemblablement un texte aujourd’hui perdu de genre historique, peut-être relatif à un épisode de l’histoire hellénistique. La poursuite des recherches sur ce fragment permettra sans doute de préciser davantage le contenu du texte et, peut-être, d’en identifier son auteur.

Séminaire 7 – Vers une histoire des bibliothèques magiques

Intervenant : Korshi Dosoo (université de Wurtzbourg), le 12 mars 2020

36En lien avec le cours consacré aux bibliothèques, Korshi Dosoo a proposé une réflexion méthodologique sur le concept de « bibliothèque magique » dans l’Égypte byzantine. À l’instar des regroupements que l’on est amené à faire quand on travaille sur les manuscrits papyrologiques (archives ou dossiers), des connections peuvent être aussi établies entre les manuscrits magiques en s’appuyant sur de nombreux critères : en premier lieu la provenance ou les mains. Quand ces données manquent – ce qui est souvent le cas –, on doit avoir recours à la museum archaeology, c’est-à-dire l’étude des documents relatifs à la découverte, la vente et l’acquisition des papyrus dans les collections modernes. Ces archives, bibliothèques ou dossiers, peuvent nous fournir des informations contextuelles plus riches que celles que nous pouvons tirer de l’étude des manuscrits menée isolément. La célèbre « Bibliothèque magique de Thèbes », par exemple, nous permet de reconstruire un ensemble ancien de manuscrits magiques et alchimiques constitué par une ou plusieurs personnes ayant été formées en milieu sacerdotal égyptien. Plusieurs hypothèses sur le contexte du dépôt de cet ensemble ont été passées en revue. Mais il existe d’autres archives qui enrichissent considérablement notre compréhension de la pratique rituelle de cette époque, comme la « Bibliothèque hermonthite », contemporaine de celle de Thèbes, mais assez différente dans son contenu et par le format de ses manuscrits ; ou l’archive de Kellis découverte dans la maison 3 de la zone A, qui nous offre une vision très complexe de la place de la magie dans la vie quotidienne d’Égyptiens de la classe moyenne.

Colloque – Appréhender la culture écrite des Anciens : les catégories « documentaire » et « littéraire » en papyrologie et leurs limites

Avec la collaboration d’Antonio Ricciardetto, les 5 et 6 décembre 2019

37La papyrologie se définit comme la science des textes écrits sur des supports transportables par opposition à l’épigraphie. Elle s’est organisée en deux branches correspondant aux deux catégories fondamentales des sources sur lesquelles elle travaille, à savoir les papyrus documentaires (« documents ») et les papyrus littéraires (« livres » ou « textes de nature littéraire »). Si cette division assez grossière peut s’expliquer par la spécificité des sujets abordés dans chaque branche, elle ne rend cependant pas justice à la variété des écrits qui relèvent de l’une et de l’autre et empêche d’appréhender les corrélations entre les deux domaines. Pire, elle a fini par créer des cloisonnements qui empêchent de porter une réflexion globale sur la culture écrite des Anciens. L’hyperspécialisation galopante n’a fait que renforcer cette polarité, tandis que, ces dernières décennies, on a vu également émerger une autre catégorie de papyrus, dits « paralittéraires » (ou « sublittéraires », « semi-littéraires », voire « quasi-littéraires »), dont la définition et les contours sont aussi flous que l’est la terminologie qui sert à la désigner.

38Le présent colloque a cherché à s’interroger, en partant du cas de la papyrologie, sur la catégorisation de la culture écrite, tant dans le monde antique que chez les Modernes. Il a regroupé non seulement des papyrologues, mais aussi des épigraphistes et des spécialistes d’autres cultures (civilisation mésopotamienne, Égypte pharaonique, monde byzantin, Occident médiéval, monde juif, Extrême-Orient) qui ont tenté de se demander si notre catégorisation binaire s’applique de la même façon aux autres supports que le papyrus (par exemple, les inscriptions) et à des époques et dans des aires culturelles différentes de l’Égypte gréco-romaine et byzantine ; et si les Anciens percevaient et organisaient mentalement le monde de la culture écrite selon les catégories que nous utilisons maintenant ou si ces dernières ne constituent pas parfois des obstacles épistémologiques nous empêchant d’appréhender une réalité plus profuse et complexe.

Cours à l’extérieur

39Les cours à l’extérieur ont tous été annulés pour cause de Covid-19.

Recherche

Le professeur

40En sus des recherches sur les bibliothèques liées à mon cours, de l’édition de papyrus inédits (notamment de la Bibliothèque nationale de France et de la collection Fouad à l’Ifao) et du travail sur le site Aphrodito Online, j’ai poursuivi la réflexion menée sur l’écrit documentaire à travers une recherche sur les formats des documents dans l’Antiquité tardive. J’ai montré en quoi ils étaient conditionnés à la fois par la nature et la fonction de l’écrit qu’ils contiennent et un réseau complexe et fluctuant de conventions façonnées par les tendances culturelles à l’œuvre dans la société en même temps que le « ressenti » que les Anciens pouvaient avoir devant telle ou telle présentation – réaction qui n’est plus très aisée à appréhender aujourd’hui et que la psychologie cognitive pourrait nous aider à mieux comprendre. Les premiers résultats de ce travail ont été présentés à un colloque sur les Novel Perspectives on Communication Practices in Antiquity: Towards a Historical Social-Semiotic Approach, qui s’est tenu à Gand, du 3 au 5 octobre 2019. Cette archéologie de l’écrit documentaire a nourri aussi le colloque que j’ai organisé avec Antonio Ricciardetto les 5 et 6 octobre 2019 au Collège de France (cf. « Colloque ») ainsi qu’un travail sur les lettres privées que j’ai présenté au colloque Correspondance privée dans la Méditerranée antique : sociétés en miroir, organisé par Madalina Dana à Paris, les 31 janvier et 1er février 2020.

41L’année fut par ailleurs consacrée à la conception de l’exposition « Le papyrus dans tous ses États, de Cléopâtre à Clovis », qui s’est tenue au Collège de France et se proposait de montrer que, contrairement à l’opinion commune, le papyrus n’est pas propre à l’Égypte mais qu’il a été longtemps le principal support de l’écrit du monde méditerranéen de l’Antiquité au Moyen Âge. Certes inventé en Égypte, il s’est vite répandu dans le reste du monde gréco-romain – et au-delà – pour devenir le papier par excellence pour tout type d’écrits (livres et documents) avant d’être détrôné par le parchemin, puis le papier venu de Chine. Cette exposition a permis de suivre l’histoire du papyrus de l’Égypte gréco-romaine jusqu’à la France mérovingienne en passant par le Levant hellénisé, Constantinople et l’Italie romaine, byzantine et médiévale grâce à des prêts exceptionnels accordés par de prestigieuses institutions (Archives nationales, Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque municipale de Dijon, DRAC de Bretagne, Institut de France, Louvre, Sorbonne Université, etc.). Des pièces aussi différentes que des documents de l’Égypte hellénistique et romaine, des livres de la fameuse bibliothèque d’Herculanum (Italie), des chartes de la chancellerie mérovingienne (avec des autographes de Clovis II, de Dagobert et de saint Éloi), des ordres d’empereurs byzantins et des bulles papales ont été réunies pour la première fois.

42La période de confinement a été mise à profit pour la rédaction du catalogue qui accompagne les notices des objets exposés de chapitres encyclopédiques sur la fabrication du papier de papyrus, sa diffusion depuis l’Égypte jusque dans l’ensemble du monde méditerranéen et la redécouverte des papyrus entre la fin du Moyen Âge et les Lumières.

43L’exposition prévue pour la rentrée 2020 a dû être repoussée à septembre 2021 en raison de l’épidémie et a été inaugurée au moment des Journées européennes du patrimoine.

Valérie Schram (ATER)

44L’essentiel des activités de Valérie Schram s’est décliné autour de trois axes principaux. Le premier étant la participation à la préparation de l’exposition « Le papyrus dans tous ses États, de Cléopâtre à Clovis » et de son catalogue ; le second, la collaboration au développement et au renseignement de la base de données du site Aphrodito Online ; le dernier, la poursuite de ses recherches personnelles à travers la révision de son manuscrit de thèse sur « L’arbre et le bois dans l’Égypte gréco-romaine » (EPHE, 2018) et la collaboration à des travaux d’étude et d’édition de textes documentaires grecs et coptes, notamment lors d’une mission à l’Institut français d’archéologie orientale du Caire.

L’équipe (Monde byzantin, UMR 8167)

45Notons un dossier exceptionnel, l’édition avec commentaire du recueil dit De cerimoniis : cette entreprise impériale du milieu du xe siècle, lancée par Constantin VII, répertoriait les protocoles du cérémonial de la cour impériale au cours de l’année, le livre I pour les cérémonies religieuses, le livre II pour les cérémonies « laïques » dont les promotions de fonctionnaires, les jeux du cirque, etc. Ont été rajoutés des chapitres postérieurs, dont un fascinant dossier sur les expéditions récentes en Syrie, en Italie et en Crète. Comme nous avons perdu presque toutes les traces directes de l’administration mésobyzantine, le De cerimoniis est le seul texte à nous mettre au cœur du pouvoir et de sa représentation. De plus, il reproduit de longs extraits du recueil de Pierre le Patrice, maître des offices sous Justinien au vie siècle. Ce texte édité par Reiske au xviiie siècle, fort bien pour l’époque, réclamait une réédition complète, mais la complexité philologique et historique du dossier épouvantait à juste titre, et il a fallu plus de 30 ans pour que ce grand chantier lancé par G. Dagron aboutisse sous la direction tenace de B. Flusin à près de 3 000 pages en 5 tomes et 6 volumes

46À côté de ce géant, l’équipe a continué les nombreux projets de long terme : dans les Archives de l’Athos, le volume III sur Vatopédi est sorti en 2019 et le volume II sur Chilandar va être imprimé ; le programme de notre unité sur les mobilités monastiques en Orient et en Occident s’est achevé avec la parution d’un volume à l’École française de Rome regroupant les actes de deux colloques tenus à Rome et Vienne ; les projets archéologiques sur la basilique de Xanthos et les mosaïques de l’actuelle Albanie partent aussi pour l’impression ; le programme sur l’Albanie du Haut Moyen Âge continue sous l’impulsion d’E. Nallbani ; de même celui de M. Kazanski sur le « Barbaricum » tardo-antique avec plus de 30 articles. L’histoire des sciences à Byzance a connu un développement spectaculaire avec le rattachement de F. Acerbi, à qui nous devons pour cette année une quinzaine de publications, et la publication du Companion to Byzantine Science par S. Lazaris. S. Métivier a publié une monographie sur l’aristocratie et l’hagiographie méso-byzantines. Les missions archéologiques de l’équipe vont de l’Allemagne à l’Irak, redoublées par les nombreuses études de manuscrits grecs et d’archives italiennes sur place. L’unité a publié deux volumes des « Travaux et Mémoires », l’un consacré aux Mélanges Bernard Flusin, l’autre à l’histoire de l’étude des archives de l’Athos et leur développement actuel.

47Des banques de données sur la polémique religieuse avec l’Occident (collaboration avec Venise), la sigillographie byzantine, l’iconographie zoologique et les baptistères sont initiées. L’équipe dépose en 2021 un programme ERC Synaxor (histoire du premier synaxaire byzantin). Notre équipe dirige et anime également la Revue des études byzantines qui a paru régulièrement en 2019 et 2020.

48De nombreux colloques organisés par l’équipe ont malheureusement dû être reportés pour cause de Covid-19. Le congrès international des études byzantines, prévu pour Istanbul 2021, a été reporté pour Venise-Padoue 2022, mais notre équipe a conservé toutes les tables rondes qui étaient prévues sous sa responsabilité.

49L’équipe a actuellement une cinquantaine de doctorants.

Publications

Le professeur

Ouvrage

50Bülow-Jacobsen A., Fournet J.-L. et Redon B., Ostraca de Krokodilô II. La correspondance privée et les réseaux personnels de Philoklès, Apollôs et Ischyras, Le Caire, Ifao, coll. « Fouilles de l’Ifao », vol. 81, 2019.

Articles ou contributions à des ouvrages

51Fournet J.-L., « Anatomie d’un genre en mutation : la pétition de l’Antiquité tardive », in A. Nodar et S. Torallas Tovar (dir.), Proceedings of the 28th Congress of Papyrology (Barcelona, 1-6 August 2016), Barcelone, Publicacions de l’Abadia de Montserrat, coll. « Scripta Orientalia », vol. 3, 2019, p. 571-590.

Fournet J.-L., « Culture de l’Antiquité tardive et papyrologie byzantine », Annuaire du Collège de France 2016-2017. Résumé des cours et travaux 117e année, Paris, Collège de France, 2019, p. 233-256, en ligne : https://journals.openedition.org/​annuaire-cdf/​13788.

Fournet J.-L., « Dioscore et l’école », in G. Agosti et D. Bianconi (dir.), Pratiche didattiche tra centro e periferia nel mediterraneo tardoantico, Spolète, Fondazione Centro italiano di studi all’alto medioevo, 2019, p. 193-216 (+ tav. I).

Fournet J.-L., « Rapport des conférences en papyrologie grecque », Annuaire de l’École pratique des Hautes Études, Section des sciences historiques et philologiques, 150e année, 2017-2018, 2019, p. 134-149 et 59*-62*.

Fournet J.-L., « La pratique du latin dans l’Égypte de l’Antiquité tardive », in A. Garcea, M. Rosellini et L. Silvano (dir.), Latin in Byzantium I. Late Antiquity and Beyond, coll. « Corpus Christianorum Lingua Patrum », vol. 12, Turnhout, Brepols, 2019, p. 73-91.

Fournet J.-L., « L’impact de la conquête sassanide sur l’Égypte : notes lexicographiques », in A. Bingelli et V. Déroche (dir. ; avec la collaboration de M. Stavrou), Mélanges Bernard Flusin, Paris, Association des amis du Centre d’histoire et civilisation de Byzance, coll. « Travaux et Mémoires », t. 23/1, 2019, p. 287-297.

Mazou L., Ballet P., El Dory M., Fournet J.-L., Lecuyot G. et Rossi L., « Un thesauros/grenier à Bouto : approches préliminaires sur l’écosystème du site à l’époque impériale », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale, vol. 119, 2019, p. 225-257, https://www.ifao.egnet.net/​bifao/​119/​10/​.

Fournet J.-L. et Russo S. (dir.), « Chronique de lexicographie papyrologique de la vie matérielle (Lex.Pap.Mat.) », in G. Bastiniani et S. Russo (dir.), Comunicazioni dell’Istituto papirologico « G. Vitelli », Florence, Firenze University Press, vol. 13, 2019, p. 67-160.

Fournet J.-L., « L’éthopée entre culture profane et christianisme », in P. Chiron et B. Sans (dir.), Les Progymnasmata en pratique, de l’Antiquité à nos jours / Practicing the Progymnasmata, From Ancient Times To Present Days, Paris, Éditions Rue d’Ulm, coll. « Études de littérature ancienne », vol. 27, 2020, p. 77-90.

Fournet J.-L., « Matériel inscrit et dessiné d’époques gréco-romaine et byzantine », in G. Castel et P. Tallet (dir.), Ayn Soukhna IV : Le matériel des galeries-magasins, Le Caire, Ifao, coll. « Fouilles de l’Ifao », vol. 82, 2020, p. 55-56 et p. 41.

Fournet J.-L. et Bénazeth D., « Quand les cuillers se mettent à parler », in A. Boud’hors, E. Garel et C. Louis (dir.), Études coptes XVI : Dix-huitième journée d’études (Bruxelles, 22-24 juin 2017), coll. « Cahiers de la Bibliothèque copte », vol. 23, Paris, Éd. de Boccard, 2020, p. 129-159.

Fournet J.-L., « Temples in Late Antique Egypt: Cultic heritage between ideology, pragmatism, and artistic recycling », in P. Buzi (dir.), Coptic Literature in Context (4th-13th cent.). Cultural Landscape, Literary Production and Manuscript Archaeology, Rome, Edizioni Quasar, coll. « Percorsi di Archeologia », vol. 5, 2020, p. 29-50.

ATER

52Schram V., « Un train (de bois) sur le Nil ? Le mot schedia et la pratique du flottage en radeau (réédition de P. Lille I 25) », Chronique d’Égypte, vol. 94, no 188, 2019, p. 355-379.

L’équipe « Monde byzantin » (UMR 8167)

Fabio Acerbi

53Acerbi F. et Vuillemin-Diem G., La transmission du savoir grec en Occident. Guillaume de Moerbeke, le Laur. Plut. 87.25 (Thémistius, in De an.) et la bibliothèque de Boniface VIII, Louvain, Leuven University Press, coll. « Mediaevalia Lovaniensia », series 1, studia 49, 2019.

Acerbi F., « There is no consequentia mirabilis in Greek mathematics », Archive for History of Exact Sciences, vol. 73, 2019, p. 217-242, https://doi.org/​10.1007/​s00407-019-00223-1.

Acerbi F. et Gioffreda A., « Harmonica membra disjecta », Greek, Roman, and Byzantine Studies, vol. 59, 2019, p. 646-662.

Acerbi F. et Panteri S., « Eratosthenes in the Excerpta Neapolitana », Greek, Roman, and Byzantine Studies, vol. 59, 2019, p. 663-679.

Acerbi F. et Pérez Martín I., « Les études géométriques et astronomiques à Thessalonique d’après le témoignage des manuscrits : de Jean Pédiasimos à Démétrios Kydônès », Byzantion, vol. 89, 2019, p. 1-35, https://doi.org/​10.2143/​BYZ.89.0.3287065.

Acerbi F. et Gioffreda A., « Un Aristotele di Massimo Planude », Revue des Études byzantines, vol. 77, 2019, p. 203-223, https://doi.org/​10.2143/​REB.77.0.3287314.

Acerbi F., « Mathematical generality, letter-labels, and all that », Phronesis, vol. 65, 2020, p. 27-75, https://doi.org/​10.1163/​15685284-12342029.

Acerbi F., « How to spell the Greek alphabet letters », Estudios bizantinos, vol. 7, 2019, p. 119-130, https://doi.org/​10.1344/​EBizantinos2019.7.6.

Acerbi F. et Gioffreda A., « Manoscritti scientifici della prima età paleologa in scrittura arcaizzante », Scripta, vol. 12, 2019, p. 9-52, https://doi.org/​10.19272/​201908901001.

Acerbi F., « Byzantine Rechenbücher: An overview, with an edition of Anonymi L and J », Jahrbuch der Österreichischen Byzantinistik, vol. 69, 2019, p. 1-57, https://doi.org/​10.1553/​joeb69S1.

Acerbi F., « Ψευδαριθμός », Greek, Roman, and Byzantine Studies, vol. 60, 2020, p. 317-323.

Acerbi F., « Arithmetic and logistic, geometry and metrology, harmonic theory, optics and mechanics », in S. Lazaris (dir.), A Companion to Byzantine Science, Leyde, Brill, 2020, p. 105-159, https://doi.org/​10.1163/​9789004414617_005.

Acerbi F., « Interazioni fra testo, tavole e diagrammi nei manoscritti matematici e astronomici greci », in : La conoscenza scientifica nell’Alto Medioevo, Atti della LXVII Settimana di Studio (Spoleto, 25 aprile-1 maggio 2019), Spolète, Fondazione Centro Italiano di Studi sull’Alto Medioevo, coll. « Atti delle settimane », t. 1, vol. 67, 2020, p. 585-621.

Marie-Hélène Blanchet

54Blanchet M.-H., « Spiritual guidance for aristocratic women: A living tradition after the fall of Constantinople? Gennadios Scholarios and the Nun Sophrosyne », in E. Mitsiou et E. Kountoura-Galaki (dir.), Women and Monasticism in the Medieval Eastern Mediterranean: Decoding a Cultural Map, Athènes, National Hellenic Research Foundation/Institute of Historical Research (Section of Byzantine Research. International Symposium), coll. « Diethnī Symposia », vol. 23, 2019, p. 301-313.

Blanchet M.-H., « L’argumentation antithomiste de Matthieu Ange Panarétos sur le Filioque et la doctrine de l’amour (mi-xive siècle) », in A. Bucossi et A. Calia (dir.), Contra Latinos et Adversus Graecos: The Separation between Rome and Constantinople from the Ninth to the Fifteenth Century, Louvain, Peeters Publishers, coll. « Orientalia Lovaniensia Analecta », vol. 286, 2020, p. 395-409.

Blanchet M.-H., « Présence et usage de livres au patriarcat de Constantinople durant la seconde moitié du xve et la première moitié du xvie siècle », in A. Binggeli, M. Cassin et M. Détoraki (dir.), Bibliothèques grecques dans l’Empire ottoman, Turnhout, Brepols, coll. « Bibliologia », vol. 54, 2020, p. 119-143.

Blanchet M.-H., « Les recommandations du patriarche de Constantinople aux chrétiens orthodoxes de l’Empire ottoman en 1477. Encyclique de Maxime III, Laurentianus Plut. 59, 13, 308r°-314r° », in E. Borromeo et N. Vatin (dir.), Les Ottomans par eux-mêmes, Paris, Les Belles-Lettres, 2020, p. 53-63.

Béatrice Caseau

55Caseau B. et Messis C., « La Vie abrégée de Syméon Stylite le jeune par Jean Pétrinos (BHG 1691) et le milieu de sa production », in A. Binggeli et V. Déroche (dir., avec la collab. de M. Stavrou), Mélanges Bernard Flusin, Paris, Association des amis du Centre d’histoire et de civilisation de Byzance, coll. « Travaux et Mémoires », vol. 23/1, 2019, p. 95-120.

Caseau B., « Dogs, vultures, horses and black pudding: Unclean meats in the eyes of the Byzantines », in S.Y. Waksman (dir.), Multidisciplinary Approaches to Food and Foodways in the Medieval Eastern Mediterranean, Lyon, MOM Éditions, coll. « Archéologie(s) », vol. 4, 2020, p. 171-180.

Caseau B., « Iatrosophistes et saints guérisseurs : la concurrence entre médecine grecque et médecine religieuse au sein du monde byzantin », in C. Chapelain de Seréville-Niel et al. (dir.), Purifier, soigner ou guérir. Maladies et lieux religieux de la Méditerranée antique à la Normandie médiévale, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Archéologie & Culture », 2020, p. 45-53.

Caseau B. et C. Messis, « Το παιχνίδι στο Βυζάντιο : εξερευνώντας τα άτακτα προεφηβικά παιχνίδια », Αρχαιολογία, 133, 2020, σ. 34-41 / « Le jeu à Byzance : exploration des jeux désordonnés de la préadolescence », Arxaiologia, vol. 133, 2020, p. 34-41.

Caseau B., traduction de l’article de R. Newhauser « “Venez les bénis… venez les maudits” : Permanence des séries de vices et de leurs vertus contraires dans la morale occidentale (Moyen Âge-Première modernité) », in A.-M. de Gendt et A. Montoya (dir.), La Pensée sérielle du Moyen Âge aux Lumières, Leyde, Brill/Rodopi, coll. « CRIN », vol. 65, 2019, p. 257-277.

Jean-Claude Cheynet

56Cheynet J.-C., « Loyauté, trahisons, désertions dans les armées byzantines », in J. Baechler (dir.), Figures de la guerre, Paris, 2019, p. 37-53.

Cheynet J.-C., « Some thoughts on the relations between Greeks and Latins at the time of the First and Fourth Crusades », in N.G. Chrissis, A. Kolia-Dermitzaki et A. Papageorgiou (dir.), Byzantium and the West. Perception and Reality (11th-15th c.), 2019, Routledge, Abingdon, p. 84-101.

Cheynet J.-C., « Sceaux du xie siècle trouvés en Palestine », in A.-K. Wassiliou-Seibt et C. Stavrakos (dir.), Studies in Byzantine Sigillography, vol. 13, Turnhout, Brepols, 2019, p. 45-65.

Cheynet J.-C., « Byzance et le Vaspourakan au xe siècle », in Z. Pogossian et E. Vardanyan (dir.), The Church of the Holy Cross of Ałt‘amar. Politics, Art, Spirituality in the Kingdom of Vaspurakan, Leyde, Brill, coll. « Armenian Texts and Studies », vol. 3, p. 49-66.

Cheynet J.-C., « L’armée byzantine », in G. Traina (dir.), Mondes en guerre, t. 1 : De la préhistoire au Moyen Âge, Paris, Passés Composés/Ministère des Armées, 2019, p. 599-634.

Cheynet J.-C., « Les armées du monde musulman médiéval in G. Traina (dir.), Mondes en guerre, t. 1 : De la préhistoire au Moyen Âge, Paris, Passés Composés/Ministère des Armées, 2019, Paris, Passés Composés/Ministère des Armées, 2019, p. 635-669.

Cheynet J.-C. et Eramo I., « Les guerres de l’Empire byzantin », in G. Traina (dir.), Mondes en guerre, t. 1 : De la préhistoire au Moyen Âge, Paris, Passés Composés/Ministère des Armées, 2019, p. 671-697.

Cheynet J.-C., « Employing Barbarians against the Barbarians », in S. Günther et al. (dir.), Byzantium in China: Studies in Honor of Professor Xu Jialing on the Occasion of her Seventieth Birthday, Changchun, Institute for the History of Ancient Civilizations, « Supplements to the Journal of Ancient Civilizations », vol. 6, 2019, p. 195-205.

Cheynet J.-C., « Une querelle de famille : la prise du pouvoir par Constantin VII », in A. Binggeli et V. Déroche (dir. ; avec la collab. de M. Stavrou), Mélanges Bernard Flusin, Paris, Association des amis du Centre d’histoire et de civilisation de Byzance, coll. « Travaux et Mémoires », vol. 23/1, 2019, p. 121-139.

Cheynet J.-C., « Le bullaire monastique », in O. Delouis et K. Smyrlis (dir.), Lire les Archives de l’Athos. Actes du colloque réuni à Athènes du 18 au 20 novembre 2015 à l’occasion des 70 ans de la collection refondée par Paul Lemerle, Paris, Association des amis du Centre d’histoire et civilisation de Byzance, coll. « Travaux et Mémoires », vol. 23/2, 2019, p. 243-285.

Cheynet J.-C., « Sauvés de l’oubli par leurs bulles : les Marchapsaboi », in : ΑΝΤΙΧΑΡΙΣΜΑΤΟΣ ΕΠΙΣΦΡΑΓΙΣΙΣ : A Tribute to Prof. Ivan Jordanov’s 70th Anniversary, Shumen, Konstantin Preslavsky university of Shumen, Center for Byzantine Studies, coll. « In Honorem », vol. 6, 2019, p. 163-181.

Muriel Debié

57Debié M., « Les apocalypses syriaques », in M.A. Amir-Moezzi et G. Dye (dir.), Le Coran des historiens, Paris, Les éditions du Cerf, 2019, p. 541-586.

Debié M. et Déroche V., « Les communautés religieuses dans l’Empire byzantin à la veille de l’Islam », in M.A. Amir-Moezzi et G. Dye (dir.), Le Coran des historiens, Paris, Les éditions du Cerf, 2019, p. 331-358.

Debié M., « Réparer les brèches : monuments littéraires et théologie politique dans les villes syriaques des frontières », in E. Capet et al. (dir.), Reconstruire les villes : modes, motifs et récits (Semitica et Classica. Suppl. 1), Turnhout, Brepols, 2019, p. 231-254.

Debié M., Helvétius A.-M., Kaplan M., Boudhors A. et Lesieur B., « Re-reading monastic traditions: Monks and nuns, East and West from the origins to c. 750 », in A. Beach et I. Cochelin (dir.), The Cambridge History of Medieval Monasticism in the Latin West, Cambridge, Cambridge University Press, 2020, p. 40-72, https://doi.org/​
10.1017/9781107323742
.

Debié M., « Naissance d’une culture chrétienne syriaque », in R. Dupont-Roc et A. Guggenheim (dir.), Après Jésus. L’invention du christianisme, Paris, Albin Michel, 2020, p. 576-582.

Olivier Delouis

58Delouis O. et Mossakowska-Gaubert M. (dir.), La Vie quotidienne des moines en Orient et en Occident (ive-xe siècle), vol. II : Questions transversales, Le Caire/Athènes, Ifao, coll. « Bibliothèque d’étude », vol. 170, 2019.

Delouis O., Peters-Custot A. et Mossakowska-Gaubert M. (dir.), Les Mobilités monastiques en Orient et en Occident de l’Antiquité tardive au Moyen Âge (ive-xve siècle), Rome, Publication de l’École française de Rome, coll. « Collections de l’École française de Rome », vol. 558, 2019, http://books.openedition.org/​efr/​4202.

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Delouis O., « Un archevêque latin sur le Mont Athos (mai-juillet 1921) : Mgr Louis Petit d’après son secrétaire Jules Pector », in O. Delouis et K. Smyrlis (dir.), Lire les Archives de l’Athos. Actes du colloque réuni à Athènes du 18 au 20 novembre 2015 à l’occasion des 70 ans de la collection refondée par Paul Lemerle, Paris, Association des amis du Centre d’histoire et civilisation de Byzance, coll. « Travaux et Mémoires », vol. 23/2, p. 507-526.

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Vincent Déroche

59Debié M. et Déroche V., « Les communautés religieuses dans l’Empire byzantin à la veille de l’Islam », in M.A. Amir-Moezzi et G. Dye (dir.), Le Coran des historiens, Paris, Les éditions du Cerf, 2019, p. 331-358.

Déroche V., « La Disputatio adversus Iudaeos d’Anastase le Sinaïte : authenticité du texte et identification des fragments », Ephemerides Theologicae Lovanienses, vol. 95, no 3, 2019, p. 427-436.

Déroche V. et Xenaki M., « Du xoanon à l’icône, des continuités possibles », in A. Binggeli et V. Déroche (dir. ; avec la collab. de M. Stavrou), Mélanges Bernard Flusin, Paris, Association des amis du Centre d’histoire et de civilisation de Byzance, coll. « Travaux et Mémoires », vol. 23/1, 2019, p. 235-243.

Jannic Durand

60Durand J., Giovannoni D., Cernea E. et Damian I. (dir.), Broderies de tradition byzantine en Roumanie du xve au xviie siècle, Paris, Musée du Louvre/In fine, 2019.

Raul Estangüi Gómez

61Lefort J., Giros C., Kravari V., Smyrlis K. et Estangüi Gómez R., Actes de Vatopédi III (1377-1500), Paris, Peeters Publishers, coll. « Archives de l’Athos », vol. 23, 2019.

Estangüi Gómez R., « Pour une étude prosopographique des fonctionnaires de la chancellerie patriarcale : la carrière du secrétaire Iôannès Chrysoképhalos Holobôlos (fl. 1369-† 1403) », in O. Delouis et K. Smyrlis (dir.), Lire les Archives de l’Athos. Actes du colloque réuni à Athènes du 18 au 20 novembre 2015 à l’occasion des 70 ans de la collection refondée par Paul Lemerle, Paris, Association des amis du Centre d’histoire et civilisation de Byzance coll. « Travaux et Mémoires », vol. 23/2, p. 111-184.

Estangüi Gómez R., « La production des actes privés à Byzance. Vers un encadrement institutionnel de cette pratique à l’époque tardive ? », in M. Re, C. Rognoni et F.P. Vuturo (dir.), Byzantino-Sicula vii. Ritrovare Bisanzio. Giornate di studio sulla civiltà bizantina in Italia meridionale e nei Balcani dedicate alla memoria di André Guillou (Palermo, 23-25 Maggio 2016), Palerme, Istituto siciliano di studi bizantini e neoellenici « Bruno Lavagnini », coll. « Quaderni », vol. 20, 2019, p. 31-70.

Denis Feissel

62Feissel D., édition, traduction, écriture de notes et commentaires des extraits de Pierre le Patrice dans le De cerimoniis, in G. Dagron (†) et B. Flusin (dir.), Constantin VII Porphyrogénète, Le Livre des Cérémonies, Paris, Association des amis du Centre d’histoire et civilisation de byzance, 2020, t. I, p. 64*-70* et p. 181*-185*, t. II, p. 368-443 (Livre I, chap. 93-104), t. III, p. 238-253 (Livre II, chap. 42, 1-17) et p. 394-399 (Livre II, chap. 51), t. IV.1, p. 469-624 et t. IV.2, p. 927-936.

Feissel D., Études d’épigraphie et d’histoire des premiers siècles de Byzance, Paris, Association des Amis du Centre d’histoire et civilisation de Byzance, coll. « Bilans de recherche », vol. 10, 2020, p. XXIV-696.

Bernard Flusin

63Dagron G. (†) et Flusin B. (dir.), Constantin VII Porphyrogénète. Le Livre des cérémonies, Paris, Association des amis du Centre d’histoire et civilisation de byzance, 2020, t. I-V, Paris, 2020.

Flusin B., « Introduction générale », ibid., t. I, p. 3-191.

Flusin B., édition et traduction du Livre I, Prologue, chap. 1-46, ibid., t. I, p. 1-355.

Flusin B., édition du Livre I, chap. 47-92 et chap. 105-106), t. II, ibid., p. 1-367 et p. 444-465

D. Feissel et B. Flusin, édition et traduction du Livre II, chap. 2 et chap. 42, ibid., t. III, p. 238-273.

Flusin B., commentaire et écriture de la première partie : table, titre et prologue du Livre I, chap. 1-46, ibid., t. IV.1, p. 1-355.

Flusin B., commentaire du Livre II, chap. 42 et liste chronologique, ibid., t. IV.2, p. 757-768.

Flusin B., notes sur la langue du De cerimoniis, ibid., t. V, p. 125-147.

Detoraki M. et Flusin B., « À la recherche d’Évariste. Remarques sur les notices du Synaxaire de Constantinople », in S. Constantinou et C. Høgel (dir.), Métaphrasis, A Byzantine Concept of Rewriting and Its Hagiographical Products, Leiden/Boston, Brill, 2020, p. 224-248.

Christophe Giros

64Giros C., Lefort J., Kravari V., Smyrlis K. et Estangüi Gómez R., Actes de Vatopédi, vol. III : 1377-1500, Paris, Peeters Publishers, coll. « Archives de l’Athos », vol. 23, 2019.

Georges Jablonski Sidéris

65Jablonski Sidéris G., « Pour une approche Queer de l’enseignement historique dans l’éducation aux genres, sexualités et dans l’éducation à la santé : les sexes et genres à Byzance, un exemple historique autre de l’organisation sociale, culturelle et politique des sexes et sexualités », Recherches & Educations, vol. 19, juillet 2019, http://journals.openedition.org/​rechercheseducations/​6611.

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Jablonski Sidéris G., « L’Empire byzantin. L’objet de toutes les convoitises », Le Monde/La Vie, hors-série, vol. 33 (Le Moyen-Orient en cartes), 2020, p. 45-47.

Catherine Jolivet-Lévy

66Jolivet-Lévy C., « Inscriptions et images dans les églises byzantines de Cappadoce. Visibilité / lisibilité, interactions et fonctions », in S. Brodbeck et A.-O. Poilpré (dir.), Visibilité et présence de l’image dans l’espace ecclésial. Byzance et Moyen Âge occidental, Paris, Éditions de la Sorbonne, coll. « Byzantina Sorbonensia », vol. 30, 2019, p. 379-408.

Jolivet-Lévy C., « Nubia in a broader perspective: the iconographic programme of the sanctuaries in Byzantium and beyond », in M. Łaptaś et S. Jakobielski, Nubia Christiana, vol. II, Varsovie, Université Cardinal Stefan Wyszyński, 2019, p. 13-42.

Jolivet-Lévy C., « Gabriel Millet », in D. Preradović, Gabrijel Mije i istraživanja stare srpske arhitekture, katalog izložbe, Belgrade, Académie serbe des sciences et des arts, 2019, p. 17-24.

Michel Kaplan

67Kaplan M., « The Monasteries of Athos and Chalkidiki (8th-11th Centuries): A pioneering front? », in : Monasteries and Sacred Landscapes & Byzantine Connections, coll. « Medieval Worlds Comparative & Interdisciplinary », Académie autrichienne des sciences, Vienna, vol. 9, 2019, p. 63-81.

Kaplan M., « Aumônes, artisanat, domaines fonciers : les monastères byzantins et la logique économique (ve-xe siècle) », in O. Delouis et M. Mossakowska-Gaubert, La Vie quotidienne des moines en Orient et en Occident (ive-xe siècle), vol. II : Questions transversales, Le Caire/Athènes, Ifao, coll. « Bibliothèque d’étude », vol. 170, 2019, p. 359-371.

Kaplan M., « Saints dès l’enfance dans le monde byzantin des vie-viie siècles », in A. Binggeli et V. Déroche (dir. ; avec la collab. de M. Stavrou), Mélanges Bernard Flusin, Paris, Association des amis du Centre d’histoire et de civilisation de Byzance, coll. « Travaux et Mémoires », vol. 23/1, 2019, p. 389-398.

Kaplan M., « The economy of Byzantine monasteries », in A. Beach et I. Cochelin (dir.), The Cambridge History of Medieval Monasticism in the Latin West, Cambridge, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Histories », vol. 1, 2020, p. 340-362, https://doi.org/​10.1017/​9781107323742.

Helvétius A.-M.,  Kaplan M., Boud’hors A., Debié M. et Lesieur B., « Re-reading monastic traditions: Monks and nuns, East and West, from the origins to c. 750 », in A. Beach et I. Cochelin (dir.), The Cambridge History of Medieval Monasticism in the Latin West, Cambridge, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Histories », vol. 1, 2020p. 40-72.

Michel Kazanski

68Kazanski M., « Fibules digitées de tradition “danubienne” de l’époque des Grandes Migrations, découvertes en Gaule du Sud », Archéologie du Midi médiéval, t. 34, 2019, p. 37-49.

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Kazanski M., « Умбоны типа Добродзень эпохи переселения народов: распространение, происхождение и датировка / Les umbo du type Dobrodzień : diffusion, origine, datation », Stratum plus, vol. 4, 2019, p. 155-167.

Kazanski M., « Les élites guerrières baltiques à l’époque mérovingienne ancienne et les voies maritimes », Bulletin de liaison de l’Association française d’archéologie mérovingienne, vol. 43, 2019, p. 15-17.

Kazanski M., « О военной организации славян в V-VII веках: вожди, профессиональные воины и археологические данные / À propos de l’organisation militaire des Salves durant les ve-viie siècles : chefs, guerriers professionnels et les données achéologiques », Stratum plus, vol. 5, 2019, p. 15-28.

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Kazanski M., « Ранневизантийские шлемы типа Балденхейм в Поднепровье / Les casques protobyzantines du type Baldenheim dans la région du Dniepr », Вестник Волгоградского государственного университета. Серия 4, История. Регионоведение. Международные отношения, vol. 24, no 6, 2019, p. 184-197, https://doi.org/​10.15688/​jvolsu4.2019.6.15.

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Kazanski M., « Готы на Боспоре Киммерийском в начале эпохи Великого пересeления народов / Les Goths sur le Bosphore cimmérein au début de l’époque des Grandes Migrations », Боспорские исследования, vol. 40, 2020, р. 140-156.

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Kazanski M., « Эстии и Аттила: о контактах населения самбийско-натангийской культуры со Средним Дунаем в гуннское и постгуннское время / Aestii et Attila : à propos des contacts de la population de la civilisation de Sambie-Natangie avec le Danube moyen à l’époque hunnique et post-hunnique », Археологические вести, vol. 27, 2020, p. 131-152.

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Notes

1  Comme Lionel Casson, Libraries in the Ancient World, New Haven/Londres, Yale University Press, 2001.

2  Cf. G. Cantino Wataghin, « Le biblioteche nella tarda Antichità: l’apporto dell’archeologia », AnTard, vol. 18, 2010, p. 21-62.

3  Notamment dans son Inside Roman Libraries: Book Collections and Their Management in Antiquity, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 2014.

4  God’s Library: The Archaeology of the Earliest Christian Manuscripts, New Haven/Londres, Yale University Press, 2018.

5  Cf. le colloque Horapollon : hellénisme et hiéroglyphes dans l’Antiquité tardive qui s’est tenu au Collège de France le 13 et 14 juin 2018 (https://www.college-de-france.fr/agenda/colloque/horapollon-hellenisme-et-hieroglyphes-dans-antiquite-tardive) et la publication qui en a résulté (J.-L. Fournet, Les Hieroglyphica d’Horapollon de l’Égypte antique à l’Europe moderne : histoire, fonction et réappropriation, Paris, Association des Amis du Centre d’Histoire et Civilisation de Byzance, coll. « Studia papyrologica et Aegyptiaca Parisina », vol. 2, 2021).

6  New York, The Metropolitan Museum of Art, 1926.

7  « Scribes and schoolmasters? On contextualizing Coptic and Greek ostraca excavated at the Monastery of Epiphanius », Journal of Coptic Studies, vol. 9, 2007, p. 21-47.

8  Le rapprochement a récemment été fait par A. Maravela, « Homer and Menandri Sententiae in Upper Egyptian monastic settings », in L.I. Larsen et S. Rubenson (dir.), Monastic Education in Late Antiquity: The Transformation of Classical Paideia, Cambridge, Cambridge University Press, 2018, p. 125-149, not. 135. Elle n’a cependant pas vu la nature acrostiche de cette compilation.

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Pour citer cet article

Référence papier

Jean-Luc Fournet, « Culture écrite de l’Antiquité tardive et papyrologie byzantine »L’annuaire du Collège de France, 120 | 2023, 349-377.

Référence électronique

Jean-Luc Fournet, « Culture écrite de l’Antiquité tardive et papyrologie byzantine »L’annuaire du Collège de France [En ligne], 120 | 2023, mis en ligne le 01 février 2023, consulté le 11 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/annuaire-cdf/18484 ; DOI : https://doi.org/10.4000/annuaire-cdf.18484

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Auteur

Jean-Luc Fournet

Professeur au Collège de France

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