Aumale (Seine-Maritime). Abbaye Saint-Martin d’Auchy
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Année de l'opération :
2014Numéro d’opération :
172478Sujets :
édifice religieux, lieu de culte, église, église collégiale, logement des religieux, monastère, prieuré, abbaye, bâtiment conventuel, cloître, réfectoire, vie quotidienne, vaisselle de terre cuite, vie financière, numismatique, monnaie, archéologie du bâtiNature de l'opération :
fouille programméeTexte intégral
1Saint-Martin d’Auchy est fondée à la fin du xe s. par le premier seigneur normand d’Aumale. En 1096, cette collégiale devient prieuré dépendant de l’abbaye Saint-Lucien de Beauvais et, en 1130, accède au statut d’abbaye. Après avoir subi diverses atteintes dans le cadre de la longue lutte entre la France et l’Angleterre, l’abbaye est dirigée par des abbés commendataires à partir de 1517, avant d’être réformée par la congrégation de Saint-Maur en 1703. Ces changements institutionnels et les destructions militaires se sont certainement accompagnés de modifications dans l’organisation de l’espace, allant de la simple réparation à la reconstruction.
2L’opération 2014 constitue la première intervention sur les niveaux archéologiques de l’abbaye Saint-Martin d’Auchy depuis celle de l’abbé Cochet au milieu du xixe s. Elle fait suite à des relevés topographiques effectués en 2012 et s’inscrit dans un programme de recherche plus général sur l’histoire de la ville d’Aumale.
3Les deux objectifs principaux de cette intervention étaient de localiser le tracé des murs bahuts nord et est avant leur restauration sous l’égide du service des Monuments historiques, et de sonder le potentiel archéologique à l’intérieur du bâtiment conventuel d’époque moderne. La fouille a mis au jour un grand nombre de structures construites grâce à l’ouverture de deux sondages (60 m2) : le premier dans l’angle NE du cloître et le second dans la partie sud de l’ancien réfectoire du bâtiment conventuel moderne.
4Le premier sondage a permis la découverte de deux états du cloître structurellement lié à ce bâtiment conventuel. Le plus ancien est constitué par deux murs formant un angle droit et le plus récent par une structure accolée en équerre aux deux murs précédents et associée à un niveau de sol mal conservé à l’emplacement de la galerie. Les vestiges correspondent aux fondations de l’angle NE des murs bahuts.
5La fouille a également apporté des éléments de réponse sur la chronologie du bâtiment conventuel conservé en élévation et le rôle joué par les mauristes : reconstruction complète, restructuration d’un bâtiment antérieur ou simple mise en conformité ? Dans l’état actuel des recherches, la datation fournie par le mobilier céramique et les monnaies va à l’encontre d’une construction antérieure au xviie s. et donc, d’une réhabilitation d’un bâtiment médiéval.
6La mise en œuvre du bâtiment conventuel et de son cloître s’est accompagnée d’un remblaiement massif observable dans les deux sondages, extérieur et intérieur, qui suggère une surélévation généralisée de cette partie du terrain. Ces remblais, qui contiennent du mobilier daté entre la fin du xive et le xviie s., scellent des structures plus anciennes qui n’appartiennent pas à l’organisation de l’abbaye d’époque moderne. Ces structures sont en effet légèrement désaxées et les niveaux de sol qui leur correspondent se situent à environ un mètre sous ceux de l’époque moderne. Ces niveaux en place sont datés du xvie s. par le mobilier céramique, mais on ne sait pas encore s’ils témoignent d’une profonde restructuration ou de simples réparations d’un état antérieur.
7Le bâtiment conventuel encore en élévation est donc le témoignage de la construction d’une nouvelle abbaye, vraisemblablement décalée vers l’ouest par rapport à l’ancienne, avec des niveaux de circulation surélevés. Dans l’état de nos connaissances, il est encore impossible de dire si ce bâtiment, forcément postérieur à la fin du xvie s., est une œuvre originale des mauristes ou une simple reprise.
8Documenter plus précisément l’organisation spatiale de l’abbaye médiévale et du xvie s. permettrait d’évaluer la réalité et l’ampleur des restructurations de l’époque moderne. Cet objectif nécessite, dans un premier temps, de poursuivre les investigations archéologiques dans le cloître moderne (galeries et cour) et devant la façade orientale du bâtiment conventuel encore en élévation. Une recherche complémentaire dans la documentation historique devra être menée parallèlement.
Table des illustrations
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| Titre | Aumale, abbaye Saint-Martin d’Auchy. |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/7920/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 257k |
Pour citer cet article
Référence papier
Philippe Racinet, Mathieu Wawrzyniak et Maxime Larratte, « Aumale (Seine-Maritime). Abbaye Saint-Martin d’Auchy », Archéologie médiévale, 45 | 2015, 202.
Référence électronique
Philippe Racinet, Mathieu Wawrzyniak, Maxime Larratte, « Aumale (Seine-Maritime). Abbaye Saint-Martin d’Auchy » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 45 | 2015, mis en ligne le 15 février 2018, consulté le 11 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/7920 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.7920
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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
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