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L’habitat déserté de Gungling à Grosbliederstroff (Moselle), ixe-début xvie siècle

The Gungling deserted Settlement at Grosbliederstroff (Moselle), 9th - early 16th century.
Die Wüstung Gunglingen (Gemeinde Großblittersdorf, moselle) vom 9. bis zum frühen 16. Jh.
Édith Peytremann
avec la collaboration de Marie Frauciel
p. 57-113

Résumés

La fouille du site de Gungling (Moselle) est à l’origine de la découverte d’un habitat rural occupé, sans interruption, du ixe au début du xvie siècle. Trois grandes périodes d’occupation ont été distinguées, grâce notamment à l’abondance du mobilier céramique. La première période (ixe-xiie siècles) est caractérisée par la présence de cabanes excavées, d’une zone d’ensilage et de traitement des céréales, d’un four de potier et de sépultures. La deuxième période (xiiie au xive siècle) témoigne d’une rétraction de la surface bâtie et d’une modification des techniques de construction avec notamment l’introduction du solin et du pan de bois. La troisième période (xve-début xvie siècle) confirme la diminution de l’espace bâti. Quelques modifications dans les techniques de construction et de chauffage sont perceptibles. Le site est abandonné au début du xvie siècle et les terres sont réservées à l’usage agricole.

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Dédicace

À la mémoire de Martine Willaume.

Texte intégral

1. Introduction

  • 1 Mervelet 1997, p. 93-94.
  • 2 Que Marie-Paule Seilly, en charge de l’instruction du dossier lors de la fouille, et Pierre Thion, (...)
  • 3 L’équipe était constituée de L. Bourrada, A. Colecchia, J. Dolata, F. Gama, s. Galland, A. Glad, P (...)

1Les travaux prévoyant la création du contournement ouest de Sarreguemines sont à l’origine des sondages d’évaluation réalisés en 1997 par Ph. mervelet1. C’est à cette occasion que des vestiges d’habitat médiéval ont été mis au jour. À la suite de ces découvertes, le Service régional de l’archéologie de Lorraine2 a pris la décision de faire effectuer une fouille par l’AFAN, préalablement à la construction d’un bassin de rétention des eaux. Celle-ci s’est déroulée de juillet à septembre 19983.

1.1. Situation géographique et contexte géologique

2Le lieu-dit Gungling se trouve à 2 km au sud-ouest du village de Grosbliederstroff sis sur la rive gauche de la Sarre à environ 6 km au nord-est de Sarreguemines (fig. 1, 2 et 40). Son terroir comprend notamment un coteau (Gunglingerberg) sur lequel se trouvent la forêt de Grosbliederstroff et de nombreuses sources. Le gisement est plus particulièrement localisé sur la basse terrasse (entre 192,70 et 200 m NGF) de la Sarre dont il est éloigné d’environ 200 m. À cet endroit, la Sarre matérialise la frontière avec l’Allemagne. Le site accuse un pendage ouest-est de 7,3 %. Les parcelles étaient, avant l’intervention archéologique, recouvertes de prairies. La basse terrasse est constituée par des alluvions anciennes. Celles-ci sont principalement formées de limons sableux auxquels sont parfois mêlés des graviers. La partie centrale du gisement est occupée par un banc de sables apparu à environ 194,40 m NGF. Un banc de marnes bleues a par ailleurs été observé dans l’angle nord-est du gisement à 195 m NGF.

Fig. 1 Localisation du site.

Fig. 1 Localisation du site.

1.2. Contexte historique et archéologique

1.2.1. Recherches dans les sources écrites et figurées (Marie Frauciel)

3Le contexte historique

  • 4 « [...] villas denominatas quae Theodericus mihi tradidit, id sunt Blithario villa cum apendiciis (...)
  • 5 Cocalingas a parfois été traduit par Gungling, au lieu de Cochling (ou Kuchlingen) et les deux lie (...)

4Gungling se situe sur la commune de Grosbliederstroff, localité attestée dès le viiie siècle dans le testament de Fulrad, abbé de Saint-Denis4. Dans ce document daté de 777, Fulrad donne à l’abbaye des villae dans la vallée de la Sarre parmi lesquelles figurent Sarreguemines (Guemunde), Bliederstroff, Auersmacher et Cochling5.

  • 6 Hiegel 1934, p. 60 et Stoclet 1993, p. 19. Les deux confirmations sont des textes originaux.
  • 7 Stoclet 1993, p. 106, n. 3.

5Il semble que Grosbliederstroff ait constitué le chef-lieu des terres que Saint-Denis possédait dans le pays de la Sarre, car la confirmation des biens de l’abbaye, par Charlemagne en 782 et Charles le Chauve en 865, ne mentionne que « Blithario villa super fluvium Saroa et Blesa » dans la liste des biens6. A. Stoclet avance, dans sa thèse sur Fulrad de Saint-Denis, des arguments économiques pour expliquer l’implantation de Saint-Denis dans la vallée de la Sarre. Tous les biens mentionnés sont en effet situés au bord de la rivière qui est une voie navigable de première importance ; elle aurait notamment permis l’exportation du sel produit dans le Saulnois7.

6L’église de Grosbliederstroff est attestée dans les archives depuis le xiiie siècle. La paroisse est une des plus vastes du secteur jusqu’au xviiie siècle. Elle possède trois annexes actuellement situées en Allemagne : Auersmacher, Cochling et Kleinblittersdorf.

  • 8 Plusieurs textes de l’abbé Suger de Saint-Denis, sans date (probablement 1123 et 1125), cités par (...)
  • 9 Hiegel 1934, p. 59.
  • 10 Ibid., p. 65-72.

7Guemunde, Blitterstroff, Cochlingen et leurs dépendances se maintiennent dans les propriétés de l’abbaye de Saint-Denis jusqu’au xiie siècle, époque à laquelle ils font l’objet d’un échange avec des seigneurs locaux, le comte Albert de morsberg et son gendre meynard de Sponheim contre divers biens, dont des poêles à sel dans le Saulnois8. Ils passent ensuite, par mariage, à la maison comtale de Sarrebruck9. Au cours du xiiie siècle, le duc de Lorraine devient propriétaire ou reçoit en hommage la majorité de ces biens et en fait une châtellenie ducale, la châtellenie de Guemunde ou Sarreguemines. Certains biens échappent cependant à la maison ducale et passent à l’abbaye de Wadgasse, fondation de la famille de Sarrebruck, soit par donation soit par achat10.

8Mentions de Gungling dans les archives

9Les graphies anciennes relevées pour Gungling sont Gunglingen ou Gonglingen, Gundelingen ou Gondelingen et Gondelange(s), Gondelinge pour le nom francisé.

  • 11 « [...] in Gundilingen marcha mansa III »
  • 12 REL 1901-1903, t. 1, p. 375.
  • 13 Canton de Drulingen, Moselle.
  • 14 Perrin 1935, p. 146.

10Le toponyme Gundilingen apparaît pour la première fois dans un censier de l’abbaye de marmoutier au xiie siècle11. Son identification avec Gungling a été proposée par les auteurs du Reichsland Elsas-Lothringen12, et contredite par Ch.-E. Perrin qui propose Gungweiler pour Gundelingen, en raison de la proximité géographique de Gungweiler13 avec les autres lieux-dits mentionnés dans le document, tous localisés dans un même secteur14. Par ailleurs, le lieu-dit Gungling n’apparaît pas par la suite dans les biens de l’abbaye, qui ne semble pas avoir eu de propriétés dans la vallée de la Sarre ce qui compromet l’identification de Gungling et Gundilingen.

  • 15 Burg 1980, p. 84 : « [...] ihren gesamten Allodialbesitz in Gudelingen und Umgebung, Hörige und al (...)
  • 16 Hiegel 1980, p. 55.

11On trouve ensuite une mention de Gondelingen dans un acte de 1278 tiré des archives de l’abbaye de Wadgasse. Deux chanoines, un comte et un chevalier échangent avec l’abbaye l’allodium de Gudelingen et leur part dans une saline du Saulnois, la saline de Breite, contre une rente annuelle en blé15. La donation concerne l’alleu de Gudelingen et ses alentours, les serfs et les autres biens inclus. On peut rapprocher ce texte d’autres documents contemporains dans lesquels des personnages laïcs donnent à l’abbaye des parts dans la même saline de Breite ainsi que des biens allodiaux tous situés dans la vallée de la Sarre, notamment à Bliederstroff ou à Sarreguemines16. Ces donations sont faites par des personnes qui semblent apparentées. Les mentions associées de la saline de Breite (propriété de la famille de Sarrebruck au début du xiiie siècle) et d’alleux situés à proximité de Gungling invitent à identifier Gudelingen à Gungling. De plus, l’abbaye de Wadgasse possède des biens à Gungling au xive siècle. Un rôle daté de 1310-1320 détaille les biens de l’abbaye à Grosbliederstroff. On y trouve mentionnés les localités et lieux-dits suivants : Kleinblitterstroff, Auersmacher, Kochlingen, Wintringen, Redlingen et Gundelingen…

  • 17 AD Meurthe-et-Moselle B 734, n° 6 : état des rentes et des revenus de Guemunde (texte transcrit et (...)
  • 18 AD Meurthe-et-Moselle B 734, n° 35 : lettre de Nicolas Rodeboix de Sarrebruck qui engage les dîmes (...)
  • 19 Registre des comptes de la châtellenie de Sarreguemines : AD Meurthe-et-Moselle B 9156 : 51 : « [. (...)

12Les archives de la châtellenie de Sarreguemines contiennent également des actes citant Gungling. L’état des rentes et revenus de Guemunde réalisé en 1335 mentionne la « pexerie (pêcherie) de Godelange », « la terre de Gondelenges ». Le texte cite également des personnages portant les noms de Reniers et Jehan de Gondelange ou Remers de Gondelange17. En 1341, les dîmes de Blitsdorf bi Gondelingen sont mentionnées dans ces mêmes archives18. Le lieu-dit Gondelinge apparaît aussi en 1475 dans le registre de comptes de la châtellenie pour des redevances qui concernent des vignes et des terres agricoles19.

  • 20 Huber 1906, p. 281-282 : censives datées du deuxième quart du xviie siècle.
  • 21 Hiegel 1934, p. 427-428, cite un acte de vente dans lequel Adam Fischer cède au duc de Lorraine de (...)

13Les textes postérieurs ne mentionnent pas Gungling comme un lieu-dit habité. Au xviie siècle, les terres et les prés situés au lieu-dit Guenglinger Berg sont déclarées « vagues » et « en ruines » « depuis les guerres »20. La date de disparition de la pêcherie de Gungling n’est pas connue ; en 1614 la pièce d’eau située au lieu-dit Gonglingerberg est rachetée par le duc de Lorraine, qui donne, en 1616, la pêche en baille à un particulier21.

  • 22 Box 1895, p. 223.
  • 23 Rohr 1966, p. 138.
  • 24 AD Moselle 8 AL 403.

14Des maisons sont attestées à cet endroit à la fin du xixe siècle22 ; il s’agit des bâtiments d’une tuilerie en activité de 186023 à 191624.

15La documentation iconographique

  • 25 AD Moselle 4 E 209.

16Le lieu-dit Gonglingen figure sur un atlas parcellaire du territoire de Grosbliederstroff, dressé en 175325 (fig. 42). Il correspond à une petite parcelle carrée située à 200 m de la Sarre. De part et d’autre, des parcelles plus importantes portent les noms de Gonglinger Berg, Gonglinger Deicht, les anciennes vignes de Gonglingen, et Gonglinger Allmeth.

  • 26 AD Moselle 35 P 261.

17La zone fouillée se situe dans la parcelle Gonglinger Wiese. Une « sablonière pour l’entretien de la chaussée » y est indiquée. Elle correspond à la zone d’extraction mise au jour lors de la fouille. Le cadastre napoléonien de 1807 n’enregistre pas de changement majeur dans ce secteur26.

18Synthèse

  • 27 Il n’est pas possible de déterminer si les donateurs de l’alleu de Gundelingen ont des liens avec (...)

19Les archives concernant Gungling sont rares, le toponyme apparaît sporadiquement aux xiiie-xive siècles au détour de quelques textes qui témoignent de l’occupation du lieu à cette période. Comme Grosbliederstroff ou Sarreguemines, Gungling est qualifié d’alleu au xiiie siècle, il suit de plus le même transfert de propriété vers les comtes de Sarrebruck27, puis les ducs de Lorraine et vers l’abbaye de Wadgasse. Et bien qu’il n’y ait pas de trace dans les sources écrites plus anciennes on peut se demander si Gungling n’a pas anciennement fait partie d’une des villae dépendantes de l’abbaye de Saint-Denis.

20La rareté des textes peut être mise en relation avec la taille peut-être modeste de l’occupation, et éventuellement, avec une absence manifeste de lieu de culte. La date et les raisons de la disparition de l’habitat de Gungling sont inconnues.

  • 28 Hiegel 1934, p. 383.

21L’étude des autres localités de la paroisse de Grosbliederstroff montre un destin fort similaire. La localité de Cochling disparaît des textes après le xve siècle. Seule demeure une chapelle utilisée jusqu’au xviiie siècle. Disparaissent également Wintringen et Redlingen, deux localités mentionnées dans l’acte de 1310-1320. Auersmacher reste un écart de Grosbliederstroff, tout comme Kleinblittersdorf (aujourd’hui toutes deux communes allemandes). Un recensement de 1474 décompte quarante-cinq conduits (feuille d’imposition) pour Grosbliederstroff, onze pour Auersmacher et onze pour Kleinblittersdorf28. La région est très touchée par les destructions à partir du xvie siècle avec l’épisode de la guerre des Rustauds, les querelles qui opposent le duc de Lorraine et ses proches voisins, puis la guerre de Trente Ans. Les archives de la fin du xviie siècle abondent en énumérations de villages détruits et de terrains agricoles en friche. Les guerres, les changements survenus dans les conditions économiques et la conjonction de ces facteurs peuvent être avancés pour expliquer la disparition de ces localités.

  • 29 Zeller 1934, p. 296.

22On signalera également une modification importante dans le tracé des voies commerciales dans ce secteur. Aux xive et xve siècles, l’itinéraire traditionnel des marchands joignant la Flandre à l’Italie par la Champagne est abandonné en raison des troubles politiques au profit d’un nouveau trajet empruntant la vallée de la Sarre par voie terrestre ainsi que par voie fluviale. Ce changement a certainement eu des répercussions positives sur l’activité et l’occupation du secteur. À partir de la deuxième moitié du xve siècle, cette route est abandonnée par les mêmes marchands ; elle redevient la « route du Brabant » et ne sert plus que pour des échanges régionaux29.

1.2.2. Le contexte archéologique

  • 30 Les données présentées dans ce chapitre sont issues du fond de la carte archéologique du SRA de Lo (...)
  • 31 Mémoires de l’académie de metz 1893, p. 1-38 ; millotte 1965, p. 33.
  • 32 Gallia Préhistoire 1981 ; Decker, Thévenin 1980, p. 241-246.

23La commune de Grosbliederstroff est connue pour avoir livré des vestiges archéologiques appartenant à plusieurs périodes30. Une nécropole à tumuli, utilisée de l’époque chalcolithique à La Tène, est localisée dans la forêt de Grosbliederstroff (fig. 2, n° 1)31. Un chenet attribué à l’âge du bronze final a été découvert par É. Decker à l’occasion de sondages réalisés sur le tracé du CD 31bis (fig. 2, n° 3)32.

Fig. 2 Localisation des sites archéologiques et de la fouille de 1998 sur le plan de la commune de Grosbliederstroff d’après la carte IGN 3613 ET.

Fig. 2 Localisation des sites archéologiques et de la fouille de 1998 sur le plan de la commune de Grosbliederstroff d’après la carte IGN 3613 ET.

P. Girard del.

  • 33 Gallia 1966, p. 296.
  • 34 Gallia 1982, p. 327.

24En 1966, un dépôt de bracelets en bronze, datés du Hallstatt moyen, a été mis au jour rue du cimetière (fig. 2, n° 2)33. Une fouille de sauvetage urgent au lieu-dit Weiher, sur le tracé du CD 31bis, a permis la découverte d’un site d’habitat attribué au Hallstatt final et à La Tène34. La campagne de sondages, réalisée sur le tracé du contournement ouest de Sarreguemines, a révélé la présence d’une incinération – attribuée à La Tène finale – sur un replat du versant ouest de la vallée de la Sarre, au lieu-dit Gungling.

  • 35 Lutz 1991, p. 257.
  • 36 Gallia, t. 40, 1982, n° 2 : p. 327 ; Decker 1980 et 1981.

25Une villa est mentionnée au lieu-dit Gungling à l’ouest de la RN 61 (fig. 2, n° 4)35. Elle est localisée à une centaine de mètres au sud du site étudié. Le site de Weiher (CD 31bis) a également livré des vestiges d’une villa occupée au début du ier siècle et du iie siècle au ive siècle, ainsi qu’un tronçon de voie (fig. 2, n° 3)36. La campagne de sondages, réalisée sur le tracé du contournement ouest de Sarreguemines, a révélé la présence d’une portion de voie, supposée romaine, située au lieu-dit Gungling à l’ouest de l’actuelle RN 61. La voie est orientée nord-est/sud-ouest. Un élément de voirie est également signalé sur la carte IGN. Il passe par le village de Grosbliederstroff.

  • 37 Toussaint 1938, n° 5, p. 19.
  • 38 Decker 1980 et 1981.

26En 1842, plusieurs tombes contenant du mobilier « d’origine orientale », daté du ve siècle, ont été découvertes dans la forêt communale (fig. 2, n° 5) 37. Des indices d’occupation médiévale (céramique, etc.) ont par ailleurs été observés lors de la fouille de la villa gallo-romaine au lieu-dit Weiher (fig. 2, n° 3)38.

27Ces nombreuses découvertes indiquent une occupation précoce et continue du terroir depuis l’époque chalcholithique jusqu’à nos jours.

1.3. Moyens et méthodes d’investigation

  • 39 Peytremann 2000.

28La zone de fouille, d’une superficie avoisinant l’hectare, a fait l’objet d’un décapage mécanique préalable à la fouille des structures sur une profondeur variant de 0,25 à 0,67 m. La majorité des structures ont été fouillées manuellement par moitié, à l’exception des fonds de cabane, du four et des sépultures, qui ont été entièrement vidés. Le reste des vestiges a été fouillé mécaniquement, également par moitié. Lors de la réalisation du document final de synthèse39, un découpage théorique de l’espace a été effectué afin de constituer des diagrammes stratigraphiques. La périodisation du site a été réalisée à partir de l’étude stratigraphique, de celle du mobilier céramique et du résultat de onze analyses 14C. Un certain nombre de structures est néanmoins resté sans attribution chronologique.

1.4. Principaux résultats

29L’étude des vestiges dégagés a permis de reconnaître cinq périodes d’occupation. Les plus anciens sont attribuables à l’âge du fer et plus particulièrement à une période charnière entre la fin du Hallstatt et le début de La Tène ancienne. Il s’agit, pour l’essentiel, de silos. Ces structures sont scellées par une importante couche d’alluvions qui permet d’envisager l’abandon du site à la suite d’inondations successives. Aucun indice d’occupation n’a été décelé entre cette période et le ixe siècle. Les quelques artefacts antiques découverts en position secondaire sont trop peu nombreux pour être mis en relation avec une occupation structurée. Ils peuvent en revanche témoigner d’une exploitation du terroir en relation avec une villa dont la présence est signalée à une centaine de mètres de là. Des vestiges d’habitat (cabanes excavées, fosses, four de potier, etc.) ainsi que des sépultures attestent en revanche une occupation qui remonte aux ixe-xiie siècles et qui se poursuit aux xiiie-xive siècles. La rupture entre les deux périodes est principalement marquée par un changement dans les techniques de construction. Au xve-début xvie siècle, l’occupation est caractérisée par une rétraction de l’espace bâti. Le site est abandonné vers le milieu du xvie siècle et les terrains sont mis en culture comme l’atteste la mise en place d’un parcellaire laniéré. Dans le courant du xviie ou dans la première moitié du xviiie siècle, une sablière recoupant une partie des vestiges antérieurs est mise en service dans la partie centrale du gisement.

2. L’occupation des ixe-xiie siècles

30La datation de l’occupation des ixe-xiie siècles résulte du croisement de trois analyses : les données stratigraphiques, les datations par radiocarbone et l’étude du mobilier céramique. L’étude stratigraphique a essentiellement permis de distinguer cette époque des périodes d’occupation suivantes en identifiant notamment un niveau de destruction et un niveau d’abandon dans plusieurs secteurs de la fouille. Les recoupements d’un certain nombre de structures attestent par ailleurs plusieurs phases d’occupation qu’il n’a malheureusement pas été possible de préciser au sein de la fourchette ixe-xiie siècle.

31Parmi les onze échantillons ayant fait l’objet d’une analyse radiocarbone par le laboratoire de l’université de Gröningen, neuf sont datés entre la fin du viiie siècle et la fin du xiie siècle (fig. 3). Trois présentent une datation un peu plus ancienne, de la fin du viiie à la fin du xe siècle. Il s’agit du fond de cabane 01, de la fosse 666 et de la sépulture 304. Les six autres sont en revanche datés de la fin du xe ou du début du xie siècle au milieu du xiie siècle. Il s’agit du four 22, des silos 434 et 642, du fond de cabane 15 et du foyer 644.

Fig. 3 Tableau récapitulatif des données 14C concernant les ixe-xiie siècles, fournies par le laboratoire de l’université de Gröningen (Pays-Bas).

Fig. 3 Tableau récapitulatif des données 14C concernant les ixe-xiie siècles, fournies par le laboratoire de l’université de Gröningen (Pays-Bas).

32Le mobilier céramique appartenant à cette période est principalement caractérisé par des productions réalisées en technique mixte. Il s’agit, pour l’essentiel, de productions locales, voire sur place pour trois groupes techniques. La céramique est majoritairement représentée par des formes fermées. Sa relative abondance au sein des structures a été déterminante pour l’approche chronologique. En revanche, l’absence de corpus de référence locale n’a pas permis d’affiner les datations : aussi le parti a été pris d’étudier les vestiges selon la période d’occupation et non par phases, par manque d’éléments suffisants.

33L’occupation des ixe-xiie siècles s’organise, dans l’emprise de la fouille, selon deux noyaux espacés d’environ 75 m et localisés dans la partie occidentale de l’emprise (fig. 4). Un four de potier se trouve entre ces deux zones. Dans le secteur central de la fouille, l’exploitation d’une sablière à la période moderne empêche de cerner plus précisément la topographie de l’occupation. Les sépultures sont apparemment localisées en marge de l’occupation.

Fig. 4 Plan d’ensemble des vestiges des ixe-xiie siècles et des vestiges non datés.

Fig. 4 Plan d’ensemble des vestiges des ixe-xiie siècles et des vestiges non datés.

2.1. Les structures d’habitat

34Par structure d’habitat, il est entendu toutes les constructions nécessaires à l’habitation et au fonctionnement de l’habitat (bâtiments à usage domestique et agricole).

2.1.1. Les cabanes excavées

  • 40 Par surface utilisable, nous entendons la surface délimitée par les parois clayonnées.
  • 41 Lorren 1981, p. 179.
  • 42 Morisset 1988, p. 280.

35Dix-sept fonds de cabane ont été découverts : dix sont associés au noyau sud-ouest et sept au noyau nord-ouest. Neuf cabanes sont orientées est-ouest, alors que les huit autres sont approximativement axées nord-sud. Les plans des cabanes sont généralement rectangulaires ou carrés. Une cabane adopte un plan trapézoïdal (FC 05), une autre un plan ovale (FC 15). Les surfaces des fosses et les surfaces utilisables40 sont variables (fig. 5). Deux modes de construction sont utilisés sans qu’un lien chronologique ou dimensionnel n’ait été démontré. Le premier type correspond aux cabanes dont la charpente est portée par six poteaux disposés aux angles et au milieu des grands côtés (fig. 6). La présence de trous de piquet le long des côtés ou d’un côté laisse supposer, pour la majorité des cabanes, des parois construites en clayonnage d’une épaisseur d’environ 0,20 m. Une interruption des piquets de clayonnage sur le côté occidental des cabanes 4, 6, 7, 10 et 14 permet d’envisager une entrée large de 0,80 à 1,20 m. Les aménagements internes aux cabanes sont plus délicats à identifier. La cabane 7 possède un foyer central. L’étude de la coupe stratigraphique indique deux états pour cette cabane, chacun associé à un foyer. Une telle superposition de foyers a déjà été observée sur le site de mondeville (Calvados) à propos du fond de cabane 141. La cabane 2 possède dans son fond un petit silo ou garde-manger d’une profondeur ne dépassant pas 0,40 m. D’autres cabanes ont révélé des trous de poteau ou des dépressions internes qui ne sont pas toujours faciles à interpréter. La distance de 1,30 m séparant deux creusements internes dans le fond de la cabane 4 peut correspondre à la largeur du bâti d’un métier à tisser vertical42, dont la partie supérieure s’appuierait sur la paroi orientale de la cabane. Le mobilier ne permet cependant pas de confirmer cette hypothèse. Les trous de piquet figurant dans le fond des cabanes 10 et 14 attestent vraisemblablement une cloison ou une installation en relation avec une activité qui nous échappe.

Fig. 5 Tableau récapitulatif des dimensions des cabanes excavées.

Fig. 5 Tableau récapitulatif des dimensions des cabanes excavées.

36Les comblements stratifiés des fonds de cabanes n’apportent guère plus d’information sur leurs aménagements internes. Des couches d’occupation ont clairement été identifiées dans les cabanes 2, 4 et 6, tout comme des niveaux de viabilisation ou de ruissellement naturel dans les cabanes 4 et 6. Il est tentant d’interpréter la couche organique scellant le niveau de remblai de la cabane 4 comme la décomposition d’un plancher. L’absence d’aménagement lié à l’installation de ce dernier (encoches pour les planches, etc.) ne permet cependant pas de confirmer une telle hypothèse.

Fig. 6 Plans et coupes des cabanes excavées 2, 4, 7, 10 et 14 à six trous de poteau.

Fig. 6 Plans et coupes des cabanes excavées 2, 4, 7, 10 et 14 à six trous de poteau.

J. Dolata et P. Girard del.

37Le second mode de construction comprend les cabanes dont la charpente est portée par deux poteaux faîtiers, exceptionnellement trois (FC 03) (fig. 7). Les poteaux sont généralement implantés au centre des petits côtés à l’exception des cabanes 3 et 9 où ils sont disposés sur les grands côtés. Les dimensions des cabanes et la construction des parois ne diffèrent pas de celles à six poteaux. Les cabanes 9 et 26 possèdent probablement une entrée à l’ouest tandis qu’elle se trouve à l’est pour la cabane 12. La cabane 9 comprend un petit silo dont la profondeur ne dépasse pas 0,40 m. Elle comprend par ailleurs un niveau d’occupation. La cabane 1 se distingue par une disposition irrégulière des poteaux et par la présence de rigoles dans le fond.

Fig. 7 Plans et coupes des cabanes excavées 1, 3, 5, 9, 12, 13 et 26 à deux trous de poteau.

Fig. 7 Plans et coupes des cabanes excavées 1, 3, 5, 9, 12, 13 et 26 à deux trous de poteau.

J. Dolata et P. Girard del.

  • 43 Blaising 1998, p. 67-77 ; Chapelot 1980, p. 5-57 ; Peytremann 2003, p. 274-279.

38Les cabanes excavées mises au jour sur le site de Gungling présentent de nombreuses similitudes avec celles découvertes en Lorraine et plus généralement en Europe du Nord-Ouest43. La présence d’une cabane possédant un foyer mérite toutefois d’être soulignée dans la mesure où cet équipement n’est pas fréquemment attesté. Actuellement, seize sites de la moitié nord de la France sont répertoriés pour avoir révélé des cabanes équipées de foyer. Il s’agit de Frouard, Cattenom, Gandrange, Amneville en Lorraine, de Juvigny et Saint-Dizier en Champagne-Ardenne, de mandeure en Franche-Comté, de Cheny et Champlay en Bourgogne, de Berry-au-Bac et Auteuil en Picardie, de Tournedos-sur-Seine en Haute-Normandie, de mondeville en Basse-Normandie et de Herblay et Roissy-en-France en Île-de-France.

39Les éléments découverts dans les cabanes ne permettent pas de trancher sur leur usage. Il peut en effet s’agir de constructions destinées à servir de resserre (FC 02 et 09), d’atelier ou d’habitation (FC 07 et 04).

  • 44 Vicherd 2001, p. 217.

40Le recoupement de plusieurs cabanes, leur superposition ou leur juxtaposition laissent supposer qu’elles n’appartiennent pas à une même phase d’occupation. La durée d’existence d’une cabane excavée est estimée à environ 30 ans maximum44. Dans cette hypothèse, le noyau sud-ouest comprend au maximum sept cabanes contemporaines si l’on prend en compte les structures 19 et 27 localisées aux limites de fouilles et assimilées à des cabanes excavées. Le nombre de cabanes synchrones du noyau nord-ouest est évalué à six en tenant compte des fosses 547, 628 et 660 qui correspondent probablement à des cabanes excavées. Ces estimations concordent avec les données chronologiques qui indiquent une densité d’occupation maximale au xie siècle et dans la première moitié du xiie siècle.

  • 45 Peytremann 2003, p. 327.

41Cette permanence d’occupation d’un lieu par un même type de construction est à souligner. Elle indique certainement une continuité, outre de l’utilisation de l’espace, de la gestion foncière45.

2.1.2. Autres constructions

42Aucun autre plan de bâtiments n’a été découvert. En revanche, la présence d’un certain nombre de trous de poteau ou d’empierrements évoque des restes de constructions arasées.

43Les trous de poteau sont localisés à l’emplacement des deux noyaux précédemment définis. Les types de structure composant ces noyaux (cabanes excavées, fosses, silos, etc.) évoquent plus des activités agricoles que des activités domestiques liées à l’habitation. Aussi, les trous de poteau témoignent-ils probablement plus de petites constructions ou d’annexes que de maisons d’habitation.

44Les deux empierrements (EMP 168 et 184) découverts au sein du noyau sud-ouest correspondent peut-être aux vestiges de solins. Leur épaisseur est respectivement de 0,32 et 0,40 m. Ils sont principalement constitués de pierres calcaires liées à un limon sableux. Leur longueur conservée est respectivement de 1,90 m et de 0,90 m. Il est possible que ces deux empierrements appartiennent à un même bâtiment orienté nord-ouest - sud-est qui se développe en dehors des limites de fouille (fig. 4).

45La présence d’un alignement (AL 23) de quatre trous de poteau dans la partie orientale du site est à noter (fig. 4). Elle permet de suggérer que la partie centrale, détruite par l’exploitation de la sablière, devait également être bâtie.

  • 46 Mervelet 1997, p. 32.

46L’absence de bâtiments, probablement imputable aux destructions occasionnées par l’exploitation de la sablière et aux limites de l’emprise, peut également s’expliquer par la fonction allouée à l’espace exploré en fouille. Ce dernier, parallèle à la ligne de rupture de pente, correspond à la limite d’extension du bâti comme l’ont démontré les sondages46. Dans cette perspective, l’hypothèse d’un secteur, en marge de l’habitat, réservé aux activités agricoles et artisanales peut être avancée. La partie réservée aux activités domestiques serait localisée dans la partie supérieure du terrain, à l’ouest de la limite de fouille.

2.2. Structures d’équipement

47Par structure d’équipement, il est entendu toutes les structures nécessaires à l’organisation et à l’utilisation d’un espace habité. Ces structures (fossé, clôture, chemin, fosse, foyer, canalisation, etc.) relèvent aussi bien du patrimoine collectif que privatif.

2.2.1. La clôture

48Au sein du noyau sud-ouest, se dessine sur environ 18 m, un alignement de huit trous de poteau (AL 32) espacés plus ou moins régulièrement de 1 à 2,5 m (fig. 4). Orienté est-ouest, cet alignement est interprété comme une clôture. L’absence de mobilier dans le comblement des trous de poteau ne permet cependant pas d’être assuré de la contemporanéité des trous de poteau, ni de leur appartenance aux ixe-xiie siècles. Cette hypothèse s’appuie néanmoins sur la nature identique des comblements des trous de poteau et sur l’absence de vestige protohistorique et la rareté des vestiges des xiiie-xve siècles à cet endroit. L’hypothèse d’une paroi d’un bâtiment se développant au sud, en dehors des limites de fouille, n’a pas été retenue en raison de la présence d’une sépulture.

2.2.2. Les fosses

49Une cinquantaine de fosses ont été dénombrées sur l’ensemble de la superficie fouillée. Elles sont essentiellement localisées au sein du noyau nord-ouest. Quelques-unes se trouvent dans la partie centrale de la bande occidentale de la fouille, d’autres au sein du noyau sud-ouest. Trois fosses ont été étudiées dans la partie orientale de l’emprise. Le principal problème concernant l’étude des fosses réside dans la difficulté à déterminer leur fonction primaire. La fosse 599 contenait la carcasse quasi entière d’un jeune bovin âgé de 24 à 30 mois. Treize fosses ont, à un moment donné, servi de dépotoir – il s’agit des fosses 151, 242, 363, 406, 513, 589, 609, 652, 663, 664, 666, 624 et 680 (fig. 8). Elles sont, pour la plupart, localisées dans le noyau nord-ouest. La seule fosse dépotoir (FOS 242), localisée dans le noyau sud-ouest, est attribuée à une période de transition datée de la seconde moitié du xiie à la fin du xiiie s. Une distinction peut être effectuée entre les fosses dont le comblement a révélé de nombreux fragments de céramique, celles qui ne comprennent que des matériaux caractéristiques d’une vidange de foyer (FOS 680, 663, 406 et en partie la fosse 513) et celles comportant uniquement des matériaux de construction (FOS 624).

Fig. 8 Plans et coupes des fosses 151, 242, 589, 664 et 666.

Fig. 8 Plans et coupes des fosses 151, 242, 589, 664 et 666.

J. Dolata et P. Girard del.

50Trois fosses correspondent peut-être à des silos (FOS 164, 165 et 588). Une autre peut être interprétée comme une fosse de creusement pour un poteau.

51Pour les autres fosses, aucune hypothèse ne peut être proposée. Les dimensions importantes de certaines fosses méritent néanmoins d’être soulignées. C’est notamment le cas des fosses 458, 585, 604, 609, 627, 658, 659 et 679 dont la longueur est comprise entre 2,48 et 3,24 m pour une largeur allant de 1,58 à 2,64 m.

52Il est à noter qu’aucune fosse ne présentait les caractéristiques des fosses d’extraction que sont notamment les plans polylobés et les fonds irréguliers.

2.2.3. Les foyers

53Un seul foyer (FOY 571) en place a été découvert. Localisé dans le noyau nord-ouest, il est installé dans un creusement de plan irrégulier (1,98 m de long sur 1,50 m de large ; profondeur conservée : 0,20 m) aux parois quasi verticales et au fond irrégulier (fig. 9). Dans le fond de la partie occidentale de la fosse, se trouve un niveau de sables limoneux, compact et homogène, incluant un peu de charbon de bois et quelques fragments de céramiques. Il est interprété comme un niveau de préparation destiné à recevoir la sole. Celle-ci se présente sous la forme d’une couche puissante d’environ 2 cm, rubéfiée et très compacte. Sur le fond de la partie orientale de la fosse repose un niveau charbonneux puissant de 5 cm. Il est analysé comme un niveau de vidange du foyer. L’ensemble est scellé par une couche essentiellement constituée de pierres, dalles et blocs calcaires parfois rubéfiés. Certains éléments paraissant encore en place permettent d’envisager la présence d’un aménagement en pierre autour du foyer, à moins que ces matériaux ne témoignent de la superstructure d’un petit four. Sa  localisation à proximité de la zone des fosses et des silos laisse supposer qu’il a pu jouer un rôle dans les activités pratiquées à cet endroit. D’autres foyers ont dû fonctionner sur le site si l’on se fie à l’existence, dans un certain nombre de fosses (FOS 406, 513, 663 et 680), d’éléments caractéristiques tels de fortes concentrations charbonneuses et cendreuses en position secondaire. La présence d’une petite zone rubéfiée au sud de la fosse 679 atteste certainement l’emplacement d’un foyer détruit.

Fig. 9 Plan et coupe du foyer 571.

Fig. 9 Plan et coupe du foyer 571.

J. Dolata et P. Girard del.

2.3. Installations et pratiques agricoles

  • 47 L’étude carpologique confiée au laboratoire de chrono-écologie de Besançon en 1999 reste inachevée

54La pratique agricole la plus marquée sur le site est la culture et plus particulièrement la céréaliculture. Deux types de structures témoignent du traitement après récolte : les structures de séchage ou grillage du grain et les silos. La détermination des paléosemences complète par ailleurs ces données en fournissant des informations sur la nature des cultures47. Les ossements animaux découverts en dépôt primaire et, le plus fréquemment, en dépôt secondaire permettent de se faire une idée de l’élevage pratiqué sur le site et d’aborder la question des pratiques alimentaires des habitants aux ixe-xiie siècles (voir l’étude de J.-H. Yvinec infra).

2.3.1. Les silos

55Une dizaine de structures, interprétées comme des silos, sont attribuées aux ixe-xiie siècles (fig. 10). Les silos sont majoritairement localisés dans le noyau nord-ouest, deux structures sont néanmoins situées dans le noyau sud-ouest. Le silo 203, le mieux conservé, possède des dimensions importantes (prof. cons. : 1,27 m ; diam. max. 1,72 m). Son volume est estimé à environ 5 m3. Le silo 157, conservé sur 0,6 m, est trop arasé pour qu’il soit possible de proposer une estimation de son volume de stockage. Les fosses 164 et 165 peuvent, d’après leur comblement lité et leur morphologie, correspondre à des silos sans qu’il soit toutefois possible de s’en assurer.

Fig. 10 Plans et coupes des silos 157, 203, 453, 569, 642 et 665.

Fig. 10 Plans et coupes des silos 157, 203, 453, 569, 642 et 665.

J. Dolata et P. Girard del.

56Les huit silos répartis dans le noyau nord-ouest (SIL 434, 453, 494, 569, 584, 629, 642 et 665), auxquels on peut adjoindre les silos 478 et 416 (non datés précisément) et les quatre fosses (458, 588, 667 et 681) occupent une surface d’environ 650 m2 (fig. 4). Le silo 642 et la fosse 668 se trouvent à une quinzaine de mètres au nord-ouest de cette concentration. La présence d’un alignement de six trous de poteau, orienté sud-ouest/nord-est, autorise à émettre l’hypothèse d’une délimitation matérielle de cette aire. Cet alignement n’a pas été interprété comme une clôture, du fait de l’irrégularité et de la dimension des espacements (de 2 à 5 m).

  • 48 Le degré d’arasement est égal au rapport entre le diamètre d’ouverture et le diamètre maximal de l (...)

57Les silos sont, dans l’ensemble, trop arasés pour qu’il soit possible d’estimer leur volume. Le volume des silos 434 et 665, pour lequel le degré d’arasement48 est inférieur à 0,9, est respectivement estimé à 4,16 et 2,67 m3.

58Les nombreux recoupements entre structures, principalement des fosses et des silos, nuisent à la compréhension topographique de ce secteur qui correspond, selon toute vraisemblance, à une aire de traitement des céréales. Cette hypothèse est confortée par la présence de deux structures de séchage.

2.3.2. Des structures de séchage ou de grillage du grain ?

59Les deux structures de combustion (SC 28 et FOS 672) sont localisées dans le noyau nord-ouest de la fouille, à proximité des silos et des fosses.

  • 49 Il s’agit à 83,4 % de blés (sans distinction des espèces), à 8,2 % de secale cereale et à 6,8 % d’ (...)
  • 50 GrN-24630.
  • 51 La détermination des graines carbonisées contenues dans l’échantillon révèle un spectre proche de (...)

60La structure 28 est composée d’un foyer (FOY 644) attenant à une fosse (FOS 643) (fig. 11 et 12). Le foyer se présente sous la forme d’un creusement ovale aux parois courbes et évasées et au fond concave. Le fond du creusement est tapissé d’une couche d’argile de couleur noire incluant de nombreux charbons de bois et un peu de céramique. Cette dernière est épaisse de 5 cm. Elle est, localement, scellée par une unité constituée d’un sédiment sablo-argileux totalement rubéfié et induré, de 6 cm d’épaisseur, estimé être un reste de sole ou un fragment de voûte rubéfiée, et par une couche composée d’argile grise incluant de nombreux charbons de bois. Ces deux unités sont scellées par une couche de charbons de bois et de graines carbonisées49 liées à une matrice limoneuse gris foncé incluant des fragments de parois ou de voûte rubéfiés (US 2438). Deux grosses pierres de grès rubéfiées présentant des traces de taille étaient partiellement fichées dans ce niveau puissant d’environ 15 cm. Certains charbons de bois contenus dans cette couche se sont avérés être des piquets carbonisés (entrant dans l’architecture de la structure ?) fichés dans les parois et le fond du foyer. D’autres piquets, également carbonisés, se trouvaient autour du foyer. Cette couche charbonneuse est interprétée comme le niveau d’abandon de la structure, dont la datation par 14C, selon une probabilité de 95,4 %, est comprise entre 1027 et 115950. Ce niveau est comparable à l’US 2239 qui scelle les structures avoisinant ce foyer51.

Fig. 11 Plans et coupes des structures de grillage 28 et 672.

Fig. 11 Plans et coupes des structures de grillage 28 et 672.

J. Dolata et P. Girard del.

  • 52 La composition de l’échantillon est quasi identique à celle du foyer. En revanche, les pourcentage (...)

61La fosse 643 accuse un plan ovale (2,33 m de long sur 2,09 m de large pour une profondeur conservée de 0,28 m). Ses parois sont courbes et évasées. Le fond est plat. Dans un premier temps, la fosse est comblée par des pierres et des tuiles liées, dans la partie septentrionale de la fosse, à une matrice argilo-limoneuse de couleur gris foncé incluant de nombreux charbons de bois et des graines et, dans la partie méridionale de la fosse, par une matrice argilo-limoneuse grise à ocre. Un certain nombre de pierres, plaquées contre la paroi, paraît en place. Cette US (2497) correspond vraisemblablement à un niveau de destruction (des parois de la structure ?). La distinction des comblements septentrionaux et méridionaux s’accentue avec les US qui scellent 2497. En effet, au nord, se trouve l’US 2427 limoneuse, meuble et homogène, grise à noire, incluant de nombreux charbons de bois et des graines52. En revanche, la partie méridionale est comblée par des pierres et des briques (2475). L’US 2427 correspond certainement à la phase d’abandon de la structure en relation avec le foyer 644 tandis que 2475 est un niveau de destruction (d’une superstructure ?). L’hypothèse d’un lien entre le foyer 644 et la fosse 643 est émise dans la mesure où le dernier niveau d’utilisation de la fosse est de nature quasi identique à celui du foyer 644. Aucun recoupement n’a par ailleurs été observé entre les deux structures.

Fig. 12 Structure de grillage 28 après fouille.

Fig. 12 Structure de grillage 28 après fouille.

Cl. É. Peytremann

  • 53 Sigaut 1981, p. 162.
  • 54 Ibid., p. 162.

62L’abondance des graines retrouvées dans les niveaux charbonneux évoque une activité de séchage du grain. Le séchage est une technique de stabilisation du grain couramment employée avant son stockage53. Plusieurs procédés sont utilisables selon la structure du végétal (en épi ou en vrac) et selon les facteurs climatiques. Les techniques qui ont pu être pratiquées dans la structure 28 sont le séchage sur claie au-dessus d’un feu, utilisé pour des grains en épis ou l’utilisation d’un fourneau à sécher le grain (en vrac) qui permet la production d’un courant d’air chaud provenant directement du foyer54. Dans le cas de la structure 28, la présence de piquets dans le fond et sur les parois du foyer suggère l’installation du support d’une claie, le feu se trouvant directement dessous. Dans cette hypothèse, la relation avec la fosse 643, adjacente, s’explique difficilement. En revanche, si l’hypothèse d’un fourneau est retenue, le foyer 644 est destiné à produire le courant d’air chaud qui se diffuse dans la fosse 643 où les grains sont disposés sur un aménagement probablement réalisé en pierre.

  • 55 Que F. Sigaut soit remercié d’avoir bien voulu répondre par écrit à nos questions durant la réalis (...)

63D’après F. Sigaut55 les seules possibilités de séchage ou de séchage/torréfaction concernent le malt ou le grain vert (récolté avant maturité). Cette pratique maintenue dans le Wurtemberg jusqu’au xixe siècle porte sur les épis. Elle peut avoir un but culinaire (préparation d’une sorte de gruau à consommer en potage) ou occasionnel (possibilité d’avoir du grain plusieurs semaines avant la moisson).

  • 56 Comet 1992, p. 370.

64La fosse 672 accuse un plan rectangulaire aux angles arrondis (2,08 m de long sur 1,38 m de large pour une profondeur conservée de 0,38 m) (fig. 11). Les parois sont rectilignes et évasées. Le fond est plat. Il présente une zone rubéfiée dans sa partie centrale. La fosse est pourvue d’une excroissance de plan rectangulaire sur son côté oriental (0,70 m de long sur environ 0,50 m de large). Le fond plat est partiellement rubéfié. Deux faits en creux, probablement des trous de poteau, sont implantés dans le fond de la fosse, à la hauteur de son excroissance. Le fond de la fosse et la paroi occidentale sont tapissés par un lit charbonneux épais de 2 cm (2570). Celui-ci évoque la présence d’un foyer ou celle d’un plancher brûlé. Ce niveau est scellé par une importante couche de pierres et blocs calcaires, parfois rubéfiés, liés à une matrice argileuse de couleur grise, incluant du charbon de bois, de la terre cuite et de la céramique (2569). Dans la partie septentrionale, les pierres sont plus fortement rubéfiées et paraissent en place. À cet endroit, une dalle repose à plat. Le long de la paroi orientale, les pierres alignées semblent correspondre aux vestiges d’une paroi. Malgré l’absence de graine visible en fouille et de prélèvement, cette structure est comparable à la structure 28 par sa localisation et par son aménagement. L’hypothèse d’un four à sécher le grain peut être émise. Le foyer serait localisé dans le fond de la structure (zone rubéfiée). Un aménagement en bois ou en pierre permettrait de disposer le grain56.

  • 57 Koehler 1995, p. 119-120.
  • 58 Séguier 1993, p. 207.
  • 59 Petit 1989.
  • 60 Hanusse 1999, p. 85-93.
  • 61 Durand et Paccard 1994.
  • 62 Menez et Batt, 1989.
  • 63 Archéologie et grands travaux routiers : deux habitats de l’Antiquité tardive et du haut moyen Âge (...)
  • 64 Motte 2001, p. 139.
  • 65 Marchianti 2001, p. 268-270.

65Plusieurs sites français remontant probablement au haut moyen Âge ont livré des structures que l’on pense être des ensembles de grillage ou de séchage du grain. Les structures les plus proches de la structure 28 sont celles mises au jour sur le site de Saint-Clément-la-Bichère à Vert-Saint-Denis (Seine-et-Marne). L’ensemble constitué par les fosses 593 et 596 possède un comblement identique à la structure 28. Le fouilleur émet l’hypothèse d’une structure de séchage sans cependant en préciser le fonctionnement57. D’autres structures, interprétées de manière identique, sont signalées sur les sites de Saint-Germain-Laxis (Seine-et-Marne)58, de Saint-Germain-les-Corbeil (Essonne)59 ou de Grentheville (Calvados)60 sans qu’il soit possible d’y faire référence en l’absence de publication détaillée. La structure 150 du site dit Le Noblet à Rueil-Malmaison, d’identification similaire, possède une morphologie, des dimensions et un comblement différents des structures de Gungling61. L’installation de séchage découverte à Quimper (Finistère)62 et les « tranchées-foyers » de Tinteniac (Ille-et-Vilaine)63 sont fort éloignées dans leur aspect et certainement dans leur fonctionnement des structures du site. L’hypothèse de séchage ou grillage du grain a également été retenue pour justifier la présence de foyers au sein d’une aire d’ensilage sur le site de Bény (Ain)64 ou de fours sur le site de Rillieux-la-Pape (Rhône)65.

  • 66 Comet 1992, p. 72-373.
  • 67 Lorren et Périn 1997, p. 95.

66Au vu des exemples cités à titre comparatif, il apparaît que les ensembles de séchage, grillage ou torréfaction du grain sont mal connus en France pour la période du haut moyen Âge. Ce constat rejoint celui émis par G. Comet, qui utilise le plan de l’abbaye de Saint-Gall pour attester, en milieu continental, l’existence de ce type de structure, par ailleurs, bien connu dans les îles britanniques66. F. Sigaut garde, pour sa part, une attitude prudente et ne se prononce pas sur l’existence de ce type de structure dans nos régions. Dans certains écrits de Grégoire de Tours, il est cependant fait mention de grillage du grain67.

67La localisation de ces deux ensembles de séchage, auxquels s’ajoute le foyer 571 dans le secteur de concentration des silos, conforte l’idée d’une zone à vocation spécifique tournée vers une activité de traitement et de stockage des céréales. Les nombreuses fosses ainsi que les trous de poteau associés aux silos et aux structures de combustion jouaient probablement un rôle dans la chaîne opératoire du stockage des céréales, sans qu’il soit possible de préciser lequel. Un certain nombre d’opérations comme le dépiquage, le battage, etc., nécessite souvent un espace libre ne comportant pas d’aménagement spécifique susceptible de laisser des traces. En ce sens, l’espace relativement dégagé, situé entre la partie septentrionale et la partie méridionale du noyau ouest, a très bien pu être utilisé à ces fins. La découverte d’un fragment de meule en grès rose dans le comblement d’une des fosses du secteur conforte l’hypothèse d’activités en relation avec les céréales. L’absence de bâtiment de stockage du type grenier dans l’espace fouillé est à noter. Elle indique peut-être une spécificité du mode de stockage sur le site.

2.3.3. Les données archéozoologiques

68Le corpus de référence pour les ixe-xiie siècles est constitué de 386 restes. Il est présenté et analysé plus précisément à la suite de cet article par J.-H. Yvinec. Seuls les principaux résultats sont présentés dans ce paragraphe.

69Le spectre faunique de cette période indique une légère prédominance des bovins (43,6 %) sur les porcins (36,5 %) et une part moins importante de caprinés (17,7 %). La basse-cour est bien représentée. En revanche, la proportion d’équidés est réduite. La faiblesse de l’échantillon ne permet malheureusement pas de conclusion sur la gestion du cheptel.

70Elle reflète en effet plus les pratiques de consommation, qui se distinguent légèrement de celles habituellement observées par une consommation un peu plus importante de porcs.

2.4. Installations et pratiques artisanales

  • 68 Prevot 2003 ; Georges-Leroy et al., à paraître.

71Le site de Gungling se singularise par la découverte d’un four de potier, structure jusque-là inconnue en Lorraine pour le haut moyen Âge. Depuis la fouille, un autre four de potier en contexte d’habitat a été mis au jour sur le site de Ludres (Meurthe-et-Moselle)68. Le four de Ludres est cependant nettement antérieur (viiie-ixe siècles) au four de Gungling attribué au xie-première moitié du xiie siècle. La seconde activité attestée sur le site correspond au tissage.

2.4.1. Le four de potier

  • 69 GrN-24624.

72Le four (FR 22) est localisé dans la bande occidentale de la fouille, entre les deux noyaux bâtis. Il se trouve à environ 40 m au nord du noyau méridional et à une cinquantaine de mètres au sud du noyau septentrional (fig. 4). Le mauvais état de conservation ne permet pas d’identifier le plan du four (fig. 13 et 14). Il peut, en effet, s’agir d’un four à plate-forme centrale ou à simple languette, dont il ne subsiste que l’aire de chauffe, l’alandier et l’amorce du laboratoire de cuisson avec son pilier central ou l’extrémité de sa languette. L’aire de chauffe se présente sous la forme d’une fosse (FOS 344) de plan oblong (env. 1,95 m de long sur 0,75 m de large ; profondeur conservée : 0,40 m) au fond plat et aux parois courbes et évasées. Sa partie occidentale comportait les restes, en place, d’une partie de la voûte rubéfiée (US 1357) de l’alandier. Les fonds de la fosse et de l’alandier sont tapissés par un niveau de charbons de bois (US 1624) épais d’environ 6 cm. Ce dernier est moins charbonneux dans la partie orientale de la fosse. Il s’agit certainement du dernier niveau d’utilisation du four. Sa datation par 14C est comprise entre 1019 et 1156 pour une probabilité de 95,4 % 69. Ce niveau est scellé, dans la partie occidentale de la fosse, par du sable gris à marron (US 1602) incluant des fragments d’argile rubéfiée, un peu de charbon de bois et de nombreux fragments de céramique dont certains présentent la particularité d’être très peu cuits. Dans la partie orientale de la fosse, le niveau (US 1759) qui scelle l’US 1624 correspond à un sable faiblement limoneux gris noir incluant des fragments rubéfiés de la voûte de l’alandier, du charbon de bois et des fragments de céramique dont certains sont peu cuits. L’US 1709, localisée entre les US 1602 et 1759, correspond à un fragment rubéfié de voûte effondrée. Il indique certainement l’extension maximale de l’alandier, dont la longueur restituée est de 1,14 m pour une largeur de 0,60 à 0,76 m. Les US 1759 et 1602 sont interprétées comme des niveaux de destruction du four. L’ensemble est définitivement comblé par des sables limoneux sans inclusion anthropique visible (US 1662). Ce niveau d’abandon est comparable, dans sa texture et sa couleur, aux alluvions dans lesquelles est installé le four.

Fig. 13 Plan et coupes du four de potier.

Fig. 13 Plan et coupes du four de potier.

R. Prouteau et P. Girard del.

73La base du laboratoire de cuisson est surélevée d’une trentaine de centimètres par rapport à celle de l’alandier. La chambre de cuisson est trop arasée pour qu’il soit possible de restituer son plan et ses dimensions. En revanche, dans l’hypothèse d’un four à pilier central, il est possible de restituer le pilier circulaire de soutien de la sole d’un diamètre compris entre 0,70 et 0,75 m. D’après les observations réalisées lors de la fouille, la base du pilier ou de la languette a été élaborée par surcreusement de la base du laboratoire de cuisson et par creusement en sape de la voûte de l’alandier. Aucun élément de la superstructure du laboratoire ni d’une éventuelle sole n’a été retrouvé. La différence de niveau d’une trentaine de centimètres entre la base du laboratoire de cuisson et celle de l’alandier et l’absence d’élément de sole laissent supposer qu’il s’agit d’un four longitudinal.

Fig. 14 Four de potier en cour de fouille.

Fig. 14 Four de potier en cour de fouille.

Cl. É. Peytremann

  • 70 Weiser 2003, p. 24-32.
  • 71 Janssen 1987, p. 110-111.
  • 72 Fichet de Clairfontaine 1996, p. 70-71.

74Les fours à piliers centraux supportant une sole perforée sont généralement des fours à tirage vertical en usage fréquent jusqu’à la période mérovingienne. Ils sont progressivement remplacés, à partir du viiie siècle, par des fours à tirage longitudinal qui se distinguent essentiellement par une différence de niveau entre la chambre de chauffe et la sole du laboratoire de cuisson70. Plusieurs exemplaires de fours à chambre de chauffe surélevée, comportant un pilier central ou une languette, sont néanmoins encore attestés aux viiie-xe siècles, aussi bien en Allemagne – dans la vallée du Rhin71 – qu’en France72.

  • 73 Guadagnin 2000, p. 255-257.
  • 74 Goustard 1995, p. 131 et Id. 2002, p. 301-303.

75En France, les fours à languette simple sans sole perforée, sont connus notamment sur les sites de Lassy (Val-d’Oise) où le four 1 est daté des xe-xie siècles73 et de Saint-Maurice-Montcouronnes (Essone) où le fonctionnement de l’atelier est attribué aux viiie-xe siècles74.

  • 75 Responsable du laboratoire de céramologie du CRAHM (Centre de Recherches Archéologiques et Histori (...)

76Trois productions de céramiques ont été identifiées à partir des fragments de céramique partiellement cuits découverts dans les niveaux de destruction du four (US 1759 et 1602) : la céramique rugueuse mixte représentant 82,496 % des restes découverts dans le four, la céramique mixte « micacée » (7,41 %) et la céramique rugueuse grise de la vallée de la Sarre (5,63 %). Les analyses chimiques réalisées par D. Dufournier75 ont montré que ces trois groupes techniques sont réalisés à partir de la même argile. Ils se distinguent néanmoins par une faible teneur en silice pour la céramique mixte « micacée » (certainement liée à l’absence de dégraissant) ou par leur technique de montage.

77Le four découvert à Gungling, daté par 14C des xie-première moitié du xiie siècles, peut être assimilé à une structure à caractère artisanal. Si l’on ne peut présumer des structures existantes sous la bande non décapée le long de la route et sous cette dernière, l’absence d’autres fours, la faible quantité de rebuts de cuisson mis au jour dans le comblement du four et l’absence d’autres structures à proximité immédiate du four, en relation avec la production potière, indiquent probablement une production de faible ampleur certainement limitée dans le temps. Ce type de structure est vraisemblablement à l’origine de productions destinées aux besoins locaux.

  • 76 Il s’agit des fosses 341, 342, 343, 358 et 361.
  • 77 D’après l’étude micromorphologique de Carole Vissac dans Peytremann 2000, vol. 1, p. 128-146.

78Cinq petites fosses76 non datées, au comblement et à la morphologie similaires, sont disposées en arc de cercle à environ 5 m à l’ouest du four. Il est possible qu’elles aient servi au stockage de l’argile. L’analyse micromorphologique du comblement de la fosse 341 indique une seule phase de dépôt à l’état boueux avec un remaniement des sédiments77.

2.4.2. Des indices d’activité textile

79L’activité textile est essentiellement attestée par des vestiges mobiliers. Il s’agit de poinçons en os, d’un lissoir en verre et d’une aiguille en os. La cabane 4 était par ailleurs peut-être équipée d’un métier à tisser vertical, probablement à deux barres.

80Les deux poinçons (1003.13 et 1882.05) sont respectivement issus des cabanes 1 et 26. Le premier (fig. 15-1) présente d’importantes traces d’usure du côté de la pointe. Il mesure 127 mm de long pour une section de 13 mm. Son épaisseur maximale est de 10 mm. La trace d’usure, visible sur le second exemplaire (fig. 15-2), est localisée au centre d’une des faces. La longueur de cet exemplaire est moins importante que celle du précédent puisqu’elle n’atteint que 86 mm. En revanche, la section est légèrement plus importante (18 mm) et il est légèrement moins épais.

Fig. 15 1 et 2 : poinçons 1 (1882.05), 2 (1003.13), 3 : lissoir (2280. 08), 4 : aiguille (1836.42).

Fig. 15 1 et 2 : poinçons 1 (1882.05), 2 (1003.13), 3 : lissoir (2280. 08), 4 : aiguille (1836.42).

J. Gelot et P. Girard del.

  • 78 Voir notamment le lot de poinçons découverts à Château-Thierry (Goret 1997, p. 101-136) ou à Boves (...)
  • 79 Hoffmann 1964, p. 279-280 ; Morisset 1988, p. 280.
  • 80 Colardelle et Verdel 1993, p. 281.

81Ces ustensiles sont fréquents sur les sites d’habitats ruraux du haut Moyen Âge. Leur utilisation durant d’autres périodes (gallo-romaine ou médiévale) et dans des sites de nature différente (urbains ou castraux78) n’est cependant pas exclue. Ils sont généralement utilisés par les tisserands pour tasser les fils de trame en passant entre les fils de chaîne79 ou par les cordonniers80.

  • 81 L’étude descriptive du lissoir a été réalisée par Hubert Cabart que nous remercions.
  • 82 Morisset 1988, p. 287.

82Le lissoir en verre (fig. 15-3) provient d’un niveau de remblai du noyau septentrional. Le diamètre est de 74 mm pour une épaisseur de 42 mm. Le verre de couleur brunâtre, moulé, comporte quelques bulles. Une face du lissoir est convexe tandis que l’autre, concave, comporte un ombilic81. Les lissoirs sont habituellement employés au lissage et à l’assouplissement de la toile82. Leur usage dans le cadre de l’artisanat du cuir n’est néanmoins pas exclu.

  • 83 Maquet 1990, p. 324.
  • 84 Morisset 1989, p. 287.
  • 85 La liste n’est probablement pas exhaustive.
  • 86 Henrotay et Lansival 1992, p. 349.
  • 87 Blaising, 2000, p. 138.
  • 88 Peytremann 2003b, p. 94.
  • 89 Blaising et Seilly 1995, p. 174, p. 179-180.
  • 90 Information orale de J.-M. Blaising.

83Les lissoirs en verre en forme de calotte hémisphérique et à ombilic central sont connus aussi bien en milieu urbain qu’en contexte rural. D’après C. maquet, les lissoirs en verre sont attestés en France dès la période mérovingienne et perdurent jusqu’à la fin du moyen Âge83. Ils deviennent plus fréquents à partir du xe siècle. Selon D. morisset, ils apparaissent au ixe siècle dans le Bassin parisien et sont utilisés jusqu’au xie siècle84. En Lorraine, les exemplaires connus85 sont attribués aux viie-début ixe siècles (Fouard86 ; La maxe87), aux ixe-xe siècles (Sillégny88), avant le xiie siècle (Yutz89) et aux xiiie-xive siècles (Yutz90).

  • 91 Motteau 1991, p. 107 et 109.
  • 92 « Les broches de type I sont celles dont les pointes sont taillées dans l’épiphyse proximale. L’ex (...)

84L’aiguille en os (fig. 15-4) provient du comblement supérieur de la fosse 433, datée du xiie siècle ou du xiiie siècle et localisée dans le noyau nord-ouest. L’aiguille, plate, à l’extrémité supérieure triangulaire, taillée dans une fibula de porc, possède un chas circulaire. Elle mesure 81 mm de long pour 6 mm de large. Son épaisseur est de 3 mm. Ce type d’aiguille est généralement utilisé pour des travaux grossiers91. Il peut également s’agir d’une broche du type Ia92 tel que l’a défini F. Chandeveau. Dans cette hypothèse, elle peut être utilisée pour tasser le fil de trame ou comme navette.

  • 93 Goedert, Thion et Thomas 1996, n° 189, p. 216 et morisset 1988, n° 296, p. 287.
  • 94 Schweitzer 1990, n° 2.4, p. 401.
  • 95 Chandeveau 2002, p. 61.

85Les aiguilles à tête triangulaire ou les broches se ­rencontrent fréquemment durant toute la période médiévale, aussi bien en milieu urbain que sur les sites ruraux : les exemplaires de Tours ont été découverts dans des niveaux xive-xve siècles. Celui de metz remonte aux ixe-xie siècles par référence à ceux présentés dans le catalogue Un village au temps de Charlemagne 93. Quant à l’aiguille issue du fond de cabane 2 du site de Riedisheim (Haut-Rhin), elle est attribuée à la fin du viie siècle d’après la datation de la céramique94. À Boves (Somme), les broches du type I sont présentes dans des structures des phases 2 à 4 (xe jusqu’aux xiie-xiiie siècles)95.

  • 96 Selon les termes employés par J.-P. Devroey : Devroey 2003, p. 147.

86Les deux activités à caractère artisanal attestées sur le site de Gungling posent la question de leur signification économique. La production est-elle de consommation96 (production destinée aux membres de la maisonnée) ou d’échange (production destinée à la commercialisation ou à l’échange) ? Les indices d’activité textile plaident a priori pour une activité domestique de consommation. L’hypothèse d’une production mixte (la production étant principalement destinée à la maisonnée mais également à un propriétaire sous forme de redevance en nature) ne peut cependant pas être exclue.

87Les éléments à disposition sont en revanche trop peu nombreux pour définir le statut exact de la production potière.

2.5. Sépultures et pratiques funéraires

  • 97 Les données anthropologiques proviennent de l’étude réalisée par Frédéric Adam (INRAP) intégrée au (...)

88Dix sépultures97, ayant livré onze squelettes, se trouvent au sein de l’habitat. Elles peuvent être scindées en deux ensembles d’après leur localisation sur le site. Le premier ensemble, comprenant sept sépultures, occupe l’angle sud-est de la fouille tandis que le second, constitué de trois sépultures d’immatures, se trouve en limite nord-ouest de la fouille.

2.5.1. L’ensemble sud-est

89Deux groupes funéraires (GF) et une sépulture isolée sont localisés dans le secteur (fig. 4). La sépulture 105 occupe la position la plus occidentale. Elle est éloignée d’environ 18 m du groupe funéraire GF 30. Celui-ci se compose de trois sépultures (SEP 238, 106 et 251) alignées. Il se trouve en limite de la zone occupée par la sablière, c’est-à-dire en limite du banc de sable et des alluvions. Il n’est pas possible de savoir si l’exploitation de la sablière a détruit des sépultures (aucun ossement n’a été découvert dans le comblement de la sablière) ni de savoir si ce groupe funéraire s’organisait le long de cette rupture géologique qui correspond également, en partie, au tracé d’un chemin mal daté. Le GF 31 se trouve à 19 m au nord-est du GF 30. Il comprend trois sépultures (SEP 303, 304 et 322) se recoupant mutuellement.

90La sépulture 105 (fig. 16)

91La fosse sépulcrale, orientée est-ouest (241° nord) accuse un plan rectangulaire aux angles arrondis (2,06 m de long sur 1,06 m de large ; profondeur conservée 0,32 m). Les parois de la fosse sont légèrement évasées, le fond irrégulier en pente suit le pendage naturel du terrain. Le comblement de la fosse a livré un fragment de céramique. La sépulture a été perturbée par l’installation de la fosse 170 à son extrémité occidentale.

Fig. 16 Plans et profils de la sépulture 105 et du groupe funéraire 31.

Fig. 16 Plans et profils de la sépulture 105 et du groupe funéraire 31.

F. Adam et P. Girard del.

92Pratiques funéraires

93Le squelette a été partiellement dégradé lors du décapage mécanique. Il repose, tête au sud-ouest, en décubitus dorsal. Le crâne est face antérieure dirigée vers le ciel. Bien que cette sépulture ait été endommagée, le basculement du crâne, le déplacement des cervicales et la mise à plat générale du squelette permettent d’affirmer que le corps du défunt s’est décomposé en espace vide.

94Datation

95En l’absence de 14C, la datation de cette sépulture est délicate. Le tesson de céramique découvert correspond à un fragment de panse en pâte claire attribuable à une période couvrant le milieu du viiie à la fin du xe siècle.

96Le groupe funéraire 30

97Les sépultures

98La fosse de la sépulture 238 (fig. 17) possède un plan trapézoïdal (1,78 m de long sur 0,45 m et 0,80 m de large ; profondeur conservée : au niveau du décapage). Elle est orientée sud-est/nord-ouest (290° nord). Le fond de la sépulture suit le pendage naturel du terrain. La sépulture 106 se trouve à environ 2 m au nord de la 238. Le plan de sa fosse est irrégulier (1,90 m de long sur une largeur variant de 0,62 m à 1,02 m ; profondeur conservée : 0,05 m). La fosse est orientée est-ouest (294° nord). Un mètre plus au nord se trouve la sépulture 251 (fig. 17), orientée est/ouest (279° nord). Elle accuse un plan rectangulaire aux angles arrondis (0,54 m de large ; profondeur conservée : 0,14 m). Son extrémité orientale a été perturbée au décapage. Les parois sont légèrement courbes et évasées. Le fond suit le pendage naturel du terrain.

Fig. 17 Plans et profil des sépultures 238, 251 et 531.

Fig. 17 Plans et profil des sépultures 238, 251 et 531.

F. Adam et P. Girard del.

99Pratiques funéraires

100Les squelettes des sépultures 238 et 251, en position primaire, reposent en décubitus dorsal selon une orientation ouest/est. Le crâne repose à l’ouest. Plusieurs anomalies taphonomiques indiquent que les corps se sont décomposés en espace vide, probablement des cercueils non cloués. Il n’est en revanche pas possible d’analyser les modes de décomposition des deux squelettes de la sépulture 106 trop endommagés par le décapage mécanique.

101Datation

102Aucun élément ne permet de proposer une datation pour les sépultures constituant ce groupe funéraire.

103Le groupe funéraire 31 (fig. 16)

104Les sépultures

  • 98 Colardelle 1983, p. 287-288 ; Colardelle 1996, p. 271-304.

105Une chronologie relative a été établie selon les recoupements des trois sépultures constituant ce groupe. La sépulture la plus ancienne est la SEP 303. La fosse n’est que partiellement conservée dans la mesure où elle est recoupée par les deux autres sépultures. Elle est orientée est-ouest. Les limites de la fosse de la sépulture 304, orientée nord-est/sud-ouest (156° nord), sont incertaines. La fosse est creusée une dizaine de centimètres plus profondément que la sépulture 303. Une pierre calcaire était fichée à l’extrémité occidentale de la fosse. Ces deux sépultures sont perturbées par l’installation de la sépulture 322. La fosse, de plan trapézoïdal (1,80 m de long sur une largeur variant de 0,53 à 0,82 m ; profondeur conservée : 0,30 m), est orientée est-ouest (fig. 18). Les parois sont rectilignes et légèrement évasées. Le fond de la fosse est quasiment plat. Les parois sont habillées par un coffrage de dalles calcaires superposées, posées de chant. Les petites pierres calcaires disposées dans le fond de la fosse devaient certainement servir de calage pour un contenant en matière périssable. Ce type de sépulture évoque les coffrages mixtes composites présents dans la typo-chronologie réalisée par
M. Colardelle98. Ce mode d’inhumation est en usage, d’après l’auteur, du viiie au xe siècle dans la Gaule du Sud-Est.

Fig. 18 Sépulture 322.

Fig. 18 Sépulture 322.

Cl. É. Peytremann

106Pratiques funéraires

107Les trois individus reposent en décubitus dorsal sur le fond de la fosse selon une orientation ouest/est. Le crâne est à l’ouest. Les corps des défunts des sépultures 304 et 322 se sont décomposés en espace vide, à l’intérieur d’un contenant en matière périssable (cercueil ?), délimité par les effets d’alignement observables de part et d’autre des squelettes, associés, pour l’individu de la sépulture 322, à la mise à plat du squelette. Il n’est en revanche pas possible de connaître le mode de décomposition de l’individu de la sépulture 303.

108Datation

  • 99 GrN-24999

109Les résultats de l’analyse par 14C du squelette de la sépulture 304 sont, avec 95,4 % de probabilités, compris entre 792 et 996 apr. J.-C.99.

110Distribution par sexe et par âge des individus de l’ensemble sud-est

111Le faible nombre d’individus (neuf) ne permet pas d’obtenir des données statistiques exploitables dans le cadre d’une étude démographique. Seuls les critères d’estimation de sexe, d’âge au décès et de stature ont été retenus. Les éléments d’ordre sanitaire sont précisés quand l’état de conservation du squelette le permet (fig. 19).

Fig. 19 Estimation du sexe, de l’âge et de la stature au décès.

Fig. 19 Estimation du sexe, de l’âge et de la stature au décès.

D’après les données de F. Adam

2.5.2. L’ensemble nord-ouest

112Il est constitué de trois sépultures alignées selon un axe est-nord/ouest-sud. Ces dernières sont distantes les unes des autres d’environ 3 m.

113La sépulture 531 (fig. 17)

114La fosse présente un plan rectangulaire aux angles arrondis (0,76 m min. de long sur 0,30 m de large ; profondeur conservée : 3 cm) et est orientée est-ouest (277° nord). Le comblement comprend deux fragments de céramiques.

115Pratiques funéraires

116L’individu, mal conservé, repose en décubitus dorsal selon une orientation est-ouest, le crâne étant à l’ouest. La face latérale droite est en contact avec l’épaule gauche. La position du crâne, de la clavicule droite et le basculement du membre supérieur gauche peuvent être le signe d’une décomposition du corps à l’intérieur d’un linceul. Néanmoins, le squelette n’est pas assez complet pour pouvoir l’affirmer.

117Datation

  • 100 GrN-24627

118Les éléments de datation sont ténus. L’un des fragments de céramique appartient à un groupe technique dont neuf fragments ont été retrouvés dans le comblement du silo 434 daté par 14C avec 95,4 % de probabilités, entre 1021 et 1157100.

119La sépulture 527

120Le plan de la fosse est rectangulaire (0,6 de long sur 0,40 m de large ; profondeur conservée : 0,04 m). Le fond de la sépulture est plat. Elle est orientée est-ouest (258° nord).

121Pratiques funéraires

122L’individu a été partiellement endommagé lors du décapage. Quoique le squelette soit en très mauvais état de conservation, il est possible de faire quelques observations. Le sujet repose en décubitus dorsal selon une orientation ouest-est. Le crâne était à l’ouest. Le mode de décomposition n’est pas déterminable.

123Datation

124Aucun élément ne permet de proposer une datation.

125La sépulture 519

126La tombe, arasée, a été partiellement endommagée par le décapage. D’après la coloration du substrat, le plan rectangulaire de la fosse peut être restitué (min. 0,78 m de long sur 0,40 m de large). Elle est orientée est-ouest (238° nord).

127Pratiques funéraires

128Ce squelette est extrêmement mal conservé. Seuls quelques fragments du thorax, du bassin et des membres inférieurs subsistent. Aucun os n’est complet. Le sujet était en décubitus dorsal selon une orientation ouest-est, le crâne à l’ouest. Le mode de décomposition est indéterminable (mauvaise conservation du squelette).

129Datation

130Aucun élément ne permet de proposer une datation.

131Distribution par sexe et par âge des individus de l’ensemble sud-est

  • 101 Schour et massler 1941 ; Ubelaker 1991 et Alduc Le Bagousse 1988.

132Les trois individus correspondent à des immatures dont l’âge est estimé à 3 ans +/- 12 mois pour ceux issus des sépultures 531 et 519 et à 0-3 mois pour l’individu de la sépulture 527101.

  • 102 Pecqueur 2003 ; Peytremann 2003, p. 303-316.
  • 103 Catteddu 1992, p. 69-70.
  • 104 Que R. Nilles soit remercié pour nous avoir transmis les résultats 14C qu’il a fait effectuer sur (...)
  • 105 Blaising 1998b, p. 63.
  • 106 Feller 1998, p. 17-18.
  • 107 Blaising 1997, p. 77-78.
  • 108 Données communiquées par J.-M. Blaising que nous remercions.
  • 109 Ce site est actuellement en cours d’exploration. Information orale de m. Prevot que nous remercion (...)

133La datation par 14C de la sépulture 304 (792-996) permet de rattacher le groupe funéraire 31 à une période comprise entre la fin du viiie et la fin du xe siècle. Malgré l’absence de datation absolue, il est cependant quasiment certain que les autres sépultures du site sont contemporaines des différentes phases d’occupation au haut moyen Âge. Les sépultures découvertes en contexte d’habitat sont en effet un phénomène courant sur les sites d’Europe occidentale du haut moyen Âge102. En France, cette pratique se rencontre à partir du viie siècle (site de Genlis, Côte-d’Or103) et perdure au moins jusqu’au xiie siècle (site de Ruelisheim, Haut-Rhin104). En Lorraine, plusieurs sites d’habitat, localisés plus particulièrement dans la vallée de la moselle, témoignent de cette pratique. À Terville (Moselle), parmi les cinq sépultures découvertes, deux ont bénéficié d’une datation par 14C. La sépulture 121 se situe, avec une probabilité de 95,3 %, dans une fourchette comprise entre 674 et 862 (GrN-21205), tandis que la sépulture 89 est datée entre 686 et 888 (GrN-21105)105. Les trois sépultures découvertes sur le site du Formule 1 à Yutz n’ont pas été précisément datées106. En revanche, la sépulture découverte sur le site du Giratoire à Yutz est datée par 14C. Elle est attribuée, avec une probabilité de 95,3 %, à une période comprise entre 786 et 965 (GrN-21706)107. La sépulture découverte à Cattenom a été datée de 658-770, avec une probabilité de 95,3 % (GrN-22428)108. Le site de Prény (Meurthe-et-Moselle) a livré six sépultures qui ne sont actuellement pas datées. La sépulture d’immature découverte sur le site de messing (Meurthe-et-Moselle) l’est quant à elle des vie-viie siècles109.

  • 110 On trouvera dans Pecqueur 2003 et Peytremann 2003 un aperçu historiographique sur cette problémati (...)
  • 111 Pecqueur 2003, p. 10 ; Peytremann 2003, p. 314.

134Cette pratique a diversement été analysée selon les auteurs110 sans qu’une ou des réponses satisfaisantes n’aient été apportées. Les limites de la fouille et les destructions occasionnées par l’exploitation de la sablière ne permettent pas, dans le cas du gisement de Gungling, d’être assuré de leur position topographique. L’hypothèse d’inhumations en marge de la zone bâtie ou le long d’un chemin peut néanmoins être avancée. Si cette attraction des éléments organisateurs est à présent bien établie111, elle n’en reste pas moins énigmatique. La concentration d’immatures dans le noyau septentrional mérite par ailleurs d’être soulignée.

2.6. Les vestiges mobiliers : le mobilier céramique, métallique et lithique

2.6.1. Le mobilier céramique

  • 112 De manière plus générale, la céramique du haut moyen Âge de Lorraine n’a donné lieu, jusqu’à prése (...)

135L’étude du mobilier céramique offre non seulement pour la première fois la possibilité d’identifier des groupes techniques dans la région de la Sarre française, mais également de proposer des éléments de datation pour les productions112. L’étude porte sur 1 845 fragments de céramique issus de 103 unités stratigraphiques provenant principalement de fonds de cabane et de fosses. Elle est fondée sur la caractérisation de groupes techniques à partir d’une observation visuelle et sur une analyse quantitative. Le degré de fragmentation du corpus n’a cependant pas permis d’effectuer une analyse morphologique poussée.

Fig. 20 Pourcentage des groupes techniques des ixe-xiie siècles d’après le nombre de restes (1845).

Fig. 20 Pourcentage des groupes techniques des ixe-xiie siècles d’après le nombre de restes (1845).
  • 113 Par « moyenne », il est entendu des inclusions à 0,5 mm et à 1 mm ; par « grosse », il est enten (...)
  • 114 Blaising et Seilly 1995, p. 154 et pl. C 23 ; Peytremann 1996, p. 28-29, fig. 30-33 ; Prouteau 199 (...)
  • 115 Bis-Worch 1995, p. 13.

136Trente et un groupes techniques ont été identifiés parmi lesquels se distinguent deux groupes appartenant à la protohistoire (regroupés en céramique protohistorique), cinq groupes attribués à l’Antiquité (regroupés en céramique antique) et quatre groupes qui peuvent être considérés comme intrusifs (fig. 20). Les six groupes techniques représentant moins de 1 % de l’ensemble ont été regroupés sous l’appellation « autres groupes ». Ils correspondent probablement à des productions extra-locales ou à des productions débutantes. Un groupe rassemble les indéterminés. Parmi les quinze groupes restant, la céramique rugueuse mixte domine nettement (28,40 % de la céramique des ixe-xiie siècles) (fig. 20 et 21). Le matériau argileux de ce groupe comprend d’abondantes inclusions siliceuses moyennes à grosses113 et quelques inclusions calcaires de taille moyenne. La céramique est montée à la main. L’encolure est reprise à la tournette ou au tour lent. L’épaisseur de la pâte varie de 4 à 8 mm. Certains fragments sont ornés d’un décor ondé incisé, d’un décor au peigne ou plus rarement, d’un décor à la molette. Un bord est pourvu d’une perforation. Le motif couvre généralement le haut de la panse. Un engobe de couleur beige paraît avoir été appliqué sur la paroi externe de certains fragments. Les parois interne et externe varient du beige au gris foncé. Les tranches vont du gris au mauve avec parfois des teintes orangées. La majorité des formes correspond à des pots à cuire dont la liaison col/panse est fortement marquée. Les lèvres éversées possèdent une extrémité généralement arrondie, plus rarement biseautée. Ce groupe, produit sur le site, est attribué à une période couvrant le xie siècle et la première moitié du xiie siècle d’après le 14C effectué sur des charbons issus du dernier niveau d’utilisation du four (US 1624). Les neuf autres groupes techniques, réalisés en technique mixte (fig. 21), offrent un répertoire morphologique relativement similaire. Il s’agit pour l’essentiel de pots globulaires parfois ansés, généralement à base concave et à lèvre éversée à extrémité arrondie ou biseautée. Ils sont interprétés comme des productions locales. Parmi les céramiques tournées, trois groupes se distinguent. Le premier, correspondant à la céramique orangée (fig. 21), représente 7,32 % des céramiques des ixe-xiie siècles. Son répertoire morphologique est le seul à présenter, pour cette période, des formes ouvertes comme des bols ou des coupes et des formes fermées de type pot ou cruche. Cette production présente de fortes similitudes avec la production de céramique orangée identifiée sur plusieurs sites d’habitat dans la vallée de la moselle en contexte de consommation114. Cette production mosellane est elle-même comparable à celle identifiée sur le site de production d’Autelbas (Belgique, province du Luxembourg). Selon l’étude de C. Bis-Worch, la céramique de la vallée de la moselle appartiendrait, en fait, à un ensemble qu’elle qualifie de « variantes de la céramique du type de Autelbas » et qui se rencontre aux xie-xiie siècles115. Les éléments de datation à disposition (14C et comparaison avec du mobilier céramique de la vallée de la moselle daté par 14C), permettent de faire remonter ce groupe, correspondant vraisemblablement à une importation, au xie et à la première moitié du xiie siècle.

Fig. 21 Principaux groupes techniques des céramiques des ixe-xiie siècles.

Fig. 21 Principaux groupes techniques des céramiques des ixe-xiie siècles.

S. Baccega et P. Girard del.

137Le deuxième groupe qui se distingue est celui de la céramique rugueuse grise de la vallée de la Sarre (fig. 22). Il correspond à 7,15 % des céramiques de cette période. Cette production est, au moins partiellement, réalisée in situ au xie siècle et durant la première moitié du xiie siècle si l’on se réfère aux fragments, dont certains peu cuits, découverts dans les niveaux de comblement du four (US 1759 et 1602). Elle présente une pâte identique à la céramique rugueuse mixte, d’après les analyses effectuées par D. Dufournier au CRAHM, mais s’en distingue néanmoins par un montage au tour. Le répertoire morphologique comprend des pots globulaires ou ovoïdes, dont la moitié supérieure de la panse est ornée de cannelures.

Fig. 22 Principaux groupes techniques des céramiques des ixe-xiie siècles.

Fig. 22 Principaux groupes techniques des céramiques des ixe-xiie siècles.

S. Baccega et P. Girard del.

  • 116 L’approche historiographique de ce groupe technique a été réalisée par Yves Henigfeld à l’occasion (...)

138Le dernier groupe, qui mérite une attention particulière, correspond à la céramique claire (fig. 22). Elle est peu attestée puisqu’elle ne représente que 1,68 % de la céramique du haut moyen Âge. Le répertoire morphologique n’est illustré que par des formes fermées qui peuvent être ornées d’un décor ondé incisé ou de croisillons à la molette. L’intérêt de ce groupe est son identification à la céramique claire connue dans l’ensemble de la France septentrionale et plus particulièrement dans le quart nord-est où il est attesté entre le viie et la fin du xiie siècle116.

  • 117 Châtelet 2002, p. 400.
  • 118 Ibid., p. 393-394.
  • 119 Ibid., p. 400.
  • 120 Ibid., p. 386-387.
  • 121 Ibid., p. 362.
  • 122 Ibid., p. 376.
  • 123 À Strasbourg, le développement maximal de la céramique claire peinte se situe dans une période com (...)

139Les éléments remarquables découverts sur le site de Gungling trouvent des comparaisons sur des sites alsaciens plus particulièrement localisés dans le nord du département du Bas-Rhin. Il s’agit des sites strasbourgeois de la rue des Veaux, dont le mobilier métallique associé a été daté par U. Lobbedey entre le viiie et le début du xe siècle117, d’Istra, dont la céramique claire a été datée par m. Châtelet de 800-850 au début du xe siècle118 et de la rue du 22 Novembre daté du xe siècle119. De même les sites de Soufflenheim attribué par le même auteur à une période comprise entre 730/740 et 850120, de Pfaffenhoffen daté de 730/740 à 850121 et de Saint-Jean-de-Saverne daté du xe siècle122. Deux fragments sont issus du comblement du FC 01 appartenant, avec une probabilité de 95, 4 %, à une période comprise entre 886 et 1156 (GrN-25000). Les éléments de comparaison et la datation par 14C suggèrent donc une datation comprise entre le troisième quart du viiie siècle et le milieu du xe siècle et ce, dans la mesure où aucun décor peint n’a été relevé123.

2.6.2. Le mobilier métallique et lithique

  • 124 Maire 1986, p. 7584.
  • 125 Goedert, Thion et Thomas 1996, p. 137.

140Dans l’ensemble, le mobilier métallique et lithique est peu abondant pour cette période d’occupation (fig. 23). Parmi les ustensiles domestiques se trouvent deux pierres à aiguiser et une lame de couteau (1011.102). Les accessoires du vêtement sont extrêmement rares puisqu’un seul hypothétique mordant de ceinture en alliage cuivreux (2453.07) a été découvert dans le comblement de la fosse 628. Il s’agit d’une fine bande de métal dont une seule extrémité est conservée. Les bords sont soulignés par des registres de dents de loups incisées. L’extrémité comprend deux petites perforations en retrait des angles et une plus importante légèrement excentrée. La découverte d’un petit anneau en os (1543.06), dans le fond de cabane 12, est à signaler. De section ovale, il mesure 17 mm de diamètre pour une épaisseur de 3 mm. Ce type d’anneau peut servir au vêtement, notamment pour passer des lacets destinés à maintenir des corsages ou autres vêtements124. L’hypothèse d’un anneau entrant dans la composition d’un patenôtre ou d’un chapelet n’est cependant pas exclue125.

Fig. 23 Petits objets des ixe-xiie siècles.

Fig. 23 Petits objets des ixe-xiie siècles.

J. Gelot et P. Girard del.

  • 126 Halbout, Pilet et Vaudour 1987, p. 58.

141Le mobilier lié à la construction se compose essentiellement de clous. Ces derniers sont néanmoins peu fréquents puisque six exemplaires seulement ont été dénombrés. Une penture (2545.09) (Dim. : H. max. : 20 mm ; L. : 63 mm ; épais. : 5 mm ; diam. de l’ouverture : 10 mm) constituée d’une plaque de fer repliée de manière à ménager un espace destiné au gond a été mis au jour dans le comblement de la fosse 666. Deux petites pattes quadrangulaires légèrement recourbées, assurant la fixation de la charnière, prolongent cette ouverture126.

  • 127 La détermination de la monnaie a été réalisée par Dominique Kirbach que nous remercions.

142Un seul accessoire de parure a été découvert dans le fond de cabane 3. Il s’agit d’une monnaie127 Ae2, en alliage cuivreux, réutilisée en pendentif. Sur l’avers figure un buste drapé, la tête diadémée à droite et l’inscription : D. N. VALEN-SP.F.A… Au revers se trouve une Victoire ailée marchant à gauche et tenant une couronne de la main droite. L’axe est de 330°. L’atelier de frappe était illisible. Cette monnaie a été frappée durant le règne de l’empereur Valens (368-375).

143Quatre fragments métalliques à fonction indéterminée complètent ces découvertes. Le verre est représenté par deux petits fragments appartenant probablement à de la vaisselle antique.

144Les limites de la fouille et la destruction de la partie centrale par la sablière ne permettent pas de statuer sur la nature exacte de l’occupation des ixe-xiie siècles. S’agit-il en effet d’une ferme isolée, d’un petit habitat dispersé ou d’un établissement plus conséquent qui s’étend le long de la Sarre ? L’étude conjointe du mobilier, de la faune et des restes carpologiques indique une population modeste exerçant principalement une activité agricole polyvalente mais également quelques activités artisanales dont l’importance n’a pas pu être mesurée.

3. L’occupation des xiiie-xvie siècles

145L’occupation des xiiie-xvie siècles succède à la précédente sans qu’aucune rupture chronologique n’ait été constatée. Cette continuité est notamment attestée grâce à la présence d’un certain nombre de structures attribuables à une période de transition datée des xiie-xiiie siècles par leur position stratigraphique et/ou par leur datation par 14C ou par le mobilier céramique. L’étude stratigraphique associée à celle du mobilier céramique et, dans une moindre mesure, du mobilier métallique est à l’origine de la distinction en deux périodes. La première, le moyen Âge I, couvre les xiiie-xive siècles tandis que la seconde, le moyen Âge II, s’étend du xve au début du xvie siècle.

  • 128 GrN-24625.
  • 129 EXH : exhaussement.

146L’observation stratigraphique, grâce notamment à la présence de niveaux de destruction (US 1544 et 1013) localisés dans la partie sud-ouest de l’emprise, a permis de distinguer deux phases d’occupation au sein du moyen Âge I. La phase Ia est datée du xiiie siècle tandis que la phase Ib est attribuée au xive siècle. L’estimation chronologique du moyen Âge I repose sur les données stratigraphiques, sur une datation 14C de la fosse 372 qui fournit, avec 95, 4 % de probabilités, une fourchette comprise entre 1287 et 1389128 et sur l’étude du mobilier céramique et métallique. L’ensemble des vestiges du moyen Âge I est scellé par des niveaux de destruction et de remblais rassemblés sous le numéro de fait EXH129 112, qui permettent de les isoler des vestiges du moyen Âge II, installés dans ces mêmes niveaux. Il n’a cependant pas été possible de rattacher précisément toutes les structures à la phase Ia ou Ib, voire au moyen Âge I ou II.

147Le mobilier céramique des xiiie-xive siècles se caractérise par des productions essentiellement montées au tour. Si la production majoritaire est d’origine locale, la céramique d’importation est néanmoins attestée. Le corpus morphologique s’enrichit, même si les formes fermées sont grandement majoritaires. La céramique de poêle attestée par deux fragments à la période précédente augmente au xiiie siècle, pour dépasser 1 % au xive siècle. La céramique des xve-début xvie siècles présente plus ou moins les mêmes caractéristiques que celles relevées à la période antérieure. L’augmentation significative de l’usage de la céramique de poêle mérite néanmoins d’être soulignée.

3.1. L’occupation des xiiie-xive siècles

148L’occupation des xiiie-xive siècles couvre l’ensemble de la surface explorée (fig. 24). Elle s’organise selon trois noyaux plus particulièrement localisés dans la bande occidentale du site. Un noyau occupe la partie sud-ouest en limite nord du noyau d’occupation des ixe-xiie siècles. Trois structures se trouvent néanmoins dans le secteur sud-ouest de l’occupation alto-médiévale. Un deuxième noyau, distant d’environ 65 m du premier, est localisé dans la partie septentrionale de la fouille, plus spécifiquement dans la partie méridionale du noyau septentrional de l’occupation des ixe-xiie siècles. Le troisième noyau, distant d’environ 25 m du deuxième, occupe plus particulièrement l’angle nord-ouest de la surface de fouille. Quelques structures se trouvent dans la bande orientale de l’emprise.

Fig. 24 Plan d’ensemble des vestiges des xiiie-xive siècles et des vestiges non datés.

Fig. 24 Plan d’ensemble des vestiges des xiiie-xive siècles et des vestiges non datés.

3.1.1. Les structures d’habitat

149Les restes d’un bâtiment (BT 29) sont apparus dans l’angle nord-ouest de la fouille, en limite de fouille. Le mur 636, observé sur une longueur de 2,80 m, est orienté nord-sud (fig. 25). Son épaisseur varie de 0,5 à 0,6 m. Une seule assise de pierres calcaires liées à l’argile est conservée. Le mur 669 est perpendiculaire à l’extrémité sud du mur 636. Sa longueur observée est de 1,04 m pour une épaisseur de 0,6 m. Une seule assise, de même nature que celle du mur 636, est conservée. Malgré la destruction de l’extrémité méridionale du mur 636, il est fort probable qu’il formait un angle avec le mur 669. L’hypothèse d’un mur de refend pour le solin 669 ne peut toutefois pas être totalement écartée. Le niveau d’occupation (US 2565/2450) associé à ce bâtiment est constitué de limons sableux incluant de la céramique, un peu de terre cuite et du charbon de bois. La coupe réalisée en limite de fouille permet de lui associer un trou de poteau (TPO 639). En revanche, aucune trace du solin 669 n’a été observée dans la coupe. Le niveau pierreux, s’étendant à l’est du mur 636 et s’appuyant contre, est interprété comme un niveau d’assainissement préalable à la construction du bâtiment et à son aménagement externe. Les données recueillies permettent de restituer un bâtiment dont l’élévation est construite en matériaux organiques (pan de bois et ourdissage en clayonnage et torchis). Les murs devaient certainement reposer sur des sablières basses supportées par les solins dont le nombre d’assises devait être supérieur à celle conservée, si l’on se réfère au niveau de destruction qui scellait le bâtiment. En revanche, aucun élément ne permet de reconnaître le plan du bâtiment ni d’identifier sa fonction : maison d’habitation, maison mixte ou bâtiment agricole.

Fig. 25 Plan et coupe du bâtiment 29.

Fig. 25 Plan et coupe du bâtiment 29.

J. Dolata et P. Girard del.

  • 130 Fischer 1971, p. 3.
  • 131 Pesez 1998a, p. 96-97.

150Ce type de construction sur solin est attesté dès le ve siècle en France du Nord. Il est courant en milieu rural jusqu’à nos jours130. L’épaisseur du solin est identique à celle observée sur des bâtiments ruraux médiévaux en Europe131. En Lorraine, les habitats ruraux des xiiie-xve siècles sont peu connus. Les sites de Yutz, Vitry-sur-Orne, Imling (Moselle) et Bras-sur-Meuse (Meuse) peuvent néanmoins être mentionnés.

3.1.2. Les autres structures d’habitat

151Le bâtiment 29 est la seule construction clairement identifiée. Il convient cependant de mentionner plusieurs empierrements localisés dans les deux autres noyaux d’occupation. L’empierrement 688, situé dans le deuxième noyau, est partiellement installé sur une fosse et un silo appartenant à la période précédente. Observé sur une longueur de 2,10 m, il possède une épaisseur de 0,30 m. Aucun autre élément ne permet de le rattacher à une construction.

  • 132 Comme celle découverte sur le site de la ferme seigneuriale de La Grange du mont à Charny-en-Bourg (...)

152Les deux autres empierrements ont été observés dans l’angle sud-ouest de la fouille. L’empierrement 166 correspond à un aménagement de plan rectangulaire (0,72 m de long sur 0,61 m de large pour une hauteur conservée de 0,13 m) constitué de deux assises de pierre calcaire liées à la terre. En vis-à-vis de cet empierrement, à 1,40 m à l’est, se trouve un creusement rectangulaire (FTC 167) long de 1,14 m sur 0,57 m de large recevant un aménagement de pierres calcaires liées à du limon. L’interprétation de ces aménagements est délicate. Il peut en effet s’agir de solins partiellement conservés ou bien encore de bases de pilier entrant dans la construction d’un bâtiment du type de certaines granges132.

3.1.3. Les structures d’équipement

153Le chemin

154Les vestiges d’un chemin ont été dégagés en limite méridionale du site, dans la moitié orientale de la fouille. Il a été observé sur une longueur de 5,60 m. L’étude de la coupe permet de distinguer deux états d’utilisation (fig. 26). Le premier chemin (CHE 479), large de 5,40 m minimum, se présente sous la forme d’un aménagement induré de pierres calcaires, de graviers et de galets liés à une matrice limono-sableuse. Sa puissance varie de 0,15 à 0,22 m. Il est marqué par deux ornières distantes de 1,10 m l’une de l’autre. Celles-ci sont larges de 0,30 m et profondes de 0,16 m à 0,18 m. Aucun niveau d’utilisation ou d’abandon ne sépare ce chemin de celui qui vient s’installer par-dessus (CHE 117). Ce dernier est constitué d’un aménagement de pierres calcaires, galets et graviers liés à une matrice limono-sableuse. Il est bordé à l’est par deux pierres disposées de chant délimitant de cette manière un passage charretier de 2,50 m de large. Dans ce périmètre, deux ornières, distantes l’une de l’autre d’environ 1,40 m, se développent parallèlement, en plan. Un passage piétonnier de 1,30 m de large, fonctionnant en parallèle avec le passage charretier, est délimité à l’ouest par une pierre de chant. Le CHE 117, a priori plus large que le CHE 479, peut être considéré comme une réfection de ce dernier. Le niveau de graviers perceptible à l’ouest est interprété comme un niveau probable d’occupation contemporain au chemin 117. Celui-ci est scellé par l’US 1027 correspondant certainement au dernier niveau d’utilisation du chemin et à son niveau d’abandon.

Fig. 26 Coupe du chemin.

Fig. 26 Coupe du chemin.

J. Dolata et P. Girard del.

  • 133 Jeannin 1972, p. 173.
  • 134 Ibid.
  • 135 Hurtin 2001, p. 180-182.

155L’écartement de 1,10 m des ornières du chemin 479 est identique à l’écartement minimum relevé par Y. Jeannin sur les voies du Jura (de 1,07 à 1,15 m)133. En revanche, leur profondeur conservée est moins importante. L’établissement d’un autre chemin peut expliquer la moins bonne conservation des ornières du chemin 479. L’écartement des ornières du chemin 117 est nettement plus large que les écartements relevés sur les voies à ornières du Jura ou que ceux mesurés sur les charrois ruraux actuels134. Il se rapproche plus de l’écartement de 1,50 m observé sur le chemin découvert sur le site de La Chapelle Saint-Aubert (Ille-et-Vilaine) attribué au xe siècle135.

  • 136 Mervelet 1997, p. 41.

156Si la chronologie relative du chemin est assurée, il n’en va pas de même pour la chronologie absolue. Seul le dernier niveau d’utilisation du CHE 117 a livré un peu de mobilier céramique attribuable au moyen Âge I. Rien ne permet, en revanche, de proposer une datation pour le premier chemin (CHE 479). Celui-ci peut très bien avoir fonctionné dès le haut moyen Âge. Le tracé de cette voie de circulation reste problématique. Deux hypothèses peuvent être émises d’après la topographie des vestiges. La première s’appuie sur l’orientation des sépultures des groupes funéraires 30 et 31. En effet, la présence de sépultures attribuées au haut moyen Âge implantées le long d’une voie est couramment attestée au sein des habitats ruraux (cf. supra). Dans ce cas de figure, le chemin passe le long de ces deux groupes et longe la Sarre à la hauteur de la ligne de rupture de pente. L’absence de gué en face de la fouille et la présence, de l’autre côté de la Sarre, d’une colline au pendage prononcé ne permettent pas de proposer un itinéraire traversant la Sarre. Si cette hypothèse de tracé est retenue, elle suppose que le premier chemin est contemporain des sépultures. La seconde hypothèse suppose un tracé plus ou moins rectiligne avant qu’il ne s’incurve vers l’ouest. La quasi-absence de vestiges dans le centre de la bande occidentale de la fouille constitue peut-être un indice de son emplacement. Le tracé du CHE 117 pourrait alors aboutir au niveau de la voie dont un tronçon a été mis au jour lors du diagnostic. Cette voie attribuable, d’après le fouilleur, à l’époque romaine, serait encore utilisée à la période médiévale136. Aucun élément du parcellaire figurant sur le cadastre de 1807 ou sur le plan de 1753 n’indique la trace d’un éventuel chemin ou d’une voie. D’un point de vue chronologique, les deux hypothèses de tracé peuvent coexister si l’on admet que la seconde hypothèse fonctionne avec le chemin le plus récent (CHE 117).

157Le drain

158Le noyau sud-ouest est traversé par un drain (DRA 290), orienté est-ouest. Il a été observé sur une longueur de 8 m. Le fond de la tranchée d’installation (L. : 0,18 m ; profondeur : 0,14 m) accuse un pendage ouest-est. Des pierres calcaires sont disposées, en vis-à-vis, de manière oblique. L’ensemble est recouvert par des dalles calcaires non organisées. Ce drain peut être mis en relation avec l’habitat probablement localisé plus à l’ouest. Dans cette hypothèse, une fonction liée à l’écoulement d’une étable est envisageable comme cela est supposé pour un bâtiment, daté des xiiie-xve siècles, découvert sur le site de Yutz. Il peut, également, drainer les eaux de ruissellement provenant de la colline du Gunglingerberg située au-dessus.

159Les fosses

160Soixante-huit fosses ou faits en creux ont été dégagés sur la totalité de l’emprise. Le problème de leur fonction se pose de manière identique à la période antérieure. À défaut d’une identification fonctionnelle, la morphologie et l’étude des comblements permettent de distinguer un certain nombre de structures.

  • 137 FOS 561 et 565.

161Seize fosses, réparties essentiellement dans les trois noyaux, présentent d’importantes dimensions. Leur surface est comprise entre 5,40 et 11 m2, la moyenne étant de 8,70 m2. Elles accusent généralement un plan ovale, souvent oblong. La majorité d’entre elles ont servi, un temps, de dépotoir. Quelques-unes possèdent des aménagements internes. C’est notamment le cas de la fosse 313 pourvue d’une banquette interne, de la fosse 275 comprenant des trous de poteau et des trous de piquet (fig. 27), et de la fosse 305 dont l’une des parois est habillée par un placage de pierres calcaires (fig. 27). La dimension de ces fosses, la présence d’aménagements et celle, fréquente, de pierres, tuiles et mortier dans leur comblement, incitent à voir en elles des constructions annexes (remises, ateliers, etc.) dont l’infrastructure ne laisse pas de témoins archéologiques. Deux fosses137, localisées dans le noyau intermédiaire et qui appartiennent à la période de transition haut moyen Âge-Moyen Âge I, correspondent peut-être à des fonds de cabane. Les fosses du noyau sud-ouest se trouvent toutes réparties au sein d’une bande large de 13 m et parallèle à la limite de fouille. L’absence d’autres structures au-delà de cette bande et le nombre important des fosses ayant servi de dépotoir suggèrent la partie arrière d’une parcelle d’habitation. Cette hypothèse est également valable pour les deux autres noyaux. Dans le cas du noyau le plus septentrional, elle est confortée par la présence en limite de fouille du bâtiment 29.

Fig. 27 Plans et coupes des fosses 275 et 305.

Fig. 27 Plans et coupes des fosses 275 et 305.

J. Dolata et P. Girard del.

162Les fosses localisées au sein du noyau le plus septentrional se distinguent non seulement par leurs fréquents recoupements, mais aussi par leur comblement contenant d’importantes quantités de pierres calcaires et parfois du mortier et des tuiles. La fonction de ces fosses demeure énigmatique, l’hypothèse de fosses d’extraction n’a en effet pas été retenue dans la mesure où le substrat limono-sableux comprend des graviers. Il apparaît cependant que leur comblement à l’aide de matériaux de destruction participe à une volonté d’assainir cet espace dans la perspective d’une probable mise en culture. Cette hypothèse est corroborée par la présence d’un niveau de remblai qui scelle l’ensemble de ce secteur et qui n’est perturbé par l’installation d’aucune autre structure.

163La structure 21 (fig. 28)

164Localisée dans la partie méridionale de la bande orientale, en limite orientale de la sablière, la structure 21 accuse un plan rectangulaire (au moins 1,80 m de long sur 1,50 m de large). Elle est bordée sur trois côtés de petits murets (MUR 328, 329 et 330), épais d’environ 0,30 m, et formés d’une assise de pierres calcaires liées à l’argile. Le fond de la structure est constitué d’un aménagement de dalles calcaires (EMP 331) disposées à plat et liées au mortier maigre. Ce dernier remonte en partie sur les parements internes des murs 328 et 329. Les dimensions conservées de cet empierrement ont 1,50 m minimum de long sur 1,20 m de large. Les dalles calcaires sont scellées par un niveau d’utilisation ou de destruction qui contient du mobilier céramique, de la faune, un fragment de faucille et du charbon de bois. L’arasement important de cette structure nuit à la compréhension de sa fonction. L’utilisation de mortier maigre évoque une volonté d’étanchéifier le fond. Si la fonction de cette structure maçonnée reste indéterminée, sa présence en limite de sablière conforte l’idée d’une extension du site à l’emplacement de celle-ci jusqu’à la limite orientale de la fouille. La nature du mobilier découvert dans le niveau d’abandon (vaisselle céramique, céramique de poêle, outil…) laisse supposer la proximité de structures domestiques.

Fig. 28 Plan et coupes de la structure 21.

Fig. 28 Plan et coupes de la structure 21.

J. Dolata et P. Girard del.

165Les foyers

166Les foyers sont absents pour cette période à l’exception peut-être d’une structure en creux (FTC 278) mise au jour dans le fond de la fosse 271, fosse dont le comblement comprenait des charbons de bois, de la cendre et des pierres.

3.1.4. Installations et pratiques agricoles

  • 138 Des restes de pommes carbonisées ont été reconnus dans le comblement des fosses 113 et 570. Une gr (...)

167Les indices de pratiques agricoles sont moins nombreux pour cette période. Les structures, l’outillage et les paléosemences sont rares138. Seule la faune est présente en quantité suffisante pour avoir une idée des pratiques pastorales.

168Les silos

169Deux silos (SIL 621 et 567) ont été identifiés dans le noyau intermédiaire de la partie septentrionale. Le silo 621, uniquement observé en coupe, présente une largeur maximale de 1,12 m (fig. 29). Sa profondeur conservée est de 0,52 m. Le silo 567 est arasé et partiellement détruit par l’installation d’une fosse.

Fig. 29 Coupe du silo 621.

Fig. 29 Coupe du silo 621.

J. Dolata et P. Girard del.

170Les outils agricoles

  • 139 Reigniez 2002, p. 257.

171L’objet 1464.15 (fig. 30) en fer est constitué d’une lame, non dentelée, à dos courbe terminé à angle presque droit par une soie de section rectangulaire aplatie et appointée (L. : 165 mm ; l. : 22 mm ; épais. : 6 mm). Il est issu d’un niveau de remblai, localisé dans le noyau sud-ouest et qui remonte au xive siècle. Il s’agit du fragment central d’une faucille. Celle-ci est comparable au type B (faucille à courbure ouverte) établi par P. Reigniez139, notamment à partir de deux exemplaires découverts sur le site de Dracy (Côte-d’Or) et datés du xive siècle. Ce type perdure dans le moyen Âge et apparaît à plusieurs reprises dans l’iconographie.

Fig. 30 Faucilles en fer des xiiie-xive siècles.

Fig. 30 Faucilles en fer des xiiie-xive siècles.

J. Gelot et P. Girard del.

  • 140 Nous tenons à remercier P. Reigniez d’avoir bien voulu répondre à notre courrier concernant ces de (...)

172L’objet 1565.17 (fig. 30) est également en fer. Sa lame non dentelée, à dos courbe, est terminée à angle presque droit par une soie, incomplète, de section quadrangulaire et aplatie (L. : 240 mm ; l. : 15 mm ; épais. : 5 mm). Il provient du comblement de la structure 21 opéré aux xiiie-xive siècles. Quoique légèrement différent, cet objet est comparable au précédent. Il s’agit en effet d’une faucille coudée140.

173Données archéozoologiques

174Le porc apparaît cette fois-ci légèrement dominant (40,6 %) devant le bœuf et les caprinés (25 %) (voir l’étude de J.-H. Yvinec infra). Le cheval et la basse-cour sont par ailleurs bien représentés. Le faible échantillonnage ne permet pas d’avancer des hypothèses sur la gestion du cheptel. Il convient néanmoins de noter que les individus pour lesquels l’âge d’abattage est connu correspondent à des bêtes à viande.

175La pauvreté des indices archéologiques touchant à l’agriculture ne doit cependant pas occulter l’importance des terres cultivées sur le ban de Gungling aux xiiie-xive siècles. Les rares mentions de Gungling dans les sources écrites de cette période évoquent en effet des droits aux dîmes.

3.1.5. Les vestiges mobiliers : le mobilier céramique, métallique et lithique

176Le mobilier céramique

  • 141 GrN-24623.

177Avant d’aborder le mobilier céramique de cette période, il convient de mentionner rapidement le mobilier céramique attribué à une période de transition, datée par 14C entre 1159 et 1257141. Ce mobilier est issu de onze faits et d’une unité stratigraphique. Il est constitué de 853 restes répartis en vingt groupes techniques. Parmi ces derniers, se trouvent deux groupes appartenant à la protohistoire et un groupe attribué à l’Antiquité (fig. 31). Onze groupes techniques représentant moins de 1 % ou 1 % ont été regroupés sous l’appellation « autres groupes ». Parmi les six groupes restant, la céramique rugueuse mixte continue d’être le groupe majoritaire puisqu’il représente 51,58 % de l’ensemble (fig. 31). Il convient néanmoins de noter la nette progression de la céramique rugueuse grise de la vallée de la Sarre qui arrive en deuxième position avec 34,70 %. Cette céramique tournée ne représentait que 7,5 % de la céramique du haut moyen Âge. Aucun nouveau groupe technique n’est à signaler.

Fig. 31 Pourcentage des groupes techniques des xiie-xiiie siècles d’après le nombre de restes (853).

Fig. 31 Pourcentage des groupes techniques des xiie-xiiie siècles d’après le nombre de restes (853).
  • 142 Dautremont, Dufournier, Georges-Leroy et milutinovic 2002, p. 408-409.

178Le parti a été pris de ne pas distinguer les ensembles attribués par étude stratigraphique au moyen Âge Ia (seulement quatre) de ceux appartenant au moyen Âge Ib et ce, afin d’obtenir un nombre de restes significatifs. L’étude porte donc sur 4 052 restes issus de quarante-six faits et quatorze unités stratigraphiques. Trente-sept groupes techniques ont été répertoriés parmi lesquels se trouvent deux groupes attribués à la protohistoire, trois appartenant à l’Antiquité, vingt-cinq groupes dont le pourcentage est inférieur à 1 % regroupés sous l’appellation « autres groupes », un groupe d’indéterminé et six groupes considérés comme significatifs (fig. 32). Il convient de signaler dans les « autres groupes », comportant essentiellement de la céramique des ixe-xiie siècles, l’apparition de six nouveaux groupes parmi lesquels se trouve la céramique rouge glaçurée marron « très décorée » (fig. 33). Bien que peu représenté (0,44 %), ce groupe céramique présente l’intérêt de provenir vraisemblablement de l’atelier de production du Pontifroy à metz142. Le site de consommation de Gungling constitue, dans l’état actuel des connaissances, la limite la plus orientale de l’aire de diffusion de cette céramique. Parmi les groupes nouveaux, outre des groupes de céramiques glaçurées (fig. 33), se trouvent également du grès et de la céramique grise cannelée du Rhin supérieur en très faible quantité.

Fig. 32 Pourcentage des groupes techniques des xiiie-xive siècles d’après le nombre de restes (4052).

Fig. 32 Pourcentage des groupes techniques des xiiie-xive siècles d’après le nombre de restes (4052).

179La période est caractérisée par la nette domination de la céramique rugueuse grise de la vallée de la Sarre (78,83 %). Le répertoire morphologique offre des formes nouvelles avec des pots plus ovoïdes, des lèvres majoritairement en bandeau et des couvercles coniques. À partir du xive siècle, apparaissent de gros pots à lèvre biseautée comportant un décor ondé incisé sur le haut de la panse et les premières bouteilles (fig. 34). Les lèvres à bandeau deviennent plus hautes et plus saillantes (fig. 33). La seconde caractéristique de cette période est le développement, notamment à partir du xive siècle, de la céramique de poêle (fig. 34). Comme pour la vaisselle de table, le groupe technique majoritaire est celui de la céramique rugueuse grise de la vallée de la Sarre. Deux autres groupes techniques comportent de la céramique de poêle en faible quantité. Si, au xiiie siècle, le gobelet constitue l’unique forme attestée, les carreaux-bols apparaissent au xive siècle. La céramique rugueuse mixte, représentant 4,27 % de l’ensemble, provient principalement d’un remblai et peut être considérée comme étant en position secondaire.

Fig. 33 Principaux groupes techniques des céramiques des xiie-xive siècles, I : xiie-xiiie s. et II : xiie-xive s.

Fig. 33 Principaux groupes techniques des céramiques des xiie-xive siècles, I : xiie-xiiie s. et II : xiie-xive s.

S. Baccega et P. Girard del.

180Il convient par ailleurs de signaler la présence de deux fusaïoles de forme biconique (comportant une perforation centrale tronconique) réalisées en céramique grise (fig. 34).

Fig. 34 Principaux groupes techniques des céramiques des xiie-xive siècles.

Fig. 34 Principaux groupes techniques des céramiques des xiie-xive siècles.

S. Baccega et P. Girard del.

181Le mobilier métallique (fig. 35)

182Le mobilier métallique est un peu plus abondant qu’à la période antérieure. Il comprend des ustensiles domestiques et des outils, des accessoires du vêtement, des éléments liés à la construction et des éléments liés au cheval et à son cavalier.

Fig. 35 Mobilier métallique des xiie-xive siècles.

Fig. 35 Mobilier métallique des xiie-xive siècles.

J. Gelot et P. Girard del.

  • 143 N° 1011.12 ; 1013.60 ; 2177.26 et 2421.01.
  • 144 Guadagnin 1989, p. 298 et 299.

183Parmi les ustensiles se trouvent quatre couteaux143 plus ou moins bien conservés et un outil non identifié (2332.12). Il s’agit d’un objet fragmenté en fer. Il est constitué d’une tige de section carrée, tordue, dont l’extrémité conservée est aplatie pour former un petit tranchant biseauté (L. : 50 mm ; l. : 10 mm ; épais. : 10 mm). Il peut s’agir d’un fragment appartenant à un outil de « type pointeau, chasse-cheville ou burin144 ». Il est issu du comblement de la fosse 618 datée des xiie-xiiie siècles.

184Les accessoires du vêtement qui ont été découverts appartiennent tous à la ceinture. Trois boucles, une chape, un mordant et deux ardillons de boucle, l’un en alliage cuivreux, l’autre en fer, ont en effet été mis au jour.

  • 145 Meaux médiéval et moderne 1992, n° 8, p. 95-96.

185La boucle à chape (2254.37) est en alliage cuivreux. Elle est constituée d’une bande de métal incurvée, repliée et pincée pour former une petite boucle ronde dont les deux extrémités sont reliées par un rivet du même métal qui fait office de traverse. La plaque articulée correspond à une feuille de métal enroulée sur ce rivet et dont les deux faces sont maintenues jointes par un autre rivet qui sert également à fixer la chape sur une lanière en cuir. Sur une des faces, un décor de dents de loup souligne les deux bords de la chape. L’ardillon n’est pas conservé, mais la présence d’un trou un peu en retrait du rivet de traverse signale son emplacement (H. boucle : 11 mm ; l. boucle : 5 mm ; épais. : 1 mm ; L. chape : 15 mm ; l. chape : 8 mm). La boucle est issue d’un niveau de remblai remontant aux xiiie-xive siècles. Un exemplaire comparable a été découvert à meaux145. Il est daté, par comparaison, avec le site de Rougiers, de la fin xiie à la première moitié du xive siècle.

  • 146 Halbout, Pilet et Vaudour 1987, p. 182.
  • 147 Demians d’Archimbaud 1980, p. 484, pl. 460.

186La boucle de ceinture (1516.02) est réalisée en fer. Il s’agit d’une boucle circulaire de section rectangulaire comprenant un ardillon de section carrée et à extrémité aplatie (H. : 43 mm ; diam. : 38 mm ; épais. : 6 mm ; L. ardillon : 61 mm ; l. ardillon : 60 mm ; épais. ardillon : 8 m). Elle est issue du comblement inférieur de la fosse 305 appartenant aux xiiie-xive siècles. Cette boucle est comparable à une des boucles découvertes à Saint-Vaast-sur-Seulles (Calvados) et qui est probablement du xive siècle146 ou à certains exemplaires provenant du site de Rougiers147.

187La dernière boucle (1503.35) n’est que partiellement conservée. Elle est également en fer (H. : 43 mm ; l. : 35 mm ; épais. : 6 mm). Elle provient du comblement supérieur de la fosse 305 attribuée aux xiiie-xive siècles.

188La chape 1013.62, en alliage cuivreux, est constituée d’une fine bande de métal repliée dans le sens de la largeur et dont les bords ne sont pas joints. L’extrémité ouverte, qui devait recevoir la lanière de cuir, est traversée par un petit rivet en alliage cuivreux. L’autre extrémité présente un gros rivet du même métal, à tête ronde et corps échancré, qui venait se fixer sur la ceinture (L. : 38 mm ; H. : 10 mm ; L. rivet : 11 mm ; l. tête du rivet : 5 mm). Ce rivet est issu d’un niveau de remblai daté du xiiie siècle.

189Le mordant 1516.04, également en alliage cuivreux, est confectionné à partir d’une feuille de métal repliée dans le sens de la longueur. Les bords sont joints sans chevauchement, sauf au niveau de l’extrémité où venait s’insérer la lanière de cuir, qui était maintenue en place grâce à un rivet en alliage cuivreux qui entrouvre les deux parties du mordant. Une des parties, plus longue, présente une entaille en V au milieu de la largeur, tandis que l’autre partie est légèrement appointée (L. : 45 mm ; l. côté appointé : 6,5 mm ; l. côté ouverture : 10 mm ; H. d’ouverture : 2 mm). L’hypothèse d’un ferret n’est pas totalement exclue. Ce mordant provient du comblement inférieur de la fosse 305 datée des xiiie-xive siècles.

190Quatre branches de fers à chevaux proviennent de niveaux de remblais datés du xive siècle. Les dimensions moyennes de trois fers sont 60 mm de long et 21 mm de large. Les fers 1001.39 et 1001.41 possèdent une éponge à crampon contrairement au fer 1006.119 qui ne comporte qu’une simple pointe repliée. Le fer 1006.124 se distingue des trois autres par des dimensions nettement plus importantes. Il mesure en effet 106 mm de long sur 105 mm de large et ne possède pas de crampon.

  • 148 Bourgogne médiévale, la mémoire du sol, 1987, n° 441, p. 176.

191La boucle ovale 1463.09 en fer, de section quadrangulaire (H. : 50 mm ; l. : 25 mm ; épais. : 5 mm) correspond probablement à une boucle de harnais. Elle est issue du niveau d’utilisation du caniveau DRA 290 remontant au xive siècle. Une boucle morphologiquement comparable des xe-xie siècles est jugée être une boucle de harnais148.

  • 149 Halbout, Pilet et Vaudour 1987, p. 232-233.
  • 150 Bourgogne médiévale, la mémoire du sol, 1987, n° 380, p. 160.
  • 151 Demians d’Archimbaud 1980, p. 449 et n° 428.4.

192Un dernier élément, en relation avec le cavalier, correspond à une molette d’éperon (1006.125). L’étoile à six branches est réalisée en fer martelé. Sur l’une des faces, l’amorce d’une perforation centrale est visible. Elle ne traverse pas l’objet. Il est néanmoins possible que la perforation soit obstruée par de la corrosion (H. : 53 mm ; épais. : 6 mm). Elle provient d’un niveau de remblai du xive siècle. L’éperon à molette ne se généralise pas avant la fin du xiiie siècle149. Un exemplaire similaire est connu à Saint-Vaast-sur-Seulles (Calvados) où il est jugé appartenir au milieu du xive siècle. Un autre exemplaire, remontant à ce dernier siècle, provient du site de la Grange du mont150. L’éperon à molette issu de la fouille de Rougiers possède huit branches. Il est daté de la première moitié du xive siècle151.

193Les éléments de construction sont représentés par une douzaine de clous et une paumelle. La paumelle 1013.71 est réalisée en fer. Il s’agit d’une plaque de section ­rectangulaire repliée en boucle. Les deux extrémités se touchent avant de se recourber chacune d’un côté (L. : 58 mm ; H. : 17 mm ; épais. : 4 mm). Elle provient d’un niveau de remblai du xiiie siècle.

194Parmi les objets indéterminés en fer, il convient de signaler l’objet 1544.15 (fig. 35) qui possède une grosse tête ronde surmontée d’une tige plate, à section rectangulaire, repliée afin d’y aménager un petit œil. Le corps de cet objet est constitué d’une plaque rectangulaire qui se rétrécit pour donner une extrémité large et plate (L. : 97 mm ; l. : 26 mm ; l. rétrécie : 15 mm ; épais. : 5 mm ; diam. tête : 31 mm). Le second objet (2254.36) (fig. 35) est constitué d’une tête plus ou moins ovale qui ne se développe que d’un côté de deux tiges de section quadrangulaires et appointées (L. : 53 mm ; l. : 7 mm ; épais. : 3 mm).

195Le mobilier lithique

196Il est représenté par un seul fragment d’ardoise (2305.05). Ce fragment provient du comblement de la fosse 539 localisée dans le secteur nord-ouest. Les fragments de céramique rugueuse grise associés au morceau d’ardoise et la position stratigraphique de la fosse permettent de faire remonter son comblement aux xiiie-xive siècles.

197Les vestiges attribuables à cette période sont moins nombreux que ceux des ixe-xiie siècles. Il apparaît en effet que tout un secteur occupé à la période antérieure n’est pas réinvesti. Malgré les destructions occasionnées par l’exploitation de la sablière, il est vraisemblable que le site s’étendait au-delà de l’emplacement de cette dernière vers l’est. Son extension est également assurée à l’ouest et certainement au nord et au sud. Un chemin d’accès à l’habitat rejoint peut-être une voie qui passe au pied du coteau. L’absence de limites et la partie détruite empêchent d’avoir une idée précise sur la nature de l’occupation de cette période : une ou plusieurs fermes ? Un changement important apparaît dans l’architecture rurale. Les cabanes excavées sont en effet remplacées par des constructions établies sur des solins en pierres liées à l’argile. La présence, en faible quantité, de céramique de poêle témoigne de l’introduction d’un nouveau mode de chauffage des maisons.

198L’agriculture apparaît comme la seule activité exercée en ce lieu. Le spectre faunique connaît des modifications par rapport à la période précédente. En effet, le porc devient l’espèce bouchère dominante (40,6 %) tandis que le bœuf et les caprinés représentent environ 25 %. L’usage du cheval est attesté par les fers à cheval mais aussi par un éperon à molette. Cet usage est confirmé par l’étude de la faune dans laquelle le cheval représente 9 % des restes recueillis pour cette période.

199Les éléments de parure et du costume, essentiellement des boucles de ceintures, sont plus nombreux qu’à la période précédente, mais demeurent peu fréquents.

200Les rares textes contemporains mentionnant Gungling confirment une activité agricole, sans cependant mentionner précisément un lieu habité. Les données recueillies sont certes trop lacunaires pour rendre compte du développement de l’habitat entre la période du haut moyen Âge et le moyen Âge I. Elles permettent néanmoins d’attester une continuité de l’occupation entre les deux périodes.

3.2. L’occupation des xve-début xvie siècle

201L’occupation des xve-xvie siècles fait suite, sans interruption, à l’occupation précédente. Les vestiges appartenant à cette période sont en effet installés dans les niveaux de remblai scellant l’occupation antérieure. L’estimation chronologique de cette période repose sur les observations stratigraphiques, sur l’étude du mobilier céramique et, dans une moindre mesure, sur le mobilier métallique.

202Les vestiges relevant des xve-xvie siècles sont localisés à l’emplacement du noyau nord-ouest de l’occupation antérieure à l’exception d’un drain et d’une fosse implantés dans la partie sud-ouest et de deux fosses situées en limite nord de la fouille (fig. 36).

Fig. 36 Plan d’ensemble des vestiges du xve et du début du xvie siècle.

Fig. 36 Plan d’ensemble des vestiges du xve et du début du xvie siècle.

3.2.1. Les structures d’habitat

203Deux bâtiments, orientés est-ouest, sont attribuables à cette période. Localisés dans le noyau nord-ouest, ils sont distants d’environ 10 m l’un de l’autre. Il ne subsiste que les tranchées de récupération du bâtiment 25. Ce dernier accuse un plan rectangulaire long de 11,40 m et large de 9,20 m. Sa superficie interne est de 71 m2. La présence de pierres calcaires et de restes de mortier maigre permet d’envisager un bâtiment construit sur des fondations maçonnées. Les dimensions des tranchées de récupération (env. 0,77 m de large) laissent par ailleurs supposer des murs réalisés en pierres liées au mortier. En revanche, aucun élément ne permet de restituer avec certitude les matériaux utilisés pour la toiture. Dans la couche de destruction qui scelle les tranchées se trouvent des fragments de tuile en quantité insuffisante pour provenir de la destruction d’une toiture. Aucun élément ne permet d’identifier la fonction de ce bâtiment. La présence d’une structure de nature indéterminée dans le périmètre du bâtiment mérite néanmoins d’être soulignée (FTC 419). Cette dernière occupe une position stratigraphique identique à celle du bâtiment. Elle se présente sous la forme d’un creusement de plan ovale long de 1,10 m et large de 0,80 m pour une profondeur conservée de 0,28 m. Cette structure a servi à un aménagement constitué de dalles posées de chant et de dalles disposées à plat reposant en partie sur les précédentes et sur un niveau de pose. Certaines dalles sont rubéfiées. Cet aménagement peut suggérer un support de poteau d’une charpente à homme debout qui fonctionnerait avec le BT 25. L’absence d’un autre aménagement identique dans le périmètre du bâtiment fragilise néanmoins cette hypothèse.

Fig. 37 Plan et coupe du bâtiment 13, du mur 598 et du drain 597.

Fig. 37 Plan et coupe du bâtiment 13, du mur 598 et du drain 597.

J. Dolata et P. Girard del.

  • 152 Informations orales inédites de Jean-Marie Blaising.

204Le bâtiment 13 se trouve au nord-ouest du bâtiment 25 en limite de fouille. Son plan n’est que partiellement connu (fig. 37 et 38). À l’est, subsistent les vestiges d’une fondation en tranchée étroite longue de 5,80 m et large de 0,80 m. Elle est constituée de une à deux assises de pierres calcaires liées à l’argile. Ce mur forme, au sud, un angle droit avec une tranchée de récupération large de 0,84 m et observée sur une longueur de 1,44 m. Son comblement a révélé du mortier rose et du cailloutis calcaire. Un alignement de gros blocs, orienté à l’ouest, se trouve au nord du mur 593 et forme avec lui un angle droit. Il s’agit certainement des restes de la fondation du mur septentrional du bâtiment 13, perturbé par l’installation du fossé 596. Dans cette hypothèse, la largeur totale du bâtiment 13 est de 6,72 m (sa largeur interne est de 4,68 m). Compte tenu de sa largeur, ce bâtiment s’avère être un bâtiment étroit. D’après les observations réalisées en coupe et sur la maçonnerie du mur 593, l’hypothèse d’une tranchée de récupération (TRA 592) d’un mur de refend (ou d’un autre aménagement) peut être avancée. Elle mesure 0,6 m d’épaisseur. L’hypothèse d’un mur de refend à cet endroit induit celle d’un couloir large de 1,40 m desservant, au moins, une pièce d’une largeur de 2,68 m. Le BT 13 fonctionne avec les US 2255/2431 qui sont interprétées comme un niveau de sol constitué de pierres et de dalles calcaires, disposées à plat comparables aux récentes observations réalisées par J.-M. Blaising sur le site de la Résidence l’Ambanie à Yutz (Moselle)152. L’hypothèse d’un niveau de destruction n’est, cependant pas totalement exclue dans la mesure où du mortier rose est associé aux pierres et aux dalles de l’US 2255.

Fig. 38 Bâtiment 13, au premier plan, un fossé parcellaire moderne.

Fig. 38 Bâtiment 13, au premier plan, un fossé parcellaire moderne.

Cl. É. Peytremann

  • 153 Derbois-Delattre 2001, p. 13-38 ; Taupin 1996, p. 211-216.

205À environ 1,50 m au nord du bâtiment 13 et parallèle à son mur septentrional, se développe un empierrement (MUR 598). Celui-ci mesure de 0,48 m à 0,76 m de large. Il a été observé sur une longueur de 2,22 m. Cet empierrement, conservé sur environ 0,20 m de haut, est constitué de pierres calcaires disposées en arête de poisson. Il s’agit probablement d’un solin. L’observation de la coupe stratigraphique, en limite de fouille, permet d’attester un fonctionnement synchrone du MUR 598 avec le BT 13. Dans la mesure où les techniques de construction sont différentes, l’hypothèse d’un appentis accolé au bâtiment peut être émise. Celle d’un agrandissement du bâtiment n’est cependant pas totalement exclue. Aucun élément ne permet d’identifier la fonction du bâtiment 13. Son dégagement partiel limite les comparaisons, notamment avec des sites ayant livré des ensembles complets comme celui de Neuilly-en-Thelles (Oise) ou de Grentheville (Calvados)153.

3.2.2. Les structures d’équipement

206Les drains

207Deux drains ont été dégagés. Le premier (DRA 289) se trouve dans la partie sud-ouest de l’emprise de fouille (fig. 36). Orienté ouest-est, il a été observé sur 24 m. Des dalles calcaires sont installées de chant dans une tranchée. Elles sont recouvertes par des dalles, également en calcaire. Le second drain (DRA 597) se trouve au nord du bâtiment 13. Il passe sous le mur 598 avec lequel il fonctionne. Orienté ouest-nord/sud-est, il est réalisé à l’aide de moellons calcaires disposés obliquement et en vis-à-vis au sein d’une tranchée d’installation. Il est couvert par des dalles calcaires. Il n’est en revanche pas possible de savoir s’il s’agit d’un drain destiné à assainir un espace soumis au ruissellement ou s’il servait aux écoulements des liquides provenant d’une étable.

208Les fosses

209Elles sont moins nombreuses qu’aux périodes antérieures dans la mesure où seulement une dizaine ont été recensées. La majorité se concentre au nord du bâtiment 25 (fig. 36). Au moins deux d’entre elles (159 et 656) ont servi dans un second temps de dépotoir. Deux fosses arasées isolées sont situées à proximité de la limite septentrionale de la fouille. Une dernière fosse a été observée dans la partie sud-ouest de l’emprise, quelques mètres au sud du drain 289.

3.2.3. Les pratiques agricoles

210Pour cette période, aucun vestige, outil ou paléosemence ne permet de témoigner des pratiques agricoles. Seule l’étude de la faune peut rendre compte des pratiques pastorales. En revanche, un certain nombre de textes témoigne indirectement des cultures réalisées sur le ban de Gungling.

211Les espèces cultivées

  • 154 AD Meurthe-et-Moselle, B 9156, traduit et étudié par Levieuge-Colas 1998.
  • 155 « [...] en outre, il se trouve un bien à Gondelinge qui est un bien héréditaire par Hans Snider et (...)
  • 156 « [...] de même par les vignes du Sieur mathis près de Gondelinge un chapon », Ibid., p. 861.
  • 157 Ibid., p. 203.

212Dans un registre des comptes de Sarreguemines de l’année 1475154, il est fait mention d’avoine155, de vignes156, et de cultures de lin et de chanvre157.

213Les données archéozoologiques

214L’échantillon pour cette période est extrêmement réduit puisqu’il ne compte que 64 restes (cf. l’étude de J.-H. Yvinec infra). Il témoigne d’un important changement dans la mesure où le bœuf est de nouveau largement dominant avec 47,5 % des restes, suivi du porc (25 %). Les caprinés ne représentent plus que 7,5 %. La proportion de 20 % d’équidés est importante.

  • 158 Ibid., p. 196.

215Il convient par ailleurs de mentionner les trois pêcheries localisées au bord de la Sarre, entre Welferding et le Katzenbach (fig. 2 ou 42), évoquées dans le registre des comptes de Sarreguemines158.

3.2.4. Les vestiges mobiliers : le mobilier céramique et métallique

216Le mobilier céramique

217L’étude porte sur 941 restes provenant de trois unités stratigraphiques et de quatre faits et structures. Vingt groupes techniques ont été identifiés parmi lesquels se trouvent un groupe appartenant probablement à la protohistoire, huit groupes datés des ixe-xiie siècles, un groupe d’indéterminé et sept groupes représentant moins de 1 % de l’ensemble (fig. 39). Un seul groupe technique est nouveau par rapport à la période antérieure. Il s’agit de la céramique rouge à glaçure verte sur engobe blanc représentant moins de 1 % de l’ensemble. La céramique rugueuse grise de la Sarre est le groupe technique dominant puisqu’il représente à lui seul pas moins de 85 % de la céramique de cette période (fig. 40). Le répertoire morphologique est similaire à celui de la période précédente. Il se compose de pots, de pots ansés, de bouteilles et de couvercles. L’apparition de pots à lèvre à dépression interne mérite néanmoins d’être soulignée. La céramique de poêle est en nette progression. Elle représente en effet 7,44 % de la céramique de la période considérée. Elle est uniquement réalisée en céramique rugueuse grise de la vallée de la Sarre.

Fig. 39 Pourcentage des groupes techniques des xve-xvie siècles d’après le nombre de restes (941).

Fig. 39 Pourcentage des groupes techniques des xve-xvie siècles d’après le nombre de restes (941).

Fig. 40 Principal groupe technique des céramiques des xve- première moitié du xvie siècle.

Fig. 40 Principal groupe technique des céramiques des xve- première moitié du xvie siècle.

S. Baccega et P. Girard del.

218Le mobilier métallique

  • 159 Demians d’Archimbaud 1980, p. 464.
  • 160 Goedert, Thion et Thomas 1996, n° 200, p. 128 ; Waton 1990, n° 1.78, p. 401 ; Meaux médiéval et mo (...)

219Le mobilier métallique est rare. Il s’agit principalement d’objets domestiques, d’outils et d’éléments de construction. Parmi les objets domestiques, se trouvent un fragment de couteau en fer (1544.16) et un dé à coudre (1120.69). Ce dernier est réalisé en laiton (fig. 41). De forme tronconique, il présente un sommet bombé et une base moulurée. Sa paroi rectiligne est décorée de points en creux disposés en spirale (H. : 17 mm ; diam. restitué : 18 mm). Il provient d’un niveau de remblai attribué aux xve-milieu du xvie siècle. Les dés à extrémité fermée apparaissent, d’après la typologie réalisée sur la fouille de Rougiers, dans la seconde moitié du xive siècle159. Les exemplaires de dés à coudre d’une seule pièce de forme tronconique et au sommet bombé, présentés dans divers catalogues d’exposition, sont généralement datés des xve-xvie siècles160.

Fig. 41 Dé à coudre des xve-xvie siècles.

Fig. 41 Dé à coudre des xve-xvie siècles.

J. Gelot et P. Girard del.

220Le fragment d’outil (1117.68) peut correspondre à une serpette. Il s’agit d’une lame au profil courbe et à pointe rabattue réalisée en fer (L. : 56 mm ; l. : 15 mm ; épais. : 2 mm). Il est issu du comblement de la fosse 159 relevant des xve-milieu xvie siècles.

221Les clous sont extrêmement rares puisqu’ils sont au nombre de trois. Le dernier objet métallique de cette période correspond à un ardillon de boucle de ceinture en fer.

222Le faible nombre de vestiges attribuables à cette période suppose une rétraction ou un déplacement de l’occupation. Le site continue néanmoins d’être habité comme l’attestent les deux bâtiments découverts. D’après l’étude céramique, il apparaît que le site est déserté au plus tard au milieu du xvie siècle. Aucun élément ne témoigne d’une destruction violente de cet habitat. Il semble donc que le site ait été déserté petit à petit. Aucune source écrite n’apporte de précisions sur ce déclin. Seules des hypothèses peuvent être avancées pour tenter de comprendre l’abandon de cet habitat existant depuis sept siècles.

  • 161 Gérard et Peltre 1979, p. 17.
  • 162 Mairie de Grosbliederstroff : série BB, 2 C registre.
  • 163 Rohr 1966, p. 141.
  • 164 Pesez et Leroy-Ladurie 1998, p. 184.

223La période d’abandon du site coïncide en effet avec celle des troubles occasionnés par la révolte des paysans, troubles qui ont affecté la région dans les années 1525 (voir supra 1.2.1). D’après C. Gérard et J. Peltre, ce sont les localités de petites dimensions et les établissements isolés et fragiles qui disparaissent au bas moyen Âge, souvent pour des raisons économiques161. Les mentions de Gungling comme annexe de deux communes de Grosbliederstroff162 et Welferding163 évoquent l’absorption du terroir d’un ancien « hameau » sous l’effet d’une concentration propice aux villages voisins. Ce phénomène est analysé comme une spécificité des régions de l’Est de la France et plus particulièrement de l’Alsace. Il correspondrait à une organisation plus collective des terroirs et des travaux en relation avec une communauté de village nettement plus marquée que dans d’autres régions164.

4. Conclusion

224La fouille a révélé trois grandes périodes d’occupation. La première est attribuée à l’âge du fer. La deuxième débute aux alentours du ixe siècle et s’achève dans la première moitié du xvie siècle. La troisième s’étend de la seconde moitié du xvie siècle à nos jours. L’analyse stratigraphique, l’étude du mobilier et les datations radiocarbones permettent de préciser la chronologie du site. Ce résultat est à souligner quand on connaît les problèmes méthodologiques rencontrés sur la majorité des sites ruraux : absence de niveaux conservés et indigence du mobilier archéologique. Les limites de la fouille et l’oblitération de sa partie centrale par la sablière nuisent néanmoins à l’analyse spatiale du site.

4.1. L’occupation médiévale

225Aucun indice d’occupation n’a été observé entre l’occupation de l’âge du fer et celle des ixe-xiie siècles. Le mobilier gallo-romain (iie-ive siècle) découvert en position secondaire est peut-être à mettre en relation avec la présence supposée d’une villa localisée à une centaine de mètres du site. Il est donc fort probable que le terroir de Gungling était occupé et entretenu à la période antique. La véritable rupture d’occupation concerne a priori les vie-viie siècles. Aucun vestige archéologique n’a en effet été découvert pour témoigner d’une continuité d’occupation. Les sources écrites sont également muettes pour cette période. Les vestiges découverts attestent une occupation attribuable au plus tôt au ixe siècle.

4.1.1. L’occupation des ixe-xiie siècles

226Il s’agit de structures d’habitat associées à une dizaine de sépultures. Les vestiges correspondent à des fonds de cabane, des trous de poteau, des silos, des fosses, des structures de combustion et un four de potier. Si l’essentiel des vestiges est courant sur de nombreux sites ruraux de cette période, la découverte du four de potier et des structures de combustion revêt un caractère plus exceptionnel.

  • 165 Georges-Leroy et Lenoble 1993, p. 245-265.
  • 166 Béague-Tahon 1994, p. 407-408.

227Un seul site lorrain a, jusqu’à présent, livré un four de potier des viiie-ixe siècles. Pour le haut moyen Âge, la découverte d’une structure de production est d’autant plus intéressante qu’elle est rare dans l’Est de la France. Outre le four découvert à Ludres (Meurthe-et-Moselle) en 2000 et daté des viiie-ixe siècles, des fours sont connus en Bourgogne pour la période mérovingienne, sur le site de Sevrey. D’autres ont été mis au jour en Champagne sur les sites de production du Nogentais où ils sont datés des viie-xiie siècles165 et à Saint-Dizier en contexte d’habitat où les fours sont datés des viie-xiie siècles166.

228Le four mis au jour à Gungling permet de combler partiellement ce vide en Lorraine et d’apporter des données supplémentaires à l’étude des mécanismes de production de cette période. L’aspect éphémère et restreint, mais néanmoins artisanal du lieu de production, va dans le sens de productions locales et dispersées. L’étude du mobilier céramique a également permis, pour la première fois, d’identifier des groupes techniques caractéristiques de la vallée de la Sarre.

229La fonction des structures de combustion découvertes sur le site reste hypothétique. Un certain nombre d’indices laisse néanmoins supposer une activité en relation avec un traitement des céréales.

  • 167 Blaising 1998, p. 70-73.
  • 168 Châtelet et Prouteau 2003, p. 73-75.

230La découverte d’un habitat du haut moyen Âge à proximité de Sarreguemines revêt une importance pour la recherche régionale dans la mesure où il s’agit du premier site découvert à l’est de metz, dans la vallée de la Sarre. L’étude des fonds de cabane a d’ores et déjà montré que la typo-chronologie effectuée pour la vallée de la moselle167, démontrant un usage exclusif des cabanes à deux poteaux faîtiers et à parois en clayonnage, n’est pas valable pour la vallée de la Sarre. La découverte d’un nouveau site à Imling (Moselle)168, localisé à proximité de Sarrebourg, devrait permettre d’apporter des précisions sur les particularités de l’habitat rural de la vallée de la Sarre au haut moyen Âge.

231En l’absence de limites de l’aire d’occupation, il n’est pas possible de définir la nature de l’habitat découvert : une ferme, plusieurs fermes ou un hameau ? Il ressort néanmoins que le site s’étendait au-delà des limites septentrionales, occidentale et méridionale de la fouille. Les nombreux recoupements observés pour cette période suggèrent plusieurs phases d’occupation caractérisées par un nombre peu élevé de structures dont la localisation est pérenne d’une phase à l’autre. L’occupation est certainement plus importante aux xie-début xiie siècles. La dispersion des vestiges atteste une occupation lâche de l’espace, organisée en deux noyaux distants d’environ 75 m. D’après les données archéologiques, les fonctions économiques de cet établissement rural sont tournées vers l’agriculture mais peut-être aussi vers l’artisanat. L’analyse des données archéologiques tend en effet à montrer une économie où l’élevage est principalement destiné à une consommation locale. Les sources écrites n’apportent aucun élément sur Gungling aux ixe-xiie siècles.

4.1.2. L’occupation aux xiiie-xive siècles

232L’analyse stratigraphique et l’étude du mobilier n’ont montré aucune rupture entre les deux périodes. Les vestiges découverts attestent également une continuité de l’habitat sur le site, même s’ils apparaissent moins nombreux. En revanche, une rupture est perceptible dans les modes de construction. Les cabanes excavées cèdent la place à des constructions, certainement à pan de bois, établies sur des solins. La localisation du bâtiment découvert ne permet malheureusement pas d’avoir une idée précise de son plan et de sa fonction. Aucune structure artisanale n’est attribuée à cette période. La concentration de fosses, la présence d’un drain et la quasi-absence de bâtiments en limite occidentale de la fouille évoquent la partie arrière de parcelles d’habitation, partie réservée aux rejets des détritus domestiques.

233L’habitat est desservi par un chemin dont l’origine remonte peut-être à la période antérieure. L’analyse spatiale du site a permis d’émettre l’hypothèse d’un tracé qui rejoindrait une voie passant au pied du coteau.

234Tout comme à la période antérieure, l’occupation s’étendait au-delà des limites de la fouille. Il n’est, là non plus, pas possible d’identifier la nature de cet habitat. En revanche, il est important de souligner la continuité de cet habitat créé aux environs du ixe siècle et dont l’occupation perdure après l’An mil. Les sources écrites confirment par ailleurs l’activité agricole à Gungling en évoquant des droits aux dîmes. Elles mentionnent également un alleu et des pêcheries installées le long de la Sarre.

4.1.3. L’occupation aux xve-début xvie siècles

235L’habitat des périodes antérieures perdure même si le faible nombre de vestiges découverts suggère une rétraction de l’espace occupé. Un nouveau mode de construction vient s’ajouter à celui des bâtiments sur solins. Il s’agit de bâtiments construits en pan de bois sur des fondations en tranchée étroite. Les bâtiments d’habitation sont chauffés à l’aide de poêles.

236L’espace, occupé à la période précédente par des fosses et un drain, compte un drain de facture différente.

237Les sources écrites mentionnant Gungling au xve siècle évoquent des redevances agricoles qui nous renseignent sur la nature des espèces cultivées. Il est ainsi fait mention de vignes, d’avoine, de chanvre et de lin.

  • 169 Hiegel 1934, p. 138.
  • 170 Levieuge-Colas 1998, p. 105.

238L’étude du mobilier permet d’attribuer la fin de l’occupation au plus tard au milieu du xvie siècle. La période d’abandon du site peut être mise en relation avec les troubles occasionnés par la révolte des paysans ou les guerres de Religion. La succession de famines en 1527 et 1530169, et la taille de l’établissement sont autant de facteurs de déclin pouvant expliquer l’abandon de l’habitat. Gungling fait en effet partie d’un groupe de villages disparus parmi les localités appartenant à la seigneurie initiale de Sarreguemines en 1475170.

  • 171 AD moselle, 4E 209.

239Après sept siècles d’occupation continue, l’occupation moderne est caractérisée par une restructuration complète du site. La fouille n’a livré aucune indication chronologique rendant possible une datation précise des vestiges découverts. Seule leur position stratigraphique permet de les faire remonter à une période postérieure au milieu du xvie siècle. Ces vestiges correspondent essentiellement à des éléments du parcellaire. Ces derniers sont attestés sur un plan de 1753171 (fig. 42). Ils témoignent d’un changement d’affectation du site qui devient un espace dévolu à la culture. C’est également à l’époque moderne que l’on peut attribuer l’exploitation de la sablière qui a détruit la partie centrale du site. Cette sablière est en activité en 1753.

Fig. 42 Dessin du plan cadastral de 1753 (Archives départementales de la Moselle, 4E 209), d’après les clichés des cartes 23, 24, 25 et 26 assemblées.

Fig. 42 Dessin du plan cadastral de 1753 (Archives départementales de la Moselle, 4E 209), d’après les clichés des cartes 23, 24, 25 et 26 assemblées.

DAO P. Girard del.

240Avec toutes les précautions que requiert l’étude régressive d’un document du xviiie siècle, ce plan permet de proposer une restitution de l’étendue du ban de Gungling grâce à l’emplacement des microtoponymes comportant le radical Gunglingen ou Gonglingen. D’après la signification de ces microtoponymes, il est tentant de localiser l’habitat disparu de Gungling à l’endroit désigné par Gonglingen qui forme avec le microtoponyme Jardins dit Bongartten une anomalie parcellaire. Dans cette hypothèse, le site fouillé, sis à l’endroit désigné par le microtoponyme Gunglinger Wiesse (les prés), correspond probablement à une ou à quelques fermes, localisée(s) en périphérie sud du hameau disparu de Gungling.

241Gungling n’a été regagné par les constructions qu’en 1860 en tant qu’écart de Grosbliederstroff, la zone de fouille restant néanmoins dépourvue de construction.

  • 172 Peytremann 2003, p. 262-263.

242Au terme de cette étude, il apparaît que la fouille a révélé, outre une occupation du Hallstatt D/Tène A, un habitat installé au début du ixe et abandonné vers le milieu du xvie siècle. Cette durée d’occupation est à souligner dans la mesure où la majorité des habitats ruraux créés au ixe siècle dans le Nord de la France sont caractérisés par des occupations de courte durée ou ne se poursuivant pas au-delà du xiie siècle.172

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Notes

1 Mervelet 1997, p. 93-94.

2 Que Marie-Paule Seilly, en charge de l’instruction du dossier lors de la fouille, et Pierre Thion, en charge du dossier APP, soient remerciés pour leur soutien actif et chaleureux durant cette aventure.

3 L’équipe était constituée de L. Bourrada, A. Colecchia, J. Dolata, F. Gama, s. Galland, A. Glad, Ph. Kuchler, N. meyer, É. morand, m. Prevot et R. Prouteau. Qu’ils trouvent ici l’expression de ma gratitude pour leur collaboration active durant ces trois mois de fouille.

4 « [...] villas denominatas quae Theodericus mihi tradidit, id sunt Blithario villa cum apendiciis suis, Auricas machera cum apendiciis earum, Gamundiis cum apendiciis suis ; similiter quantumcumque Haribertus in ipsa loca habuit, et Cocalingas et villare quae Ermelindis mihi tradidit ». Stoclet 1993, annexe I (version A).

5 Cocalingas a parfois été traduit par Gungling, au lieu de Cochling (ou Kuchlingen) et les deux lieux-dits sont souvent confondus par les auteurs.

6 Hiegel 1934, p. 60 et Stoclet 1993, p. 19. Les deux confirmations sont des textes originaux.

7 Stoclet 1993, p. 106, n. 3.

8 Plusieurs textes de l’abbé Suger de Saint-Denis, sans date (probablement 1123 et 1125), cités par Parisot 1909, p. 191-192.

9 Hiegel 1934, p. 59.

10 Ibid., p. 65-72.

11 « [...] in Gundilingen marcha mansa III »

12 REL 1901-1903, t. 1, p. 375.

13 Canton de Drulingen, Moselle.

14 Perrin 1935, p. 146.

15 Burg 1980, p. 84 : « [...] ihren gesamten Allodialbesitz in Gudelingen und Umgebung, Hörige und alles andere eingeschlossen […] » Il s’agit d’une analyse du texte, ce dernier conservé à Coblence n’a pas été consulté pour l’étude. Cet acte n’avait jusqu’à présent pas été relevé par les historiens qui ont travaillé sur ce secteur.

16 Hiegel 1980, p. 55.

17 AD Meurthe-et-Moselle B 734, n° 6 : état des rentes et des revenus de Guemunde (texte transcrit et traduit).

18 AD Meurthe-et-Moselle B 734, n° 35 : lettre de Nicolas Rodeboix de Sarrebruck qui engage les dîmes de Bliederstroff à Henry, châtelain de Guemunde (idem).

19 Registre des comptes de la châtellenie de Sarreguemines : AD Meurthe-et-Moselle B 9156 : 51 : « [...] en outre, il se trouve un bien à Gondelinge qui est un bien héréditaire par Hans Snider et ses cohéritiers. Ils en donnent tous les ans en avoine 1 maldre » et B 9156 : 63 : « [...] les vignes de Sieur Mathis près de Gondelinge », traduction de Levieuge-Colas 1998, vol. II, p. 851 et 861. Les archives de la châtellenie de Sarreguemines n’ont pas été systématiquement dépouillées.

20 Huber 1906, p. 281-282 : censives datées du deuxième quart du xviie siècle.

21 Hiegel 1934, p. 427-428, cite un acte de vente dans lequel Adam Fischer cède au duc de Lorraine deux étendues d’eau de la rivière de la Sarre en la seigneurie de Guemunde au ban de Grand Bliederstroff.

22 Box 1895, p. 223.

23 Rohr 1966, p. 138.

24 AD Moselle 8 AL 403.

25 AD Moselle 4 E 209.

26 AD Moselle 35 P 261.

27 Il n’est pas possible de déterminer si les donateurs de l’alleu de Gundelingen ont des liens avec la maison de Sarrebruck. On notera cependant qu’ils possèdent également des biens allodiaux à Sarreguemines (Hiegel 1980, p. 55, n. 17).

28 Hiegel 1934, p. 383.

29 Zeller 1934, p. 296.

30 Les données présentées dans ce chapitre sont issues du fond de la carte archéologique du SRA de Lorraine.

31 Mémoires de l’académie de metz 1893, p. 1-38 ; millotte 1965, p. 33.

32 Gallia Préhistoire 1981 ; Decker, Thévenin 1980, p. 241-246.

33 Gallia 1966, p. 296.

34 Gallia 1982, p. 327.

35 Lutz 1991, p. 257.

36 Gallia, t. 40, 1982, n° 2 : p. 327 ; Decker 1980 et 1981.

37 Toussaint 1938, n° 5, p. 19.

38 Decker 1980 et 1981.

39 Peytremann 2000.

40 Par surface utilisable, nous entendons la surface délimitée par les parois clayonnées.

41 Lorren 1981, p. 179.

42 Morisset 1988, p. 280.

43 Blaising 1998, p. 67-77 ; Chapelot 1980, p. 5-57 ; Peytremann 2003, p. 274-279.

44 Vicherd 2001, p. 217.

45 Peytremann 2003, p. 327.

46 Mervelet 1997, p. 32.

47 L’étude carpologique confiée au laboratoire de chrono-écologie de Besançon en 1999 reste inachevée.

48 Le degré d’arasement est égal au rapport entre le diamètre d’ouverture et le diamètre maximal de la structure. S’il est égal ou supérieur à 1, le silo est estimé érodé. Ce rapport est indépendant de la profondeur conservée. (Gransar 2000, p. 73).

49 Il s’agit à 83,4 % de blés (sans distinction des espèces), à 8,2 % de secale cereale et à 6,8 % d’avoine cultivée. L’orge vêtue ne correspond qu’à 1 %. Le taux de contamination de l’échantillon est estimé à 25,9 %. Données extraites de l’amorce d’étude carpologique réalisée par K. Lundstrom-Baudais.

50 GrN-24630.

51 La détermination des graines carbonisées contenues dans l’échantillon révèle un spectre proche de celui de l’US 2438. Le blé (sans distinction des espèces) représente 71,2 %, la secale cereale 22,4 % et l’avoine cultivée 6,3 %.

52 La composition de l’échantillon est quasi identique à celle du foyer. En revanche, les pourcentages diffèrent. Le blé (sans distinction des espèces) est représenté à 37,13 %, l’avoine cultivée représente 31,9 %, la secale cereale 27,8 % et l’orge vêtue 1,9 %. La quantité de cerealia est de 1,2 %. Le taux de contamination de l’échantillon est de 13,6 %.

53 Sigaut 1981, p. 162.

54 Ibid., p. 162.

55 Que F. Sigaut soit remercié d’avoir bien voulu répondre par écrit à nos questions durant la réalisation du DFS.

56 Comet 1992, p. 370.

57 Koehler 1995, p. 119-120.

58 Séguier 1993, p. 207.

59 Petit 1989.

60 Hanusse 1999, p. 85-93.

61 Durand et Paccard 1994.

62 Menez et Batt, 1989.

63 Archéologie et grands travaux routiers : deux habitats de l’Antiquité tardive et du haut moyen Âge sur le tracé de la route Rennes Saint-Malo. Un bout de chemin vers le passé…, 1992, p. 44.

64 Motte 2001, p. 139.

65 Marchianti 2001, p. 268-270.

66 Comet 1992, p. 72-373.

67 Lorren et Périn 1997, p. 95.

68 Prevot 2003 ; Georges-Leroy et al., à paraître.

69 GrN-24624.

70 Weiser 2003, p. 24-32.

71 Janssen 1987, p. 110-111.

72 Fichet de Clairfontaine 1996, p. 70-71.

73 Guadagnin 2000, p. 255-257.

74 Goustard 1995, p. 131 et Id. 2002, p. 301-303.

75 Responsable du laboratoire de céramologie du CRAHM (Centre de Recherches Archéologiques et Historiques médiévales). Dufournier 2000, p. 156-159.

76 Il s’agit des fosses 341, 342, 343, 358 et 361.

77 D’après l’étude micromorphologique de Carole Vissac dans Peytremann 2000, vol. 1, p. 128-146.

78 Voir notamment le lot de poinçons découverts à Château-Thierry (Goret 1997, p. 101-136) ou à Boves (Chandeveau 2002, p. 54-61).

79 Hoffmann 1964, p. 279-280 ; Morisset 1988, p. 280.

80 Colardelle et Verdel 1993, p. 281.

81 L’étude descriptive du lissoir a été réalisée par Hubert Cabart que nous remercions.

82 Morisset 1988, p. 287.

83 Maquet 1990, p. 324.

84 Morisset 1989, p. 287.

85 La liste n’est probablement pas exhaustive.

86 Henrotay et Lansival 1992, p. 349.

87 Blaising, 2000, p. 138.

88 Peytremann 2003b, p. 94.

89 Blaising et Seilly 1995, p. 174, p. 179-180.

90 Information orale de J.-M. Blaising.

91 Motteau 1991, p. 107 et 109.

92 « Les broches de type I sont celles dont les pointes sont taillées dans l’épiphyse proximale. L’extrémité articulaire distale forme la tête. Le type Ia prend en compte ce même type de broche pourvu d’un chas. » Chandeveau 2002, p. 57.

93 Goedert, Thion et Thomas 1996, n° 189, p. 216 et morisset 1988, n° 296, p. 287.

94 Schweitzer 1990, n° 2.4, p. 401.

95 Chandeveau 2002, p. 61.

96 Selon les termes employés par J.-P. Devroey : Devroey 2003, p. 147.

97 Les données anthropologiques proviennent de l’étude réalisée par Frédéric Adam (INRAP) intégrée au DFS.

98 Colardelle 1983, p. 287-288 ; Colardelle 1996, p. 271-304.

99 GrN-24999

100 GrN-24627

101 Schour et massler 1941 ; Ubelaker 1991 et Alduc Le Bagousse 1988.

102 Pecqueur 2003 ; Peytremann 2003, p. 303-316.

103 Catteddu 1992, p. 69-70.

104 Que R. Nilles soit remercié pour nous avoir transmis les résultats 14C qu’il a fait effectuer sur l’une des sépultures du site. La datation est comprise entre 935 et 1165 pour une probabilité de 81,3 % (ARC 1594).

105 Blaising 1998b, p. 63.

106 Feller 1998, p. 17-18.

107 Blaising 1997, p. 77-78.

108 Données communiquées par J.-M. Blaising que nous remercions.

109 Ce site est actuellement en cours d’exploration. Information orale de m. Prevot que nous remercions.

110 On trouvera dans Pecqueur 2003 et Peytremann 2003 un aperçu historiographique sur cette problématique.

111 Pecqueur 2003, p. 10 ; Peytremann 2003, p. 314.

112 De manière plus générale, la céramique du haut moyen Âge de Lorraine n’a donné lieu, jusqu’à présent, à aucune étude d’ampleur. On peut néanmoins signaler la publication de la céramique issue du site d’habitat du haut moyen Âge de Frouard (Meurthe-et-Moselle) ; Henrotay et Lansival 1992.

113 Par « moyenne », il est entendu des inclusions > à 0,5 mm et < à 1 mm ; par « grosse », il est entendu des inclusions > à 1 mm. Les petites inclusions sont < à 0,5 mm.

114 Blaising et Seilly 1995, p. 154 et pl. C 23 ; Peytremann 1996, p. 28-29, fig. 30-33 ; Prouteau 1996, p. 13-14).

115 Bis-Worch 1995, p. 13.

116 L’approche historiographique de ce groupe technique a été réalisée par Yves Henigfeld à l’occasion de l’étude du mobilier céramique issu de la fouille de Saint-Étienne de mulhouse (Daul et Henigfeld 1994, p. 134-174).

117 Châtelet 2002, p. 400.

118 Ibid., p. 393-394.

119 Ibid., p. 400.

120 Ibid., p. 386-387.

121 Ibid., p. 362.

122 Ibid., p. 376.

123 À Strasbourg, le développement maximal de la céramique claire peinte se situe dans une période comprise entre 950 et 1200 (Henigfeld 2005, p. 244-245).

124 Maire 1986, p. 7584.

125 Goedert, Thion et Thomas 1996, p. 137.

126 Halbout, Pilet et Vaudour 1987, p. 58.

127 La détermination de la monnaie a été réalisée par Dominique Kirbach que nous remercions.

128 GrN-24625.

129 EXH : exhaussement.

130 Fischer 1971, p. 3.

131 Pesez 1998a, p. 96-97.

132 Comme celle découverte sur le site de la ferme seigneuriale de La Grange du mont à Charny-en-Bourgogne ; Beck 1989, p. 29-33.

133 Jeannin 1972, p. 173.

134 Ibid.

135 Hurtin 2001, p. 180-182.

136 Mervelet 1997, p. 41.

137 FOS 561 et 565.

138 Des restes de pommes carbonisées ont été reconnus dans le comblement des fosses 113 et 570. Une graine d’avoine cultivée, germant, a par ailleurs été identifiée dans le comblement de la fosse 305.

139 Reigniez 2002, p. 257.

140 Nous tenons à remercier P. Reigniez d’avoir bien voulu répondre à notre courrier concernant ces deux faucilles.

141 GrN-24623.

142 Dautremont, Dufournier, Georges-Leroy et milutinovic 2002, p. 408-409.

143 N° 1011.12 ; 1013.60 ; 2177.26 et 2421.01.

144 Guadagnin 1989, p. 298 et 299.

145 Meaux médiéval et moderne 1992, n° 8, p. 95-96.

146 Halbout, Pilet et Vaudour 1987, p. 182.

147 Demians d’Archimbaud 1980, p. 484, pl. 460.

148 Bourgogne médiévale, la mémoire du sol, 1987, n° 441, p. 176.

149 Halbout, Pilet et Vaudour 1987, p. 232-233.

150 Bourgogne médiévale, la mémoire du sol, 1987, n° 380, p. 160.

151 Demians d’Archimbaud 1980, p. 449 et n° 428.4.

152 Informations orales inédites de Jean-Marie Blaising.

153 Derbois-Delattre 2001, p. 13-38 ; Taupin 1996, p. 211-216.

154 AD Meurthe-et-Moselle, B 9156, traduit et étudié par Levieuge-Colas 1998.

155 « [...] en outre, il se trouve un bien à Gondelinge qui est un bien héréditaire par Hans Snider et ses cohéritiers. Ils en donnent tous les ans en avoine 1 maldre », Ibid., p. 851.

156 « [...] de même par les vignes du Sieur mathis près de Gondelinge un chapon », Ibid., p. 861.

157 Ibid., p. 203.

158 Ibid., p. 196.

159 Demians d’Archimbaud 1980, p. 464.

160 Goedert, Thion et Thomas 1996, n° 200, p. 128 ; Waton 1990, n° 1.78, p. 401 ; Meaux médiéval et moderne 1992, p. 82 ; Rieb et Salch 1973, p. 42 et XXXV.

161 Gérard et Peltre 1979, p. 17.

162 Mairie de Grosbliederstroff : série BB, 2 C registre.

163 Rohr 1966, p. 141.

164 Pesez et Leroy-Ladurie 1998, p. 184.

165 Georges-Leroy et Lenoble 1993, p. 245-265.

166 Béague-Tahon 1994, p. 407-408.

167 Blaising 1998, p. 70-73.

168 Châtelet et Prouteau 2003, p. 73-75.

169 Hiegel 1934, p. 138.

170 Levieuge-Colas 1998, p. 105.

171 AD moselle, 4E 209.

172 Peytremann 2003, p. 262-263.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 Localisation du site.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 489k
Titre Fig. 2 Localisation des sites archéologiques et de la fouille de 1998 sur le plan de la commune de Grosbliederstroff d’après la carte IGN 3613 ET.
Crédits P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1000k
Titre Fig. 3 Tableau récapitulatif des données 14C concernant les ixe-xiie siècles, fournies par le laboratoire de l’université de Gröningen (Pays-Bas).
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 485k
Titre Fig. 4 Plan d’ensemble des vestiges des ixe-xiie siècles et des vestiges non datés.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 592k
Titre Fig. 5 Tableau récapitulatif des dimensions des cabanes excavées.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 586k
Titre Fig. 6 Plans et coupes des cabanes excavées 2, 4, 7, 10 et 14 à six trous de poteau.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 501k
Titre Fig. 7 Plans et coupes des cabanes excavées 1, 3, 5, 9, 12, 13 et 26 à deux trous de poteau.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 416k
Titre Fig. 8 Plans et coupes des fosses 151, 242, 589, 664 et 666.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 391k
Titre Fig. 9 Plan et coupe du foyer 571.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 269k
Titre Fig. 10 Plans et coupes des silos 157, 203, 453, 569, 642 et 665.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 345k
Titre Fig. 11 Plans et coupes des structures de grillage 28 et 672.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 266k
Titre Fig. 12 Structure de grillage 28 après fouille.
Crédits Cl. É. Peytremann
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 1,0M
Titre Fig. 13 Plan et coupes du four de potier.
Crédits R. Prouteau et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 285k
Titre Fig. 14 Four de potier en cour de fouille.
Crédits Cl. É. Peytremann
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 980k
Titre Fig. 15 1 et 2 : poinçons 1 (1882.05), 2 (1003.13), 3 : lissoir (2280. 08), 4 : aiguille (1836.42).
Crédits J. Gelot et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 619k
Titre Fig. 16 Plans et profils de la sépulture 105 et du groupe funéraire 31.
Crédits F. Adam et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 772k
Titre Fig. 17 Plans et profil des sépultures 238, 251 et 531.
Crédits F. Adam et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 340k
Titre Fig. 18 Sépulture 322.
Crédits Cl. É. Peytremann
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-18.jpg
Fichier image/jpeg, 1,0M
Titre Fig. 19 Estimation du sexe, de l’âge et de la stature au décès.
Crédits D’après les données de F. Adam
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-19.jpg
Fichier image/jpeg, 775k
Titre Fig. 20 Pourcentage des groupes techniques des ixe-xiie siècles d’après le nombre de restes (1845).
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-20.jpg
Fichier image/jpeg, 354k
Titre Fig. 21 Principaux groupes techniques des céramiques des ixe-xiie siècles.
Crédits S. Baccega et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-21.jpg
Fichier image/jpeg, 386k
Titre Fig. 22 Principaux groupes techniques des céramiques des ixe-xiie siècles.
Crédits S. Baccega et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-22.jpg
Fichier image/jpeg, 155k
Titre Fig. 23 Petits objets des ixe-xiie siècles.
Crédits J. Gelot et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-23.jpg
Fichier image/jpeg, 996k
Titre Fig. 24 Plan d’ensemble des vestiges des xiiie-xive siècles et des vestiges non datés.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-24.jpg
Fichier image/jpeg, 522k
Titre Fig. 25 Plan et coupe du bâtiment 29.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-25.jpg
Fichier image/jpeg, 270k
Titre Fig. 26 Coupe du chemin.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-26.jpg
Fichier image/jpeg, 175k
Titre Fig. 27 Plans et coupes des fosses 275 et 305.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-27.jpg
Fichier image/jpeg, 282k
Titre Fig. 28 Plan et coupes de la structure 21.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-28.jpg
Fichier image/jpeg, 296k
Titre Fig. 29 Coupe du silo 621.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-29.jpg
Fichier image/jpeg, 74k
Titre Fig. 30 Faucilles en fer des xiiie-xive siècles.
Crédits J. Gelot et P. Girard del.
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Fichier image/jpeg, 329k
Titre Fig. 31 Pourcentage des groupes techniques des xiie-xiiie siècles d’après le nombre de restes (853).
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-31.jpg
Fichier image/jpeg, 172k
Titre Fig. 32 Pourcentage des groupes techniques des xiiie-xive siècles d’après le nombre de restes (4052).
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-32.jpg
Fichier image/jpeg, 179k
Titre Fig. 33 Principaux groupes techniques des céramiques des xiie-xive siècles, I : xiie-xiiie s. et II : xiie-xive s.
Crédits S. Baccega et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-33.jpg
Fichier image/jpeg, 471k
Titre Fig. 34 Principaux groupes techniques des céramiques des xiie-xive siècles.
Crédits S. Baccega et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-34.jpg
Fichier image/jpeg, 435k
Titre Fig. 35 Mobilier métallique des xiie-xive siècles.
Crédits J. Gelot et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-35.jpg
Fichier image/jpeg, 637k
Titre Fig. 36 Plan d’ensemble des vestiges du xve et du début du xvie siècle.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-36.jpg
Fichier image/jpeg, 223k
Titre Fig. 37 Plan et coupe du bâtiment 13, du mur 598 et du drain 597.
Crédits J. Dolata et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-37.jpg
Fichier image/jpeg, 310k
Titre Fig. 38 Bâtiment 13, au premier plan, un fossé parcellaire moderne.
Crédits Cl. É. Peytremann
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-38.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Fig. 39 Pourcentage des groupes techniques des xve-xvie siècles d’après le nombre de restes (941).
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-39.jpg
Fichier image/jpeg, 144k
Titre Fig. 40 Principal groupe technique des céramiques des xve- première moitié du xvie siècle.
Crédits S. Baccega et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-40.jpg
Fichier image/jpeg, 212k
Titre Fig. 41 Dé à coudre des xve-xvie siècles.
Crédits J. Gelot et P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-41.jpg
Fichier image/jpeg, 55k
Titre Fig. 42 Dessin du plan cadastral de 1753 (Archives départementales de la Moselle, 4E 209), d’après les clichés des cartes 23, 24, 25 et 26 assemblées.
Crédits DAO P. Girard del.
URL http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/47900/img-42.jpg
Fichier image/jpeg, 1007k
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Pour citer cet article

Référence papier

Édith Peytremann, « L’habitat déserté de Gungling à Grosbliederstroff (Moselle), ixe-début xvie siècle », Archéologie médiévale, 36 | 2006, 57-113.

Référence électronique

Édith Peytremann, « L’habitat déserté de Gungling à Grosbliederstroff (Moselle), ixe-début xvie siècle », Archéologie médiévale [En ligne], 36 | 2006, mis en ligne le 15 mai 2023, consulté le 07 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/47900 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.47900

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Auteur

Édith Peytremann

INRAP, CRAHM-UMR 6577

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