Paris (Paris). Les Bernardins
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Année de l'opération :
2006Numéro d’opération :
107570Sujets :
logis abbatial, chapelle, atelier de taille, bassin (structure), cimetière, canal, cheminée, sacristie, cellier, dortoir, escalier, cuisine (pièce), statue, Cisterciens, architecture gothique, sculpture, technique de construction, dendrochronologieNature de l'opération :
surveillance de travauxTexte intégral
1Le Collège des Bernardins a été l’un des établissements médiévaux les plus importants de la rive gauche de la Seine à Paris. Il a été installé dans l’espace libre gagné sur le lit majeur de la Seine à l’intérieur de l’enceinte de Philippe Auguste. Le grand logis et la sacristie, construits l’un dès la fondation en 1245, l’autre dans le troisième quart du xive s., sont les seuls bâtiments conservés du complexe cistercien. Ils comptent parmi les rares monuments gothiques subsistants de l’ancienne université de Paris et font l’objet d’une importante réhabilitation de 2003 à 2007. L’étude des abords apporte de nouvelles données sur la formation d’un quartier.
2La première tranche de travaux fut l’occasion de mener de nombreuses observations archéologiques à l’intérieur, sur les terrains et sur les maçonneries. La partie inférieure du grand logis, le cellier, mesure environ 73 m de long pour 16 m de large, en associant trois nefs de 17 travées voûtées d’ogives chacune. Le terrain alluvial n’étant pas idéal pour la construction, les fondations sont puissantes et installées sur pieux battus au moins pour le mur pignon sud. Des solutions techniques ont été utilisées pour ralentir par la suite la déformation de l’édifice : un système original de contrebutement des piliers dans le cellier et un cloisonnement de la grande salle. À l’époque moderne, le cellier trop exposé aux crues de la Seine a été remblayé jusqu’à la naissance des voûtes. Son déblaiement et la reprise des fondations ont livré un niveau de sol médiéval et un ensemble lapidaire sculpté pour la grande église fondée en 1338. Au premier étage, des dégagements pratiqués autour des ébrasements des baies actuelles de la façade ouest ont souvent abouti à la découverte d’ouvertures médiévales différentes. La destruction du plafond a mis en évidence les entraits conservés et le réemploi d’arbalétriers datés par dendrochronologie du milieu du xiiie s.
3La partie basse de la sacristie a été sondée puis décaissée. Deux séquences d’utilisation et des occupations antérieures y ont été mises en évidence. L’une d’elles correspondrait volontiers à une première chapelle, de plan inconnu mais associée à la dalle tumulaire en place de Günter de Schwartzburg, décédé en 1306 et fondateur de l’abbaye de l’Aumône en Thuringe.
4Les cours extérieures ont été remblayées sur parfois plus de 5 m depuis l’époque gallo-romaine. Au NE de la cour ouest, il a été possible d’observer en détail quelques mètres carrés d’un atelier de taille de pierre contemporain de la construction du grand logis, et de fouiller les restes du cimetière de la communauté. Dans la fondation du mur de l’escalier du dortoir qui le limitait à l’est, deux statues du xive s., dont un majestueux Christ, avaient été déposées. Elles en ont été dégagées par M. Viré et l’entreprise Lefèvre. La cour sud, voisine du canal de Bièvre, a livré un bâtiment de l’aile claustrale sud. Cet édifice médiéval à deux nefs et trois travées était appuyé sur le canal et doté d’une cheminée. Il est séparé du grand logis par un passage où ont été étalés des témoignages d’artisanat potier de la seconde moitié du xiiie s., dont l’exploitation archéologique reste à finaliser. Lorsque les cuisines ont été transférées à l’intérieur du grand logis au xviie s., un système de bassins leur a été associé à l’extérieur et contre le mur pignon sud.
Table des illustrations
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| Titre | Paris. Les Bernardins. |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47349/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 501k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Arnaud Prié, Marc Viré, « Paris (Paris). Les Bernardins » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 37 | 2007, mis en ligne le 27 mars 2023, consulté le 23 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/47349 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.47349
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