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Livres reçus

p. 367-373

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De nombreux ouvrages parus en 2004 et 2005 nous ont été adressés. Faute de rédacteurs, tous, malheureusement, ne peuvent faire l’objet d’un compte rendu détaillé ; il nous paraît cependant utile de les signaler et d’en indiquer les caractéristiques principales. Cette présentation tient compte de tous les volumes que nous avons reçus, à l’exception toutefois de ceux qui sont entre les mains des collaborateurs du bulletin critique pour une future recension.

Anne-Marie Flambard Héricher

Guy Alfonso et Frédérique Blaizot (sous la direction de), La villa gallo-romaine de Champ Madame à Beaumont (Puy-de-Dôme). Habitat et ensemble funéraire de nourrissons, DARA 27, Association française pour la promotion de l’archéologie en Rhône-Alpes, Lyon, 2004, 282 p., 172 figures dans le textes : photos, dessins au trait et cartes dont quelques uns en couleurs ISBN 2 9516145-7-8, prix : 30 €

L’étude de la villa du Champ Madame, dans la vallée de l’Artière éclaire d’un jour nouveau les connaissances sur les domaines ruraux tirées des textes de Sidoine Apollinaire. La prospection a permis de mettre en évidence la pars rustica et la pars urbana de la villa bâtie à la fin du ier et au début du iie siècle. Celle-ci succède à un établissement laténien et à un petit habitat rural de la période gallo romaine précoce. Le mobilier découvert atteste de sa richesse et de son importance. La zone funéraire découverte qui constitue un ensemble exceptionnel rassemble uniquement des sépultures d’enfants décédés avant six mois.

Ces recherches sont présentées en sept chapitres. Le cadre géographique, géomorphomogique et paléoenvironnemental permet de placer le site archéologique dans son milieu (C. Ballut), puis G. Alfonso présente les premières occupations du site et la villa. Le décor et le mobilier sont ensuite étudiés par F. Monier, G. Ayala, A. Wittmann, C. Bonnet, L. Orengo.

L’ensemble funéraire fait l’objet du chapitre 5, il est présenté par F. Blaizot, G. Alix, D. Lalaï, L. Orengo et A. Wittmann. Ensuite l’occupation médiévale du site est présentée et le dernier chapitre s’efforce de replacer la villa du Champ Madame dans le réseau d’occupation des Limagnes des buttes (P. Vallat, G. Alfonso).

Un catalogue des tombes, un inventaire des marbres et une bibliographie complètent l’ouvrage.

Architecture et guerre, fasciculi archaelogiae historicae, fasciculus XVI-XVII, Institut d’archéologie et d’ethnologie de l’Académie polonaise des sciences, Département des sciences, Lodz, 2003-2004 (2005), 124 p., dessins au trait et photos noir et blanc, 2 planches couleur, PL ISSN 0860-0007, prix non communiqué.

Le colloque sur le château et la guerre organisé en 2002 à l’occasion du jubilé de Tadeusz Poklewski-Koziell était consacré à ce sujet central dans ses études, il témoigne de la diversité des méthodes et des problématiques autant que de l’importance des contacts qu’il a développés au cours de sa carrière. Les onze articles internationaux de ce fascicule en sont issus.

D. Alexandre-Bidon présente le château de Jean de Derval, seigneur de Châteaugiron, connu par une enluminure et le compare au plan actuel du château bien conçu pour la guerre. A. Bazzana s’interroge ensuite sur la fortification almohade : est-elle une arme pour le djihad ? Pour la Pologne, M. Golinki étudie une mention découverte dans des annales et tente d’en découvrir l’intérêt quant à la fonction du château. V. A. Goroncharovski présente ensuite les fortifications d’Iluraton en Crimée tandis que J.-C. Hélas pour sa part, centre son intérêt sur les ouvertures dans les forteresses royales des Corbières et que W. Iwanczak replace le château dans l’historiographie tchèque. Pour la Belgique J. De Meulemeester et W. Dhaeze présentent une approche par les fouilles des châteaux de terre et de bois du type petite enceinte circulaire. Puis K. Militzer aborde « Die Stadtmauer im laufe des zeiten, das kölner Beispiel » et A. K. Nefedkin, la défense des Goths du iiie au ve s. Revenant aux cas français, F. Piponnier s’attache aux traces archéologiques de la guerre de Cent Ans sur les habitats ruraux d’Essertines et de Dracy et pour conclure J. Szymczak décrit l’artillerie de siège en Pologne aux xive et xve s.

Joëlle Burnouf et Philippe Leveau (sous la direction de), Fleuves et marais, une histoire au croisement de la nature et de la culture. Sociétés préindustrielles et milieux fluviaux, lacustres et palustres : pratiques sociales et hydrosystèmes, Archéologie et histoire de l’art n° 19, Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 2004, 493 p., illustrations en noir et blanc dans le texte, ISBN 2-7355-0561-8, prix : 35 €

L’histoire de l’environnement des sociétés européennes a été marquée par deux ruptures, la première au Néolithique, la seconde à l’époque gréco-romaine quand s’amorce le processus qui va être scandé par des temps d’accélération, au xviie s. et au xixe s., débouchant sur le divorce actuel entre nature et société. Le colloque qui a réuni archéologues, géographes, historiens et chercheurs en sciences sociales s’est intéressé aux sociétés préindustrielles et à leur gestion des milieux fluviaux, lacustres et palustres. Leurs contributions sont réunies dans ce volume. La première partie aborde la question des sources, notamment écrites, médiévales et modernes. M. Casset évoque l’estuaire de la Vire entre le xie et le xve s., P. Calmettes, Lestey et le Port en Bordelais du xiiie au xve s. et B. Maillard traite des sources écrites de l’époque moderne, Les sources archéologiques et géoarchéologiques permettent d’approcher un espace chronologique plus large et plus précoce allant de la protohistoire à l’époque romaine, présenté par une multitude de collaborateurs. Enfin le croisement de ces deux types de sources permet de présenter l’habitat et les milieux humides en Grande Limagne de l’âge du fer au Moyen Âge (F. Trément, C. Ballut, B. Dousteyssier, V. Guichard, M. Segard), puis l’aménagement des petits cours d’eau au Moyen Âge dans l’ouest de la France (D. Pichot, D. Marguerie), les relations de Tours avec la Loire (H. Galinié, X. Rodier, J. Seigne, N. Carcaud d’une part, H. Noizet, N. Carcaud, M. Garçin d’autre part) et enfin le delta du Lez et ses différents états (P. Blanchemanche, L. Chabal, C. Jorda, C. Jung).

La seconde partie qui évoque l’exploitation des milieux humides s’articule autour de quatre thèmes : la pêche, l’exploitation agricole du milieu palustre, les conflits d’usage, les utilisations pour le transport et l’énergie. Au sujet de la pêche, C. Beck et M.-C. Marinval présentent la biodiversité médiévale, puis M. Sterberg évoque le rôle des fleuves dans la pêche du ier au ive s. et B. Clavel et C. Cloquier s’intéressent au pratiques halieutiques médiévales et modernes dans le Bassin de la Somme. L’exploitation agricole du milieu palustre est abordée par une contribution sur le delta du Rhône au ier s., puis par une présentation de l’agriculture et de l’aménagement du paysage hydrologique dans le Bassin de la Seine aux xive et xve s. (P. Benoit, K. Berthier, G. Billen, J. Garnier). L’exploitation du marais arlésien au Moyen Âge (E. Roucaute) et la gestion du site du Vernai et le marais du Grand-Plan (R. Royet, J.-F. Berger, N. Bernigaud, E. Royet) complètent cette présentation. Les conflits sont abordés par C. Deligne, E. Grélois et J.-M. Derez, la première avec le cas de la Maelbeck dans la région bruxelloise, le second pour la Basse-Auvergne, le dernier pour une rivière non navigable à l’époque Contemporaine. Enfin l’utilisation de l’eau pour les transports et l’énergie est abordée par P. Benoit, K. Berthier et C. Rezé à propos du flottage du bois et des aménagements hydrauliques, tandis que B. Le Sueur évoque la batellerie traditionnelle.

La gestion des espaces hydrauliques et du risque constitue la dernière partie qui s’ouvre sur une réflexion sur la gestion de la biodiversité, des espaces humides, des milieux fragiles et des eaux courantes. À propos du Moyen Âge, E. Zadora-Rio présente des études de cas sur les aménagements hydrauliques et leurs interférences socio-politiques. Les sites à risque sont abordés par J.-P. Bravard pour le Haut Rhône ; différents exemples antiques et médiévaux sont présentés notamment les aménagements de berges à Lyon (O. Colas et C. Lonchambon).

P. Chardron-Picault, J. Lorenz, P. Rat, G. Sauron (sous la direction de), Les roches décoratives dans l’architecture antique et du haut Moyen Âge, Archéologie et histoire de l’art n° 16, Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 2004, 389 p., illustrations noir et blanc et couleur dans le texte, ISBN 2-7355-0511-1, prix : 65 €

Les roches décoratives ont été une grande passion des Romains, bien que Rome soit née sous le signe de l’austérité. L’intervention d’Auguste opposant la magnificence publique à la modération privée dans le domaine de l’architecture et du décor a été décisive et ses successeurs n’ont pas été animés par le même souci de modération l’ornement de leurs espaces privés. En outre le goût des roches décoratives dans le décor public traduit la volonté de manifester, par la diversité, l’étendue et la richesse de l’Empire ; les provinces, à leur tour adoptèrent, le chatoiement des marbres. Plus tard, le Moyen Âge et la Renaissance réemploieront les marbres antiques pour la célébration de Dieu et des rois. L’ouvrage, introduit par G. Sauron et P. Rat, issu d’un colloque tenu à Autun, marque la confrontation des archéologues et des géologues au sujet de ce qui suscita l’engouement des Romains.

Le volume est articulé autour de deux grands thèmes : d’une part l’origine des roches et la variété des ensembles décoratifs et d’autre part les procédés techniques utilisés, de la carrière à la mise en place des décors.

Plusieurs exemples de décors sont présentés dans la première partie, ainsi les marbres de couleur des monuments d’Aurausio à Orange (F. Antonelli, L. Lazzarini), les roches ornementales de quelques sites gallo-romains et du haut Moyen Âge à Paris, Saint-Denis et Meaux comparées au cas de Périgueux (A. Blanc, L. Guyard, D. Magnan, E. Penisson, M. Wyss), les marbres blancs de trois sites gallo-romains de Metz (A. Blanc, P. Blanc, L. Gebus), les éléments décoratifs des éléments ruraux gallo-romains du NO de la Nièvre (A. Bouthier) et les pierres de la mosaïque des « Auteurs grecs » d’Autun (P. Rat). Un autre ensemble de communications s’attachent à un matériau particulier ainsi : les pierres précieuses et nobles dans l’ornementation durant l’Antiquité et le haut Moyen Âge (F. Braemer), l’exploitation du porphyre bleu de l’Esterel à l’époque romaine (R. Mazeran), l’importation des dalles de calcaire (A. Desbat) et l’emploi du schiste bitumineux d’Autun (P. Vipard, X. Savary). Un point sur la roche décorative antique (J.-C. Bessac) et une démonstration de cathodoluminescence sur une surface de marbre poli visant à déterminer sa provenance (P. Blanc et N’guyen Hoan) complètent cette partie.

La seconde moitié de l’ouvrage traite des procédés techniques utilisés sur le site du palais du Tau à Reims (W. Berry), au sanctuaire gallo-romain de Grand dans les Vosges (J.-P. Bertaux) ou dans l’architecture du haut Moyen Âge en Bourgogne (C. Sapin). Certaines techniques sont plus particulièrement abordées ainsi l’opus sectile, avec des exemples romain (F. Bianchi, M. Bruno) et campanien (E. Dubois-Pèlerin), la rocaille (S. Heidet), les placages de marbres (C. Morier-Genoud). Enfin les deux dernières communications traitent des témoignages de ces décors dans la peinture murale (C. Allag et F. Monier) et chez les poètes latins (R. Bedon).

Christine Delaplace (sous la direction de), Aux origines de la paroisse rurale en Gaule méridionale (ive-ixe siècle), Éditions Errance, Paris, 2005, 255 p., nombreuses figures en noir et blanc dans le texte, ISBN 2-87772-302-X, prix : 34 €

Ce volume à la typographie serrée constitue les actes du colloque international consacré à la paroisse rurale qui s’est déroulé à Toulouse du 21 au 23 mars 2003. Ce colloque se situe à la rencontre de plusieurs équipes et de plusieurs écoles, d’abord l’équipe CNRS de la Topographie chrétienne des cités de la Gaule des origines au milieu du viiie siècle, bien connue par ses petits fascicules consacrés chacun à une province ecclésiastique de la Gaule ; ensuite les historiens et archéologues médiévistes du sud de la France habitués à fréquenter le séminaire de P. Bonnassie et appartenant aux diverses UMR méridionales. Pour traiter la question de la paroisse rurale, le dialogue entre spécialistes de l’Antiquité tardive et spécialistes du Moyen Âge était nécessaire, comme était nécessaire le comparatisme entre régions, l’Italie et les provinces du nord de l’Espagne notamment. Ce colloque s’est donc voulu un point de commencement dans la mise en place d’une réflexion collective sur le lent processus d’encadrement chrétien des campagnes en Gaule. Dans la publication, chaque article est assorti d’un résumé et de mots-clés.

E. Zadora-Rio introduit le volume en dessinant, à la lumière de l’archéologie, une historiographie des paroisses rurales. Les problèmes de méthode sont ensuite abordés. F. Hautefeuille évoque les difficultés de cartographie de la paroisse tandis que M. Aubrun se penche sur son origine et l’importance de l’histoire des vocables. Comme étude de cas, S. Aumard évoque les premières églises rurales de l’Auxerrois. La seconde partie présente des bilans archéologiques régionaux. J.-F. Reynaud s’attache aux lieux de culte ruraux (ve-ixe s.) de la région Rhône-Alpes, J. Terrier à la Suisse occidentale, Y. Codou au paysage religieux et aux paroisses rurales dans l’espace provençal, C. Pellecuer et L. Schneider au Languedoc méditerranéen, P. Vergain à l’Auvergne, J.-L. Boudartchouk à la région Midi-Pyrénées, S. Faravel à l’Aquitaine, B. Boissavit-Camus et L. Bourgeois au centre-ouest de la France, P. Pergola à la Corse et J. Lopez Quiroga à la paroisse rurale dans l’ouest de l’Espagne.

La troisième partie est consacrée aux enjeux territoriaux et économiques. J. Heuclin évoque le rôle du clergé dans l’organisation matérielle et pastorale de la paroisse durant le haut Moyen Âge, L. Pietri, les rapports entre potentes et évêques et G. Fournier présente trois fondations carolingiennes connues par les textes en Basse-Auvergne.

J. Guyon tire les conclusions de cette rencontre.

Michel Fixot (sous la direction de), Paul-Albert Février de l’Antiquité au Moyen Âge, Actes du colloque de Fréjus, 7-8 avril 2001, Publications de l’Université de Provence, Aix-en-Provence, 2004, 356 p., illustrations noir et blanc (photos, cartes et plans) à la fin de chaque contribution, ISBN 2-85399-586-0, prix : 32 €

Les contributions présentées au cours de ce colloque qui s’est tenu à Fréjus, où a vécu et travaillé Paul-Albert Février, s’inscrivent dans le droit fil de l’enseignement qu’il a délivré et s’organisent autour de thèmes relatifs à l’histoire et à l’archéologie de la Méditerranée antique et médiévale dans un domaine géographique précis : la Provence, la Gaule du sud, la Catalogne, la Corse, l’Italie et l’Afrique du nord.

Introduit par M. Fixot et par les allocutions et hommages de F. Léotard, G. Dufour, V. Saxer et M. Bouchenaki, le volume réunit vingt et un articles de R. Boyer, C. Gébara, Y. Codou, M. Piskorz, S. Roucole, M. Heijmans, L. Pietri, V. Gaggadis-Robin, A. Hartmann-Virnich, M. Pasqualini, L. Rivet, J. Biarne, C. Raynaud, L. Schneider, J. Guyon, J. M. Gurt Esparraguera, P. Pergola, V. Fiocchi Nicolaï, J.-L. Charlet, P. Pensabene, J.-L. Jouanaud, A. Ben Abed, M. Griesheimer, M. Bonifay. Il s’achève sur les conclusions de N. Duval.

Anne-Marie Flambard Héricher et Yannick Marec (sous la direction de), Médecine et Société, cahier du GRHis n° 16, Publications des Universités de Rouen et du Havre, Mont-Saint-Aignan, 2005, 157 p., 3 illustrations noir et blanc dans le texte, ISBN 2-87775-375-6, prix : 16 €

Ce petit volume est issu des rencontres régulières organisées par le GRHis (Groupe de Recherche d’HIStoire de l’Université de Rouen) dans le cadre de ses journées d’études. Celle-ci a réuni neuf intervenants pour une approche sur la longue durée des relations entre médecine et société.

Après l’introduction d’A.-M. Flambard Héricher rappelant la vocation du GRHis et les ambitions de cette journée d’étude, V. Boudon-Millot présente l’exemple de Galien de Pergame. Puis D. Stathakopoulos expose les réactions tant des médecins que de la société face à la peste de Justinien. M. Nicoud nous transporte au xve siècle et esquisse la mise en place d’une politique sanitaire médiévale quand Milan fait face à la peste. J.-P. Leguay, pour la même époque, mais dans deux autres régions : la Bretagne et la Savoie évoque le même phénomène. C. Le Bozec retrace la mise en place de réseaux médicaux en Normandie autour de Lepecq de la Cloture à la fin du xviiie siècle et, après une incursion dans l’univers carcéral proposée par J.-C. Vimont, Y. Marec élargit le propos aux médecins normands des xixe et xxe siècles. La dernière contribution aborde la mise en place de la médecine préventive en Meurthe et Moselle dans la première moitié du xxe siècle. Y. Marec conclut le volume.

Sauro Gelichi e Cristina La Rocca (sous la direction de), Tesori. Forme di accumulazione della richezza nell’alto medioevo (secoli v-xi), Altomedioevo 3, Viella, Rome, 2004, 325 p., quelques photos, cartes et dessins noir et blanc, ISBN 88-8334-093-0, prix : 28 €

Comment étaient accumulés et conservés certains biens matériels, parfois précieux mais aussi d’usage commun, dans l’Antiquité tardive et au haut Moyen Âge ? Dans quel but étaient-ils soustraits à l’usage et à la circulation ? Quelle était, au-delà de leur intérêt purement économique, la valeur de ces trésors ? Telles sont les questions posées dans cet ouvrage.

Le phénomène est également étudié d’un point de vue plus large d’histoire des mentalités et de la culture matérielle. Les différents types de trésors sont examinés – du trésor que l’on cache en période troublée ou comme mode d’épargne, à celui que l’on exhibe – ainsi que leur nature : ornements précieux, mobilier funéraire, reliquaires, ornements liturgiques mais aussi livres ou documents anciens.

L’ouvrage, né d’une rencontre qui a eu lieu en 1997 mais dont la publication a été contrariée, renferme huit contributions précédées d’une présentation de S. Gelichi et C. La Rocca et d’une introduction de C. Wickham. S. Gelichi présente d’abord une note sur l’archéologie des trésors, puis, S. Gasparri s’attache au trésor du roi, F. Bougard aux trésors et mobilia italiens du haut Moyen Âge, tandis que C. La Rocca oppose Trésors terrestres et trésors célestes. M. Baldassari et M. C. Favilla s’intéressent aux formes de thésaurisation dans l’aire italienne durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge à partir des sources archéologiques. Pour finir, A. Rovelli évoque les trésors monétaires. L’ouvrage est complété d’une bibliographie et d’un index.

Claire de Haas, Le grand cartulaire de Conches et sa copie : transcription et analyse, multigraphié, 727 p., quelques photos noir et blanc dans le texte, ISBN et prix non indiqués.

Sur les marges orientales du duché de Normandie où se sont particulièrement affrontés les ducs, devenus rois d’Angleterre, et les rois de France, le pays d’Ouche est parsemé de petites villes telles Breteuil ou Conches. Que ce soit pendant les troubles liés au rattachement de la Normandie à la France ou durant la guerre de Cent Ans, les abbayes furent les plus exposées. Une fois la paix revenue, elles cherchèrent à restaurer leur temporel et par conséquent à sauvegarder les actes ou les titres qui établissaient leurs droits réels. C’est ainsi qu’en 1515, Nicolas Le Vavasseur, abbé de Saint-Pierre de Castillon-les-Conches fit rassembler dans un Grand Cartulaire copie du Cartulaire Blanc initial, les privilèges et les actes essentiellement des xie, xiie, xiiie siècles dont il voulait assurer la pérennité. Ces cartulaires sont aujourd’hui disparus mais le Grand Cartulaire a fait l’objet d’une copie au xviie siècle, conservée aux Archives de l’Eure sous la cote H 262, dont 58 feuillets ont disparu et dont les bords, pour ceux qui subsistent, sont rongés par l’humidité ne permettant de lire qu’un texte tronqué.

C. de Haas présente les sources d’archives et une analyse rapide des dossiers les plus importants concernant l’abbaye de Conches et son Grand Cartulaire. Puis elle analyse, dans sa forme et son organisation, le recueil des chartes réunies dans le Grand Cartulaire avant d’en proposer la transcription complétée le cas échéant des données fournies par d’autres sources. Dans les annexes elle livre au lecteur une transcription de la table et une liste des abbés, un index onomastique et toponymique, un glossaire se rapportant aux actes et enfin une carte des possessions de l’abbaye.

Le travail réalisé par Claire de Haas était donc, ainsi que le souligne J.-P. Brunterc’h dans sa préface, un véritable défi. Elle est parvenue à faire ressurgir, grâce à son patient travail, un monument oublié de l’histoire normande et de l’histoire du droit normand.

Corinne Landuré, Michel Pasqualini en collaboration avec Armelle Guilcher (sous la direction de), Delta du Rhône, Camargue antique, médiévale et moderne, Bulletin archéologique de Provence, Supplément 2, Aix-en-Provence 2004, 334 p., nombreux tableaux, dessins, cartes et photos noir et blanc et couleur dans le texte, ISBN 2-9519704-1-2, prix : 35 €

L’ambition de cette publication, ainsi que le rappelle Xavier Delestre dans son avant-propos est de présenter un travail collectif qui s’est déroulé sur trois ans et au cours duquel les archéologues ont arpenté la Camargue pour y recenser les sites connus et y faire de nouvelles découvertes. Le choix de cette région se justifiait par sa fragilisation due au contact de l’homme et de la nature, et au milieu, particulièrement sensible à l’érosion naturelle, aux mouvements des sols, à la mobilité du rivage.

L’ouvrage est introduit par C. Landuré et M. Pasqualini, et par deux contributions, l’une de P. Leveau présente l’archéologie et l’histoire des zones humides et des milieux deltaïques, la seconde de M. Pasqualini traite de la Camargue, du Rhône et de la Provence littorale.

Le volume s’organise ensuite en six parties. La première présente la géomorphologie dans le delta du Rhône (M. Provansal, G. Arnaud-Fassetta, C. Vella), tandis que la seconde, consacrée au rôle du fleuve, s’attache aux formations alluviales et à la variation du risque fluvial depuis 5000 ans, et que la troisième (C. Vella) présente le rôle de la mer et les variations du niveau marin depuis 6000 ans.

La seconde partie aborde les sources : sources écrites grecques et latines (H. Tréziny), sources épigraphiques camarguaises (M. Heijmans), sources cartographiques du xvie au xixe siècle (P. Rigaud).

La partie suivante traite des prospections, sondages et études archéologiques. Y sont présentés successivement : les prospections au sol (C. Landuré, L. Martin, M. Pasqualini), le site de la Capellière à Arles (C. Landuré), et les sondages géoarchéologiques réalisés à l’Île de Mornes et aux Combettes sur la commune des Saintes-Marie-de-la-Mer (C. Landuré et G. Arnaud-Fassetta). Les fouilles archéologiques réalisées sur les sites du Carrelet (Saintes-Marie-de-la-Mer) et de Cabassol (à Arles) sont présentées respectivement par L. Martin et A. Richier dans la quatrième partie qui inclut également l’étude anthropologique et paléopathologique des squelettes découverts sur ces deux sites (G. Pálfi).

La cinquième partie, consacrée au mobilier archéologique, aborde la céramique grecque (L.-F. Gantès), romaine (F. Hirbec), du haut Moyen Âge (J.-C. Tréglia), les trouvailles monétaires (P. Ferrando) et archéozoologiques (V. Forrest). Pour terminer le volume, des études thématiques concernant la navigation (P. Rigaud), la topographie (M. Charlet) du delta ainsi que les fours et farots, et les épaves sont présentées.

Marlenn Martens et Guy De Boe (édité par), Roman Mithraism, the evidence of the small finds, Archeologie in Vlaanderen, Monografie 4, Bruxelles 2004, 389 p., nombreuses photos noir et blanc et plans et dessins noir et blanc et couleur insérés dans le texte. ISBN 90-75230-14-1, ISSN 1370 5768, prix non communiqué.

La découverte en 1998 d’un petit mithraeum de bois – le plus septentrional connu – dans le Brabant flamand, qui a coïncidé avec le centenaire de la publication de l’ouvrage de Cumont consacré aux Textes et monuments relatifs aux mystères de Mithra (1896-1900) ont conduit à organiser à Tienen en novembre 2001, un colloque dont ce volume constitue les actes. Les contributions sont fortement marquées par le souci d’innovation méthodologique dans le traitement du matériel archéologique. L’ouvrage réunit vingt-cinq articles qui portent sur des sites très divers (de la Crypta Balbi à Rome, à la région rhénane, la Suisse, la Belgique) et concernent des types de mobilier également variés (restes animaux au premier chef mais aussi petits objets, céramique, bronze et bijoux). Le volume s’achève sur une bibliographie générales des études mithraïques.

Nathalie Nicolas, La guerre et les fortifications du Haut-Dauphiné. Étude archéologique des travaux des châteaux et des villes à la fin du Moyen Âge, Publications de l’Université de Provence, Aix-en-Provence, 2005, 377 p., 22 tableaux et 80 figures noir et blanc dans le texte, ISBN 2-85399-611-5, prix : 40 €

Ce volume est tiré de la thèse de doctorat d’archéologie et d’histoire médiévale de Nathalie Nicolas. Il porte sur une province éloignée des régions où se déroulent les principaux épisodes de la guerre de Cent Ans mais éprouvée par le passage répété des bandes de routiers, et par les guerres privées. Les autorités y organisent avec plus ou moins d’efficacité la défense des villes. Les fortifications, leurs commanditaires et leurs constructeurs forment le sujet de cet ouvrage. Les sources écrites rendent compte des techniques de construction utilisées dans les fortifications et les villes de montagne, elles renseignent sur les matériaux, la main-d’œuvre, les modes de construction.

Dans une première partie, N. Nicolas présente le fait de guerre en Haut-Dauphiné. Après avoir défini l’état de guerre, elle énumère les privilèges militaires au xive siècle avant de s’attacher aux finances de guerre, recettes et dépenses et d’évoquer les moyens dérisoires mis en œuvre.

La seconde partie est consacrée à la mise en défense des châteaux et des villes. L’auteur évoque d’abord les commanditaires : le dauphin, l’archevêque d’Embrun et l’évêque de Gap, puis les matériaux employés et enfin les constructions et réparations défensives réalisées pour terminer sur une interrogation : les châteaux sont-ils spécialement aménagés ? Un bilan des travaux réalisés occupe les dix dernières pages du texte. Un glossaire et une bibliographie complètent l’ouvrage.

Bruno Phalip, Charpentiers et couvreurs. L’Auvergne médiévale et ses marges, DARA 26, Association française pour la promotion de l’archéologie en Rhône-Alpes, Lyon, 2004, 148 p., 76 figures dans le texte : photos, dessins au trait et cartes dont quelques-uns en couleurs, ISBN 2 9516145-6-X, prix : 30 €

Spécialiste des bâtiments médiévaux, Bruno Phalip s’est livré à une relecture critique d’édifices dont il précise l’évolution chronologique grâce aux archives, aux observations in situ et au recours à la dendrochronologie. Il met en relation le couvert végétal et le choix des charpentes montrant comment la construction est influencée par la nature, la longueur ou la section des bois employés. Au-delà de l’étude technique il fait également revivre la vie du chantier.

L’ouvrage s’organise en deux parties, la première établit le corpus d’étude organisé par régions : la Haute Auvergne, la Basse Auvergne et le Bourbonnais, le Limousin et la Marche, enfin les zones périphériques. La seconde partie présente les interprétations de l’auteur. Il confronte chantiers d’exception et ressources textuelles, puis aborde les données techniques, la nature des forêts et les savoirs de charpenterie. Il s’interroge enfin sur la pénurie de bois d’œuvre entre le xie et le xiiie siècle et la reconstitution des forêts aux xive et xve siècles.

Il dresse enfin le répertoire des études dendrochronologiques et dessine la carte des principales charpentes médiévales dans la région Auvergne. L’ouvrage est complété par un glossaire et une bibliographie.

Cécile Treffort et Mathias Tranchant (sous la direction de), L’abbaye de Maillezais. Des moines du marais aux soldats huguenots, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 481 p., quelques illustrations noir et blanc insérées dans le texte, ISBN 2-86847-882-4, ISNN 1255-2364, prix : 24 €

L’île de Maillezais, en marge du monde des hommes, couverte de forêts, peuplée d’oiseaux et d’animaux sauvages, ceinte de marais, fut pour ses premiers occupants une sorte de « désert fertile » propre à satisfaire leurs ambitions et leurs besoins. Fondation comtale de la fin du xe siècle, l’abbaye s’illustra jusqu’au xviie siècle par sa vie religieuse et culturelle, par sa puissance temporelle et sa richesse qui en firent l’objet de nombreuses convoitises. Les ruines majestueuses de l’abbaye ont été en juin 2002 le cadre d’un colloque, organisé en partenariat par les Universités de Poitiers, de La Rochelle et de Nantes, qui a envisagé l’abbaye comme centre de culture écrite, comme site d’exception, et enfin comme enjeu de pouvoirs. 22 intervenants se sont inscrits dans ces trois thèmes.

Après avoir évoqué la légende de fondation de Maillezais (E. Bozóky), M. Szkilnik situe Maillezais dans les romans français de Mélusine, M. Marrache-Gouraud dans l’expérience rabelaisienne et enfin A. Tarrête rappelle la prise de Maillezais par Agrippa d’Aubigné. Le second ensemble de contributions réunies dans cette première partie traite de l’écrit. H. Genton tente de dresser le tableau de la bibliothèque du xiie siècle et É. Palazzo du pontifical-collectaire de Maillezais. R. Favereau se penche sur les inscriptions médiévales et E. Surget rappelle le gouvernement de Maillezais, haut lieu de l’édition protestante en France.

Le site de Maillezais c’est avant tout l’île, dont les traits sont présentés aux xiiie et xive siècles par G. Pon. Au Moyen Âge, sa topographie est caractérisée par la capture de l’Autize (N. Faucherre). Plus tard l’île se fortifie pour faire face aux nombreux conflits (E. Barbier) tandis que les diocèses de Maillezais et de Luçon sont créés au début du xive siècle. Mais l’abbaye Saint-Pierre c’est aussi une architecture monumentale. M.-T. Camus l’évoque à l’époque romane et Y. Blomme dans la période gothique. C. Davy s’attache à son décor tandis que R. Levêque s’attache au chantier autour de 1540.

Enfin Maillezais est un enjeu de pouvoirs. S. Refalo retrace ses relations avec les ducs d’Aquitaine autour de 970-110 ; C. Jeanneau rappelle la fondation de l’abbaye et le rôle que tinrent les moines, seigneurs et chevaliers ; J.-L. Sarrasin décrit la mise en valeur, au Moyen Âge, des marais qu’Y. Suire présente, ensuite, avant les dessèchements de l’époque moderne. L’ouvrage s’achève sur la période xvie-xxie siècle, intitulée Maillezais « après Maillezais ». D. Poton rappelle la « place de sûreté » huguenote et le gouvernement d’Agrippa d’Aubigné et F. Vigier le transfert du siège épiscopal au xviie siècle. Puis, J. Martineau dresse le bilan des deux années de fouilles programmées qui se sont déroulées sur le site de l’abbaye.

Un index complète le volume.

Revue archéologique de Picardie, 2005, n° 1/2, 218 p., nombreux dessins au trait et illustrations et noir et blanc et couleur dans le texte, ISSN 0752-5656, prix : 33 €

Ce premier numéro annuel de la Revue archéologique de Picardie réunit huit contributions consacrées à des périodes et des thèmes divers et les actes, publiés sous la direction de Jean-Louis Bernard, de la journée d’étude organisée par l’association de mise en valeur du château de Coucy et intitulée : Coucy n’est pas qu’un donjon.

Les huit articles sont consacrés aux monnaies gauloises en or de Ribemont-sur-Ancre (J.-L. Bruneaux et J.-P. Delestrée), aux habitats protohistoriques de Ham « Le Bois à Cailloux » (J.-P. Barbet et N. Buchez), ainsi qu’au rapport du délégué départemental de l’Oise, G. Mathérat, sur les fouilles des arènes de Senlis en 1943 et à son commentaire par M. Durand. Le sondage réalisé dans l’issue occidentale de l’édifice de spectacle antique de Senlis est présenté par H. Sueur, puis la localisation d’un palais royal mérovingien dans l’Aisne, la villa Brennacum, est proposée par F. Armand. Enfin D. Quenehem présente le site castral de Bonneuil-les-Eaux dans l’Oise et D. Hanquiez la nef de l’église prieurale de Saint-Leu-d’Esserent.

La seconde partie du volume est consacrée au château de Coucy et rassemble huit contributions. J.-L. Bernard présente en premier lieu les méthodes et les premiers résultats d’un programme de recherches pluridisciplinaires portant sur la place forte médiévale. Puis O. Leblanc rappelle les origines de la seigneurie de Coucy : la lignée des Boves-Coucy ; D. Quenehem évoque le premier château de Coucy aux xe-xiie siècles et C. Mabire-Lacaille dessine la genèse d’une agglomération secondaire Coucy-le-Château aux xiie et xiiie siècles. J.-L. Bernard évoque la création d’outils de recherches spécifiques appliqués à Coucy et dénommés « Coucybase » et « infologie 3D » et cherche à en montrer la pertinence. Il se livre ensuite à un essai d’interprétation chronologique de la porte de Soissons tandis qu’E. Bail-Dhé tente d’interpréter et de dater l’église Saint-Sauveur. En fin de volume J.-L. Bernard rassemble une bibliographie non exhaustive consacrée à Coucy.

Alain Tridant, Les carreaux de pavement de la forteresse médiévale de Blanquefort (Gironde), Publications du GAHBLE, Blanquefort, 2005, 301 p., nombreuses illustrations noir et blanc et couleur et dessins au trait noir et blanc, ISBN 2-907845-06-3, prix 20 €

Dans sa préface, P. Regaldo-Saint Blancard souligne plusieurs des traits caractéristiques de l’ouvrage d’A. Tridant notamment la volonté d’exhaustivité de l’auteur, le choix d’une source unique la forteresse de Blanquefort et le souci apporté à la description.

L’auteur, membre bénévole du chantier de la forteresse dont il a longtemps assuré la direction, a consacré de longues heures à l’étude du matériel découvert lors des fouilles, il s’attache d’abord au contexte du château, connu par des recherches archéologiques et des études universitaires qu’il présente. Il décrit ensuite ce que, d’une manière générale, sont les carreaux de pavement glaçurés au Moyen Âge, produit de luxe contribuant à affirmer le pouvoir de celui qui les commande. Il en aborde l’histoire, les variétés, les motifs, la fabrication. La troisième partie est consacrée aux carreaux de Blanquefort. Il en évoque la pose et les modules, présente sa méthode de travail et dresse ensuite l’inventaire des motifs. Les carreaux sont ensuite présentés motif par motif (144 p.) suivis des motifs non identifiés. Des tableaux situent les carreaux dans la stratigraphie de la fouille ou du moins en « profondeur dans le carré ». De tout ce qui précède, A. Tridant déduit l’existence d’ateliers, ce qui le conduit à évoquer les artisans. Enfin les résultats des analyses de matériaux sont présentés et l’ouvrage s’achève sur un catalogue des motifs décoratifs et sur une bibliographie.

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