Curemonte et Végennes (Corrèze). Patrimoine bâti médiéval
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Année de l'opération :
2008Numéro d’opération :
122867Sujets :
habitat, résidence aristocratique, maison, porte, cave, bâtiment commercial, halle, remploi, enceinte, milieu urbain, parcellaireNature de l'opération :
prospection archéologiqueTexte intégral
1Dans le cadre d’un travail de doctorat en cours sur l’habitat médiéval des agglomérations castrales de la vicomté de Turenne, une prospection portant sur le patrimoine bâti médiéval a été effectuée sur les communes de Curemonte et de Végennes, avec des résultats positifs. Les vestiges architecturaux attribuables à la période médiévale sont bien plus importants qu’un premier repérage ne le laissait estimer. La possibilité qui nous a été donnée de visiter l’intérieur d’un certain nombre de maisons a été bénéfique ; elle souligne les limites d’un recensement extérieur. Pour autant, aussi nombreux qu’ils soient, ces vestiges ne sont que rarement intégrés à une structure entièrement médiévale. On observe, le plus souvent, soit des remplois, soit des éléments conservés du fait de leur fonctionnalité ou de leurs dimensions. Parmi tous les vestiges recensés, les portes constituent sans doute la famille architecturale la mieux représentée à Curemonte. Une quinzaine de portes médiévales ont pu être répertoriées, la plupart inédites. Un certain nombre d’entre elles présentent des similitudes qui autorisent une ébauche de classification et semblent justifier leur regroupement. Ces portes sont toutes clavées, chanfreinées et couvertes d’un arc en plein cintre. Dans leur grande majorité, elles ouvrent sur des niveaux de caves en soubassement. Leurs dimensions sont relativement importantes (largeur : 1,45 m, 1,10 m), mais pas assez, semble-t-il, pour permettre le passage d’une mule ou d’un cheval. Leur association systématique avec des espaces vraisemblablement destinés au stockage tend à confirmer leur vocation commerciale.
2Ce sont parfois de véritables ensembles architecturaux en place qu’il a été permis de découvrir, qu’il s’agisse d’édifices arasés, de portions de maçonneries, voire de pièces entières. Un édifice arasé dont il ne reste que les substructions est ainsi conservé dans l’espace de l’ancien « château Cardalhac », dans le bas castrum de Curemonte. Il ne subsiste de cet édifice qu’une partie du rez-de-chaussée, bâti en moyen appareil. L’angle SE est cantonné de deux contreforts. Le positionnement de l’édifice, dans l’angle d’un ensemble vraisemblablement plus vaste, sa mise en œuvre, en moellons de grès de moyen appareil passablement érodés, et, surtout, la présence des deux contreforts d’angle suggéreraient une datation assez haute, aux alentours des xiie-xiiie s. Parmi les autres découvertes importantes, le cas de la maison noble dite du Jaladis, avec ses vestiges d’une ancienne salle basse du xiiie s., mérite d’être souligné.
3Cet inventaire a confirmé l’étendue de l’occupation médiévale du site, depuis le castrum de Cardalhac jusqu’au nord de l’emplacement de l’ancienne barbacane. À ce jour, aucun vestige médiéval n’a été repéré au-delà de l’aire ainsi circonscrite. Les vestiges recensés n’ont pas pu tous être datés avec certitude. Pour la majorité d’entre eux, la datation oscille entre le xive et le xve s. Nous avons délibérément opté pour une fourchette assez basse. D’autres éléments présentent en revanche des caractéristiques formelles qui autorisent une attribution aux alentours des xiie-xiiie s. : la salle basse de la maison du Jaladis, la pièce voûtée située sous la halle ou une structure à contrefort d’angle (parcelle 334). Pour d’autres maisons, enfin, les hypothèses de datation tendent vers le xvie s. (baies chanfreinées, fenêtre à croisées ou remplois d’éléments plus anciens recensés dans les maisons des parcelles 110, 129, 150, 28). La découverte de murs de maisons accolées, formant enceinte, dans deux secteurs au moins du bourg constitue également une donnée de tout premier plan pour l’histoire médiévale du site. La mise en évidence archéologique de tels vestiges confirme une organisation en îlot que laissait deviner en certains endroits le parcellaire.
Pour citer cet article
Référence papier
Dimitri Paloumbas, « Curemonte et Végennes (Corrèze). Patrimoine bâti médiéval », Archéologie médiévale, 39 | 2009, 203.
Référence électronique
Dimitri Paloumbas, « Curemonte et Végennes (Corrèze). Patrimoine bâti médiéval » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 39 | 2009, mis en ligne le 08 mars 2019, consulté le 07 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/19859 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.19859
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