Bagneux (Hauts-de-Seine). Centre
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1Bagneux n’avait pas encore fait l’objet d’opération préventive, le contexte archéologique local étant exclusivement documenté par des découvertes anciennes. L’église, placée sous le vocable du moine bénédictin saint Hermeland (v. 640-v. 720), est mentionnée dans un diplôme des rois Lothaire et Louis V, datant de la fin du xe, qui confirme la possession par Notre-Dame de « Baniolum cum ecclesia et altare ceterisque appenditiis ». À l’occasion d’un diagnostic conduit dans le centre ancien, plusieurs séries de vestiges mobiliers ont été découverts, en particulier deux fragments de la partie inférieure d’une statue médiévale (le buste, la tête et les bras faisant défaut), réutilisés comme matériaux de construction dans les fondations d’un bâtiment aujourd’hui détruit, mis en place à l’aube du xixe s.
2Vêtu d’une robe longue et d’un manteau, le personnage, dont on n’observe que le pied gauche, porte des chausses. Seule la face de la statue est traitée avec soin, le dos portant encore les traces d’outils, pas même estompées. On y retrouve cependant les plis principaux du manteau, dégrossis, qui ont probablement servi de repères au sculpteur. Si la statue était manifestement destinée à être exclusivement vue de face, elle n’était pas non plus adossée ou engagée dans un support, aucune accroche n’étant observable. Sur le devant, la robe est traitée avec davantage de détails, caractérisée par des plis légèrement obliques, plus marqués au centre.
3En dépit des conditions d’enfouissement et du traitement appliqué à cette statue, on observe sans difficulté de nombreuses traces de la peinture originelle, constituée d’aplats jaunes et rouges et plus discrètement bleu et or. Sans préjuger du résultat des études qui seront engagées par la suite, la statue a ainsi pu présenter plusieurs états de polychromie, la dorure ayant été appliquée tant sur les chausses que sur le vêtement. Il reste cependant à déterminer si les zones dorées forment des motifs identifiables et le cas échéant s’ils fonctionnent de pair avec les aplats bleus, une telle association pouvant évoquer une figuration de la Vierge. Outre la nature du vêtement et sa mise en teinte originelle, le léger renflement du ventre et la présence du dessous du bras gauche pourraient conforter la possibilité d’y reconnaître une Vierge à l’Enfant, que ne dément pas la position légèrement déhanchée. S’il semble acquis qu’il s’agit là d’un personnage féminin, il demeure difficile d’en proposer une identification définitive et assurée. Au demeurant, si l’on considère l’environnement immédiat, et particulièrement l’église Saint-Hermeland, il est hors de doute qu’il s’agit d’une statue à caractère religieux.
4Si certaines particularités stylistiques conduisent à attribuer cet élément au début du xive s., la possibilité de le dater de la fin du siècle précédent reste ouverte, contribuant alors à en faire un témoignage de la sculpture parisienne de la fin du xiiie s.
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| Title | Bagneux, personnage féminin (Vierge à l’Enfant ?), calcaire fin polychrome, fin xiiie/xive s. |
| Credits | Cl. A. Viand/CG 92/2012 |
| URL | http://journals.openedition.org/archeomed/docannexe/image/9963/img-1.jpg |
| File | image/jpeg, 729k |
References
Bibliographical reference
Antide Viand, “Bagneux (Hauts-de-Seine). Centre”, Archéologie médiévale, 43 | 2013, 202.
Electronic reference
Antide Viand, “Bagneux (Hauts-de-Seine). Centre” [Note of archaeological project], Archéologie médiévale [Online], 43 | 2013, Online since 15 May 2018, connection on 05 September 2026. URL: http://journals.openedition.org/archeomed/9963; DOI: https://doi.org/10.4000/archeomed.9963
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