Échiré (Deux-Sèvres). Château du Coudray-Salbart
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Année de l'opération :
2014Numéro d’opération :
206003Sujets :
défense, bâtiment militaire, château-fort, tour, élément architectural, épigraphie, inscription contenu, marqueNotes de la rédaction
Rapport final d'opération : http://dolia.inrap.fr/flora/ark:/12345/0145559
Texte intégral
1Le château du Coudray-Salbart est exceptionnel à plus d’un titre. Construit à la fin du xiie s., il est transformé dans les premières décennies du xiiie s. par les seigneurs de Parthenay avec des financements provenant des rois d’Angleterre. Les Plantagenêt influencent ce programme et mettent en œuvre des aménagements défensifs innovants. Ces travaux effectués dans un laps de temps relativement court laissent transparaître de nombreux changements de parti en cours de chantier. Rapidement le château se trouve relégué au second plan ce qui lui vaut de ne plus être modifié. Son abandon précoce, probablement vers la fin du xve s., et son état de conservation en font un site d’un exceptionnel intérêt, documenté par plusieurs études historiques et architecturales, complétées par des sondages archéologiques. Depuis 2006, un suivi archéologique accompagne les travaux commandités par la Communauté d’agglomération du pays Niortais sous la maitrise d’ouvrage de l’ACMH : F. Jeanneau.
2La campagne d’étude 2014 est liée au projet de restauration de la tour du Moulin qui occupe l’angle SO du château et correspond à l’un des points de jonction avec la muraille de la basse-cour. Cette construction, d’environ 25 m de haut et 9 m de diamètre, comporte deux salles superposées couvertes de voûtes angevines dont les retombées présentent des éléments de décor sculptés. Chaque niveau est doté de trois archères légèrement plongeantes, à étrier triangulaire et de fente de visée. Contrairement à la majorité des tours du Coudray-Salbart, la tour du Moulin est dépourvue de cheminée et de latrines.
3L’intervention a comporté des sondages intérieurs, des observations sur les parements extérieurs et la fouille du sommet de la tour grâce à la présence d'un échafaudage englobant la totalité de la construction.
4Les sondages dans le sol de la salle du premier niveau et la lecture des contacts entre la tour et les courtines sud et ouest confortent les nouvelles hypothèses d’évolution du site perçues lors des récentes interventions.
5Durant les travaux, les parements externes de la tour ont pu faire l’objet d’observations notamment des marques lapidaires qui se sont avérées moins nombreuses que dans d’autres parties du site. Les observations effectuées montrent une très grande homogénéité de construction de cet édifice. La principale particularité des parements extérieurs réside dans le mode de mise en œuvre des blocs à la hauteur du second niveau. À cet endroit, sur une hauteur d’environ 4 m, les blocs de parements ne sont pas disposés en assises superposées mais de façon hélicoïdale, c’est donc un même rang de pierre qui fait douze fois le tour de l’édifice. Cette mise en œuvre atypique a obligé les constructeurs à réaliser des réglages à la base et au sommet de ce tronçon d’élévation.
6La fouille du sommet de la tour a permis de prouver que, au moins dans son état final, celle-ci est dépourvue de toiture. Si le mur parapet a disparu, la terrasse en elle-même est presque intégralement conservée permettant ainsi de comprendre le système de gestion des eaux pluviales ; elle est constituée d’un dallage de pierres dessinant trois faces dotées d’une pente d’environ 0,10 m par mètre. Les eaux pluviales étaient ainsi guidées vers des exutoires en encorbellement situés à l’aplomb des fossés. Il ne subsiste aucun élément permettant de comprendre l’articulation entre ce sol et le sommet de l’escalier à vis qui dessert les différents niveaux de la tour.
7Au regard de l’histoire du site et des observations effectuées précédemment, il semble très probable que ce sol n’est pas postérieur au xve s.
Table des illustrations
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| Titre | Échiré, photographies redressées du dallage sommital de la tour du Moulin. |
| Crédits | V. Miailhe, Inrap |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/7796/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 477k |
Pour citer cet article
Référence papier
Adrien Montigny, « Échiré (Deux-Sèvres). Château du Coudray-Salbart », Archéologie médiévale, 45 | 2015, 242.
Référence électronique
Adrien Montigny, « Échiré (Deux-Sèvres). Château du Coudray-Salbart » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 45 | 2015, mis en ligne le 15 février 2018, consulté le 09 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/7796 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.7796
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