Loeuilly (Somme). Lieu-dit Madame
Texte intégral
1Le village de Loeuilly est situé à 15 km au sud de la ville d’Amiens, dans le canton de Conty. La parcelle concernée par le diagnostic, d’une superficie de 52 156 m2, en bordure du village, à côté de la place du Caty, se trouve au niveau de la basse terrasse alluviale de la Selle.
2Le village est une ancienne châtellenie mouvante de Picquigny. La tradition locale évoque la présence d’une motte castrale à l’emplacement de la place du Caty. La date de construction du château n’est pas connue précisément. Il est possible qu’elle soit le fait d’Enguerrand de Picquigny qui a emprunté à l’église d’Amiens, pour des travaux, soixante livres en 1197. Le château de Loeuilly semble avoir été détruit ou endommagé en 1472. Il fut sans doute reconstruit, puisqu’il est fait mention d’une nouvelle destruction en 1594. C’est en 1850 que les derniers vestiges en élévation de ce château furent complètement arasés.
3Les tranchées de diagnostic (1, 2 et 3) ont révélé les vestiges d’une construction fortifiée d’époque médiévale et moderne sur une superficie de 10 000 m2. La qualité de conservation de ces vestiges est variable selon les secteurs. Les murs extérieurs de l’ouvrage sont en grande partie démantelés jusqu’à la base des fondations. Ainsi, le tracé d’ensemble du château apparaît en plan sous la forme de larges tranchées de récupération. À l’intérieur, l’état de conservation est meilleur. Les fondations des bâtiments, des murs de refend ainsi que les niveaux de sol, apparaissent juste sous le niveau de la terre végétale (-20 cm). Dans la partie SE de l’intérieur du château, la stratification des niveaux d’occupation successifs atteint 60 cm d’épaisseur.
4Le diagnostic a permis de localiser l’emplacement des cuisines et probablement celui du corps de logis principal. Au niveau de la courtine ouest, les relations stratigraphiques entre les tours semi-circulaires montrent qu’il y a eu plusieurs phases de constructions. L’épaisseur de la stratification et le mobilier archéologique confirment que l’occupation du site a duré de la fin du xiie s. à la fin du xvie s.
5Malgré les moyens supplémentaires mis en œuvre pour cette opération de diagnostic, le temps a manqué pour bien caractériser le site. Il reste des incertitudes sur le tracé de la courtine à l’est, sur le nombre et l’emplacement des tours. De même, si différentes phases de construction et de reconstruction ont été repérées, la chronologie manque de précision. Cette vision partielle de l’ouvrage rend aléatoire les comparaisons avec des sites similaires.
Table des illustrations
![]() |
|
|---|---|
| Titre | Loeuilly, Lieu-dit Madame. |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/48799/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 928k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Guy Flucher, « Loeuilly (Somme). Lieu-dit Madame » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 36 | 2006, mis en ligne le 15 mai 2023, consulté le 08 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/48799 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.48799
Haut de pageDroits d’auteur
Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
Haut de page





