Nucourt (Val-d’Oise). Camp de César
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Année de l'opération :
2006Numéro d’opération :
107595Nature de l'opération :
fouille programméeTexte intégral
1La fouille en 2005 de l’interruption nord de l’éperon barré a confirmé l’existence dans le talus du rempart primitif d’une suite de rampes de construction placées au fur et à mesure de l’élévation de chaque assise. Des fragments de céramique carénée retrouvés dans la tranchée d’installation du rempart primitif sont caractéristiques de la transition du premier et du deuxième âge du fer, soit les vie et ve s. avant notre ère.
2La fouille de 2006 de l’interruption sud de l’éperon barré montre que le rempart primitif a été reconstruit au moins deux fois. Les deux dernières étapes sont marquées par un nouveau bourrage interne constitué essentiellement de blocs de grès récupérés à l’extérieur du site.
3L’un des fossés de l’interruption nord, creusé dans le sous-sol calcaire, s’est avéré être une carrière à ciel ouvert abandonnée en cours d’exploitation. On peut observer des paliers d’extraction de chaque côté de la carrière, ainsi que des blocs de calcaire extraits et abandonnés tout près de leur emplacement d’origine. Des traces résiduelles des nombreuses tranchées d’extraction sont visibles sur l’ensemble du plancher de la carrière. L’étude des traces d’outils présentes sur les parois montre que celles-ci sont uniquement réalisées au marteau taillant. Les tranchées ont un profil en V dû à l’angle de frappe que nécessite cet outil. Ainsi, les blocs de calcaire extraits ont leurs faces biaises, et une section et un plan caractéristique de forme trapézoïdale. Or, la plupart des blocs de parements externes du nouveau rempart sont en calcaire de même nature géologique que ceux reconnus dans le fossé nord de l’éperon. Ils présentent les mêmes traces d’extraction primaire : une section et un plan de forme trapézoïdale et des traces de taillant uniquement sur les faces et non sur les lits horizontaux. Ainsi, les blocs bruts d’extraction de la carrière du fossé nord auraient fait directement office de parements externes en étant disposés dans les ultimes reconstructions du rempart. Ces reconstructions ont-elles été réalisées avant la dégradation de l’entrée sud de l’éperon barré ? En effet, les parois calcaires du fossé central ont subi en cet endroit une forte altération thermique due à la combustion sur place d’une grande quantité de bois qui les a parfois transformé en chaux. Le très rare mobilier céramique retrouvé dans les vestiges de cette combustion pourrait être daté au plus tôt de la deuxième moitié du xie s. Doit-on voir dans cette dégradation de grande ampleur de l’extrémité sud du fossé central les traces d’une agression volontaire du rempart à cette époque ? S’agit-il d’un témoignage des troubles guerriers connus historiquement entre 1050 et 1112 autour de la frontière anglo-normande de l’Epte toute proche? Quoi qu’il en soit le rempart médiéval semble par la suite démonté, puisque qu’une couche de démolition retrouvée sur le rempart arasé serait datée par son matériel céramique du début du xiiie s.
Table des illustrations
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| Titre | Nucourt. Camp de César. |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/46199/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 517k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Christophe Toupet, Céline Blondeau, Christopher Manceau, « Nucourt (Val-d’Oise). Camp de César » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 37 | 2007, mis en ligne le 12 juin 2019, consulté le 14 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/46199 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.46199
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