Biologie et société
Full text
Séminaire collectif dirigé par Henri Atlan, directeur d’études
et Claudine Cohen, maître de conférences
1Au cours de ses premières séances, le programme Biologie et société a rendu hommage au scientifique de premier plan, penseur de l’évolution, paléontologue et philosophe des sciences que fut Stephen Jay Gould, disparu en mai 2002. Un séminaire a été consacré à un débat sur les différents aspects de son oeuvre et de son héritage scientifique, avec la participation de Jean Gayon (Paris-I), Marc Godinot (EPHE), Dominique Lecourt (Paris-VII), Armand de Ricqlès (Collège de France), Henri Atlan et Claudine Cohen. Le PRI a également pris part à l’organisation d’un colloque interdisciplinaire et international qui s’est tenu en l’honneur de S.-J. Gould dans la Grande Galerie du Muséum d’histoire naturelle en janvier 2003. Poursuivant ces réflexions centrées sur les problèmes épistémologiques, philosophiques et historiques relatifs à la théorie de l’évolution, le PRI organise deux journées d’étude (sur les thèmes : « auto-organisation et sélection naturelle » et « le darwinisme est-il une philosophie de l’existence ? ») qui se tiendront en janvier 2004.
2D’autre part, les rapports entre biologie et société, envisagés selon différentes perspectives, ont fait l’objet de plusieurs séances du séminaire. Daniel Cohen, directeur du GENSET, et Jean-Paul Gaudillière (CERMES) ont abordé la question de l’importance sociale, voire économique, des applications de la génétique à l’étude du comportement humain et à la thérapeutique médicale. Frédéric Joulian a présenté ses travaux sur l’ »anthropologie de la distinction humaine », au confluent de l’éthologie des grands singes et de l’archéologie préhistorique. Jean-Pierre Dupuy (École polytechnique et Université Stanford) a présenté une élaboration de modèles probabilistes pour l’approche des « catastrophes » humaines et naturelles. Alison Wylie (Université de Saint-Louis et Université Columbia, New York, États-Unis, et directeur d’études invitée à l’EHESS) a apporté un éclairage philosophique sur les différentes manières d’envisager la place et le rôle des femmes dans les sciences.
3Un atelier de réflexion sur le thème « préhistoire et idéologie » a également été organisé, visant à explorer le contexte idéologique de la preuve dans les sciences de la préhistoire. Dans ce cadre, après une introduction de Claudine Cohen, Alison Wylie (philosophie des sciences, Columbia University, New York, États-Unis) a présenté un exposé sur les modalités de la preuve dans le contexte de l’archéologie préhistorique nord-américaine, Michael Fotiadis (préhistoire, Université de Joannina, Grèce) a interrogé la notion d’évidence et de « preuve factuelle » dans la préhistoire européenne à la fin du XIXe siècle, singulièrement dans les écrits de Salomon Reinach, et Marianne Sommer (histoire des sciences, Penn State University, États-Unis) a étudié le contexte britannique de la question des « Eolithes » comme preuves d’une origine humaine. Cette réflexion sur « préhistoire et idéologie » devrait être poursuivie et élargie dans le cadre d’un colloque international.
References
Bibliographical reference
Henri Atlan and Claudine Cohen, “Biologie et société”, Annuaire de l’EHESS, | 2004, 597-598.
Electronic reference
Henri Atlan and Claudine Cohen, “Biologie et société”, Annuaire de l’EHESS [Online], | 2004, Online since 01 March 2015, connection on 15 October 2026. URL: http://journals.openedition.org/annuaire-ehess/16520
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