Freissinières (Hautes-Alpes). Mines métalliques de Fangeas
Texte intégral
1Pour la troisième année consécutive, une fouille programmée a été menée sur les mines métalliques de Fangeas-Faravel sises dans la commune de Freissinières, au cœur du Parc national des Écrins, entre 2 000 et 2 200 m d’altitude. L’objectif est de caractériser à l’échelle micro-régionale les modes d’exploitation des ressources de haute montagne à l’époque médiévale. Cette opération a ciblé les petites mines du secteur de Fangeas, situées juste en aval des mines de Faravel dont l’exploitation s’étale entre les ixe et xiiie s., époque où une véritable fièvre minière bat son plein des Préalpes de Salzbourg aux montagnes lombardes et vénitiennes, en passant par les Alpes dauphinoises. Cette dynamique émerge des besoins croissants en métaux précieux des classes dirigeantes pour le monnayage.
2Les ouvrages miniers sont visibles en aval du lac du Fangeas, en rive gauche du torrent des Oules, sur une aire de 130 x 90 m. Ils s’échelonnent depuis le lit du torrent jusqu’à 40 m en amont. Du nord vers le sud, on y rencontre une tranchée au bord du torrent, une attaque à la base d’un escarpement, une grande fosse et une grande halde au débouché d’un puits. Plus à l’est, deux recherches dominent le sentier de Fangeas et plus au sud, deux grattages et deux puits jumeaux sont encore visibles. Des chantiers de fouilles ont été ouverts sur le grand puits et la grande fosse.
3Dans le puits, de nombreux bois ont été inhumés à partir d’1 m de profondeur. Trois grandes poutres n’ont pas été complètement dégagées et leur examen est resté sommaire. Elles semblent correspondre à des étais transversaux massifs qui équipaient le sommet du puits. Elles auraient supporté un plancher constitué de perches et de mousses. Leur face inférieure est carbonisée. La chaleur dégagée par les attaques au feu lors du creusement du puits peut être à l’origine de cette carbonisation superficielle des nombreuses pièces d’équipement. Les vestiges comprennent notamment deux fragments de kletterbaum (échelles monoxyles) et une poulie retrouvée au sein de l’enchevêtrement de bois.
4Dans la fosse, un plancher en bois parfaitement conservé a été découvert à 2 m de profondeur. Il est supporté par au moins 5 étais transversaux placés en travers du chantier. Le plancher est incliné vers le NO, mais il est recouvert par une épaisse couche de remblais qui recrée une surface horizontale. Il n’a pas été possible d’étudier correctement cet ouvrage ; il faut pour cela dénoyer et dégager la fosse plus amplement. Cependant, il semble que les étais sont des portions de tronc d’environ 20 cm de diamètre et que le plancher est constitué de longues perches de 10 cm de diamètre environ. Les remblais stockés ont été produits par un abattage au feu.
5Les charbons et les bois résiduels font l’objet d’une étude anthracologique et dendrologique. Ils permettent de caractériser le territoire d’approvisionnement en bois de feu et de construction des mineurs et l’impact de l’activité d’extraction sur la dynamique forestière subalpine au Moyen Âge.
Table des illustrations
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| Titre | Freissinières, Mines métalliques de Fangeas. Grande fosse, vue du plancher depuis le niveau supérieur. |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/48473/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 880k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Vanessa Py, Bruno Ancel, « Freissinières (Hautes-Alpes). Mines métalliques de Fangeas » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 36 | 2006, mis en ligne le 15 mai 2023, consulté le 09 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/48473 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.48473
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