Manerbe (Calvados). Chapelle Saint-Sauveur
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Numéro d’opération :
162406Sujets :
sépulture, sépulture d'enfant, chapelle, nécropole, cimetière, coffre funéraire en bois, sarcophage, mobilier funéraire, arme, scramasaxe, fibule, chaînette, objet en fer, fourreau, boucle de ceinture, céramiqueNature de l'opération :
fouille programméeTexte intégral
1En 2006, 26 nouvelles sépultures ont été découvertes, auxquelles s’ajoutent six autres dont la fouille avait été amorcée en 2004 ou 2005. Comme pour les tombes rencontrées précédemment (Archéologie Médiévale 36, p. 281-282), il s’agit d’inhumations orientées E-O avec une décomposition du corps en espace vide ou semi colmaté. D’après l’étude anthropologique menée sur le terrain, la plupart des individus découverts cette année sont des adultes ; seuls deux immatures, dont l’âge dentaire est estimé entre 4 et 6 ans, ont été recensés.
2Au terme de trois campagnes, l’ensemble de la nécropole mérovingienne paraît avoir été reconnu : elle comprend 113 tombes sur une superficie d’environ 630 m2. Toutes les sépultures ont une orientation globalement EO, avec la tête des défunts posée à l’ouest, à l’exception de trois inhumations orientées NS, avec la tête posée au nord. La disposition en rangées des tombes, orientées EO, parallèlement aux courbes de niveaux, a nécessité d’adapter l’implantation des fosses sépulcrales aux contraintes de la topographie naturelle. Les modes d’inhumation apparaissent standardisés. Les défunts ont été inhumés dans des contenants en bois, de type coffrage de planches assemblées dans la fosse, parfois calés à l’aide de rognons de silex. Une sépulture fait exception avec l’emploi d’un sarcophage à cuve trapézoïdale. La rareté des recoupements et l’organisation relativement structurée du champ sépulcral offrent l’image d’un cimetière utilisé en continu sur une période suffisamment courte pour avoir évité les superpositions multiples. Cette impression d’homogénéité trouve une confirmation dans la caractérisation des ensembles mobiliers déposés dans les tombes aux côtés des défunts. 56 sépultures, soit 50 % des inhumations, ont livré des éléments mobiliers (armes, garnitures de ceintures, fibules, chaînes ventrales, ustensiles en fer, céramique, etc.). Cette nécropole se signale également par un nombre élevé de porteurs d’arme, avec seize tombes contenant un scramasaxe et trois autres un fourreau seul. L’ensemble des objets se rapporte à des productions attribuées à la fin du vie et au viiie s. dans le nord de la Gaule.
3En plein milieu du champ sépulcral, un espace, qui a continuellement accueilli une forte densité d’inhumations, se distingue par la présence du sarcophage et d’anomalies topographiques. Or, c’est précisément à l’aplomb de cet espace qu’ont été mis au jour les vestiges de la chapelle Saint-Sauveur, qui n’est cependant attestée que par des structures allant des xiiie-xive au début du xixe s. Malgré un hiatus de près de 600 ans, l’hypothèse d’une continuité entre le cimetière du viie s. et cette chapelle reste la plus probante.
Pour citer cet article
Référence électronique
Vincent Hincker, « Manerbe (Calvados). Chapelle Saint-Sauveur » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 37 | 2007, mis en ligne le 12 juin 2019, consulté le 14 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/46701 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.46701
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