Nîmes (Gard). 15 rue Saint-Castor
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Année de l'opération :
2018Sujets :
habitat, milieu urbain, architecture, construction, pan de bois, élément architectural, modénature, escalier, courTexte intégral
1La rénovation de l’immeuble du 15 rue Saint-Castor à Nîmes est à l’origine de la prescription d’un diagnostic de bâti réalisé entre août et octobre 2018. La parcelle de l’immeuble se trouve au nord du chevet de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Castor, à l’angle des actuelles rues Saint-Castor et de l’Arc Dugras. Le décroûtage de certains murs, intégralement pour les façades ou en partie à l’intérieur de la maison (sondages), a mis en évidence l’origine moderne (xviie s.) de la construction, ainsi que son évolution au cours des xviiie et xixe s.
2D’après les textes au xvie s., le bâti qui occupait cette parcelle était construit en solier, ce qui désigne vraisemblablement une architecture à pans de bois. À partir du xviie s., il est reconstruit en pierre, sans doute progressivement. Nous ignorons donc l’origine et l’organisation de la maison au Moyen Âge et au début de l’époque moderne. Le diagnostic a défini cinq phases de construction, dont les trois premières phases sont attribuées au xviie s. Ces cinq phases montrent l’évolution de la maison et sa complexité. La datation est essentiellement relative, elle s’appuie toutefois sur quelques éléments caractéristiques, comme les balustres carrés typiques du xviie s. ou la fenêtre à meneau des xixe-xxe s.
3Les premières constructions sont localisées à l’ouest et au sud de la parcelle, elles sont constituées d’un rez-de-chaussée et de deux étages le long de la rue de l’Arc Dugras ainsi que d’un rez-de-chaussée et d’un étage en façade de la rue Saint-Castor. La construction est caractérisée par l’usage de petits moellons de calcaire froid, disposés en assises plus ou moins régulières. Le mortier de couleur orangée est fait de terre limoneuse, contenant des perles de chaux. La deuxième étape de construction est centrée au sud et à l’est de la petite cour située au nord de la parcelle ; elle est désormais bordée sur chacun de ses côtés. La maison à cette époque devait s’étendre vers l’est, sur la parcelle voisine. À l’inverse, la phase suivante est marquée par une diminution de la superficie bâtie. L’angle SE de la cour est cédé à la propriété voisine. Un angle de mur, gagnant sur la cour, est alors édifié. La distribution des pièces au nord est revue avec la mise en place d’un escalier en vis et de coursives desservant le premier et le deuxième étage. Au cours de la quatrième phase, l’aspect général de la cour est révisé : le mur occidental est reconstruit en modifiant légèrement le tracé précédent et le mur au nord est également en partie repris, noyant le pilier qui soutenait la coursive du deuxième étage. La dernière phase regroupe tous les aménagements de l’époque contemporaine (fin xixe-xxe s.) au moment où le bâtiment évolue en immeuble de rapport.
Pour citer cet article
Référence papier
Marie Rochette, « Nîmes (Gard). 15 rue Saint-Castor », Archéologie médiévale, 49 | 2019, 236.
Référence électronique
Marie Rochette, « Nîmes (Gard). 15 rue Saint-Castor » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 49 | 2019, mis en ligne le 03 février 2020, consulté le 12 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/25022 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.25022
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