Lyon (Rhône). Antiquaille
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Numéro d’opération :
2210838Sujets :
milieu urbain, terrasse, sépulture, tombe en coffre, ossuaire, coffrage (sépulture), terre cuite, scramasaxe, datation au radiocarboneChronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Bas-Empire romain, époque médiévale, Haut Moyen ÂgeNature de l'opération :
fouille préventiveTexte intégral
1La fouille de l’îlot central de l’Antiquaille s’est déroulée entre juillet 2011 et avril 2012, sur une emprise de 2 800 m². Le site est localisé sur les pentes de la colline de Fourvière, en contrebas du théâtre et de l’odéon (encore visibles aujourd’hui). L’espace est intégré au centre urbain de Lugdunum dès l’époque augustéenne et accueille, sur deux terrasses, une imposante domus et un ensemble de boutiques jouxtant un cardo pavé de grosses dalles de granite. L’occupation antique perdure jusqu’au iiie s. apr. J.-C., avant la désertion du site au profit des berges de la Saône coulant au pied de l’éminence. Le quartier haut est assez mal perçu par l’archéologie : seules des fouilles circonscrites aux grandes nécropoles paléochrétiennes associées aux basiliques Saint-Irénée et Saint-Just nous renseignent sur la nature funéraire de l’occupation.
2Neuf structures du haut Moyen Âge contenant des restes humains ont été mises au jour sur le site de l’Antiquaille : six inhumations, une fosse ossuaire, et deux fosses contenant des ossements dispersés dans le comblement. Ce petit ensemble funéraire s’implante dans la voie antique, respectant plus ou moins l’orientation de cet axe ; les structures sont regroupées à l’avant du portique bordant un bâtiment absidial antique. Le site est très éloigné des grands pôles religieux mentionnés précédemment.
3Exceptée la tombe d’un immature en coffrage constitué d’éléments en terre cuite, les sépultures individuelles présentent une typologie homogène. Les corps se sont décomposés dans un espace vide rapidement colmaté. Ils ont été déposés dans des coffrages mixtes : une fosse oblongue subrectangulaire ou plus ou moins trapézoïdale est creusée, puis ses parois sont doublées d’une à deux rangées superposées de matériaux lithiques de remplois et de terres cuites architecturales. Le fond n’est pas aménagé, en revanche une couverture de dalles de gneiss et/ou de granite (sans aucun doute empruntées à la voie), complétée ponctuellement de planches de bois, vient sceller le dépôt. L’une des sépultures revêt un caractère remarquable du fait de la présence d’un leichter breitsax posé à l’avant du pubis et entre les mains d’un sujet de sexe féminin.
4Les fosses ossuaires contiennent chacune les restes osseux partiels d’un individu adulte ; l’étude taphonomique a mis en évidence que les corps se sont décomposés ailleurs et qu’une partie des pièces anatomiques a ensuite été transférée dans ces réceptacles.
5Les datations 14C ont livré une fourchette chronologique s’étalant entre 610 et 820 de notre ère (610-660 pour l’un des individus déconnecté en fosse ; 670-820 pour trois autres sépultures), ce qui corrobore la typologie architecturale, ainsi que la datation généralement admise pour le petit scramasaxe. Cet ensemble altomédiéval a priori isolé et bien circonscrit n’est pas le premier mis au jour à Lyon, mais ce type de regroupement funéraire de faible amplitude reste assez rare et dispersé au sein de la ville. La découverte d’une sépulture féminine armée constitue un unicum sur le territoire concerné (Lyon intra-muros).
Pour citer cet article
Référence papier
Étienne Hofmann et Emma Bouvard, « Lyon (Rhône). Antiquaille », Archéologie médiévale, 43 | 2013, 293.
Référence électronique
Étienne Hofmann, Emma Bouvard, « Lyon (Rhône). Antiquaille » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 43 | 2013, mis en ligne le 15 mai 2018, consulté le 11 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/10243 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.10243
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