Solignac (Haute-Vienne). Centre bourg
Texte intégral
1La commune de Solignac est située à une dizaine de kilomètres au sud de la ville de Limoges. Le développement du bourg fut conditionné au cours du Moyen Âge par la prestigieuse abbaye fondée vers 630 par saint Éloi à la suite d’une donation du roi Dagobert. Forte d’un temporel considérable entretenu par un important réseau de familles nobles limousines, le bourg monastique semble avoir connu un très grand essor au cours de cette période. Très tôt, l’ensemble de ces biens annexes au monastère est vraisemblablement protégé au sein d’une enceinte dont la présence est suggérée dans les sources au cours du xiie s. Cette mise en défense du site ne peut toutefois pas être matérialisée, même si de très nettes contraintes topographiques persistent dans le parcellaire actuel.
2Le vaste projet de réaménagement d’une place et de ses abords (5 060 m²) située au nord de l’abbatiale romane peut permettre de mieux appréhender ce contexte lié tant à la fortification du site qu’à la nature de l’occupation sise au nord du complexe monastique. Cette place consiste aujourd’hui en une vaste esplanade à peu près plane située en surplomb de l’abbatiale. Ces travaux, peu documentés, auraient été effectués vers la fin du xixe s.
3Treize tranchées de diagnostic ont été réalisées sur l’ensemble de la surface du futur projet. Trois grands ensembles se dégagent à l’issue de l’opération. Le premier a été repéré sur toute la moitié sud de la place. La plupart des vestiges sont arasés, mais témoignent d’une occupation bâtie concentrée sur une période assez courte (x-xie s.). Niveaux de sols et rejets charbonneux comptant une forte concentration de graminées se regroupent sur la partie ouest de cette emprise. Ces vestiges relèvent probablement de bâtiments de stockage (granges, étables, ateliers, etc.). Sur la partie est, l’occupation semble plus dense. Au moins deux phases distinctes ont été observées pour cette même période relativement précoce. Aux fosses et silos suggérant le maintien d’activités agropastorales, succèdent quelques vestiges bâtis dont la nature n’a pas pu être précisée. Cet ensemble paraît délimité au nord par un vaste fossé. Si le cadre de l’opération n’a pas permis d’appréhender l’ampleur de cet aménagement à vocation défensive, sa présence semble avoir considérablement marqué la topographie du site.
4En effet, l’ensemble des vestiges observés au-delà de cette limite consiste en des apports très denses de remblais. Ceux-ci se rapportent à des travaux récents réalisés dans le courant du xixe s. Ces derniers scellent des niveaux d’occupation ponctuellement observés au gré de sondages profonds. Ceux-ci rendent compte de bâtiments établis au contact du substrat pour la période médiévale. Si un dénivelé important semble persister entre le nord et le sud de l’emprise au cours du Moyen Âge, ce remblaiement massif semble toutefois s’accompagner d’un arasement préalable étant donné l’absence de vestiges pour la période moderne.
5Enfin, la partie NE de l’emprise, localisée aux abords d’un ruisseau partiellement canalisé, a bénéficié de travaux récents liés à des enfouissements de réseaux. Ces derniers ont complètement modifié la topographie du site.
Pour citer cet article
Référence papier
Emmanuel Barbier, « Solignac (Haute-Vienne). Centre bourg », Archéologie médiévale, 44 | 2014, 244-245.
Référence électronique
Emmanuel Barbier, « Solignac (Haute-Vienne). Centre bourg » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 44 | 2014, mis en ligne le 15 avril 2018, consulté le 11 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/9250 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.9250
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