Paris (Paris). Les Bernardins
Texte intégral
1Le Collège des Bernardins, fondé vers 1245, est devenu l’un des établissements les plus importants de la rive gauche de la Seine à Paris à l’époque médiévale. Son étude constitue une fenêtre ouverte sur l’histoire parisienne ou celle d’un quartier, et sur un bâtiment exceptionnel. Le grand logis, construit au milieu du xiiie s., est le seul bâtiment conservé du complexe ecclésiastique et l’un des rares monuments gothiques subsistants de l’ancienne Université de Paris. Il fait actuellement l’objet d’une importante réhabilitation.
2La première tranche de travaux (2003-2005) fut l’occasion de mener d’importantes observations archéologiques. Les investigations ont été menées dans les cours sud et est, livrant de très importantes stratigraphies (sur plus de six mètres), ainsi que des témoignages d’artisanat potier. La cour sud est notamment voisine du canal de Bièvre et de l’enceinte Philippe Auguste.
3La partie inférieure du grand logis, le cellier, mesure 70 m de long sur 14 m de large en associant trois nefs de 17 travées voûtées d’ogives. Le déblaiement du logis comblé jusqu’au départ des voûtes a livré des niveaux de sol médiévaux, un ensemble lapidaire destiné à la grande église fondée en 1338, et les niveaux d’alluvions dans lesquels sont établis les murs périphériques du bâtiment. La lecture du bâti révèle les problèmes de déformation de l’édifice au moment de sa construction et les solutions techniques apportées, en particulier d’originaux systèmes de contrebutement des piliers.
4Au premier étage, de légers dégagements pratiqués autour des baies ont souvent abouti à une redécouverte partielle ou complète des ouvertures médiévales. Les observations ont également porté sur les charpentes, mettant en évidence la présence d’entraits et d’arbalétriers du xiiie s.
5Le décaissement et les sondages pratiqués dans la sacristie du second quart du xive s. ont ouvert l’accès à l’étude de la partie basse de celle-ci, ainsi qu’aux occupations antérieures. L’une correspond à une première chapelle dont la forme générale reste inconnue, mais qui est associée à la dalle tumulaire en place d’un allemand nommé Gunter, décédé en 1306, et fondateur de l’abbaye de l’Aumône en Thuringe.
Pour citer cet article
Référence électronique
Séverine Hurard, Arnaud Prié, Marc Viré, « Paris (Paris). Les Bernardins » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 36 | 2006, mis en ligne le 15 mai 2023, consulté le 16 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/49138 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.49138
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