Seclin (Nord). Rue du Plouich – hameau de Wattiessart
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Année de l'opération :
2019Numéro d’opération :
158683Sujets :
paléochenal, parcellaire, drain, habitat rural, chapelle, vaisselle de terre cuite, cimetière, fosse-dépotoirChronologie :
Antiquité, Antiquité gréco-romaine, Antiquité romaine, Empire romain, Haut-Empire romain, époque médiévale, Moyen Âge classique, Bas Moyen Âge, époque moderne, époque contemporaineNotes de la rédaction
Organisme porteur de la fouille : ville de Seclin
Texte intégral
1Le hameau de Wattiessart est implanté au sud du territoire de la commune de Seclin. Il est mentionné dans les sources dès 825, date à laquelle les historiens fixent généralement sa genèse. Depuis 2010, divers projets immobiliers programmés le long de la rue du Plouich, axe principal du bourg, ont engendré un suivi archéologique accru de ce secteur communal. Les opérations d’archéologie préventive ont ainsi permis de renouveler considérablement les connaissances sur l’occupation humaine ancienne de ce territoire. Le hameau est réputé pour ses contraintes hydrologiques dues à la présence de nombreux cours d’eau affluents de la Deûle. Cette caractéristique se retrouve d’ailleurs inscrite dans le toponyme même du lieu-dit : « watti » (humide) et « essart » (terrain défriché). C’est donc sans grande surprise que la majorité des découvertes fait référence à des sections de paléochenaux ou des réseaux denses de fossés drainants afin de rendre les terres cultivables. Si les plus anciens systèmes fossoyés remontent au second âge du fer, ils se généralisent à la toute fin du haut Moyen Âge, aux alentours des viiie-ixe s. L’habitat, quant à lui, n’a fourni jusqu’à présent que peu d’indices pour ces périodes.
2Dans la suite de ces recherches, un diagnostic a été mené en janvier 2019, à l’extrémité méridionale du hameau, en préalable à la construction d’un lotissement. Localisés à quelques encablures d’une ferme flamande édifiée à la fin du xve s., les terrains d’une contenance de 1 ha comportaient une maison d’habitation et un vaste jardin, objet des sondages archéologiques. Les vestiges antiques, de peu d’importance, mettent en exergue un réseau fossoyé orthonormé qui favorise le drainage des terres. Ces infrastructures sont symptomatiques d’activités agricoles perceptibles en plein cœur de l’ancien marais de Seclin durant toute la période romaine. Si aucun élément distinctif n’atteste d’occupations du haut Moyen Âge stricto sensu, le début de la période médiévale classique se signale par la présence de deux profonds fossés au tracé irrégulier se recoupant perpendiculairement. L’absence d’autres vestiges associés ainsi que la pauvreté du matériel recueilli dans leurs niveaux d’utilisation, qui place largement cette séquence aux xe-xie s., renvoie une nouvelle fois à une vocation agraire. Le bas Moyen Âge témoigne d’aménagements commandés par la famille d’Allènes, propriétaire du fief de Wattiessart entre le xive et le xve s. Les profonds fossés visibles sur le terrain partagent les terres selon une trame régulière disposée le long de la rue du Plouich, axe de circulation nouvellement mis en service. Cette organisation parcellaire, ou du moins sa trame, persiste encore de nos jours. La céramique mise au jour au sein de ces contextes est homogène, abondante et révélatrice d’activités domestiques. Son analyse semble admettre la présence d’habitats circonvoisins, peut être en lien avec la grande ferme flamande déjà mentionnée. En tout état de cause, la mise en place de ce nouveau parcellaire préfigure la construction d’une chapelle qui s’accompagne rapidement de l’installation d’un espace funéraire. Cet édifice, dont il ne demeure aucune trace aujourd’hui, mais dont le plan est fossilisé dans le cadastre, se situe en bordure immédiate des terrains sondés. Dédiée à Saint-Roch, elle compte parmi les 23 chapelles dont les bénéfices revenaient au chapitre de Saint-Piat de Seclin. La date de sa fondation reste inconnue en l’état actuel des recherches même si une bulle du pape Martin V en date du 3 juin 1423 indique que l’ensemble des chapellenies de Saint-Piat existaient à cette date. Son histoire peut être suivie jusqu’en 1793 quand elle est vendue au titre des Biens nationaux avec la grange dîmière qui lui était accolée. Cet ensemble est ensuite utilisé comme annexes agricoles pendant une partie du xixe s. avant sa destruction. Si l’étude de la chapelle n’a pu être entreprise, une dizaine de sépultures a été étudiée sur une centaine de corps que devait contenir le cimetière à l’origine. Le mobilier céramique retrouvé épars auprès des individus inhumés admet un premier usage de l’espace funéraire aux alentours des xve-xvie s. Enfin, plus proches de nous et de manière anecdotique, deux fosses-dépotoirs attestent du stationnement de soldats britanniques sur le site avant la bataille de la « poche de Lille » qui aboutit à l’occupation de Seclin par l’armée allemande en 1940.
Table des illustrations
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|---|---|
| Titre | Seclin, hameau de Wattiessart, emplacement supposé de la chapelle Saint-Roch et de son cimetière. |
| Crédits | DAO J. Tellier |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/35728/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 888k |
Pour citer cet article
Référence papier
Guillaume Lassaunière, « Seclin (Nord). Rue du Plouich – hameau de Wattiessart », Archéologie médiévale, 50 | 2020, 281-282.
Référence électronique
Guillaume Lassaunière, « Seclin (Nord). Rue du Plouich – hameau de Wattiessart » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 50 | 2020, mis en ligne le 15 février 2021, consulté le 15 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/35728 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.35728
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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
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