Saint-Antonin-sur-Bayon (Bouches-du-Rhône). Castrum du Bayon, tour de la Dent
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Année de l'opération :
2011Numéro d’opération :
2110013Lieux :
France métropolitaine, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Département des Bouches-du-Rhône, Saint-Antonin-sur-BayonTexte intégral
1Localisé au pied du versant sud de la Sainte-Victoire, le plateau du Bayon, totalement isolé à l’ouest, au sud et à l’est, par des abrupts rocheux, culmine autour de 565 m NGF. Ce site d’éperon, investi durant le second âge du fer par un oppidum, a fait l’objet au Moyen Âge d’une réoccupation dont un vaste bâtiment quadrangulaire encore largement visible, dit « tour de la Dent », est aujourd’hui l’élément le plus significatif. Compte tenu de sa position dominante en bordure méridionale du plateau, dans une situation éminemment stratégique sur la plateforme sommitale du relief, l’origine seigneuriale de cet édifice ne fait pas de doute et le désigne, de fait, comme le pôle organisateur d’un habitat villageois qu’à ce jour seuls les textes anciens documentent.
2Les travaux ponctuels conduits en 2011 ont mis en évidence, sans pouvoir les dater, deux grandes phases d’aménagement de ce bâtiment qui ne paraît avoir connu aucune extension, ni constructions adventices maçonnées (fig.). Cet édifice rectangulaire oblong (19 m sur 8 m dans-œuvre), orienté NO-SE, est initialement circonscrit par des murs d’1,20 à 1,25 m d’épaisseur posés sur la table rocheuse ; il couvre 240 m² environ; seul son mur NE qui a conservé une élévation de plus de 5 m dépasse 1,80 m d’épaisseur. Il était probablement aveugle sur ce côté le plus exposé.
3La poterne qui perce le mur longitudinal SO est le résultat d’un aménagement plus tardif qui s’est accompagné du doublement du mur sur toute sa longueur. Cette porte appareillée en travertin crée un accès du côté de la falaise. Sa position décalée vers l’ouest, ainsi que les abrupts limitant, à l’est, les possibilités de circulation, permettent de restituer un cheminement ancien par le NO, canalisant le visiteur gardé sous contrôle, dans le goulot formé par la falaise sud et le mur SO.
4Les modes de construction (maçonneries fourrées, assisées et liées au mortier de chaux) et un long claveau d’arrière-voussure permettent d’attribuer les vestiges à la seconde vague d’incastellamento qui se manifeste, en Provence, à partir du milieu du xiie s. À côté de tessons résiduels de céramique de l’âge du fer (présents en grande quantité dans les couches d’effondrement et dans la fourrure interne des maçonneries), aucun mobilier susceptible d’étayer ou de préciser cette chronologie n’a été retrouvé. De même, aucune donnée matérielle ne permet de dater l’abandon du bâtiment qui semble encore intact en 1468, alors qu’un texte évoque, tout autour, un champ de ruines.
5Au terme de cette étude liminaire, la « tour de la Dent », tardivement désignée comme « fortalicium » (1464), reste délicate à caractériser tant sur un plan formel (s’agit-il d’une enceinte, hypothèse étayée par la présence d’une porte de rez-de-chaussée, d’une tour-donjon quadrangulaire, ou encore d’une aula ?), que dans ses fonctions (habitat seigneurial, réduit défensif, véritable pôle administratif pour une population villageoise dont on saisit mal aujourd’hui les cadres de vie, ou simple marque de l’autorité seigneuriale ?).
Table des illustrations
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| Titre | Castrum de Saint-Antonin-sur-Bayon. Relevé en plan du bâtiment sommital dit « tour de la Dent ». |
| Crédits | Relevé Sandrine Claude, François Rizzi, Caroline Zielinski. DAO Aurélie Bouquet, Marc Panneau, Stéphan Ranchin, DAVA |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/11093/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 71k |
Pour citer cet article
Référence papier
Sandrine Claude, « Saint-Antonin-sur-Bayon (Bouches-du-Rhône). Castrum du Bayon, tour de la Dent », Archéologie médiévale, 42 | 2012, 305-306.
Référence électronique
Sandrine Claude, « Saint-Antonin-sur-Bayon (Bouches-du-Rhône). Castrum du Bayon, tour de la Dent » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 42 | 2012, mis en ligne le 05 juin 2018, consulté le 07 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/11093 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.11093
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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
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