Martailly-lès-Brancion (Saône-et-Loire). Château de Brancion : talus nord au pied du donjon
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Numéro d’opération :
42201Sujets :
château, église, salle d'apparat, architecture romane, architecture gothique, cheminée, site de hauteur, foyer, enceinte, donjon, logis, latrines, soutènementLieux :
France métropolitaine, Bourgogne-Franche-Comté, Département de Saône-et-Loire, Martailly-lès-BrancionNature de l'opération :
fouille programméeTexte intégral
1Mentionné pour la première fois en 944 sous la forme explicite de castrum Brancudunum, le site perché de Brancion occupe, près du col du même nom, un éperon rocheux détaché d’une des lignes de crêtes séparant la vallée de la Saône de celle de la Grosne, à 13 km à l’ouest de Tournus. Les trois quarts ouest du site sont occupés par une plateforme cernée par les vestiges d’une enceinte fortifiée médiévale où se concentre, autour d’une halle, le village d’époque moderne. De 2002 à 2007, cet ensemble a fait l’objet d’investigations archéologiques : relevés topographiques, sondages et petites fouilles. Les plus anciens témoins d’occupation en place remontent à l’époque mérovingienne, à côté de l’église romane du xiie s. toujours en élévation à l’extrémité ouest ; quant aux restes de l’enceinte, ses différents tronçons peuvent être datés entre le xie et le xve s. Le quart oriental du site forme un promontoire escarpé, assurant le lien avec la crête adjacente, dont il est séparé par un large fossé : c’est sur cette butte que s’est fixée une résidence seigneuriale, dont témoignent encore des ruines attribuables au xie-xiie s. Cet ensemble a été restructuré après le rachat de la châtellenie par les ducs de Bourgogne en 1259. Ces derniers sont à l’origine de nouvelles constructions monumentales, plutôt du début du xive s., dont les restes dominent toujours le site.
2C’est dans le cadre des travaux de mise en sécurité et d’aménagement du parcours de visite de ces vestiges classés, que des fouilles ont débuté sur le flanc nord de la butte orientale, à l’automne 2012. Cette première tranche concernait la partie supérieure du talus, en contrebas du donjon conservé en élévation. La fouille a mis en évidence les témoins d’au moins sept siècles d’occupation, étagés sur 10 m de dénivelé. Ils comprennent les vestiges les plus anciens découverts à ce jour sur la butte du château.
3La première implantation reconnue a été datée de la seconde moitié du ixe s. Elle s’illustre par la fondation arrondie de l’angle d’une construction maçonnée conséquente, ancrée dans une pente alors moins prononcée qu’aujourd’hui. À l’intérieur de cet angle a été insérée la fosse cylindrique d’une probable latrine, seulement en partie fouillée. Son comblement a livré notamment un lot de restes fauniques, qui sont des rejets de consommation carnée. Après ce remblaiement, et jusqu’au xiie s., le bâtiment fait l’objet de plusieurs reconstructions successives dont témoignent divers témoins de sols intérieurs de terre battue, l’un d’eux comportant les restes d’un foyer. Autour de l’an Mil, l’édifice doit être mis en relation avec la grande salle seigneuriale ou aula dont les ruines marquent encore le sommet de la butte, à une quinzaine de mètres vers le sud. Au xiie s., la destruction du bâtiment nord précède la construction du nouveau donjon carré, dont les fondations reposent sur ces arases maçonnées. Au sud, le grand bâtiment seigneurial de l’an Mil très remanié est maintenu. Ces travaux s’accompagnent d’un aménagement de la pente vers le nord, qui consiste à couper obliquement les vestiges plus anciens de façon à créer un glacis très raide à la base du donjon. Six mètres plus bas, le flanc de ce talus est rogné par le chemin qui grimpe progressivement d’ouest en est, depuis le village actuel jusqu’à la terrasse sommitale du château.
4Vers le début du xive s., la réorganisation ducale se traduit dans ce secteur par la construction d’un vaste logis à étage, doté de belles fenêtres gothiques et de grandes cheminées, dont subsistent des ruines évocatrices. Appuyé à l’est du donjon, ce bâtiment empiète sur la pente vers le nord. Il est doublé en contrebas par une construction parallèle dont seules quelques arases émergent ; cette construction est flanquée au nord par un long mur de soutènement doté de puissants contreforts. La fouille a dégagé l’amorce du mur nord de ce second bâtiment, qui abrite des salles basses toujours enfouies, voûtées d’ogives à l’origine. Reconnue lors de la fouille, la porte permettant d’y descendre s’ouvre à l’extrémité d’une terrasse intermédiaire ménagée sur le flanc ouest de la butte. À l’extrémité de ce mur, la base du glacis du donjon est sapée par un abrupt, coupant jusqu’au rocher les niveaux plus anciens, y compris ceux du chemin d’accès du xiie-xiiie s. À cette période, les parcours d’accès à la résidence sommitale sont nécessairement revus : leur nouveau tracé reste à définir.
Pour citer cet article
Référence papier
Benjamin Saint-Jean Vitus, « Martailly-lès-Brancion (Saône-et-Loire). Château de Brancion : talus nord au pied du donjon », Archéologie médiévale, 44 | 2014, 274.
Référence électronique
Benjamin Saint-Jean Vitus, « Martailly-lès-Brancion (Saône-et-Loire). Château de Brancion : talus nord au pied du donjon » [notice archéologique], Archéologie médiévale [En ligne], 44 | 2014, mis en ligne le 15 avril 2018, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeomed/9323 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeomed.9323
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