Les sociétés d’Asie centrale entre mondialisation et retraditionalisation
Texte intégral
Olivier Roy, directeur d’études
État et Société en Asie centrale
1Le séminaire a été, cette année encore, consacré à la méthodologie de la recherche en Asie centrale. Il a porté sur les modalités et conséquences des politiques de privatisation et sur les implications du concept de « société civile » dans l’usage qu’en font les organisations internationales et les ONG. Nous avons analysé comment ces réformes conduisent en fait à la mise en place d’une nouvelle structure de propriétaires, dont le statut dépend du capital politique accumulé sous le régime soviétique. Nous avons étudié les liens entre ces nouveaux notables et l’appareil politique étatique, ainsi que les réponses données par les sociétés aux mutations de l’appareil étatique, sous la forme de mise en place de réseaux de solidarité dont la base n’est plus le clanisme traditionnel, mais une réinvention du réseau de solidarité, par des mécanismes variés, à l’intersection du modèle soviétique de territorialisation (collectivisation des terres, découpage de nouvelles entités politiques) et des stratégies de mobilisation de réseaux de moins en moins territorialisés. Profitant du travail de terrain de quelques étudiants, nous avons abordé la question des conversions (avec Omar Arabov), un phénomène qui prend de l’ampleur au Kirghyzstan et au Tadjikistan. Habiba Fathi, secrétaire scientifique de l’IFEAC à Tachkent, est également Intervenue sur la question de la radicalisation Islamique et de l’expansion du salafisme.
Islam mondialisé
2Le séminaire a consisté à mettre en parallèle des recherches de terrain sur les formes d’islam mondialisé, que cela soit parmi les musulmans européens ou dans des pays musulmans comme l’Égypte. Il s’agit de faire ressortir ce qui relève, dans la réislamisation, non pas d’un « retour » de l’Islam, mais au contre d’une reformulation de la religiosité dans un contexte de déconnexion entre culture et religion. Nous avons donc travaillé tant sur les pratiques religieuses que sur la formulation du religieux par les acteurs. L’approche dominante a porté sur l’utilisation de marqueurs religieux (hallal, hijab, mais aussi « logo » divers) dans des contextes a priori non-religieux (par exemple la « mode » Islamique – « dawah-wear » – et les diverses formes de monde du business, de la consommation mais aussi l’art). Nous nous sommes également intéressés aux sites internet, aux néoconfréries et à la fabrication de fatwas.
Publication
- La laïcité face à l’Islam, Paris, Stock, 2005, 177 p.
Pour citer cet article
Référence papier
Olivier Roy, « Les sociétés d’Asie centrale entre mondialisation et retraditionalisation », Annuaire de l’EHESS, | 2006, 475-476.
Référence électronique
Olivier Roy, « Les sociétés d’Asie centrale entre mondialisation et retraditionalisation », Annuaire de l’EHESS [En ligne], | 2006, mis en ligne le 01 avril 2015, consulté le 16 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/annuaire-ehess/17660
Haut de pageDroits d’auteur
Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Haut de page

