Saint-Barthélemy-d’Anjou (Maine-et-loire). La Crônerie 2
Texte intégral
1Le plus méridional des trois sites médiévaux fouillés durant l’été 2003 à Saint-Barthélemy-d’Anjou, le site de la Crônerie 2 a livré les restes d’une occupation entre la fin du xiiie s. et le début de la période moderne. Sans doute bordé à l’est par un ancien chemin, l’ensemble décapé se compose au nord d’au moins deux enclos rassemblant espace vivrier et secteur domestique, tandis qu’au sud, les terrassements, d’étendue beaucoup plus modeste, n’ont révélé qu’une série de tronçons fossoyés.
2Attestée sur la quasi-totalité du décapage septentrional, l’installation du bas Moyen Âge, dans sa moitié est, se concentre notamment au sein de deux enclos trapézoïdaux accolés, délimités par des fossés d’une largeur oscillant entre 3,70 m et 1,34 m ; leur profondeur varie entre 1,40 m et 0,40 m. Dépourvus de finalité défensive, les dispositifs fossoyés cernent des espaces dépassant chacun 2 200 m2, les fossés y sont les vestiges les mieux représentés ; toutefois, généralement antérieurs à l’installation des enceintes, nombre d’entre eux ne se rattachent pas à l’organisation interne des surfaces encloses.
3Les structures médiévales se concentrent au NE de chaque enclos : fosses, restes de murs, trous de poteau. Les segments fossoyés déterminent des « cellules » d’environ 200 m2. Chaque enceinte semble donc constituer une unité spécifique, englobant, d’une part, une zone pratiquement vierge de structures évoquant un espace de type jardin fruitier et/ou potager et, d’autre part, un secteur relativement riche en vestiges, renvoyant à la sphère domestique. Un tel dispositif n’est pas sans rappeler le courtil du Bassin parisien ou bien l’aireau blésois, qui, selon les textes anciens, réunissaient, au sein d’un même ensemble de 16 à 25 ares, habitat et jardins.
4Si la présence d’un troisième enclos médiéval à l’ouest de la zone nord reste difficile à valider, l’enceinte orientale porte visiblement les traces d’un remaniement affectant la façade sud du dispositif, indice de l’extension, dans cette direction, du « domaine vivrier » de l’enclos.
5Déconnectés des éléments précédemment évoqués, les vestiges rencontrés dans le décapage méridional témoignent du fort impact de l’occupation du bas Moyen Âge. Outre quelques fosses et trous de poteau, elle a surtout livré des axes fossoyés, plus modestes que ceux de la zone nord, et qui reprennent des orientations à peu près similaires. Les informations recueillies demeurent insuffisantes pour préciser la fonction du secteur ou déterminer son degré d’intégration avec le dispositif septentrional : en effet, s’il existe un lien chronologique entre les deux zones d’occupation, il apparaît difficile de préciser s’il s’agit d’un autre pôle d’habitat ou d’un ensemble dépendant directement des enclos septentrionaux.
6Provenant pour l’essentiel de la zone nord, le corpus mobilier, et notamment les restes céramiques, reflète avant tout les pratiques domestiques des habitants : abondance et variété des vases culinaires, principalement des pots à anse, importance quantitative des mortiers à « œil-de-perdrix », et bonne représentation de la vaisselle de table, notamment des pichets glaçurés et des éléments de type « Saint-Jean-de-la-Motte ». On notera enfin la présence de restes d’ardoises de couverture.
Pour citer cet article
Référence électronique
Frédéric Guérin, « Saint-Barthélemy-d’Anjou (Maine-et-loire). La Crônerie 2 » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 34 | 2004, mis en ligne le 15 septembre 2023, consulté le 08 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/51945 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.51945
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