Le manoir en Anjou du xiie au xive siècle (Maine-et-Loire)
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Année de l'opération :
2006Sujets :
manoir, grange, ferme, salle d'apparat, charpente, pan de bois, milieu rural, dendrochronologie, blason, bois d'oeuvreNature de l'opération :
prospection archéologiqueTexte intégral
1En Anjou, la reprise économique qui suit la guerre de Cent Ans entraîne, à partir du milieu du xve s., l’ouverture de multiples chantiers dans le domaine civil. Ce mouvement de reconstruction s’est fréquemment fait au détriment d’anciennes demeures. Néanmoins, les prospections et les analyses de bâti réalisées depuis une dizaine d’années ont permis d’étudier de nombreux sites attribuables aux xiie, xiiie et xive s.
2Les manoirs peuvent être définis comme les résidences des élites en milieu rural. Sièges de seigneuries foncières, ils avaient le plus souvent un statut noble. Le dénominateur commun de ces édifices, généralement peu ou pas fortifiés, est la présence d’une grande salle dont le volume monte sous la charpente, laissée apparente. Autour de la salle s’articulaient le bloc privé et les annexes à usage domestique.
3En l’état actuel des connaissances, une trentaine de sites manoriaux antérieurs au xve s. et présentant des vestiges significatifs ont été inventoriés, et la moitié d’entre eux ont fait l’objet d’une étude détaillée. Parmi la vingtaine de manoirs conservant une charpente ancienne, six ont pu bénéficier d’analyses dendrochronologiques.
4Ce projet, qui s’inscrit dans le programme 24, Naissance, évolution et fonction du château médiéval, répond à un double objectif : 1) Constituer un corpus de sites bien datés jalonnant la période médiévale. Sa réalisation constitue une étape préalable indispensable pour préciser la genèse des modèles de manoirs caractéristiques en Anjou de la seconde moitié du xve s. Ces recherches doivent également ouvrir des perspectives pour faciliter l’interprétation des sites connus à partir de la seule fouille, et dont ne subsiste que le plan au sol. 2) Mieux cerner la typologie des charpentes et la durée d’utilisation des diverses configurations, dans le but d’affiner la chronologie des différentes structures de combles et de mieux caractériser certains éléments techniques et stylistiques.
5Le modèle de la salle placée à l’étage est bien identifié en Anjou. De nouvelles recherches ont toutefois permis d’identifier des grandes salles de plain-pied, dont les exemples étaient jusqu’alors principalement connus en Bretagne, Normandie et Angleterre. Ce parti architectural, qui n’avait jusqu’à présent pas été reconnu dans les manoirs du Val de Loire, nous a semblé intéressant à étudier plus en détail, afin d’en préciser les caractéristiques principales. Les crédits dévolus aux analyses dendrochronologiques au titre de l’année 2006 ont été consacrés au manoir de La Gortaie à Louvaines. Ce manoir, non documenté par les sources écrites, comporte une grande salle de plain-pied de 18 x 9 m hors œuvre, couverte par une charpente à chevrons porteurs. Subsistent les traces d’un décor héraldique. Au moins deux appentis et un bloc résidentiel à étage, disparus, faisaient partie de l’état originel, daté par dendrochronologie du tout début du xive s. (abattage des bois au cours de l’hiver 1302-1303). Cette charpente est la plus ancienne attestation, en Anjou, d’un contreventement avec faîtage et sous-faîtage. La grange, accolée au sud vers 1660, semble édifiée alors que le manoir est déjà déclassé en simple ferme. La structure à chevrons porteurs et à pannes est un système de couvrement connu sur des constructions vernaculaires de la bordure sud-ouest du Bassin parisien.
6Sur ce site comme sur nombre d’autres, les parties périphériques sont parvenues jusqu’à nous. Dans le cas de Longchamp à Miré, s’ajoutaient au bloc à usage domestique, construit en pierre, d’autres appentis en bois aménagés autour de la salle. Plus généralement, la présence de corbeaux ou de boulins suggère un recours fréquent au pan-de-bois, attestant une probable hiérarchie avec le volume central édifié en pierre. L’utilisation du bois, matériau périssable, est également à l’origine de la disparition de nombreux aménagements liés à la distribution, au confort et à l’apparat (galeries, cloisons, tribunes, balcons, lambris, huisseries, etc.).
Table des illustrations
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| Titre | Manoir de La Gortaie (Louvaines, Maine-et-Loire). Hypothèse de restitution de l'édifice au xive siècle. |
| Crédits | Écorché axonométrique : E. Litoux. |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/45950/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 218k |
Pour citer cet article
Référence papier
Jean-Yves Hunot, « Le manoir en Anjou du xiie au xive siècle (Maine-et-Loire) », Archéologie médiévale, 37 | 2007, 208-209.
Référence électronique
Jean-Yves Hunot, « Le manoir en Anjou du xiie au xive siècle (Maine-et-Loire) » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 37 | 2007, mis en ligne le 15 janvier 2023, consulté le 14 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/45950 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.45950
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