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Enseignements organisés par les centres de recherche de l’EHESS

Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud

Jean-Luc Racine
p. 828-829

Full text

Jean-Luc Racine, directeur de recherche au CNRS

L’Inde et l’ordre du monde. Défis internes et aspirations à la puissance

1Le séminaire a porté l’attention sur les transformations de l’Inde d’aujourd’hui, abordées par le biais de quatre problématiques : sociales, politiques, économiques en premier lieu, la projection de l’Inde sur la scène mondiale retenant aussi l’attention. Le lancement de réformes économiques à compter de 1991 par le parti du Congrès, puis l’arrivée au pouvoir en 1998 des forces nationalistes hindoue (Bharatiya Janata party : BJP) définissent le substrat d’une double affirmation de soi, tournant la page postcoloniale, et revendiquant, sur des modes divers, une place mieux reconnue dans l’ordre mondial.

2Le libéralisme mesuré mis en place depuis plus d’une douzaine d’années s’est intensifié sous le BJR. Il a donné des résultats qui ont commencé à changer l’image que le monde se fait de l’Inde, la hausse des investissements étrangers traduisant pour partie ce changement de perception, qui place toutefois la Chine loin devant l’Inde en terme d’attractivité des capitaux. Les avancées emblématiques de l’économie indienne (les logiciels informatiques, les délocalisations de services, les perspectives prometteuses en biotechnologies), ont poussé le gouvernement à faire campagne sur le thème de « l’Inde qui brille » pour les élections générales du printemps 2004. Derrière ce slogan, deux réalités moins scintillantes : des problèmes structurels, liés à des déficits croissants, mais surtout des problèmes sociaux. Les bénéfices de la croissance furent confinés pour l’essentiel à une classe moyenne supérieure, sans satisfaire les aspirations de la masse de la population.

3Le pouvoir a joué la carte de la puissance. Il a été en pointe à Cancun, pour dénoncer les privilèges des pays industrialisés protégeant leurs agriculteurs dans le cadre de l’OMC. Il a poursuivi une politique étrangère active, se rapprochant des États-Unis sans s’y lier pour autant, cherchant une normalisation des relations avec la Chine, calmant le jeu avec le Pakistan, tout en réaffirmant sa volonté d’être d’ici vingt ans une grande puissance. L’électorat a répondu sur un autre plan, celui des défis internes que formule une vieille question : comment combiner croissance et développement ?

4Le modèle de la lente percolation des fruits de la croissance ne peut plus suffire à l’heure de la circulation de l’information, et de la diffusion visible des marques d’une société de consommation très inégalitaire. L’Inde, à cet égard, illustre avec force des problèmes qui la dépassent : c’est ce qui fait aussi l’intérêt théorique du type socio-politico-économique indien, pour une perspective comparée des pays émergents, et pour mieux comprendre les réalités de l’ordre économique mondial. Le séminaire développera cette analyse l’an prochain sous le titre : Inde : mondialisation, société, développement.

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References

Bibliographical reference

Jean-Luc Racine, “Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud”Annuaire de l’EHESS,  | 2005, 828-829.

Electronic reference

Jean-Luc Racine, “Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud”Annuaire de l’EHESS [Online],  | 2005, Online since 15 March 2015, connection on 09 September 2026. URL: http://journals.openedition.org/annuaire-ehess/17304

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