Couesmes (Indre-et-Loire). Les Pendoirs/Château-la-Vallière
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Année de l'opération :
2017Sujets :
droit, justice, peine, supplice, instrument de torture, fourches patibulaires, mort, mort violente, pendaison, voirie, voie, peine de mort, pouvoir, autoritéLieux :
France métropolitaine, Centre-Val de Loire, Département d'Indre-et-Loire, Couesmes (Indre-et-Loire)Nature de l'opération :
fouille programméeNotes de la rédaction
Organisme porteur de la fouille : Ausonius UMR 5607, Laboratoire d'Excellence des Sciences Archéologiques de Bordeaux (LaScArBx), Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine (MSHA)
Texte intégral
1Datées de l’époque moderne par les seules sources écrites, les fourches patibulaires de Château-la-Vallière apparaissent également sur l’atlas-terrier du duché-pairie (1788-1789). Toujours en élévation à la fin du xixe s.-début xxe s., la construction n’avait jamais intéressé les chercheurs, exceptés quelques érudits locaux et des éditeurs de cartes postales. En juillet 2016, une prospection pédestre a permis de retrouver les vestiges d’un lieu de justice dont l’intérêt dépasse le cadre local.
2Les sondages réalisés du 30 octobre au 3 novembre 2017 dans la forêt de Château-la-Vallière ont permis de redécouvrir les 4 piliers de la structure de pendaison. De plan carré (environ 8,75 m de côté), sa hauteur peut être restituée sur 2,5 m à 3 m. De section circulaire et d’environ 1,30 m de diamètre, les piliers ne sont que faiblement fondés dans le sol. Ils sont constitués d’un parement non assisé composé de moyennes et grosses pierres calcaires (quelques exemplaires vaguement équarris) et d’un blocage de petits et moyens modules, liés au mortier de chaux blanc, beige ou orangé très dur. Ce mode de construction ne donne aucun indice chronologique, pour une structure qui pourrait avoir été érigée à la fin du Moyen Âge ou à l’époque moderne. Les matériaux, très courants dans la région de Château-la-Vallière et à proximité du site, sont comparables à ceux mis en œuvre dans une partie de l’enceinte du château de Vaujours. L’analyse des prélèvements de mortier et de charbon de bois permettra sans doute de poursuivre la réflexion sur la datation.
3L’opération de terrain a surtout dévoilé la monumentalité de cette structure de pendaison. Située à environ 1,5 km du château de Vaujours, placée le long d’une voie de communication, elle marquait indéniablement le paysage. Au-delà de ses fonctions, l’application de la peine de mort et l’exposition judiciaire, cette construction permettait à son détenteur de matérialiser topographiquement son pouvoir et son autorité et de s’imposer dans le paysage des justiciables.
4Malgré la multiplication des tranchées de sondages, aucune autre structure ni mobilier ou ossements n’ont été découverts. La gestion du cadavre des pendus, que l’on s’attend à trouver au pied du gibet, reste posée. Il faut retenir néanmoins que cette fouille et les observations qui l’accompagnent sur un lieu de pendaison constituent une première pour la France.
Table des illustrations
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| Titre | Couesmes, vue vers l’ouest du pilier 4. |
| Crédits | Cl. M. Vivas |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/16553/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 970k |
Pour citer cet article
Référence papier
Mathieu Vivas, « Couesmes (Indre-et-Loire). Les Pendoirs/Château-la-Vallière », Archéologie médiévale, 48 | 2018, 209-210.
Référence électronique
Mathieu Vivas, « Couesmes (Indre-et-Loire). Les Pendoirs/Château-la-Vallière » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 48 | 2018, mis en ligne le 01 mars 2019, consulté le 07 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/16553 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.16553
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