Courcelles (Loiret). La chapelle Saint-Hubert
Texte intégral
1Le bourg de Courcelles est situé dans la plaine de la Beauce, dans la vallée de la Rimarde, à 12 km au SE de Pithiviers. Il est composé de deux pôles majeurs : un château du xive ou du xve s. sur la rive gauche et le bourg qui s’étend le long d’un chemin qui longe la rive droite. Au centre de l’agglomération, un enclos carré représente l’emprise d’un ensemble monastique important mais qui ne fut jamais achevé. Englobé par le bourg, il a fortement influencé le parcellaire de celui-ci. L’église abbatiale dédiée à Saint-Jacques-le-Majeur est restée inachevée : hormis la nef, terminée et convertie en église paroissiale au xve s., seuls les murs internes avec leurs baies ont été construits. Les amorces des voûtes permettent de restituer le projet d’origine : des bras des transepts débordants précédant un chœur délimité par six piliers avec déambulatoire ou chapelles rayonnantes, tous inachevés. Les aspects stylistiques permettent de dater la construction de la première moitié du xiiie s. Au moment de l’abandon du projet, les baies du chœur sont fermées par des murs de chantier en petit appareil et une petite chapelle est accolée au parement sud du mur qui ferme la baie du mur du transept sud. L’édifice est réaménagé à la demande de Charles de Birague et béni par l’archevêque de Sens en 1656. L’intérieur est décoré d’enduits peints figurant des scènes de la vie de Saint-Hubert. Ceux-ci ont été partiellement restaurés en 1902.
2Un diagnostic archéologique des élévations de la chapelle a permis de préciser l’évolution de la construction. L’édifice primitif, datable du xiiie s., était composé d’un espace de 5 m NS sur au moins 5 m EO (l’étendue occidentale de ce bâtiment reste inconnue). La partie orientale de la pièce unique comportait un espace de chœur, éclairé par deux fenêtres ébrasées dans la façade orientale et par deux autres dans les extrémités des murs nord et sud. Un sondage à l’extérieur, au pied du mur sud de la chapelle, a mis en évidence un mur arasé, orienté NS et perpendiculaire au mur sud de la chapelle. On ignore s’il s’agit d’un retour de celui-ci ou des vestiges d’une construction antérieure.
3Les travaux du xviie s. avaient profondément modifié la structure. Le mur sud est renforcé par le placage d’une maçonnerie de 0,80 à 0,90 m d’épaisseur contre la façade sud. Ce massif comporte trois travées d’arcatures : celle de l’est encadre une des fenêtres primitives et celle du milieu est munie d’une porte dont le seuil est posé sur l’arasement du mur observé dans le sondage. Les fenêtres de la façade orientale sont condamnées et remplacées par deux ouvertures plus hautes avec des montants en briques, surmontées par une troisième ouverture ovale. La chapelle est désormais couverte par une voûte en berceau dont l’intrados est enduit et peint. L’espace au-dessus de celle-ci est aménagé en deux petites pièces sous une toiture à pan unique. Le mur ouest a été inséré après l’achèvement des enduits internes et n’est pas chaîné aux murs nord et sud. Il pouvait s’agir d’un refend ou d’un mur de chantier provisoire, destiné à fermer la chapelle en attendant une éventuelle extension de celle-ci vers l’ouest.
Pour citer cet article
Référence électronique
Simon Bryant, « Courcelles (Loiret). La chapelle Saint-Hubert » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 35 | 2005, mis en ligne le 15 juillet 2023, consulté le 16 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/50445 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.50445
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