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3 - Retour aux sources et déconstruction des mythes historiques

Le prieuré médiéval disparu de Saint-Martin de Peyrelade. Enquête préliminaire à Saverdun (Ariège)

The vanished medieval priory of Saint-Martin de Peyrelade. Preliminary investigation in Saverdun (Ariège)
El priorato medieval desaparecido de San Martín de Peyrelade. Investigación preliminar en Saverdun (Ariège)
Christine Le Noheh
p. 285-294

Texte intégral

1Il y a bien longtemps que le souvenir du prieuré Saint-Martin de Peyrelade, installé le long de l’ancienne route de Toulouse allant vers Foix, a disparu des mémoires. Désormais, un peu avant l’entrée de Saverdun, un parc commercial du même nom occupe l’espace. C’est à l’occasion de l’aménagement de la zone Porte Ariège Pyrénées que l’archéologie préventive a exhumé une partie des vestiges bien arasés et érodés d’un prieuré rural médiéval fondé sur les bases d’un mausolée antique, lui-même situé au cœur d’une nécropole active aux iiie et ive siècles de notre ère. Suite à cette découverte importante, il s’agissait dès lors de rechercher les éléments historiques disponibles et utiles à la caractérisation du contexte archéologique médiéval du site. En complément d’une première étude réalisée lors du diagnostic archéologique (Tranier 2012), il importait de replacer dans un contexte plus général, notamment au regard des églises paroissiales et priorales de Saverdun, les éléments dynamiques qui peuvent expliquer l’abandon et la disparition du prieuré. Le propos est içi de témoigner le plus simplement et exactement possible du travail d’enquête qu’il est possible de réaliser dans les conditions limitées du préventif tout en répondant à la prescription. Peyrelade n’existait pas dans la bibliographie locale et régionale avant l’intervention archéologique et la recherche en archive demandée. Nous avions évoqué avec Jean-Luc Boudartchouk la nécessité d’apporter à cette première enquête une profondeur historique intéressante sur la diversité des pouvoirs existants qui ont modelé le territoire et ses habitants. Son départ précipité laisse cette part du travail à faire.

Situation du prieuré de Peyrelade dans le paysage ecclésiastique médiéval

2Jusqu’à la fin du xiiie siècle, l’Ariège dépendait du diocèse de Toulouse dont les limites correspondaient à l’ancienne « cité » romaine et étaient identiques au pagus Tholosanus carolingien, divisés en districts ou ministeria dont celui de Potomianès, entre Ariège et Lèze, et le Daumazanès, de la Lèze à la Garonne. Cet immense territoire, occupant une partie du Gers, du Tarn-et-Garonne, du Tarn et la Haute-Garonne jusqu’aux limites de Carcassonne, comprenait huit cent cinquante églises, chapelles, prieurés, et abbayes (Allègre 1971, p. 79-83). Dès 1295, le pape Boniface VIII avait retranché la partie méridionale pour former le diocèse de Pamiers. Une vingtaine d’années plus tard, suite à une enquête papale sur les dilapidations des biens de l’évêché de Toulouse, Jean XXII démembra en 1317 le diocèse de Toulouse jugé trop vaste. Il créa un archevêché composé, hors Toulouse, de six évêchés suffragants : Lavaur, Lombez, Mirepoix, Montauban, Saint-Papoul et celui de Rieux auquel se rattache Saverdun. Son territoire dépendait pour le temporel, c’est-à-dire pour l’administration civile, de trois provinces : celles du Languedoc avec la jugerie de Rieux, celle du comté de Foix et celle du Comminges. Rieux était déjà le chef-lieu de la jugerie depuis 1270 suite à la réorganisation administrative du Languedoc initiée par le comte de Toulouse Alphonse de Poitiers. Le territoire correspondait alors aux actuels cantons de Cazères, Carbonne, Gaillac, Le Fousseret, Montesquieu, Rieux, et Saint-Sulpice, et dont les chefs-lieux prirent le titre de ville maîtresse.

Les établissements ecclésiastiques de la paroisse de Saverdun

3La recherche des sources historiques de Saverdun, essentiellement d’origine ecclésiastique entre le début du xie et la fin du xiiie siècle, dessine les contours d’un territoire paroissial partagé entre le chapitre Saint-Sernin de Toulouse et l’abbaye bénédictine Saint-Pierre de Lézat.

4Les actes de la documentation écrite attestent, en 1010, que les chanoines de Saint-Sernin possèdent l’église Notre-Dame du Castel, anciennement Sainte-Constance, qui était située dans l’enceinte du vieux château. Excentrée, l’ancienne église Saint-Étienne de Drulhe annexée à Brie relève également de Saint-Sernin en 1108. Enfin, l’ancien lieu de culte Saint-Martial de Paulhiac ou Pauliac, également annexé à Brie, dépend de Saint-Sernin, en 1272 (Ménard 1983, p. 322 et 325 ; Douais 1887). L’abbaye de Lézat, quant à elle, détient en 987 l’église-prieuré de Sainte-Colombe, située dans le faubourg du même nom, entre le château et la rivière. Légèrement excentrées à l’ouest, puis au nord, les deux églises-prieurés Saint-Pierre de Montredon et Saint-Martin de Peyrelade appartiennent à l’abbaye de Lézat au début du xisiècle (Ourliac 1984, tome 1 et 1987, tome 2) [ill.1].

1. Paroisse de Saverdun.

1. Paroisse de Saverdun.

Source Ménard 1983 ; DAO : C. Le Noheh / Inrap.

5D’autres établissements religieux avaient été créés au fil du temps. Au sud de Saverdun, entre le ruisseau de Lausonne et le chemin de Saverdun à Unzent, se trouvait le couvent cistercien Saint-Jean de Valnègre, fondé par les seigneurs de Lissac en 1209 et qui dépendait de l’abbaye cistercienne de Boulbonne. Détruit au xve siècle par des bandes de routiers, le site fut abandonné et les biens incorporés aux possessions de Boulbonne (Ménard 1983, p. 326).

6Il existait au xive siècle, au canton de Lhoumet, un couvent des Augustins de Toulouse dont la date de fondation n’est pas connue. Il est détruit en 1574, seul le cimetière subsista (Ménard 1982, p. 327). L’église des Saints Prim et Clar, était située au nord dans la plaine de Gangue et constituait un confront cité dans le terrier de 1525. L’église est ruinée en 1575 et les reliques transportées à l’église Saint-Étienne d’Arbouville. Un oratoire est construit sur les lieux à la fin du xviiie siècle, qui sera à son tour rasé pendant la Révolution. Une croix de carrefour conserve au nord-est de Saverdun le souvenir de cet ancien lieu de culte. Enfin, l’église Saint-Quentin d’Artenac, située à environ 1,5 km au nord-est de Saint-Martin de Peyrelade, appartient au début du xie siècle au prieuré de Tramesaygues qui dépend de l’abbaye bénédictine de Saint-Michel de Cuxa. En 1022, un acte mentionne l’obligation de reconstruire l’église du lieu et de créer des casals pour les habitants. Le prieur Amiel Emard quitte l’endroit en 1050 sans avoir fait aboutir le projet (Ménard 1983, p. 326).

Sources concernant le prieuré de Peyrelade des origines au xiie siècle

7Saint-Martin de Peyrelade, Sancti Martini de Petra Alto, figure bien dans l’énumération des bénéfices constitutifs du diocèse de Rieux au xive siècle, au côté de Sancte Columbe de Saverduno (Sainte-Colombe), de Monte Rotundo (Montredon), et de Vallis Nigra (Valnègre) (Ménard 1983, p. 7). Mais quelle réalité et quelle histoire se cachent derrière ces mentions administratives ?

8Nous n’avons pas à ce jour de source directe sur le ou les fondateurs du prieuré de Peyrelade et leurs contributions respectives. Les actes du cartulaire de Lézat attestent de dons faits au prieuré dès 1061, mais nous ne savons pas si cette première mention coïncide ou fait suite à la fondation du prieuré. Depuis le ixe siècle, période de fondation de l’abbaye mère, jusqu’au xie siècle, il n’existe aucun indice direct ou indirect : les inventaires de Cluny ne donnent pas de détail sur les fondations prieurales de Lézat et les acquisitions de terres en région (Bruel 1876, tome 1, p. XXVI, n° 32 ; 1884, tome 3, n° 1950, 165 ; 1888, tome 4, n° 3454, 562 ; 1903, tome 6, n° 284, 950). Cependant, c’est au regard de l’histoire de l’abbaye de Lézat que l’on peut comprendre en partie l’évolution du site de Peyrelade.

9L’abbaye eut toujours une situation privilégiée dans le diocèse. Par son ancienneté et sa réputation, elle avait acquis le patronage d’un nombre important de paroisses et ses biens étaient très étendus. L’abbé de Lézat a pu être également l’un des principaux dignitaires du chapitre cathédral de Saint-Étienne de Toulouse et son influence était importante. La mitre épiscopale lui fut plusieurs fois attribuée (Ménard 1983, p. 21). La fin du xe siècle correspond à une période de développement pour Lézat. Une bulle papale de 993 confirme à l’abbé Garin (961-997) la gouvernance de quatre autres monastères en plus de celui de Lézat : Saint-Michel de Cuxa, Saint-Hilaire de Carcassonne, Saint-Pierre du Mas-Grenier et Sainte-Marie d’Alet (Bruel 1884, tome 3, n° 1950, 165-168). Au début du xie siècle, une cinquantaine de domaines du pays de Sault et du Daumazan ont rejoint l’abbaye, de nombreux liens existent avec les abbayes espagnoles. Elle possède désormais Saint-Germier de Muret, Peyrissas, et entretient des liens avec les abbayes du Mas-d’Azil et de Saint-Béat. Mais l’arrivée d’Hugues Capet, les incursions d’Al Mansûr en terres chrétiennes et l’éloignement de la Catalogne de l’influence française entraînent une longue période d’une cinquantaine d’années où Lézat, isolé de l’appui de Rome et de Cluny, développe de profonds liens avec les dynasties seigneuriales locales dont dépendait entre autres le recrutement des abbés. Le patrimoine foncier s’accroît par donations et legs, et l’abbaye devient une des plus riches de la région [ill.2].

2. Prieurés de Lézat.

2. Prieurés de Lézat.

Source Soula 2003 ; DAO : C. Le Noheh / Inrap.

10Plus précisément, les mentions directes à l’existence du site Saint-Martin de Peyrelade se trouvent dans le cartulaire de l’abbaye rédigé de 1247 à 1249 sous l’abbatiat de Pierre de Dalbs. Il entreprend une remise en ordre du temporel de l’abbaye qui comprend le récolement de ses titres. Le manuscrit qui nous est parvenu compile en définitive 1 744 actes passés entre 859 et le 1er septembre 1249. Le cartulaire comportait à l’origine pas moins de 330 folios répartis en 42 cahiers de quatre feuilles de parchemin, alternant des feuillets de vélin et de peau de mouton. Les cahiers 1, 2 et 3 concernent les prieurés de Saint-Colombe, de Montredon et de Peyrelade entre autres possessions de la vallée de l’Ariège et de la Lèze.

1131 actes allant de la seconde moitié du xie siècle (1061) à la première moitié du xiiie siècle (1248) témoignent du fonctionnement quotidien du prieuré Sancti Martini de Petralata, Saint-Martin de Peyrelade.

  • 1 Il existe des variantes toponymiques (lata, lada, alto), sujet que l’on ne développera pas dans le (...)

12Peyrelade, Petra Lata1, est cité dans neuf actes de donations-restitutions pour la période de 1061 à 1090. Une pièce de vigne située devant le château est donnée au prieuré en 1061 (acte 26), au même moment Pierre Constance achète une terre sur la paroisse de Saint-Martin et se donne au prieuré en échange de trois pièces de terre appartenant au prieuré (acte 28, 29). En 1080, une partie des biens fonciers et des droits ecclésiastiques de Saint Martin d’Ars est cédée au prieuré de Peyrelade (acte 43) [ill.3].

3. Pacte 43 du cartulaire de Lézat.

3. Pacte 43 du cartulaire de Lézat.

BnF, Manuscrits, Latin 9189. Cartulaire de l'abbaye de Lezat (dioc. de Rieux), folio 6v. xiiie siècle.

  • 2 DMF, Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) : SESTER2E, subst. fém. [GD : sesteree ; FEW XI, 55 (...)
  • 3 DMF [T-L (renvoi) : erme2 ; GD : herme2 ; FEW III, 237a : eremus] « Lieu inculte » ; [GD : herme3 ; (...)
  • 4 DMF : MUIEE, subst. fém., [T-L : muiee ; GD : moiee ; FEW VI-3, 12a : modius], « Mesure de terre qu (...)

13L’année suivante, en 1081, plusieurs donations restitutions ont lieu qui font probablement suite au concile de Toulouse de 1079 : le droit d’usage du bois de Morcorol (acte 44), deux hommes et leurs tenures, un arpent et quatre perches de vigne, deux setérées2 de terre cultivée et quatorze setérées de terre herme3 à la Olmeda, un casal à Marmont, trois muiées4 de terre au bois de Morcorol (acte 46). Sur cette période de presque 40 ans apparaît l’identité de ceux et celles qui ont contribué au fonctionnement du prieuré. La réitération de certains patronymes comme celui de « Pons Raimond » est interprétée comme la permanence de lignages familiaux ayant une part importante dans l’administration de l’abbaye sous les abbés Bernard Raymond (avant 1068), Pons (1075-1081), et Seguin (1085-1096) (Ourliac 1984, XXXII).

14À Lézat comme partout l’œuvre nécessaire de purification de la réforme grégorienne va pointer, entre autres, deux dysfonctionnements majeurs : la désignation des abbés par les seigneurs laïcs et la non-observance stricte de la règle clunisienne (Ourliac 1963, p. 49-495).

15Une charte de Cluny de 1073 (Breul 1884, tome 4, n° 3454, 562-564, 5 novembre 1073), indique que l’abbaye de Lézat abandonne à l’abbé de Cluny le droit d’élire et d’ordonner leur abbé. Moissac suit et effectue la même démarche (Ourliac 1963, p. 496). La démission des abbés laïques et le rétablissement de la règle ne se font pas sans heurts. Les conflits vont régulièrement agiter l’abbaye pendant encore une vingtaine d’années. Et l’on ne peut définir avec exactitudes les conséquences que ces épisodes ont pu générer dans la gestion spirituelle et temporelle du prieuré de Peyrelade. À ce moment-là, le terme de paroisse est associé au prieuré (acte 28). On sait que du xie au xiiie siècle, une nouvelle génération de paroisses surgit dont certaines, sous dépendance monastique, sont dénommées prieuré, puis paroisse suite au développement d’une zone habitée circonvoisine (Zadora-Rio 1980, p. 173-179).

16De la fin du xie siècle aux années 1150, le mouvement de la Réforme grégorienne contribue à une augmentation importante des actes de donations-restitutions qui accroît considérablement le patrimoine foncier des abbayes. Tout au long du xiie siècle, Peyrelade est cité dans 14 actes qui témoignent de l’activité du prieuré : soit comme destinataire de dons, soit comme témoin d’actes concernant le voisinage (Ourliac 1984, par ordre chronologique actes n° 21, 41, 35, 38, 40, 27, 23, 24, 25, 34, 30, 22, 586, 42). Plusieurs lieux-dits voisins dépendent en partie ou en totalité du prieuré : les bois de Morcorol (acte 41), le moulin du Vernet (actes 34, 35), des terres et/ou des vignes situées à Pont Valès (acte 40), Maronne (acte 34), Gazel (acte 30), ainsi que plusieurs casals à l’endroit même de Peyrelade (actes 22, 24, 40). L’acte 23 mentionne en 1157 le cimetière de Saint-Martin à Peyrelade et l’acte 25 signale en 1162 la présence d’une « croix de Peyrelade ». Elles se multiplient à partir de 1095, date à laquelle le concile de Clermont présidé par le pape Urbain II détermine l’extension du droit d’asile aux croix de chemin qui ont alors un double rôle de guide et de protection.

17Sur le terrain, les archéologues ont mis en évidence les vestiges d’un bâtiment rectangulaire (85 m²) contigu au mausolée antique, Petra Alto, et bordé par un cimetière d’environ 250 sépultures qui couvrent une large période allant de la fin du xiie siècle à la première moitié du xive siècle. Silos et trous de poteaux illustrent les aménagements pérennes, le prieuré rural est installé dans le bâtiment antique réutilisé, restauré, voire transformé puisque des excavations témoignent de travaux effectués à plusieurs endroits du bâtiment. Hors emprise des fouilles, une forme d’habitat léger ou de stockage hors sol devait composer l’occupation agraire et abriter la population qui travaillait pour le prieuré (Paya 2017).

Sources concernant le prieuré de Peyrelade aux XIIIe et XIVe siècles

  • 5 DMF : Droit payable en nature qui consistait à prélever une partie de la récolte qu’on appelait en (...)

18Pendant la première moitié du xiiie siècle, de 1209 à 1248, huit actes du cartulaire de Lézat témoignent encore de l’activité du prieuré de Peyrelade par des dons, des attestations de propriété, une reconnaissance de dette et un acte de collation de la cure. Pierre de Canté restitue en 1209 à Lézat tout le fief situé dans le dîmaire de Saint-Martin de Peyrelade qu’il tenait de l’abbaye (acte 37). En 1245, Bernard Radulfi confirme ses services avec ses pariers [coseigneurs, DMF] à l’abbé Pierre de Dalbs en échange de l’usage de trois terres et de deux casals situés dans le dîmaire de Peyrelade dont un est proche de l’église (acte 32). Trois actes abordent le taux du synodaticum dû à l’évêché par le prieuré et les négociations qui ont eu lieu pour le paiement (Ourliac 1984, en 1210, acte 655 ; en 1239, acte 225 ; en 1242, acte 674). Le fait que Peyrelade soit cité au nombre des prieurés devant payer cette taxe à l’évêché confirme bien son statut de paroisse rurale. Depuis le xie siècle, les abbés et les chapitres de moines ou de chanoines réguliers, détenteurs ou titulaires de paroisse rurale devaient payer au diocèse le cathedraticum ou synodaticum, ainsi que la procuratio canonica, droit de gîte, perçu en numéraire ou en nature. Ils devaient en contrepartie assister ou être représentés au synode diocésain. À partir de 1215 qui interdit la création de nouveaux ordres et églises, la plupart des prieurés-cure sont sécularisés pour devenir des paroisses ou des succursales desservies par un prêtre. Dans le cas d’un prieuré rural, l’évêque ou l’abbaye mère nommait le desservant. Le 10 avril 1248, l’abbé de Lézat, Pierre de Dalbs, nomme le clerc Pierre d’Avalha à la cure de l’église de Saint-Martin de Peyrelade, en se réservant les agriers5, et les deux tiers des dîmes et des prémices, le troisième tiers étant réservé au fonctionnement de la cure (acte 33).

19Sur le terrain, la construction d’une église en briques, d’environ 120 m², empiète sur le cimetière du xiie siècle. Celui-ci se déploie désormais vers le sud, hors de l’enclos prioral déterminé depuis par un fossé. L’église comportait une cave cellier réservée au stockage d’une partie des récoltes et des dîmes perçues par le prieuré (Paya 2017).

20Les mentions écrites de Peyrelade au-delà du xiiie siècle se raréfient. Bien que les lettres apostoliques délimitant le diocèse de Rieux en 1318 ne mentionnent pas le prieuré dans la liste des biens et bénéfices de Saverdun, celui-ci réapparaît vers la fin du xive siècle dans les comptes de la décime papale de 1385 et ceux légèrement antérieurs de la procuration de 1373-1374. L’on perçoit alors un changement de statut du lieu. Il n’y a plus de prieur sur place, seulement un chapelain, capellanus de Petralata et Sancti Medardi, c’est-à-dire un prêtre annexé au prieur de l’église-prieurale Sainte-Colombe de Saverdun, toujours dépendante de Lézat, Prior Sancte Columbe de Savardunuo cum redditibus Sancti Martini de Petra Alto (Perrin et Font-Réaulx 1972, 821, 824). Il est difficile d’interpréter les raisons de l’évolution de la répartition des bénéfices de Peyrelade, mais à ce moment-là, le prieuré n’existe plus en tant que paroisse, il devient une simple église champêtre desservie par un aumônier qui officie également à Saint-Médard, non localisé.

La difficulté des temps

21Les conséquences économiques et sociales des variations climatiques sur les récoltes aux xiiie et xive siècles sont en général peu documentées, mais peuvent être évoquées dans le cadre des raisons de la disparition du prieuré de Peyrelade en complément de l’instabilité politique et religieuse du moment. Quelques actes relatant des décisions d’exception au sujet de l’approvisionnement en céréales des villes, prises entre autres par les sénéchaux de Toulouse, étayent la fréquence et la violence du climat sur les cultures (Larenaudie 1952, p. 27-39). En 1258, neuf mois de pluies abondantes en continu de mai à janvier 1259, détruisent les récoltes et compromettent les semailles.

  • 6 Nous rappelons cet épisode bien connu parce qu’il n’est pas si fréquent que les données de terrains (...)

22L’étude de Pierre Alexandre sur les variations climatiques en Europe au Moyen Âge confirme un refroidissement brutal (Alexandre 1987). Les températures de printemps baissent rapidement au xive siècle, surtout vers 1340-1350. Prémices d’une longue période qui dura jusqu’au milieu du xixe siècle et que l’on nomme « le petit âge glaciaire », les variations climatiques entraînent de mauvaises récoltes, qui malgré quelques progrès techniques agraires et l’extension des défrichements, provoquent de graves crises sanitaires (Soula 2003, p. 346)6.

23Les hausses brutales et importantes du prix des denrées sont des évènements régulièrement indiqués par les chroniqueurs. Un grand nombre de documents marquent pour l’ensemble du Midi une calamiteuse succession de disettes : quatre étés successifs, de 1302 à 1305, donnent de mauvaises récoltes dans tout le Midi qui entraînent des interdictions d’exportations, des perquisitions de greniers, comme à Agen, avec vente d’office des stocks saisis (Larenaudie 1952, p. 28). Dans le diocèse de Rieux, les registres paroissiaux font état de sept mille décès dus à la famine (Soula 2003, p. 346). De même les récoltes successives de 1310 à 1323 entraînent de nouvelles famines du Languedoc jusqu’en Provence. Des blés d’Aragon sont importés par la Sénéchaussée de Carcassonne en 1329, mais à peine trois ans plus tard les récoltes sont désastreuses dans tout le Languedoc et la Gascogne, une nouvelle grande famine a lieu. La décennie suivante ne voit aucune amélioration, les Rôles Gascons attestent en 1337 l’importation en Guyenne de blés anglais. En 1343, Toulouse se fournit en blé auprès de Bordeaux et de Narbonne, en 1345 les récoltes de l’Albigeois sont compromises par le froid, deux ans plus tard les hausses de prix des céréales touchent Montauban. Toulouse importe des blés de Catalogne. Il est envisagé qu’une famine ait pu précéder l’arrivée de la Peste noire qui se développe dans le Toulousain à partir d’avril 1348 et sévit plus de huit mois dans tout le Languedoc. Suite à l’épidémie, une décennie d’accalmie climatique permet d’obtenir des moissons convenables. D’autres crises survinrent en 1360-62, 1368 et 1374, le caractère récurrent de ces évènements frappa les contemporains et entraîna une dépopulation partielle ou totale de nombreuses paroisses laissées sans desservants, ni assistance. Il est possible que Peyrelade ait cessé de fonctionner en tant que prieuré à cette époque, mais la documentation écrite de Lézat connue à ce jour ne porte pas de mention spécifique.

24Moins nombreux, les habitants durent abandonner une partie du territoire, le moins fertile ou le plus éloigné, aux friches et aux bois. Les comptes de nombre de feux, cinq habitants en moyenne pour chacun, affichent une baisse importante entre 1370 et 1388. La Sénéchaussée de Toulouse passe de 24 830 à 8 324 feux, la jugerie de Rivière passe de 2 852 à 1 100 feux et la jugerie de Rieux de 1 136 à 862 feux. La convergence des calamités climatiques, des épidémies et des guerres comtales entraîna la disparition de villages du Volvestre, Laloubère, Lahitère, Goutevernisse et Gouzens qui n’avaient plus d’habitants en 1459 et le dépeuplement des villes. Dans le diocèse de Rieux disparurent entre autres La Bastide de Plaisance (Gabre), Molères et Taparou (Sabarat) (Soula 2003, p. 353-354).

25L’Église déplora les destructions des guerres des rois et des princes, l’Ordre de Cîteaux en 1348 constate la désolation et les destructions des monastères de tous les ordres, mais surtout des moniales, condamnées à l’errance et à la mendicité pour survivre. Le chapitre général ordonna aux abbayes qui le pouvaient d’accueillir les sœurs de ces monastères dévastés. Les maisons religieuses du diocèse de Rieux sont également concernées (Soula 2003, p. 358.).

26La bulle Ad Reprimendas confirma, le 22 octobre 1380, les nombreuses dévastations au diocèse de Rieux suite aux affrontements entre les comtes de Foix et de Comminges.

Entre la guerre de Cent Ans et les troubles protestants

27Au début du xvsiècle, deux actes issus des Suppliques Vaticanes concernent les destructions de l’abbaye de Lézat consécutives à la guerre de Cent Ans. Celle du 20 octobre 1430 attribue les dévastations aux incessantes et toujours plus nombreuses guerres, invalescentibus guerris, aux épidémies, mortalibus pestibus, et autres tourments, aliisque incommodis, qui affligent et diminuent l’abbaye, mais aussi les biens dépendants d’elle, que partes illas diucius afflixerunt, fructus etc. ipsius monasterii adeo diminuti fuerunt… (Denifle 1897, tome 1, p. 219-220). Le prieuré de Peyrelade a pu dès ce moment cesser d’exister par manque de desservants et ou suite à une destruction dont la relation n’a pas été conservée. Une phase de destructions, d’arasements et de remblaiements, difficile à dater sur le terrain signale la fin du prieuré. Seules l’église et une partie du mausolée antique perpétuent l’usage cultuel et funéraire du lieu (Paya 2017). À partir du xvie siècle, Peyrelade ne figure plus à la pancarte des bénéfices du diocèse de Rieux (Perrin et Font-Réaulx 1972, p. 828).

28La première vague de dévastation des huguenots dans le diocèse de Rieux eut lieu en août 1568, puis l’armée de Montgommery, dite des vicomtes, passa en avril, juillet et août 1569. Saverdun étant bien défendu par le capitaine La Roge et sa compagnie, les assaillants se dispersèrent sur la rive gauche de l’Ariège et dévastèrent entre autres les alentours de Peyrelade comme Canté, Lissac, Saint-Quirc avant de se diriger vers Montesquieu-Volvestre et poursuivre leur route jusqu’en Béarn (Lestrade 1904, VI-X). Jean Lestrade qui a bien étudié les évènements et leurs conséquences, détaille à partir de l’enquête faite en 1569 par le scyndic diocèsain, la liste des lieux qui se trouvaient dans l’impossibilité de payer les tailles et impositions royales après destruction de leurs biens. Le parlement de Toulouse missionna le lieutenant général Firmin Bayssière, licencié en droit, qui enregistra d’une part une vingtaine de témoignages sur des faits antérieurs au passage de Montgommery et qui recueillit, d’autre part, une quarantaine de dépositions sur les ravages commis par l’armée des vicomtes. L’important travail de transcription et d’analyse de l’abbé Lestrade publié en 1904 ne cite pas le lieu de Peyrelade, pourtant voisin de Canté. Là, les témoignages s’accordent sur le fait que le capitaine Lavailh et sa compagnie ont volé les récoltes de blé, seigle, avoine, foin et pailles en menaçant les paysans de brûler leurs métairies s’ils payaient les ecclésiastiques. Le capitaine Vindrac, ancien moine de Lézat, à la tête d’une compagnie, y a brûlé l’église (Lestrade 1904).

  • 7 L’église et une partie du bâtiment-mausolée ont continué à exister un peu après la phase de destruc (...)

29Une des dernières sépultures effectuées à Peyrelade comporte une monnaie d’Henri III émise à partir de 1575 (Paya 2017). Le fait que le lieu ait continué à accueillir des sépultures, bien qu’il ne soit plus recensé par ses tutelles n’est pas un cas isolé en période d’instabilité religieuse et politique. La sentence des Trésoriers Généraux de France en la Province de Languedoc rendue le 2 juin 1581 énumère les villes tenues par les protestants dont Saverdun et précise que leurs environs ont subi maintes incursions ruineuses. Certains bénéficiers furent totalement dégrevés, d’autres partiellement, et les ordres religieux durent produire des précisions afin que les exonérations soient calculées au prorata de leurs dévastations (Lestrade 1939, p. 124-126). Le fait que Peyrelade n’apparaît pas au nombre des paroisses ou annexes champêtres dégrevées du paiement des taxes diocésaines, outre le fait qu’il soit difficile d’invoquer l’oubli face à une administration soucieuse de retrouver ses biens, porte à penser que la disparition du site est bien antérieure aux événements7 puisque le lieu n’est pas directement concerné par les demandes d’exonérations en cours. Les statuts synodaux de 1624 mentionnent l’obligation de planter une croix sur les anciens lieux de cultes où il n’aura pas été possible de reconstruire une église, afin de conserver le souvenir de la consécration du lieu (Bertier 1624, p. 55, § 15). Rien de tel à Peyrelade.

30Les visites pastorales de l’évêque Jean-Louis de Bertier en 1634 à Saverdun dressent un état des lieux alarmant (Lestrade 1904, p. 68-71). La chapelle Saint-Joseph de l’hôpital Saint-Jacques, fondée au xiiie siècle, n’a plus d’autel et ne ferme plus. C’est dans ce bâtiment qu’est organisé à partir de 1630 un culte à Notre-Dame qui sera transféré en 1688 dans l’actuelle église Notre-Dame de Saverdun. L’ancienne église Notre-Dame du Castet au centre-ville et la maison du recteur sont détruites, l’église Sainte-Colombe plus bas dans le faubourg, l’église Saint-Prim et Saint-Clar sur la rive droite de l’Ariège, l’annexe de Saverdun Saint-Quentin d’Artenac au nord, l’ancienne église prieuré Saint-Pierre de Montredon qui appartenait à Lézat en rive droite de la Laure, sont détruites. Peyrelade n’est mentionné dans aucune des listes relatant les destructions de l’époque ni dans les pouillés qui inventorient les églises et annexes champêtres susceptibles de rapporter des bénéfices ou qui en sont exonérés : définitivement, elle n’existe plus.

Cartographies anciennes

31Au regard de la cartographie ancienne du diocèse de Rieux, celle-ci n’indique rien à l’endroit du prieuré de Saint-Martin. La carte géographique du Spirituel et du Taillable du diocèse de Rieux, réalisée en 1670 et dédiée à l’évêque Bertier figure un lieu Saint-Martin, mais le symbole typographique utilisé par l’auteur, resté anonyme, désigne alors un hameau sans église [ill.4].

4. Carte géographique du Spirituel et du Taillable du Diocèse de Rieux, 1670, dédiée à M. E. Bertier Antoine-François de.

4. Carte géographique du Spirituel et du Taillable du Diocèse de Rieux, 1670, dédiée à M. E. Bertier Antoine-François de.

Carte manuscrite échelle 1:90 000 environ

BnF Cartes et Plans GE D-14673 ; DAO : C. Le Noheh / Inrap.

32Les deux autres cartes existantes, réalisées vingt ans plus tard par le curé de Daumazan figurent les paroisses champêtres par une croix et les églises démolies par quatre points en carré. Le ruisseau La Laure y est nommé Aure et aucun signe typographique ne figure l’ancienne présence du prieuré (Boffat 1690 et 1692) [ill.5 et 6].

5. Carte géographique du diocèze de Rieux, 1692.

5. Carte géographique du diocèze de Rieux, 1692.

BnF Cartes et Plans GE D-26509 ; DAO : C. Le Noheh / Inrap.

6. Carte géographique du diocèse de Rieux, 1692.

6. Carte géographique du diocèse de Rieux, 1692.

BnF, Cartes et Plans GE DD-2987 (358 B), par Boffat (16..-17..) ecclésiastique ; DAO : C. Le Noheh / Inrap.

33Dans le même ordre d’idée, le terrier communal conservé aux archives municipales indique bien, de la fin du xvie au début du xviie siècle, l’existence des lieux-dits Frayras et Peyrelade qui désignent alors une métairie et des terres labourables. Peyrelade s’écrit alors peyre de la laure, et toute trace funéraire ou cultuelle du lieu semblent avoir disparues (AM Saverdun, Terrier 1605, f° XXX).

Conclusion

34Il semblait, au début de cette enquête documentaire, ne pas devoir rester grand-chose de l’existence d’un prieuré rural oublié, arasé, effacé aux confins des limites du diocèse de Rieux. Et pourtant, malgré les délais cadrés de la recherche et de l’étude des données documentaires en archéologie préventive, mais aussi malgré les difficultés d’accès de certaines archives non classées, dépendantes d’éventuels financements publics utiles à leur prise en charge, la convergence des textes et du terrain, à laquelle était si attaché Jean-Luc, fait revivre désormais tout un matériel fragmenté, morcelé, mais riche d’un passé à valoriser, malgré les zones d’ombres qui subsistent. Celles-ci invitent notre insatiable curiosité à toujours et encore creuser par tous les temps afin de sauvegarder autant que possible la mémoire des lieux que nous traversons.

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Bibliographie

Sources

Bertier Jean Louys de, 1624, Statuts synodaux du diocèse de Rieux, Toulouse, Raimond Colomiez, 97 p.

Bertier Antoine-François de (dédiée à M. E), 1670, Carte géographique du Spirituel et du Taillable du Diocèse de Rieux, carte manuscrite, format 55 x 45 cm, échelle 1 :90 000 environ, BnF département Cartes et plans, GE D-14673 (consultable sur BnF Gallica).

Boffat, 1690, Carte géographique du diocèze de Rieux, par Mr. Boffat Curé de Daumazan, en français, 1 carte en coul., format 72 x 83 cm, échelle 1 :46 000 environ, BnF, département Cartes et plans, GE D-26509 (consultable sur BnF Gallica).

Boffat, 1692, Carte géographique du diocèse de Rieux, 1692, en français, 1 carte : en coul., format 69 x 72 cm, BnF, département Cartes et plans, CPL GE DD-2987 (358 B) (consultable sur BnF Gallica).

Marrier Martin, Du Chesne André, 1614, Bibliotheca Cluniacensis, in qua SS. Patrum Abb. Clun. vitae, miracula, scripta, statuta, priuilegia chronologiaque duplex, item catalogus abbatiarum, prioratuum… collegerunt dominus Martinus Marrier… et Andreas Quercetanus Turon. qui eadem disposuit, ac notis illustrauit, 1 janvier 1614.

Livre terrier de Saverdun 1605, archives communales de Saverdun, non coté, [extrait consulté folio 43 à 81].

Littérature scientifique

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Bruel A. 1884, Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, formé par Auguste Bernard, complété révisé et publié par Alexandre Bruel, tome 3, 987-1027, Paris, Imprimerie nationale, 828 p.- n° 1950, p. 165, « Bulla Johannis papae XVI, qua abbatiarum quinque monasterio Lesatensi subjectarum possessiones et jure confirmat » (juin 993).

Bruel A. 1888, Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, formé par Auguste Bernard, complété, révisé et publié par Alexandre Bruel, tome 4, 1027-1090, Paris, Imprimerie nationale, 1888, 836 p.- n° 3454, p. 562, « Charta qua notum est Lesatense monasterium commissum fuisse Hugoni, cluniacensi abbati, ac successoribus ejus, a monachis et nobilibus viris hujus regionis. » (5 novembre 1073).

Bruel A. 1903, Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, formé par Auguste Bernard, complété, révisé et publié par Alexandre Bruel, tome 6, 1211-1300, Paris, Imprimerie nationale, 975 p., p. 950, folio 284, « in sequenti armorio sunt in una capsula littere abbatiarum Figiacensio, Lesatensio, et Thiernensio » (Trad. : « dans une seconde armoire se trouvent dans une malle les livres des abbayes de Figeac [Lot], de Lézat-sur-Lèze [Ariège] et de Thiers [Puy de Dôme] »).

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Notes

1 Il existe des variantes toponymiques (lata, lada, alto), sujet que l’on ne développera pas dans le cadre de cet article.

2 DMF, Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) : SESTER2E, subst. fém. [GD : sesteree ; FEW XI, 558a sextarius] « Etendue de terre qu’on ensemence avec un setier de grains ».

3 DMF [T-L (renvoi) : erme2 ; GD : herme2 ; FEW III, 237a : eremus] « Lieu inculte » ; [GD : herme3 ; FEW, Ø] « Blé d’hiver » (GD)].

4 DMF : MUIEE, subst. fém., [T-L : muiee ; GD : moiee ; FEW VI-3, 12a : modius], « Mesure de terre qu’on peut ensemencer avec un muid de grains ». http://zeus.atilf.fr/dmf/

5 DMF : Droit payable en nature qui consistait à prélever une partie de la récolte qu’on appelait en France le champart, le terrage ou l’agrier.

6 Nous rappelons cet épisode bien connu parce qu’il n’est pas si fréquent que les données de terrains alliées aux sources anciennes, comme dans le cas de Peyrelade, attestent un lien de cause à effet important sur la disparition rapide de ce site rural au regard des difficultés causées par les variations climatiques et leurs conséquences sanitaires (mauvaises récoltes, disettes, épidémies).

7 L’église et une partie du bâtiment-mausolée ont continué à exister un peu après la phase de destruction du prieuré sans qu’il soit possible sur le terrain de dater cela avec une précision plus fine que le xive siècle. Puis, pendant la seconde moitié du xve siècle, l’église et le mausolée semblent vraiment disparaître, d’où la longue liste des sources qui ne recensent plus l’endroit à partir du xvie siècle.

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Table des illustrations

Titre 1. Paroisse de Saverdun.
Crédits Source Ménard 1983 ; DAO : C. Le Noheh / Inrap.
URL http://journals.openedition.org/archeopages/docannexe/image/29729/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 104k
Titre 2. Prieurés de Lézat.
Crédits Source Soula 2003 ; DAO : C. Le Noheh / Inrap.
URL http://journals.openedition.org/archeopages/docannexe/image/29729/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 161k
Titre 3. Pacte 43 du cartulaire de Lézat.
Crédits BnF, Manuscrits, Latin 9189. Cartulaire de l'abbaye de Lezat (dioc. de Rieux), folio 6v. xiiie siècle.
URL http://journals.openedition.org/archeopages/docannexe/image/29729/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 468k
Titre 4. Carte géographique du Spirituel et du Taillable du Diocèse de Rieux, 1670, dédiée à M. E. Bertier Antoine-François de.
Légende Carte manuscrite échelle 1:90 000 environ
Crédits BnF Cartes et Plans GE D-14673 ; DAO : C. Le Noheh / Inrap.
URL http://journals.openedition.org/archeopages/docannexe/image/29729/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 397k
Titre 5. Carte géographique du diocèze de Rieux, 1692.
Crédits BnF Cartes et Plans GE D-26509 ; DAO : C. Le Noheh / Inrap.
URL http://journals.openedition.org/archeopages/docannexe/image/29729/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 312k
Titre 6. Carte géographique du diocèse de Rieux, 1692.
Crédits BnF, Cartes et Plans GE DD-2987 (358 B), par Boffat (16..-17..) ecclésiastique ; DAO : C. Le Noheh / Inrap.
URL http://journals.openedition.org/archeopages/docannexe/image/29729/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 431k
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Pour citer cet article

Référence papier

Christine Le Noheh, « Le prieuré médiéval disparu de Saint-Martin de Peyrelade. Enquête préliminaire à Saverdun (Ariège) »Archéopages, Numéro spécial | 2025, 285-294.

Référence électronique

Christine Le Noheh, « Le prieuré médiéval disparu de Saint-Martin de Peyrelade. Enquête préliminaire à Saverdun (Ariège) »Archéopages [En ligne], Numéro spécial | 2025, mis en ligne le 05 août 2025, consulté le 16 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeopages/29729 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14h72

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