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Chronique des fouilles médiévales en France en 2006
I. – Constructions et habitats civils – environnement rural et urbain
I 1.- Sites fouillés

Richebourg (Yvelines). Le Moulin de Renonville

Responsable d’opération : Céline Casasoprana
p. 197

Texte intégral

1La fouille a mis au jour une occupation mérovingienne (vie-début du viiie s.) avec peut-être quelques éléments plus tardifs (xie-xiie s.). Le secteur était déjà occupé aux époques antérieures, comme le souligne l’important mobilier retrouvé sur le site (mobilier lithique, céramique protohistorique et antique). L’ensemble le plus représenté contient des éléments céramiques datant du iie ou iiie s. de notre ère et se rattache probablement à un établissement de type villa, observé en photographie aérienne.

2L’établissement mérovingien se situe en marge de la pars rustica de la villa et il est encore impossible d’établir s’il déborde des anciennes limites de l’habitat antique ou s’il est situé à l’écart.

3Les vestiges fouillés sont caractéristiques des habitats du haut Moyen Âge : fonds de cabane, silos, fours, fosses. Toutefois, un seul bâtiment à six poteaux, s’apparentant plutôt à un grenier qu’à une habitation, a été découvert. La présence de l’habitat est, par ailleurs, attestée à proximité de l’emprise de fouille par le mobilier domestique (céramique et ossements animaux) recueilli dans les structures.

4Malgré le caractère restreint de l’emprise, la fouille a permis de repérer des témoignages de l’organisation spatiale du site. Un fossé marque une limite au nord de laquelle ne se trouvent que de rares vestiges. Il détermine certainement le départ des terres cultivées. La zone située au sud de l’emprise est caractérisée par deux aires d’activité domestique, respectivement de 44 et 50 m2. La première est un groupement de deux fours en série, de trois silos, de plusieurs fosses et trous de poteau. La seconde est un secteur privilégié voué à une activité de cuisson, avec quatre fours, un foyer et plusieurs cendriers. La proximité entre les structures de combustion et les silos pose la question d’une éventuelle nécessité fonctionnelle liée au traitement des récoltes avant l’ensilage. Toutefois, la contemporanéité des structures n’a pu être ici établie avec certitude.

5Entre les deux secteurs de fours se situent des silos, des fosses et des trous de poteau et, au sud de ceux-ci, se trouvent deux fonds de cabane, dont l’un conserve les traces d’un probable métier à tisser (deux fosses d’ancrage et un fragment de poinçon en os). À l’extrême sud de l’emprise, le bâtiment sur poteau évoqué plus haut est le seul édifice découvert par la fouille. Enfin, quelques structures sont disséminées sur le site : un silo, des fosses, un empierrement.

6Cet ensemble dessine clairement un axe N-S, ce qui laisse présumer la présence d’un axe de circulation. À l’est, l’intervalle entre le bâtiment et les autres structures mesure 5 m, ce qui est suffisant pour accueillir un chemin. À l’ouest, l’espace est beaucoup plus vaste et un empierrement de 2 m sur 1,6 m pourrait correspondre à un vestige de voie.

7La chronologie du site de Richebourg, malgré la modestie du lot céramique et l’absence de mobilier datant (monnaie, fibules), a été bien cernée par l’étude des céramiques. Les datations archéomagnétiques ont confirmé celles proposées pour la céramique dans deux cas sur trois.

8La majorité des structures sont attribuées à l’époque mérovingienne, sans précision complémentaire, entre le vie et le début du viiie s.

9Quelques couches ont livré du mobilier semble-t-il plus tardif, notamment celles associées au bâtiment sur poteau et à l’empierrement. Peu d’éléments permettent donc de cerner l’évolution du site et sa chronologie. Nous pouvons néanmoins constater que les deux fonds de cabane et les deux zones de fours ont fonctionné successivement (vie puis viie s.).

10Cette occupation mérovingienne, sans doute associée à un habitat extérieur à l’emprise de la fouille, regroupe donc des structures d’activités domestiques et agricoles, mais la surface explorée est trop réduite (2 800 m2) pour déterminer s’il s’agit d’un secteur correspondant à une exploitation agricole ou d’une zone à usage spécifique, à l’écart d’un habitat.

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Pour citer cet article

Référence papier

Céline Casasoprana, « Richebourg (Yvelines). Le Moulin de Renonville »Archéologie médiévale, 37 | 2007, 197.

Référence électronique

Céline Casasoprana, « Richebourg (Yvelines). Le Moulin de Renonville » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 37 | 2007, mis en ligne le 15 janvier 2023, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/45725 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.45725

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Responsable d’opération

Céline Casasoprana

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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