Limoges (Haute-Vienne). 18-20, Boulevard de la Cité
Texte intégral
1Ce qui frappe avant tout est l’absence de vestiges antiques sur cet îlot, alors que la collecte de matériaux de construction atteste leur proximité, probablement en bordure du boulevard à l’est. Les quelques observations effectuées sur le paléochenal du Merdensson, petit cours d’eau qui traverse l’emprise du chantier d’est en ouest, trahit de fortes fluctuations, accompagnées de dépôts importants d’arène et de galets. Son envasement est scellé par des épandages de tuiles romaines – ce qui ne date pas pour autant l’arrêt de son fonctionnement à la fin de l’Antiquité – et l’humidité ambiante du terrain semble indiquer la présence d’une zone marécageuse que les Lémovices n’ont pas jugé bon d’aménager. Aucune trace d’aménagement de berge n’a été décelée au cours de cette opération.
2Les premières traces d’occupation sont du haut Moyen Âge, avec une fosse de nature indéterminée et surtout un probable silo. La présence de ce dernier pourrait en appeler d’autres, du côté oriental puisque les sondages antérieurs n’ont rien donné pour la partie occidentale des parcelles diagnostiquées. Ce silo, véritable cas d’école par sa forme et son remplissage, datable du haut Moyen Âge, est probablement à rapprocher de l’ensemble de fosses et silos de l’avenue Gabriel Péri (phase 9) ainsi que ceux du CNASEA. Avant d’être utilisé comme dépotoir, il a dû servir de latrine, ce qui pourrait expliquer la couche fortement organique qui tapisse le fond de la structure, et inclinerait à identifier l’objet en bois qu’il contenait comme un siège de latrine.
3D’après les premières observations sur les déchets osseux, convergentes avec celles déjà faites sur l’Hôtel de Région, une activité de boucherie à proximité immédiate ne fait guère de doute. La présence de planches peut ici offrir une occasion unique d’obtenir une datation fiable concernant cette activité. Si elle est antérieure au xiiie s., il faudra définitivement remettre en question la vocation purement agro-pastorale de l’entre-deux villes, et dans ce cas le faubourg des Boucheries aurait développé cette activité bien avant sa première mention. De même, la zone d’ensilage n’appelle pas forcément une exploitation agricole à proximité : il ne faut pas écarter l’hypothèse de vastes zones de stockage en périphérie de la ville, activité gourmande en espace que le centre des cités n’offre pas forcément – même si des silos ont été reconnus place de la Motte et au musée de l’Évêché. N’oublions pas qu’aucune trace d’habitation contemporaine des silos n’a encore été mise au jour.
4Les données procurées par cette opération ne sont pas très abondantes. Cependant leurs analyses pourraient nous apporter d’importantes contributions.
Pour citer cet article
Référence électronique
David Jouneau, « Limoges (Haute-Vienne). 18-20, Boulevard de la Cité » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 35 | 2005, mis en ligne le 15 juillet 2023, consulté le 16 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/50019 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.50019
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