Saint-Cirgues-la-Loutre (Corrèze). La Borde
Texte intégral
1Le souterrain de la Borde situé à 300 m au NE de Saint Cirgues la Loutre, a été découvert par son propriétaire dans les années 1950 lors du labourage de sa parcelle. Il a été inventorié lors de la prospection inventaire de 2004 de cette commune. Une demande de sondage a été accordée pour deux mois (juin-juillet 2005).
2Les recherches aux Archives départementales ont permis de retrouver des textes (xiie au xve s.) portant sur cette zone qui montrent l’existence de trois hameaux distincts faisant partie du domaine de La Borde, deux sont encore présents actuellement, La Borde même et les Bouïges (au sud). La troisième zone, Le Puech est inconnue mais correspond très probablement à la zone étudiée (elle se situe sur un sommet dominant La Borde). Les parcelles de ce site se nomment Champs de Veyrac sur les anciens cadastres, Les Veyrac étant les seigneurs de Saint Cirgues et coseigneurs des Tours de Merle toutes proches. La tradition orale indiquait un ancien château dans les parcelles proches du souterrain. Un survol en ULM a confirmé la présence d’une bande d’herbe verte, pendant la sécheresse du mois de juillet, ceinturant la zone sondée et le château supposé. Cette zone d’environ 2 ha domine le ruisseau du Goudalou et le village actuel de Saint-Cirgues-la-Loutre. Ce site occupe une position stratégique. Cette bande de verdure correspond probablement à une enceinte de défense périphérique au site (ancienne tranchée de 2 m de large à étudier ultérieurement). Le château supposé peut correspondre à une motte castrale, on ne retrouve aucune pierre sur le sommet de la butte. La zone du souterrain correspond à l’ancienne basse-cour de cette motte.
3Le souterrain creusé dans le granite est de type annulaire. Il possède une galerie d’évacuation de l’eau se prolongeant par une tranchée remblayée. Il reste les traces de logements de poutres taillées dans le granite qui correspondent à une ancienne porte ainsi que deux trous d’aération rejoignant la surface. Les galeries sont vides actuellement mais il existe sur l’un des côtés, proche de l’entrée, deux restes de murs presque parallèles s’enfonçant dans une des parois. C’est entre ces deux murs cimentés à l’argile blanche que le premier sondage a été creusé sur une superficie de 2 m2 environ et sur 1,20 m de profondeur maximum.
4La stratigraphie montre l’alternance de couches sombres (contenant du charbon de bois et de nombreux tessons de poterie) et de couches claires (stériles). Cette zone correspond à la cave d’une maison jouxtant le souterrain, qui a servi de poubelle, après l’abandon de celui-ci. Des prélèvements de charbon de bois ont été faits sur les trois couches sombres du remplissage de la cave (en particulier sur une poutre de 1,50 m de long dégagée de la couche sombre la plus ancienne et faisant partie très probablement des infrastructures d’origine de cet édifice).
5Le deuxième sondage en surface (de 2 m2) et à quelques mètres de l’entrée du souterrain montre l’existence d’un silo, taillé dans le tuf granitique. Au-dessus du silo, un trou horizontal taillé dans le granite a été découvert, il servait probablement de logement à un axe de porte en bois fermant le silo. Cette porte horizontale pouvait éventuellement servir de lit, en raison de sa grande taille. Au fond du silo une couche noire de charbon de bois a été prélevée pour une éventuelle datation au 14C, elle contient quelques graines indéterminées (cf. Anne Bouchette, carpologue). Il existe trois autres silos à proximité immédiate de ce dernier mais ils ont été déjà vidés. Plus de 500 tessons de poterie ont été trouvés à l’occasion de ces deux sondages ainsi qu’une fusaïole, une pierre à aiguiser en grès fin de type Collonges la rouge, une pierre de jet en roche volcanique et une petite perle en verre bleuté.
6Cette zone, vierge de toute habitation actuellement, présente un intérêt majeur pour l’histoire locale sur la période qui précède la construction des premières forteresses du xiie s. (Tours de Merle, Tours de Carbonnières et Tours d’Albois). Ces trois tours sont situées dans un rayon de moins de 3 km à vol d’oiseau de ces sondages archéologiques. Un complément d’étude semble indispensable dans les années à venir.
Table des illustrations
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| Titre | Fig. 1 Saint-Cirgues-la-Loutre, La Borde. |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/48864/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 434k |
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| Titre | Fig. 2 Saint-Cirgues-la-Loutre, La Borde. |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/48864/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 948k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Henri Pigeyre, « Saint-Cirgues-la-Loutre (Corrèze). La Borde » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 36 | 2006, mis en ligne le 15 mai 2023, consulté le 15 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/48864 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.48864
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