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Chronique des fouilles médiévales en France en 2008
II. – Constructions et habitats ecclésiastiques
II 1. – Diagnostics et surveillances de travaux

Autun (Saône-et-Loire). Jardins de l’Évêché

Responsable de la operación: Yannick Labaune
p. 205-206

Texto completo

1Entre 2005 et 2008, dans le secteur de l’Évêché, l’enceinte a été recoupée à deux reprises, à quelques mètres de distance, à la suite de la pose de canalisations. Deux surveillances de travaux ont permis de préciser le tracé de cet ouvrage et d’apporter quelques indices quant à sa datation.

2En 2008, des travaux de réhabilitation au sein de l’Évêché ont été l’occasion de reconnaître les vestiges de la courtine qui paraît édifiée à l’intérieur d’une tranchée perforant une couche de destruction antique (non datée). Seul le parement occidental, composé d’assises de moellons rectangulaires de forme allongée, a été observé. Le blocage interne est constitué de blocs de granite inorganisés, liés au mortier, mélangés à des blocs antiques en remploi, notamment un fragment de pierre de taille en calcaire, mais également un morceau d’une grande vasque de type labrum réalisée en marbre blanc de type Carrare (datation : ier s. de notre ère). De tels remplois au cœur du blocage de l’enceinte ont été signalés par le passé, H. de Fontenay les décrit au xixe s. : il s’agit de débris de monuments antiques jetés dans les fondations, entre l’Évêché et l’Hôtel d’Éguilly, parmi lesquels un nombre considérable de débris sculptés en marbre blanc ayant fait partie d’une frise rue des Bancs à l’Hôtel Rolin, de deux groupes de génies topiques, d’un morceau de frise orné d’un griffon, de fragments de bas-relief en marbre représentant une scène équestre et six grands blocs d’un entablement orné de modillons dans le tracé de l’enceinte réduite lors de la construction de la prison, place Saint-Louis en 1853, et d’une statue antique représentant un génie appuyé sur un tonneau découverte en démolissant un tronçon de l’enceinte réduite, dans les jardins de l’Évêché.

3En 2005, la tranchée d’installation d’une conduite de gaz rue du chanoine Trinquet, une dizaine de mètres à l’ouest de la zone qui a fait l’objet d’une surveillance en 2008, avait déjà permis d’observer un premier tronçon de courtine mesurant à cet endroit une largeur de 3,50 m. Au sud, cette maçonnerie recoupe les vestiges d’une construction maçonnée antique (de nature indéterminée, non datée mais orientée selon la trame viaire antique) comportant notamment une puissante chape de mortier de tuileau d’une épaisseur de l’ordre d’un mètre (épaisseur exacte non reconnue). La courtine marque visiblement l’emplacement d’une rupture de pente car au nord de cette dernière (c’est-à-dire du côté de la « ville-basse ») on retrouve une épaisse couche de « terres noires » (peut-être le comblement du fossé longeant l’enceinte réduite ?). Ces observations ont permis de formuler les remarques qui suivent. Le tronçon observé en 2008 est aligné avec les vestiges conservés dans les caves du Palais épiscopal au niveau de la façade SO ; d’autre part le tronçon observé en 2004 suggère que le tracé de l’enceinte réduite se poursuit le long de la façade occidentale du Palais de Justice. En revanche, entre les tronçons observés en 2004 et 2008, au niveau de la rue du Chanoine Trinquet, l’enceinte pourrait subir un léger changement d’inflexion qui trahirait la présence d’une tour. Les tronçons d’enceinte observés ne possèdent pas de parement en « petit appareil romain » comme cela a été évoqué par le passé. Le fait que l’enceinte recoupe des niveaux antiques construits ou bien des couches de démolition d’époque romaine, mais également les observations du xixe s. suggérant la présence de lapidaire antique au sein du blocage suggèrent une datation qui n’est pas incompatible avec l’Antiquité tardive ou le début du Moyen Âge. Bien évidemment seuls des sondages seraient à même de préciser les datations et d’appréhender d’éventuelles phases de construction plus précoces.

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Para citar este artículo

Referencia en papel

Yannick Labaune, «Autun (Saône-et-Loire). Jardins de l’Évêché»Archéologie médiévale, 39 | 2009, 205-206.

Referencia electrónica

Yannick Labaune, «Autun (Saône-et-Loire). Jardins de l’Évêché» [ficha arqueológica], Archéologie médiévale [En línea], 39 | 2009, Publicado el 08 marzo 2019, consultado el 13 septiembre 2026. URL: http://journals.openedition.org/archeomed/19030; DOI: https://doi.org/10.4000/archeomed.19030

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Autor

Yannick Labaune

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Responsable de la operación

Yannick Labaune

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