Autun (Saône-et-Loire). 4-6, rue Traversière
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Année de l'opération :
2008Numéro d’opération :
4956Sujets :
bronze, or, matériaux de construction, terre cuite architecturale, milieu urbain, urbanisme, rue, résidence aristocratique, salle d'apparat, élément architectural, colonne, mosaïque, statuaire, monnaie, remploiChronologie :
Protohistoire, âge du Fer, Premier âge du Fer, Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, Bas-Empire romainTexte intégral
1Un diagnostic a été réalisé à l’intérieur d’une parcelle d’environ 5 500 m² située au cœur même de la ville, à un endroit stratégique pour la compréhension de l’urbanisme d’Autun à l’époque antique. En effet, elle jouxte trois îlots importants : à l’est un îlot monumentalisé bordant le cardo maximus (le forum, selon M. Kasprzyk), à l’ouest un îlot susceptible d’avoir accueilli le sanctuaire d’Anvallos et, au nord, un îlot résidentiel de statut élevé (mosaïque de Neptune).
2Malgré l’étroitesse de la fenêtre d’observation (plusieurs sondages représentant 2 % de la surface du terrain, disséminés aux emplacements non destinés à être construits, avec utilisation de blindages empêchant une vision d’ensemble de la stratigraphie…), il a été possible de montrer toute la richesse du sous-sol à cet endroit. On note la présence d’une rue antique bordée de portiques (le cardo secondaire C5) et de vestiges d’un édifice antique de rang social élevé (salle se terminant en abside, mosaïque, abondance et diversité des roches décoratives) en bon état de conservation général (sols en partie préservés, enduit mural en place, puissance stratigraphique comprise entre 1 et 1,50 m), situés au cœur de l’îlot VIII-IX 7. L’histoire du bâtiment est longue et complexe : l’opération a mis en évidence l’existence d’au moins six phases, du ier au début du ve s., avant que ne se mette en place un épais horizon de « terres noires » de 0,60 à 1 m d’épaisseur.
3La nature des vestiges du Haut-Empire est difficile à saisir : certains indices permettent d’y voir une domus (salle d’apparat à abside, mosaïque), peut-être avec jardin ; d’autres aménagements suggèrent une certaine monumentalité (largeur importante de certaines fondations, « pile » support de colonne ou statuaire, possibilité de pièces de grandes dimensions, éléments architecturaux en calcaire, en moyen et grand appareil) ; or, un chapiteau augusto-tibérien monumental avait été découvert en 2001 par F. Devevey dans le même îlot, à quelques mètres de là.
4L’interprétation des vestiges de la fin de l’Antiquité se révèle tout aussi délicate. Comme au niveau de la rue Carion, on relève la nature particulière du mobilier relatif à cette phase : si la céramique est peu abondante (quelques gros fragments de sigillée luisante : mortier à collerette et forme Portout 37), les découvertes monétaires sont assez nombreuses en comparaison (lot d’une quinzaine de monnaies frappées entre la seconde moitié du ive et le début du ve s., TPQ : Aes IV, entre 388 et 402), parfois sur un espace très restreint. Plusieurs indices suggèrent une activité de récupération des matériaux de construction en terre cuite (briques de pilettes), voire du lapidaire (décor architectural) en vue de le transformer en chaux ; toutefois, l’examen de la centaine de fragments mis au jour montre l’absence de traces de sciage/débitage que l’on retrouve habituellement dans ce type de contexte. D’autres indices discrets : une éventuelle sablière basse respectant l’orientation des murs antérieurs et un trou de poteau, indiquent quant à eux la présence de vestiges construits, ce qui va plus dans le sens d’une occupation – même sommaire – que d’une simple fréquentation. L’éventualité d’une véritable occupation de l’îlot entre le milieu du ive et le début du ve s. a été soulevée dès 2001 (F. Devevey).
5Ces différentes questions resteront malheureusement sans réponse et l’on ne peut que suivre l’avis de la commission de la CIRA qui, pour le dossier de la rue Traversière, « déplore avec la plus grande énergie qu’une insula centrale d’une ville aussi importante ne puisse faire l’objet d’une investigation scientifique ».
Pour citer cet article
Référence papier
Yannick Labaune, « Autun (Saône-et-Loire). 4-6, rue Traversière », Archéologie médiévale, 39 | 2009, 168.
Référence électronique
Yannick Labaune, « Autun (Saône-et-Loire). 4-6, rue Traversière » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 39 | 2009, mis en ligne le 08 mars 2019, consulté le 10 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/19423 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.19423
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