Fontvannes (Aube). Les Tomelles
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Année de l'opération :
2008Numéro d’opération :
76103Sujets :
voie, fossé bordier, sépulture, nécropole, habitat, cour, cellier, ferme, trou de poteau, foyer, fosse, site d'extraction, tuile, outil, aiguisoir, mortier (récipient), écuelle, tracéologie, céramique glaçuréeTexte intégral
1Un diagnostic réalisé sur 2 ha a livré 46 structures archéologiques. Un axe de circulation orienté NE-SO et matérialisé par deux fossés bordiers creusés dans le substrat crayeux encadre une large zone d’ornières. Vingt-trois couches différentes correspondant à quatre états d’utilisation ont été appréhendées sur une épaisseur stratigraphique de 0,5 m, mais aucun mobilier n’a pu être récolté. En revanche, le dernier niveau d’ornières est recoupé par au moins cinq sépultures implantées perpendiculairement à la voie, la tête orientée approximativement vers l’ouest. Aucun mobilier n’était présent dans leur comblement, invitant à une datation entre la fin du viie et le xiiie s. Or, à environ 100 m vers le SO, dans l’axe de la voie, un établissement dense des ixe-xie s. avait été fouillé lors de la construction de l’autoroute A5 au début des années 1990. Il est tentant de rattacher cette petite nécropole à cet habitat. Dans cette hypothèse, le premier état de la voie serait d’origine antique, sans doute un diverticule de la voie Troyes-Sens qui a été repérée dans le village de Fontvannes, à quelques centaines de mètres au nord du site.
2Plusieurs structures d’un habitat de la fin du Moyen Âge sont en partie implantées sur le site. Trois murs d’un bâtiment d’habitation ont été mis au jour, préservés sur une unique assise de craie d’environ 0,6 m de large. Un foyer constitué de tuiles posées à plat se situe dans un retour d’angle. Un niveau de sol près de ce foyer (limon ocre de moins d’1 cm d’épaisseur) a pu être mis en évidence, ainsi qu’un niveau de circulation en craie à l’extérieur du mur, peut-être un niveau de cour. Une fosse, implantée à proximité, a livré de petites forces en fer et des éléments d’un mortier en pierre calcaire présentant des traces de ciseaux et de boucharde.
3Quelques dizaines de mètres au NO, d’autres structures semblent appartenir à la même occupation : un bâtiment de 34 m² (8,50 x 4 m), délimité par des trous de poteau de 40 cm de diamètre, présentant parfois encore des calages de pierre ; deux fosses quadrangulaires, qui peuvent être interprétées comme des celliers. L’une d’elle, d’une profondeur de 1,50 m, a livré un mobilier datable des xiiie-xive s. : un aiguisoir, le bord d’une écuelle glaçurée et le fond d’un pot présentant une glaçure interne verte et un décor de bandes rougeâtre à l’extérieur. Ces structures constituent probablement une seule et même unité, peut-être une ferme avec ses annexes (grange ?).
4Enfin, plusieurs fosses informes, liées à une activité d’extraction du limon, entourent le bâtiment sur poteaux et les celliers. Leur mobilier laisse entrevoir une datation plus récente (xvie s.). Aucune de ces fosses ne recoupe les structures du bas Moyen Âge, qui devaient être encore au moins partiellement visibles.
Pour citer cet article
Référence papier
Vincent Marchaisseau, « Fontvannes (Aube). Les Tomelles », Archéologie médiévale, 39 | 2009, 173.
Référence électronique
Vincent Marchaisseau, « Fontvannes (Aube). Les Tomelles » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 39 | 2009, mis en ligne le 08 mars 2019, consulté le 17 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/19503 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.19503
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