Limousin. Morphologies et mutations du castrum. L’exemple du Limousin, xe-xive s.
Texte intégral
1L’objectif du PCR est de mieux connaître les réalités castrales régionales antérieures à la guerre de Cent Ans, à partir d’exemples pris sur la bordure NO du Massif central : Corrèze (19), Creuse (23), Haute-Vienne (87). L’idée est de rassembler une documentation variée sur un certain nombre de sites et de mutualiser le travail mené par les uns et les autres pour mieux harmoniser les approches et les questionnements. L’une des ambitions de l’équipe est de déterminer la place du Limousin dans les schémas connus depuis des décennies et qui tendent à opposer au château de la France du nord le castrum populatum du Midi ; en clair, dégager une sorte de faciès limousin du castrum à partir de l’étude des morphologies castrales et de l’organisation de l’habitat (système d’enclos, parcellaire, caractéristiques structurelles et monumentales de l’habitat castral), de la gestion des pouvoirs seigneuriaux (avec notamment la question de la co-seigneurie) et de l’emprise de la milicia sur l’espace du castrum (concentration ou de la dissémination des hôtels nobiliaires).
2La fourchette chronologique allant des origines (xe s. à préciser) à la guerre de Cent Ans (mais souvent les sources écrites des xve et xvie s. sont sollicitées) doit permettre de saisir le phénomène castral dans ses phases de mise en place puis de maturité. Le déclin puis la reconversion des castra à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne – pas plus que le thème des forts villageois – ne sont directement pris en compte. En revanche, la grande mutation des sites avec la dislocation des milicie castri, au cours du xive s. pour l’essentiel, peut être appréhendée.
3Cette première année a permis à une équipe resserrée de travailler à l’établissement d’un corpus de sites à partir de fiches standardisées : celles-ci permettent de faire le point sur les potentialités documentaires de chaque castrum tout en constituant une ébauche d’inventaire. À partir de ce corpus, quatre dossiers monographiques ont fait l’objet de recherches plus approfondies : Curemonte (19), Gimel (19), Malemort (19), Pierre-Buffière (87). D’autres sont en gestation et devraient pouvoir prendre forme l’année prochaine. Le travail a consisté à exploiter les ressources archivistiques disponibles, les informations topographiques, parcellaires et monumentales pour tenter de restituer l’organisation castrale antérieure à la guerre de Cent Ans et établir des plans de natures différentes (relevé topographique, relevé de structures, schéma d’interprétation). Ces quatre dossiers s’enrichiront bien évidemment des informations complémentaires qui pourront être trouvées comme de la mise en perspective avec d’autres sites qui feront l’objet d’études approfondies les années suivantes.
4Parmi les éléments qui ressortent de ces dossiers monographiques consacrés à des sites perchés, on peut signaler la fréquence du dédoublement entre une entité haute (appelée castrum superius) et une entité basse (appelée castrum inferior) qu’il n’est pas toujours aisé de restituer dans l’espace topographique. En effet, ni la situation dans le relief, ni la co-seigneurie, ni la hiérarchie des pouvoirs ne suffisent à expliquer ce phénomène que l’on retrouve dans plusieurs autres castra limousins (mais aussi périgourdins et auvergnats). On peut aussi remarquer une certaine mixité sociale de l’habitat dans plusieurs de ces sites bien avant la fin du Moyen Âge.
Pour citer cet article
Référence électronique
Christian Rémy, « Limousin. Morphologies et mutations du castrum. L’exemple du Limousin, xe-xive s. » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 36 | 2006, mis en ligne le 15 mai 2023, consulté le 06 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/48949 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.48949
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