Chaise-Dieu (La) (Haute-Loire). Bâtiment Lafayette
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Année de l'opération :
2008Numéro d’opération :
36037Sujets :
église, église abbatiale, écurie, grange, porte de ville, édifice religieux fortifié, parcellaire, enceinte, courtine, rempart, fossé défensifTexte intégral
1Cette intervention a été motivée par le projet de rénovation complète du bâtiment « Lafayette », sur la place du même nom, au chevet de l’église abbatiale de La Chaise-Dieu, à proximité immédiate de la tour Clémentine. Le projet de rénovation entraîne notamment la mise en place d’une chaufferie et de réseaux attenants dans les parcelles entourant le bâtiment. L’aménagement paysager des abords doit également modifier partiellement les niveaux de sol.
2Le bâtiment « Lafayette » a servi d’écuries et de grange pour l’abbaye, et semble avoir été édifié par les mauristes, dans la seconde moitié du xviie s. Le mur gouttereau nord (M1.3), épais de 1,70 m à sa base, qui se prolonge sur plusieurs parcelles, pourrait correspondre au rempart de l’abbaye. L’opération a mis en évidence un creusement, parallèle, à 2,50 m de ce mur dont la configuration générale évoque un fossé.
3La morphologie parcellaire de ce secteur, au nord du bâtiment Lafayette, semble également conserver la trace d’un tel aménagement, avec des parcelles de formes allongées, parallèles au mur nord du bâtiment. On retrouve cette configuration sur le cadastre du xixe s. de manière encore plus marquée, puisque les parcelles qui longent le bâtiment Lafayette sont coupées en deux dans le sens de la longueur (E-O).
4Par ailleurs, la présence de nombreuses reprises de maçonneries sur la porte du For a motivé le dégagement de ce secteur.
5Une importante reprise en sous-œuvre (M1.6) occupe la partie basse du parement NO de la porte. Si l’on observe ce parement, on constate la présence d’un désordre dans la maçonnerie : toutes les assises, de moyen appareil, situées au-dessus de la reprise, sont affaissées dans la partie centrale, à l’aplomb d’une maçonnerie (M1.7), qui n’est conservée que partiellement, dans le sol, à la base de M1.6. On peut donc formuler l’hypothèse que l’affaissement de M1.1 est dû à la démolition de M1.7 qui venait soit épauler la porte du For, soit s’ancrer à elle, comme le laissent supposer les arrachements de blocs en besace.
6On constate par ailleurs que la largeur de M1.7 est de 1,80 m, ce qui pourrait correspondre aux dimensions d’une enceinte. L’orientation des 3 m de mur conservés est perpendiculaire à la porte du For. Il n’est pas parfaitement centré, mais semble positionné de façon symétrique par rapport au mur accolé au massif SE de la porte. Cette configuration évoque évidemment celle d’une courtine.
7On peut donc formuler l’hypothèse que M1.7 est le témoin d’un ancien mur d’enceinte accolé à la porte du For, dont la démolition a provoqué le désordre visible dans la façade pignon de la porte ; désordre qui a motivé la reprise en sous-œuvre M1.6.
8Le creusement du fossé F1 pourrait expliquer l’interruption brutale de M1.7. Celle-ci correspond en effet au creusement du substrat à l’emplacement possible du rebord méridional de F1. Cette relation confirmerait évidemment l’antériorité de M1.7, par rapport au fossé F1.
9On se trouverait alors en présence de deux systèmes défensifs différents : un rempart médiéval, lié à la porte du For, et un ensemble plus tardif associant le fossé F1 et le gouttereau nord du bâtiment Lafayette (M1.3).
10L’abbaye et ses dépendances ont bénéficié de plusieurs campagnes de construction et de réparation. Il est donc difficile de déterminer le moment où chaque bâtiment fut édifié. La porte du For et les fortifications adjacentes pourraient être attribuées à A. Ayraud à la fin du xive s. ou à de travaux antérieurs, non documentés. Le bâtiment Lafayette peut sans doute être relié aux reconstructions des mauristes (avant ou après l’incendie de 1695 ?). Mais le gouttereau nord (M1.3) et le fossé F1 correspondent peut-être à une phase intermédiaire de reprise des fortifications, sur lesquelles les écuries sont venues s’appuyer. Si l’on se réfère aux données historiques, l’abbé Hugo engage, dès la première moitié du xve s., des réfections sur les murailles. La date paraît bien proche de celle du chantier de A. Ayraud. Peut-être peut-on supposer que le projet, amorcé avec M1.7, n’ait jamais été achevé, et que l’ensemble M1.3 et fossé F1 soit intervenu rapidement pour le remplacer. Mais la date de construction de cet ensemble reste à préciser.
Table des illustrations
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| Titre | Chaise-Dieu (La). Bâtiment Lafayette. Coupe restituée sur fond topo, de l’élévation de la porte du For et du sondage 4. |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/19038/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 481k |
Pour citer cet article
Référence papier
Daniel Parent, « Chaise-Dieu (La) (Haute-Loire). Bâtiment Lafayette », Archéologie médiévale, 39 | 2009, 206-207.
Référence électronique
Daniel Parent, « Chaise-Dieu (La) (Haute-Loire). Bâtiment Lafayette » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 39 | 2009, mis en ligne le 08 mars 2019, consulté le 14 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/19038 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.19038
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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
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