Échiré (Deux-Sèvres). Château de Coudray-Salbart
Notes de la rédaction
Organisme responsable de la fouille : Inrap
Rapport final d'opération : http://dolia.inrap.fr/flora/ark:/12345/0145559
Texte intégral
1Le château du Coudray-Salbart est exceptionnel à plus d’un titre. Il est construit durant les premières décennies du xiiie s., par les seigneurs de Parthenay avec des financements provenant des rois d’Angleterre. Les Plantagenêts influencent fortement ce programme et mettent en œuvre des aménagements défensifs innovants. Ces travaux effectués dans un laps de temps relativement court laissent toutefois transparaître de nombreux changements de partie en cours de chantier. Rapidement, ce château se trouve cantonné à un rôle secondaire ce qui lui vaut de ne plus être modifié au fil des siècles. Son abandon précoce (on admet généralement qu’il se situe vers la fin du xve s.) et son état de conservation en font un site d’un exceptionnel intérêt. Son rachat récent par la communauté d’agglomération du pays Niortais a permis d’engager un programme d’ensemble cohérent et pluriannuel de restauration des murailles et des tours, sur un projet présenté par M. Jeanneau, ACMH.
2Cette nouvelle campagne d’étude est liée à la restauration d’une partie de la courtine orientale, principal front défensif du château. Cette muraille, de 14 m de long pour 18 m de haut, est l’un des secteurs clefs pour comprendre l’évolution de ce site. Quatre phases principales, d’importance variable, sont perceptibles ; leur mise en perspective avec les observations effectuées lors des précédentes opérations permet de mieux appréhender l’évolution globale du château.
3La plus importante d’entre elles correspond au passage d’un petit château primitif à un ensemble nettement plus vaste correspondant à l’emprise actuelle du château. C’est probablement lors de cette phase qu’est construit le premier tronçon de la gaine périphérique qui constitue l’une des particularités du site. Si, sur le parement oriental de cette muraille, la présence d’un crénelage fossilisé et de traces de hourds est connue depuis longtemps, la fouille des arases a mis en évidence un dispositif semblable au sommet du parement occidental. La présence d’un chemin de ronde, de près de 1,80 m de large, protégé sur ses deux côtés par un parapet crénelé et doté de plusieurs archères de merlons a été décelée. La présence de hourds a également pu être établie du côté occidental de la muraille actuellement tourné vers l’intérieur du château. L’ultime transformation correspond à son rehaussement qui vient fossiliser ce chemin de ronde antérieur.
4Le prélèvement de bois de hourds appartenant à cette phase intermédiaire sur la muraille orientale devrait, pour la première fois sur ce site, apporter des éléments de datation absolue.
5L’intégralité de cette muraille, aussi bien les élévations extérieures que les aménagements internes (gaines, escaliers, niches d’archères…) a fait l’objet d’un relevé photogrammétrique après dévégétalisation, mais avant toute restauration.
Pour citer cet article
Référence papier
Adrien Montigny, « Échiré (Deux-Sèvres). Château de Coudray-Salbart », Archéologie médiévale, 47 | 2017, 236.
Référence électronique
Adrien Montigny, « Échiré (Deux-Sèvres). Château de Coudray-Salbart » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 47 | 2017, mis en ligne le 15 février 2018, consulté le 11 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/7031 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.7031
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