Autun (Saône-et-Loire). Secteur de la cathédrale Saint-Lazare
Texte intégral
1Une surveillance échelonnée sur de nombreux mois jusqu’à l’été 2005 a été réalisée au fur et à mesure de l’avancement des travaux de réaménagement du secteur de la cathédrale. Les vestiges observés ont été particulièrement nombreux, tant et si bien que l’analyse des structures mises au jour n’est pas encore achevée (rapport en cours). Un bilan très succinct peut toutefois être dressé.
2Les découvertes les plus significatives ont été tout d’abord réalisées à l’emplacement de la place Saint-Louis, grâce à l’exhumation de quelques maçonneries que l’on peut rattacher à la collégiale Notre Dame qu’il faudra mettre en relation avec le résultat d’un diagnostic réalisé en 2003 et de quelques inhumations affleurantes disposées à l’extérieur de l’édifice religieux, à l’ouest du parvis. D’une manière générale, les vestiges de l’église sont en très mauvais état de conservation suite aux différents travaux de nivellement qui ont donné naissance à l’espace public actuel situé à l’emplacement des ruines de Notre Dame. Au sein de ces épais remblais, plusieurs éléments architectoniques contemporains des adjonctions dues au chancelier Rolin ont été découverts (clé et claveaux de voûte). Dans l’axe médian de la place Saint-Louis, à son extrémité occidentale, une solide maçonnerie de plan carré, utilisant en son centre une stèle funéraire du xviie s. en remploi, semble correspondre aux fondations d’une croix s’élevant au xixe s. en face de l’entrée du palais de Justice (information orale André Strasberg, Musée Rolin).
3D’autre part, il a été possible de trouver la continuité d’un bâtiment fouillé par Walter Berry en 1991 et 1992 sous le chœur de la cathédrale. Cet édifice, construit au cours de l’Antiquité tardive, remanié au cours du haut Moyen Âge, semble fréquenté jusqu’au xie s., période à laquelle il est rasé. Son mur de façade oriental semble avoir été rencontré au niveau de la place du Terreau, en relation avec une seconde maçonnerie particulièrement bien conservée en élévation. Les couches de démolition relatives à ces vestiges comportaient quelques éléments architectoniques monumentaux dont un fût retaillé de colonne en grès. Soumis à un spécialiste, cet élément peut être interprété comme un remploi antique destiné à supporter un solide poteau en bois (information orale Chr. Gaston, INRAP), ce qui tend à confirmer la nature monumentale de ce probable bâtiment public repéré par Walter Berry lors de sa fouille.
4Enfin, le démontage de l’ancien dallage extérieur au porche de la cathédrale Saint-Lazare a été l’occasion de redécouvrir et photographier un puits observé par Charles Boëll en 1912 puis retombé depuis dans l’oubli. L’ouvrage mesure de paroi à paroi un mètre de diamètre, son parement d’une remarquable qualité est composé de moellons quadrangulaires assemblés à joints vifs (hauteur : environ 20 cm ; longueur : entre 30 et 60 cm). La partie supérieure, arasée au niveau du sol actuel, montre un départ d’encorbellement. Le fond du puits se situe à 16,40 m de profondeur, la nappe phréatique se trouvant, au moment de l’observation, à 9,60 m de profondeur. D’après Charles Boëll ce puits remonterait au xiie s. et serait contemporain de la construction de l’édifice religieux destiné à l’usage des pèlerins (Fonds Boëll, journal du 8 mars 1912, archives de la Société Eduenne).
Table des illustrations
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| Titre | Autun, Chapelle des Bonnes Œuvres. Plan général synthétique des vestiges inédits découverts à l’issu de la surveillance « groupe épiscopal ; chapelle dite des Bonnes Œuvres ». |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/48983/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 450k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Walter Berry, Yannick Labaune, Angélique Tisserand, « Autun (Saône-et-Loire). Secteur de la cathédrale Saint-Lazare » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 36 | 2006, mis en ligne le 15 mai 2023, consulté le 05 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/48983 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.48983
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