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Simondon Gilbert, Du mode d’existence des objets techniques, Paris, Aubier, 2012.
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Notes
De Piles Roger, Idée du Peintre parfait, Paris, Gallimard, 1993, chap. « Des desseins », p. 76 : « Les Desseins dont on veut parler ici, sont les Pensées que les Peintres expriment ordinairement sur du papier pour l’exécution d’un Ouvrage qu’ils méditent. »
« La forme, c’est l’“idée”, pour peu qu’on se rappelle que le mot choisi par Platon pour désigner les modèles intelligibles du réel – idea – ne signifiait pour lui rien d’autre que “forme visible” ». Nancy Jean-Luc, « Le plaisir au dessin », dans Le plaisir au dessin, Paris, Hazan, 2007, p. 14.
Si traduire est communément considéré comme étant la conduite qui permet le passage d’une langue à une autre (https://www.cnrtl.fr/etymologie/traduire), interpréter consiste à démêler, à éclaircir, à « expliquer ce qu’il y a d’obscur dans un récit » (https://www.cnrtl.fr/etymologie/interpr %C3 %AAter). Si cette nuance peut être apportée, il n’en demeure pas moins que la traduction appelle un travail interprétatif, ce qui de ce fait conduit à associer et parfois confondre les deux termes. Sites consultés le 17 juillet 2020.
Quant à l’ajout du suffixe -if, il renvoie à une situation active et dynamique. Traductif désigne ainsi l’action de traduire engendrée et encouragée par l’opération elle-même de traduction.
https://www.cnrtl.fr/definition/transduction (consulté le 17 juillet 2020).
« Opération consistant à transformer une information fournie dans un code donné en une information équivalente codée différemment (Nouv. Technol. Commun. 1984). » Source : https://www.cnrtl.fr/definition/transcodage (consulté le 30 mai 2020).
Bazin André, « Pour un cinéma impur. Défense de l’adaptation », dans Qu’est-ce que le cinéma ?, Paris, éditions du Cerf, 1987, p. 81-106.
Simondon Gilbert, Du mode d’existence des objets techniques, Paris, Aubier, 2012, p. 185.
Ovide, Les Métamorphoses. En ligne : https://nubis.univ-paris1.fr/web/lire-les-metamorphoses/accueil.html (consulté le 30 mai 2020).
Rubini Constance, Dessiner le design, Paris, Les arts décoratifs, 2009. Catalogue de l’exposition Dessiner le design du 22 octobre 2009 au 10 janvier 2010, Musée des Arts Décoratifs, Paris.
En ligne : https://madparis.fr/francais/musees/musee-des-arts-decoratifs/expositions/expositions-terminees/dessiner-le-design/ (consulté le 24 mai 2020). « L’exposition présente aussi bien leurs études préparatoires d’un projet, les dessins d’atmosphères, les recherches formelles, les dessins de communication, que leurs œuvres les plus intimes. Il s’agit d’évoquer la place du geste dans la pensée d’un créateur, la naissance d’une idée et le début de ses développements mais aussi d’envisager le dessin comme un langage. »
Rubini Constance, op. cit., p. 129.
Ibid.
Pensons ici à Ronan et Erwan Bouroullec dans le champ du design, à Jean Renaudie et à Henri Gaudin dans le champ de l’architecture.
Mathieu Lehanneur : « Je me méfie de la main et de ses réflexes. Je ne dessine presque pas, c’est la phase mentale qui compte, j’ai le concept de l’objet, le « machin », en tête. Je fais juste quelques croquis pour le communiquer à mes assistants, qui le passent tout de suite en 3D. » Dans Rubini Constance, op. cit., p. 6.
Piano Renzo, « Le croquis », L’architecture d’aujourd’hui, n° 308, décembre 1996, p. 27-95. « Où que j’aille, je tiens des bouts de papier sur lesquels je note les réflexions qui me passent par la tête. Ce sont des feuilles que je plie en huit, et sur lesquelles je griffonne. Cela s’assimile à de la sténographie, à des hologrammes fixés sur le papier, à des idées aplaties. Je me méfie du beau dessin et du risque qu’il y a à en tomber amoureux, du danger qu’il y aurait à penser que le dessin donne la solution. Quand la feuille est dépliée, cela part dans tous les sens. Je le fais exprès : il n’y a plus d’ordre. Ces croquis renvoient ainsi à une accumulation vagabonde, désordonnée. Les choses qui ne sont pas bonnes se perdent d’elles-mêmes. Après viennent d’autres pratiques, celles de l’agence : dessiner au mur pour changer d’échelle, ou vérifier dans le dessin des proportions, un espace. »
Konstantin Grcic : « Enfant, je dessinais plutôt bien et j’aimais ça. Mais dès que j’ai commencé à étudier le design, j’ai volontairement arrêté de faire de “jolis” dessins, des dessins pour le dessin. » Dans Rubini Constance, op. cit., p. 10.
Rubini Constance, op. cit., p. 66.
Jasper Morrison : « Le dessin est un moteur de réflexion, il est l’expression d’une pensée, l’étape d’un aller et retour avec l’esprit. De la feuille, l’idée revient en tête et le dessin suivant est un peu différent. La réflexion se poursuit ainsi, elle pourrait être infinie. » Dans Rubini Constance, op. cit., p. 26.
Nancy Jean-Luc, « Le plaisir au dessin », op. cit., p. 17.
Rubini Constance, Dessiner le design, op. cit., p. 60.
Brayer Marie-Ange, Entre art et architecture : la maquette comme objet d’expérimentation au xxe siècle, thèse de doctorat sous la direction d’Éric Michaud, EHESS, Paris, 2016.
Dans le champ du design, un « monstre » est une maquette plus ou moins grossière, échelle 1:1 d’un objet. Il est l’équivalent volumique du brouillon ou de l’ébauche en dessin, permettant d’apprécier un encombrement, une volumétrie, mais sa facture reste approximative et « bricolée », de sorte qu’il peut être composite et fait d’assemblages hétéroclites, d’où cette terminologie qui l’assimile à un être peu avenant et informe. Il évoque également l’idée de monstration, de sorte qu’il permet d’exposer une chose, d’en montrer les caractéristiques principales. Le monstre revêt de plus une dimension merveilleuse qui fait que derrière cette chose parfois inaboutie se cache une chose admirable.
Marchiaro Christel, « La fin de l’hégémonie du plan dans la conception architecturale ? », Cahiers thématiques : architecture, histoire, conception, n° 17, décembre 2017, p. 109-121.
J’emploie ici le mot transduction, plutôt que traduction, car le plan peut être cet élément intermédiaire qui assure le passage d’une réalité vers une autre.
Carsalade Laure, « La maquette numérique à l’ère du BIM », Le Moniteur architecture, n° 232, avril 2014, p. 18-19. Desmoulins Christine, « La promesse et les menaces de la maquette numérique (BIM) », D’architectures, n° 231, novembre 2014, p. 22-23.
Senneth Richard, Ce que sait la main. La culture de l’artisanat, Paris, Albin Michel, 2010, p. 265-290.
Ibid., p. 290.
Danto Arthur, Transfiguration du banal, Paris, Seuil, 1989.
Fröshaug évoque cette question de la traduction en matrice, dans le cadre du cours fondamental, et de ce qu’il appelle une « méthodologie visuelle » afin de familiariser les étudiants avec « des techniques de représentation exactes » spécifiques à l’approche scientifique et rationnelle préconisée à Ulm (« en lieu et place, dit-il, d’exercices de dessins ») : « Il faut amener les étudiants à ne pas se contenter d’aborder les problèmes par l’intuition seule, mais, dans la mesure du possible, à les étudier systématiquement afin d’acquérir ainsi quelques connaissances méthodologiques. […] Ils ont avant tout pour but d’exercer les techniques de représentation et une manière méthodique de procéder. » Dans Fröshaug Anthony, « Méthodologie visuelle », ulm, n° 4, avril 1959.
Ibid., p. 57.
Il est à signaler que le projet Curutchet est placé doublement sous les auspices de la traduction car la façon dont l’habitation fut construite a été le fruit d’un partenariat entre Le Corbusier et Amancio Williams qui a suivi le chantier de construction et assuré sa conduite. Cette relation entre l’architecte suisse et son conducteur de travaux a été relatée et étudiée dans l’ouvrage de Merro Johnston Daniel, El autor y el interprete Le Corbusier y Amancio Williams en la Casa Curutchet, Buenos Aires, 1/100 edicionces, 2011.
Voir le récit de la construction et les conditions de réalisation du bâtiment. Lapunzina Alejandro, « Le Corbusier et l’Argentine », eaV (éducation, architecture, ville), vol. 4, 1998, p. 62-72, et sur le site : https://www.latitud-argentina.com/blog/le-corbusier-argentine-curutchet/ (consulté le 31 mai 2020).
Fröshaug, Anthony, « Méthodologie visuelle », op. cit., p. 61.
Ibid., p. 62.
Fröshaug, Anthony, « Méthodologie visuelle », op. cit., p. 64. Cette idée de « lire du premier coup d’œil et sans difficultés » une situation complexe, rencontre des enjeux spécifiques au design des données : « Face à la difficulté de se forger une représentation ne serait-ce que mentale de la collection, en raison de son ampleur, de son hétérogénéité et de sa dispersion, un modèle par points a été imaginé afin d’embrasser d’un seul regard la totalité de la collection et d’en révéler la structure en cinq parties, telle qu’elle était en 1711. […] Le modèle par points répond au désir de Gaignières d’appréhender la collection visuellement « pour trouver tout d’un coup toutes les matières qu’il contenoit et dont la multitude étoit immense », et rejoint ainsi des préoccupations toutes contemporaines relatives aux mégadonnées (big data) et à ce que l’on appelle désormais la datavisualisation. » Fétro, Sophie, Ritz-Guilbert, Anne, « Collecta : archive numérique de la collection Gaignières », dans Fétro, Sophie et Ritz-Guilbert, Anne (dir.), Collecta. Des pratiques antiquaires aux humanités numériques, Paris, École du Louvre, 2016, p. 27-28.
Il énumère ainsi 3 problèmes majeurs : « Sur ce graphe, on peut voir que : 1. Le seul chemin qui conduise de la chambre de bonnes (14) à la cuisine (20) passe par l’entrée du cabinet (10), par la rampe (9) à l’air libre, par le palier (8), l’entrée de l’appartement (15), la montée des escaliers (16) jusqu’au palier (17) et par l’antichambre (19) ; 2. De la cuisine (20), on passe par l’office (21) dans la salle à manger (22) ; un second chemin conduit de la cuisine, par l’antichambre (19) et le palier (17), dans le salon (23, 24) et, de là, dans la salle à manger ; 3. De la chambre à coucher (30), on parvient dans la salle de bains (29) par la chambre à coucher (28) ou dans la salle de bains (32) par le couloir (27) et la chambre à coucher (31) ; quand les chambres à coucher (28, 31) sont habitées, les occupants de la chambre à coucher (30) ont naturellement la possibilité de se rendre aux toilettes (18) qui se trouvent à l’étage en dessous. » Dans Fröshaug Anthony, « Méthodologie visuelle », op. cit., p. 64.
Ibid.
Ibid., p. 61.
À souligner toutefois : l’intérêt didactique de ce type d’exercice qui « ont avant tout pour but d’exercer les techniques de représentation et une manière méthodique de procéder. Les solutions peuvent fournir les éléments d’une appréciation critique des objets démontrés. » Ce deuxième aspect va aussi dans le sens d’une convergence avec l’utilisation actuelle de la datavisualisation qui peut certes servir à visualiser des données (notamment quantitatives) mais aussi constituer un outil d’analyse et permettre d’exposer des faits occultés ou invisibles. Fröshaug Anthony, op. cit., p. 66.
Cette approche qui peut préfigurer des méthodes de datavisualisation, implique un travail de traduction et d’adaptation qui repose avant tout sur une sélection et une extraction de l’information relatives à une dimension du problème ou à la situation étudiée. Elle n’en est qu’une matérialisation sommaire, et l’on aurait tort de penser qu’elle appréhende la situation dans toute sa complexité. Elle est volontairement et nécessairement sélective : cette sélection étant la condition de lisibilité de ce que le concepteur veut montrer.
Fröshaug Anthony, op. cit., p. 68.
Estevez Daniel, Dessin d’architecture et infographie. L’évolution contemporaine des pratiques graphiques, Paris, CNRS, 2001.
« Dans notre méthodologisme à outrance, dont nous soupçonnions déjà à l’époque les implications négatives, une méthodolâtrie néfaste, il y avait aussi de “fortes” intuitions que le développement de la technologie informatique, surtout après 1963, a amplement confirmées. » Maldonado Tomás, « Ulm, Retrospective », dans L’école d’Ulm : textes et manifestes, Paris, Centre Pompidou, 1988, p. 70.
Catala Laurent, « La nuit je rêve en céramique », Makery (revue en ligne), 20 février 2018. En ligne : https://www.makery.info/2018/02/20/la-nuit-je-reve-en-ceramique/ (consulté le 20 mai 2020).
Ibid.
Ibid.
Cette idée d’adaptation, que l’on retrouve au cinéma, amène celui qui en assure la conduite à la fois à faire avec la situation donnée (l’équivalent du roman dans l’adaptation cinématographique par exemple), mais aussi à inventer les moyens et les façons d’en restituer l’esprit, de manifester une ambiance : quelque chose passe d’un état à l’autre, en se transformant, sans tout à fait se perdre.
Mischer’Traxler Studio, Drawing Time, 2011. En ligne : http://mischertraxler.com/ (consulté le 27 mai 2020).
Mischer’Traxler Studio, The Idea of a Tree, 2008. En ligne : https://mischertraxler.com/projects/the-idea-of-a-tree-process/ (consulté le 27 mai 2020).
Wassink Sander et van Herpt Olivier, Adaptive Manufacturing A Sensory Machine That Feels Its Environment, 2014. La machine sensorielle mise au point pour réaliser ces formes est munie de capteurs qui permettent de transcrire des phénomènes externes en lien avec l’environnement local. Ainsi cette machine détecte son environnement local et l’intègre au processus de production.
Brument François, What’s Wind Drawing?, proposition créative développée au sein du Random-lab de l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne, 2010.
Viégas Fernanda et Wattenberg Martin, Wind Map, 2012. En ligne : http://hint.fm/wind/ (consulté le 27 mai 2020).
Menges Achim, Hygroskin - Meteorosensitive Pavilion, collection permanente, Frac Centre Orléans, France, 2012.
Diaz Federico, Resonance, 2007, coll. FRAC Centre (http://www.frac-centre.fr/collection-art-architecture/diaz-federico/resonance-64.html?authID=351&ensembleID=1180, consulté le 26 juin 2020).
Mischer Traxler Studio, Collective works, 2011. En ligne : http://mischertraxler.com/ (consulté le 27 mai 2020).
Hubcab, the MIT seanseable City Lab, 2014. Figuration du trafic de taxis new-yorkais. En ligne : http://hubcab.org/#13.00/40.7250/-73.9484 (consulté le 16 juillet 2020).
Derrida Jacques, Marges de la philosophie, Paris, Minuit, 1972, p. 1-29.
La notion de traduction est directement présente dans le texte descriptif en anglais présent sur leur site : « the idea of a tree is an autonomous production process which combines natural input with a mechanical process. It is driven by solar energy and translates the intensity of the sun through a mechanical apparatus into one object a day. » Cette notion de « translation », présente aussi en langue française, trouve son origine dans le mot latin translatum signifiant « porter d’un lieu à un autre ». Le préfixe « trans- » met l’accent sur l’idée de déplacement. En ligne : http://mischertraxler.com/projects/the-idea-of-a-tree-process/ (consulté le 27 mai 2020).
« Reacting to its audience, the process translates the flow of people into an object. » En ligne : http://mischertraxler.com/projects/collective-works/ (consulté le 27 mai 2020).
Benjamin Walter, « L’auteur comme producteur » (1934), dans Essais sur Brecht, Paris, La fabrique, 2003, p. 122-144.
Ibid., p. 126.
Cette idée renvoie à la distinction que fait Walter Benjamin entre les « producteurs », l’« écrivain opérant » qui intervient activement, et les « agents », lesquels sont routiniers.
Henri Meschonnic, Poétique du traduire, Paris, Verdier/poche, 1999. « Traduire met en jeu la représentation du langage tout entière et celle de la littérature. Traduire ne se limite pas à être l’instrument de communication et d’information d’une langue à l’autre, d’une culture à l’autre, traditionnellement considéré comme inférieur à la création originale en littérature », p. 15. De même qu’en littérature, le passage d’une langue à une autre engage pleinement l’auteur et l’amène à faire des choix de formulation, interrogeant par là même la langue et la littérature ; dans le champ du design, la question des moyens et des formes se posent. Il n’est pas alors seulement affaire de style, mais d’un passage, d’une conduite, qui loin d’être froide et automatique, implique tact, sensibilité et créativité.
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