Valeur des biens, valeur des hommes. Les prix pour les vainqueurs aux jeux funéraires en l’honneur de Patrocle (Iliade XXIII, 257-897)
Résumés
L’étude des prix distribués au cours des jeux funéraires en l’honneur de Patrocle, au chant XXIII de l’Iliade d’Homère, permet d’explorer la complexité de la notion de valeur dans les sociétés de l’âge du Fer égéen. À côté de biens anonymes, qui ont des poids standards ou sont convertibles en bœufs, on trouve des objets de très grand prix qui ont une histoire et sont attachés à de grands héros morts pendant la guerre. Tous proviennent des trésors du défunt et de l’organisateur des jeux, Achille. Ils sont attribués aux différents participants selon des modalités complexes, qui obéissent aux règles de l’honneur de différentes manières, en fonction de leur âge, de leur statut et de stratégies subtiles d’optimisation des gains économiques et symboliques.
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Palabras claves:
Edad del Hierro, Antigüedad, Ilíada Hom, Poesía homérica, Egeos, economía, honor, juegos fúnebresPlan
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- 1 Les traductions sont extraites, par commodité, de l’édition de la Collection des Universités de Fra (...)
1L’une des sources littéraires antiques les plus importantes pour entrevoir la complexité de la notion de valeur dans les sociétés de l’âge du Fer est le chant XXIII de l’Iliade d’Homère1. Il est entièrement consacré aux funérailles de Patrocle, le compagnon d’Achille tué en duel par Hector, le fils de Priam, roi de Troie. Le premier tiers du livre (v. 1-257) relate les différentes étapes de la cérémonie, des lamentations préliminaires à la mise en urne des restes du défunt. Vient ensuite le récit détaillé de l’ultime étape du rituel, qui nous intéresse ici, celle des jeux funéraires organisés par Achille en l’honneur de l’ami disparu (v. 258-897).
2Ils comprennent huit épreuves successives : la course de chars, le pugilat, la lutte, la course à pied, le duel armé, le lancer du disque, le tir à l’arc et le lancer de javeline. Pour chacune d’entre elles, la procédure suivie est la même : Achille présente d’abord les prix qui seront attribués aux vainqueurs, par ordre décroissant de valeur ; les héros argiens qui souhaitent y participer s’avancent ensuite et l’épreuve se déroule ; les prix sont enfin remis aux vainqueurs, ce qui peut donner lieu à une négociation plus ou moins longue, qui prévoit l’éventuelle contestation de la part d’un des participants, une proposition d’adaptation faite par l’organisateur et l’approbation finale de la foule rassemblée des Achéens et de l’ensemble des concurrents [ill. 1].
1. Les prix pour les vainqueurs des épreuves lors des jeux en l’honneur de Patrocle et l’estimation de leur valeur.
En orange foncé, les prix dont on connaît la valeur en bœufs ; en orange clair, les prix dont la valeur ne peut être estimée que de manière relative.
S. Verger
Les enjeux standards et convertibles
3Avant le commencement de la première épreuve, le poète donne une liste générique des prix qui vont être distribués : « bassins, trépieds, chevaux, mules, têtes fières de bœufs, captives à la belle ceinture et fer gris » (v. 259-261). Ce sont là les catégories de biens qui constituent la base des échanges royaux dans les poèmes homériques : la vaisselle en bronze, le bétail, les femmes et leurs travaux, le métal brut. Ils ont une caractéristique commune, qui est que leur valeur est objectivement quantifiable.
4Le premier cas de figure est celui des métaux, dont la valeur dépend uniquement de la quantité exposée, qui est comptée soit en unités de poids (le talent pour l’or dans la course de chars et dans la course à pied), soit en nombre d’objets standardisés qui font office d’unités de mesure (les haches et les doubles haches en fer dans le tir à l’arc).
5Le deuxième cas de figure est celui des trépieds et des bassins en bronze et des captives. Chacun d’entre eux est accompagné au moins une fois dans le texte de sa conversion en bœufs : pour la lutte, Achille propose pour le vainqueur » un grand trépied allant au feu – les Achéens entre eux l’estiment douze bœufs » et pour le vaincu « une femme habile aux mille travaux, qu’on estime quatre bœufs » (v. 702-703) ; pour l’épreuve du lancer de javelot, il promet au vainqueur « un bassin ignorant de la flamme, de la valeur d’un bœuf et orné de fleurs » (v. 884-885).
6La valeur en bœufs n’est indiquée explicitement que quand elle est nécessaire au récit. Ainsi, dans le cas de l’épreuve de lutte, il n’est pas possible de départager les deux concurrents, Ajax le fils de Télamon et Ulysse, et ils doivent « emporter des prix égaux », c’est-à-dire l’équivalent de huit bœufs chacun : celui qui part avec le trépied doit rembourser quatre bœufs à celui qui prend la captive, ou bien Achille doit remplacer les deux prix par seize bœufs distribués en nombre égal aux deux. C’est l’assemblée des Achéens réunis qui est garante de la juste estimation des deux biens et qui rend ainsi possible le partage en parts égales.
7En effet, la conversion n’est pas automatique, mais est conditionnée à la reconnaissance de différents critères de qualité. La servante est « habile aux mille travaux » (pour la lutte) ou bien elle « sait les travaux impeccables » (pour la course de chars). L’estimation de la valeur du trépied demande que l’on en connaisse la capacité (« vingt-deux mesures » pour celui de la course de chars) et la fonction (« allant au feu » pour celui de la lutte). De la même manière, le bassin a une contenance particulière (« quatre mesures » pour celui de la course de chars) ; il doit être neuf (« ignorant de la flamme » pour la lutte, « qui n’a pas été au feu » et « tout brillant neuf » pour celui de la course de chars) ; s’ajoutent de manière accessoire la beauté de l’objet et sa décoration. Les mêmes critères sont appliqués aux autres catégories de vases en bronze, comme l’« urne à deux poignées ignorante encore de la flamme », donnée au dernier arrivé de la course de chars, et la « coupe à deux anses », qui revient au vaincu du pugilat. Compte tenu de leur position dans l’ordre des prix, leur valeur est inférieure à celle d’un bassin. Ils correspondent donc pour ainsi dire à des subdivisions d’un bœuf.
8Pour le bétail, l’espèce et le nombre ne sont pas non plus suffisants. Il est nécessaire à Achille d’ajouter des précisions sur les qualités et l’état des bêtes proposées pour que les concurrents et le public puissent en évaluer la valeur, dont les paramètres varient en fonction de la destination des animaux : le bœuf est « énorme et lourd de graisse », car il s’agit d’une victime sacrificielle qui sera consommée dans un banquet ; pour la mule et la jument, on indique l’âge (« six ans »), le caractère inaltéré (« encore indomptée »), les qualités pour le travail (la mule est « patiente » et « des plus dures à dresser ») et les promesses de revenu secondaire (la jument est « pleine d’un mulet »). Mule et jument ne sont pas converties en bœufs, mais on ne sait pas si cela tient au fait que la conversion n’est pas possible ou bien est implicite. On sait seulement que, dans certaines circonstances au moins, leur valeur peut dépasser celle d’un bœuf, puisque dans la course de chars une jument pleine est donnée au deuxième alors qu’un bassin (équivalent d’un bœuf) est attribué au troisième.
9De manière plus générale, le système des conversions permet de classer entre elles certaines épreuves. Ainsi, aux concurrents de la course de chars sont promis originellement : au premier, un trépied et une servante, soit environ seize bœufs ; au deuxième, une jument pleine ; au troisième, un bassin, soit environ un bœuf ; au quatrième, deux talents d’or ; et au cinquième, une urne à deux poignées. Pour la lutte, en revanche, les deux concurrents se partagent l’équivalent du seul premier prix de la course de chars – un trépied et une servante, soit douze bœufs pour le vainqueur et quatre pour le vaincu. À l’épreuve du lancer de javeline, le vainqueur remporte seulement un bassin de la valeur d’un bœuf et le deuxième une javeline. On parvient donc à un classement implicite des concurrents des différentes épreuves : vainqueur de la course de chars, 16 bœufs ; vainqueur de la lutte, 12 ; vaincu de la lutte, 4 ; troisième de la course de chars, 1 ; vainqueur du lancer de javelot, 1. Les autres concurrents, comme le deuxième de la course de chars, s’intercalent dans les intervalles sans que l’on puisse donner plus de précisions.
Les enjeux identifiés et irremplaçables
10À côté des épreuves pour lesquelles sont distribués des biens standards, convertibles et anonymes (la course de chars, le pugilat et la lutte, le tir à l’arc et le lancer de javeline), on trouve trois épreuves à l’issue desquelles sont aussi distribués des biens uniques, irremplaçables, auxquels sont attachés des personnages et une histoire. Contrairement aux précédents, dont la valeur n’est complète que tant qu’ils sont neufs, ignorants de la flamme, indomptés, ces objets particuliers deviennent plus précieux à mesure qu’ils gagnent en ancienneté. Ils ont aussi pour fonction, dans le récit, d’évoquer les différentes étapes de l’implication d’Achille dans la guerre et de faire ainsi des funérailles de son compagnon l’aboutissement d’une longue chaîne d’« exploits » – razzias, duels à mort, exécutions sans pitié et échanges de prisonniers – matérialisée par l’immense butin réuni par les deux hommes.
11Le premier de ces objets, qui revient au vainqueur de la quatrième épreuve, la course à pieds, est « un cratère en argent façonné ». Si l’on s’en tient aux critères retenus pour évaluer la valeur des vases en bronze, il est modeste puisqu’il ne contient que six mesures. C’est la qualité du travail qui compte ici, car « c’est par sa beauté surtout qu’il l’emporte, et de beaucoup, sur tous les autres au monde. D’adroits ciseleurs de Sidon l’ont artistement ouvré ». Il a enfin fait une longue route et est passé entre les mains de nombreux propriétaires : « des Phéniciens l’ont ensuite emporté sur la mer brumeuse, exposé dans les ports, puis offert en présent à Thoas », le roi de l’île de Lemnos au large de la Troade. Là, il a été hérité par Eunée le fils de Jason, qui l’a remis à Patrocle pour payer la rançon de Lycaon, un des fils de Priam qui avait été fait prisonnier par Achille. Le héros avait demandé l’équivalent de cent bœufs pour le jeune homme, et avait donc accepté le cratère.
12L’histoire ne s’arrête pas tout à fait là : si Achille avait choisi cet objet particulier, c’est que, la veille du début des funérailles, un étonnant concours de circonstance l’avait de nouveau dirigé vers Lycaon lorsque la rage vengeresse l’avait poussé à exécuter autant de Troyens que possible en l’honneur de son compagnon mort. Le jeune homme était revenu douze jours auparavant à Troie, après qu’un hôte de Priam, Éétion d’Imbros, l’eut racheté à Eunée pour trois cents bœufs. Priam lui-même était donc redevable de cette somme et plus encore, en vertu des lois de l’hospitalité. En quelque sorte, cette ultime spéculation sur l’otage troyen avait encore accru la valeur du cratère au moment où il était présenté comme prix à l’épreuve de la course à pied.
13Pour l’épreuve suivante, le duel armé, Achille dépose des armes que se partageront les concurrents : le poignard d’Astéropée, le héros péonien venu de Thrace onze jours avant le combat fatal qui l’opposa à Achille à la veille des funérailles ; la javeline, le casque et le bouclier du héros lycien Sarpédon, fils de Zeus, tué d’un coup de lance au cœur par Patrocle, juste avant la mort de celui-ci. On ne sait rien de la valeur de ces objets, sinon que le « beau poignard de Thrace » est orné de « clous d’argent » et est suspendu à un « baudrier bien taillé ». Il faut ajouter qu’après la course de chars, Achille doit faire face à une contestation de l’un des concurrents et ajouter un prix supplémentaire pour Eumèle, injustement battu sur le fil. Il choisit la cuirasse enlevée à Astéropée : « elle est en bronze, mais une coulée de brillant étain roule tout autour. Elle lui sera d’un grand prix ».
14La valeur de ces armes provient certes de la qualité de leur facture et du prix des matériaux qui les composent, mais surtout en fait du rang et de la valeur militaire de leur propriétaire ainsi que de l’importance du duel dans lequel ils sont tombés dans les derniers jours précédant les funérailles et de l’intensité de la lutte qui s’est ensuivie pour prendre possession de l’équipement du guerrier mort. Tout cela n’est pas quantifiable, même en centaines ou en milliers de bœufs, car les objets concernés échappent à la logique de l’échange de biens de prestige entre rois de rang égal et à celle de la spéculation autours des otages. On est passé ici dans l’ordre de la pure valeur guerrière, qui s’exprime dans l’épreuve ultime dont le premier prix est la vie, le deuxième le corps récupéré du guerrier vaincu et le troisième l’ensemble des armes dont il est dépouillé.
15Les deux combattants de l’épreuve du duel armé, Ajax, fils de Télamon, et Diomède le Fort, fils de Tydée, qui sont après Achille les guerriers les plus redoutables de l’armée achéenne, ne parviennent pas à se départager. Ils remportent donc des prix égaux. On s’attendrait donc à ce que, comme pour le cas comparable de la lutte, le poète précise comment s’effectue le partage. Il n’en est rien : comment partager des biens qui n’ont pas de prix ? On sait seulement que c’est à Diomède qu’est attribué le poignard, qu’Achille destinait au vainqueur. Les deux héros remportent des prix économiquement identiques, quoique quantitativement indéterminés, mais l’un des deux se voit décerner le prix symbolique de la victoire.
16Le dernier objet mémorable donné par Achille est l’unique prix proposé pour la sixième épreuve, le lancer de disque : « un bloc de fer que lançait jadis la grande force d’Éétion ». Lors d’une razzia en Cilicie, Achille avait en effet pris la ville de Thèbes sous le Placos et tué son roi, Éétion (le père d’Andromaque, l’épouse d’Hector), et ses sept fils. Il avait célébré pieusement les funérailles du roi, dont il avait brûlé la dépouille recouverte de ses armes, renonçant ainsi à une part importante du butin. Il avait en revanche emmené la reine et reçu pour elle « une immense rançon ». Il avait aussi emporté de nombreux trésors, parmi lesquels une cithare exceptionnelle, le cheval Pédase qui, « bien que mortel, suivait les chevaux immortels » et le bloc de fer proposé maintenant comme prix. Remporter ce dernier revient, pour le vainqueur de l’épreuve, à s’approprier la mémoire de la grande valeur athlétique d’un roi dont l’histoire est intimement liée à celle de la guerre de Troie. Cela n’a pas de prix.
17Et pourtant, Achille est poussé à préciser la valeur de l’objet : « si loin que le vainqueur étende ses champs fertiles, il pourra de ce fer user cinq années pleines, sans que berger ni laboureur doive, faute de fer, partir pour la ville : il leur fournira lui-même ». Le bloc de fer change brusquement de statut : de poids lancé lors des jeux athlétiques, il devient masse de métal brut dont on pourra tirer des outils. Mais les unités de mesure habituelles (comme les haches et doubles haches du tir à l’arc) ne suffisent pas pour donner une idée de la quantité de métal mise en jeu. On s’en remet à la pratique du bon gouvernement qui prévoit que le roi fournisse à ses dépendants la matière première nécessaire à la fabrication de l’outil de travail. Pour obtenir la quantité de métal proposée, on multiplie ainsi la taille du domaine (c’est-à-dire aussi le nombre de bergers et de laboureurs concernés) par la durée possible d’utilisation du bloc. La valeur de celui-ci s’avère de fait illimitée, puisque l’une des inconnues – la taille du domaine – est indéterminée.
18Quoi qu’il en soit, la valeur du prix donné pour le vainqueur du lancer de disque est estimée simultanément selon deux systèmes différents : d’un côté celui, économique, de la quantité de métal calculée en fonction de la surface du domaine et du temps d’utilisation du bloc ; de l’autre celui, symbolique, du rang et de la valeur athlétique et militaire de son premier propriétaire et du caractère mémorable de l’épisode guerrier qui a conduit à son appropriation par Achille.
La double logique de composition de l’ensemble de biens distribués lors des jeux
19L’ensemble des biens proposés par Achille comme prix pour les participants aux jeux est composé selon une double logique : une logique économique et rituelle d’un côté, une logique symbolique et mémorielle de l’autre.
20La première logique est celle de la règle rituelle commune qui régit le choix des récompenses obligées. Celles-ci sont les catégories de biens convertibles qui sont annoncés en exergue du récit de la compétition : « bassins, trépieds, chevaux, mules, têtes fières de bœufs, captives à la belle ceinture et fer gris ». Ce sont à peu près les mêmes qu’Antiloque suggère à Achille pour récompenser Eumèle lors de la négociation à l’issue de la course de chars : « tu as dans ta baraque de l’or en quantité, du bronze, des moutons ; tu as des captives aussi, des chevaux aux sabots massifs ».
21À chaque épreuve correspond même un type de prix convenu. Ainsi, au chant XXII, lorsque Achille poursuit Hector pour se battre en duel contre lui, le poète utilise deux comparaisons empruntées au monde des jeux athlétiques, dans lesquelles interviennent les mêmes récompenses qu’aux épreuves en l’honneur de Patrocle : le bœuf pour la course à pieds (« C’est qu’ils ne luttent pas pour une victime, pour une peau de bœuf, pour ce qui est le prix d’un concours de vitesse, mais pour la vie d’Hector, dompteur de cavales ») ; le trépied et la captive pour la course de chars (« on dirait des coursiers aux sabots massifs, déjà souvent vainqueurs, qui, à toute allure, contournent la borne : un prix de valeur leur est proposé, un trépied, une femme, pour honorer un guerrier mort »). Enfin, la valeur relative des prix rituels attribués au vainqueur de chaque épreuve semble répondre aussi à une règle fixe : lors des jeux funéraires en l’honneur d’Amaryncée, le roi des Épéens, auxquels a participé Nestor, le roi de Pylos, c’est aussi pour la course de chars qu’est proposé « le plus beau des prix » ; viennent ensuite ceux des trois épreuves suivantes du pugilat, de la lutte et de la course.
22La deuxième logique, symbolique et mémorielle, tient à l’exceptionnalité de l’événement, qui conduit à prévoir un ensemble de prix irremplaçables qui évoquent les principaux exploits des deux héros. L’ordre dans lequel sont présentés les objets de mémoire restitue une séquence chronologique inversée : dans les quatrième et cinquième épreuves sont évoqués les derniers jours avant les funérailles (l’aristie d’Achille qui conduit à la mort de Lycaon et d’Astéropée) et avant la mort de Patrocle (le duel contre Sarpédon) ; dans la sixième épreuve, on remonte aux razzias du début de la guerre (la prise de Thèbes sous le Placos). La logique est aussi géographique puisque, par l’origine de leurs précédents propriétaires, les objets embrassent tout le domaine couvert par les alliés des Troyens : de la Lycie de Sarpédon au sud-est à la Péonie d’Astéropée au nord-ouest, en passant par l’île d’Imbros et la Cilicie des deux Éétion).
23Il s’agit aussi de reconstituer par les biens distribués et les actions accomplies au cours des jeux la figure du roi idéal défini par ses qualités : valeur militaire et athlétique, bon gouvernement, générosité. Le roi est d’abord un chef guerrier, qui défend les intérêts de sa famille et de son peuple et accroît ses richesses par la prise de butin. Cette fonction est évoquée par les armes exceptionnelles issues des trésors de Patrocle et d’Hector qui sont offertes comme prix. Elles permettent en fait de recomposer une panoplie unique et complète constituée de la cuirasse et du poignard avec baudrier d’Astéropée donnés par Achille, du bouclier, du casque et de la lance de Sarpédon issus du trésor de Patrocle et de la deuxième javeline anonyme donnée lors de l’ultime épreuve. La cinquième épreuve reproduit par ailleurs de façon fictive un duel héroïque semblable à ceux qui ont conduit à la mort de Patrocle sous les coups d’Hector, puis à celle de ce dernier sous ceux d’Achille.
24À travers le prix de la sixième épreuve, le roi est aussi l’athlète accompli, capable de jeter au loin le bloc de fer donné au vainqueur du lancer du disque, et, par la même occasion, l’administrateur avisé qui gouverne correctement son domaine et assure la prospérité de ses activités agricoles et pastorales, par la mise à disposition du fer nécessaire à la fabrication des outils. Il est enfin le dispensateur des largesses aristocratiques, qui obéit aux règles sacrées de l’hospitalité en offrant à boire et à manger. Cette dernière vertu est représentée par le cratère précieux donné au vainqueur de la quatrième épreuve, par le bœuf remporté par le deuxième de cette même épreuve, mais aussi par « l’excellent festin » offert aux héros après qu’ils se sont battus dans la cinquième épreuve. Ajax et Diomède, les deux grands héros achéens, ont de la sorte pour tâche de revivre symboliquement, dans l’épreuve centrale des jeux funèbres, les activités cardinales que sont le duel héroïque, pour le roi en temps de guerre, et le banquet aristocratique, pour le roi en temps de paix.
25Enfin, les jeux célèbrent à la fois la mémoire de Patrocle et la générosité d’Achille envers son compagnon mort. C’est pour cela que les prix irremplaçables sont explicitement issus, pour certains, du trésor du premier (les armes de Sarpédon) et, pour d’autres, de celui du second (les armes d’Astéropée, le cratère de Thoas et le fer d’Éétion). C’est aussi sans doute pour cette même raison que les types de biens rituels, ceux que l’on peut convertir en bœufs, sont représentés chacun par deux exemplaires. En effet, ils sont tous exposés une première fois pour la course de chars et ensuite proposés de nouveau pour la lutte (le trépied et la captive) et pour le lancer de javeline (le bassin). Il en va de même pour les équidés : une jument pleine est donnée pour la course de chars et une mule pour le pugilat. On peut supposer que l’un des exemplaires est pris sur les possessions de Patrocle et l’autre sur celles d’Achille.
La valeur des concurrents et l’attribution des prix
26Une fois que l’organisateur des jeux a déposé les enjeux, l’épreuve peut commencer pour les Achéens. Pour en retirer le meilleur prix possible, la seule valeur athlétique ne suffit pas : on doit faire preuve également de discernement dans l’évaluation de soi, de manifestation appropriée de la piété envers les dieux et de capacité d’exploitation des logiques de rang. La manifestation de ces qualités induit des effets économiques qui accroissent la quantité de biens dépensés à l’occasion des jeux. Elle détermine des stratégies d’optimisation des gains que les différents acteurs développent tout au long de la compétition.
27La première étape de l’épreuve consiste à se déclarer devant les Achéens rassemblés. En effet, tous les concurrents (à l’exception des deuxième, troisième et quatrième du lancer du disque) remportent un prix. Cela suppose que, pour s’avancer, ils doivent avoir une juste conscience de leur valeur et surtout de la valeur qui leur est reconnue par les rois et héros assemblés. Il y a en fait trois cas de figure.
28D’abord, trois rois sont dispensés de se mesurer aux autres : Achille, qui surpasserait tous les concurrents dans bien des épreuves (comme la course de chars et le duel armé notamment), mais qui est empêché par sa fonction d’organisateur des jeux ; Nestor, qui aurait jadis remporté la plupart des épreuves (comme il l’avait fait dans son jeune âge aux jeux en l’honneur d’Amaryncée), mais qui est dispensé d’entrer en lice en raison de son grand âge ; Agamemnon, qui s’avance en premier pour la dernière épreuve, celle du lancer de javelot, mais auquel le premier prix est attribué sans qu’il ait à concourir, en raison de son rang et de sa valeur incomparables.
29Ensuite, il y a les héros qui connaissent leur rang dans chacune des épreuves et dont la participation est attendue par la foule : c’est une sorte de présélection tacite, qui est précise car elle porte aussi sur l’ordre de présentation des concurrents (qui, dans plus de la moitié des épreuves, correspond bien à l’ordre des résultats). Parmi eux, on distingue trois groupes : les guerriers qui se sont spécialisés dans une discipline athlétique spécifique (Eumèle, Épéios, Euryale, Polypoétès, Léontée et Teucros) ; des personnages de très haut rang qui ne prennent part qu’à une seule épreuve, à titre symbolique (Ménélas et Ajax, fils d’Oïlée) ; de très grands héros polyvalents qui, sur le modèle de Nestor aux jeux en l’honneur d’Amaryncée, excellent à différentes épreuves, parmi les plus prestigieuses (Diomède, Ajax, fils de Télamon, Ulysse). Deux concurrents tentent d’intégrer cette dernière catégorie : Antiloque, le jeune fils de Nestor, qui en a potentiellement le statut, mais pas encore tout à fait l’âge et l’expérience ; Mérion, le demi-frère et cocher d’Idoménée, qui en a la valeur athlétique mais est loin d’en atteindre le rang.
30On n’observe qu’une seule erreur de jugement, qui intervient d’ailleurs dans la seule épreuve où seul le vainqueur est récompensé. Au lancer du disque, en effet, Épéios se présente en dernier après Polypoétès, Ajax le fils de Télamon et Léontée. Alors qu’il sait parfaitement mesurer sa valeur au pugilat, où il se présente premier et sort vainqueur, il se trompe totalement pour cette épreuve dans laquelle il est loin d’exceller. Il ne tarde pas à en payer les conséquences en termes de prestige blessé : « Épéios prend le disque, il le fait tournoyer, il le lance – et tous les Achéens d’éclater de rire ». Cette erreur de jugement est toutefois acceptable car, si Épéios n’a pas les qualités pour mener à bien l’épreuve, il est au contraire celui qui – en tant qu’artisan, futur constructeur du cheval de bois – serait le plus à même de tirer bénéfice de la récompense qui est proposée, le bloc de fer dont on peut extraire autant d’outils que l’on souhaite. C’est sans doute la nécessité de réaffirmer implicitement cette compétence spécifique, totalement étrangère aux jeux mais bien connue de tous les héros achéens, qui explique cette entrée en lice apparemment anormale.
31Enfin, il y a tous les autres Achéens, qui ne jugent pas raisonnable de se mesurer à des adversaires hors de portée, soit parce qu’ils n’en ont pas les capacités économiques (dans le cas de la course de chars, qui demande de posséder un attelage de chevaux de grand prix), soit parce qu’existe une sorte d’ordre de préséance tacite qui fait renoncer à se confronter à de grands héros comme Diomède, Ajax ou Ulysse, soit enfin parce que les concurrents développent des techniques plus ou moins subtiles d’intimidation qui relèvent de la rhétorique du défi héroïque (dont le meilleur exemple est le comportement d’Épéios avant l’épreuve du pugilat). Toutefois, ces Achéens qui ne concourent pas interviennent, soit individuellement, soit collectivement, pour conforter le bien-fondé de la présentation des concurrents, commenter ou interpréter le déroulement des épreuves et approuver ou contester les étapes du processus d’attribution finale des prix. C’est une assemblée dans laquelle les rôles sont précisément assignés qui prend ainsi part aux jeux funéraires.
32La deuxième étape est celle de l’épreuve elle-même, où se manifestent en premier lieu les qualités athlétiques individuelles des concurrents : la force pure dans le cas du pugilat, la force et la technique dans celui de la lutte et du lancer de disque, la rapidité dans la course à pied, la valeur guerrière dans le duel armé, la précision et l’à-propos dans le tir à l’arc. Celles-ci sont tempérées par le tirage au sort préalable (pour le tir à l’arc) et surtout par les interventions divines, déterminantes dans trois épreuves sur huit. Au tir à l’arc, la promesse d’une hécatombe d’agneaux premiers nés est indispensable pour bénéficier de la bienveillance de l’archer divin, Apollon. À la course, c’est l’appel à l’aide adressé à Athéna – implicitement accompagné de la promesse d’un sacrifice – qui donne la victoire à Ulysse et attire aux dépens d’Ajax l’hilarité des Achéens. Enfin, dans le cas d’Agamemnon, c’est en vertu de son rang incomparable, qui garantit l’impossibilité pour lui d’être victime d’un coup du sort qui l’empêcherait de l’emporter, que la victoire lui est attribuée sans combat.
33Enfin, la troisième étape est celle de l’attribution définitive des prix qui, pour cinq épreuves sur huit, n’obéit pas à l’annonce préalable des récompenses faite par Achille ou aux résultats objectifs de l’épreuve. Dans deux cas (par lassitude dans celui de la lutte, par peur de blessures graves dans celui du duel armé), l’organisateur doit interrompre l’épreuve, décréter la parité entre les concurrents et répartir équitablement les prix entre eux. Au lancer de javelot, il doit annoncer la victoire d’Agamemnon avant même le début de l’épreuve, en dépit de la parfaite légitimité de son concurrent, Mérion, à concourir, en raison de ses prouesses à la lance au combat, connues de tous ceux qui ont combattu sous les murs de Troie. L’énorme différence de rang entre le roi de Mycènes et l’écuyer d’Idoménée, le roi des Crétois, décourage toute contestation de la part de Mérion, qui se contente du prix de consolation. Enfin, à la course à pied, les trois concurrents reçoivent les prix en fonction de leur classement à l’issue de l’épreuve, mais le troisième, Antiloque, réussit, par un discours flatteur et rusé à l’endroit d’Achille, à obtenir un doublement de la récompense, soit un demi-talent supplémentaire.
La course de chars
34C’est dans la première des épreuves, celle de la course de chars, que se manifestent de la manière la plus claire et précise les talents nécessaires pour tenir son rang tout au long de la compétition en vue d’obtenir le prix le plus élevé et la part la plus importante d’honneur individuel. C’est là aussi qu’opèrent avec le plus de force les subtilités du système de rang, d’âge et de valeur héroïque qui garantissent la réalisation correcte de cérémonies collectives telles que les jeux funéraires en l’honneur de Patrocle. L’explicitation de tout cela demanderait un long développement, dont on ne peut ici qu’esquisser les points saillants [ill. 2].
2. Les modifications successives de l’ordre des concurrents lors de l’épreuve de la course de chars, jusqu’à l’attribution définitive des prix.
S. Verger
35Achille a déposé les prix pour cinq concurrents. Ce sont tous des récompenses rituelles convertibles en bœufs ou en étalons de valeur et anonymes : une captive et un trépied, une jument pleine d’un mulet, un bassin, deux talents d’or et une urne, pour un total qui doit avoisiner une vingtaine de bœufs. Ensuite se présentent les concurrents, selon un ordre qui reflète précisément la valeur du cocher et la noblesse des chevaux de l’attelage : Eumèle, fils d’Admète, « qui excelle dans l’art de mener les chevaux » et court avec les juments du fils de Phérès ; Diomède, fils de Tydée, « le meilleur de beaucoup pour pousser les chevaux », qui attèle « les chevaux de Trôs, dont il a dépouillé Énée, au moment où il lui était dérobé par Apollon » ; Ménélas, fils d’Atrée, dont les chevaux sont Podarge, le sien propre, et Ethè, la cavale d’Agamemnon « don fait à Agamemnon [son frère] par Echépole, fils d’Anchise : en échange de ce présent, il ne devait pas le suivre sous Ilion battue des vents, il aurait la joie de rester chez lui. Zeus lui avait donné une immense richesse ; il habitait la vaste Sicyone » ; Antiloque, fils de Nestor, bon meneur de char dont la jeunesse est synonyme de fougue, de témérité et d’astuce débridées, qui aligne des chevaux nés à Pylos, qui toutefois ne valent pas ceux des autres concurrents ; Mérion enfin, le demi-frère et écuyer d’Idoménée, le roi des Crétois, dont les qualités, autant que celles de ses chevaux, ne sont pas précisées, ce qui explique qu’il se présente en dernier.
36Les chevaux de prix ont une brillante histoire, qui en garantit, voire en accroît la valeur. Ils sont comparés à d’autres attelages fameux du passé – comme celui de Laomédon ou comme Arion, le cheval divin d’Adraste – ou du présent, qui sont empêchés de courir – les chevaux d’Achille, encore en deuil de leur cocher Patrocle, qui avaient été donnés comme cadeau de noces à Pélée, le père d’Achille, par Poséidon lui-même. La valeur de ces bêtes accroît le prestige de leur propriétaire en même temps que ses chances de remporter les meilleurs prix.
37Vient ensuite le début de la course. L’ordre de départ est tiré au sort mais n’a pas d’incidence sur le déroulement de l’épreuve. Arrivés au dernier stade du parcours, les coursiers dépassent la borne et s’élancent vers la ligne d’arrivée. Normalement, tout devrait être joué à ce moment, comme le rappelle Nestor dans les conseils qu’il donne à son fils Antiloque avant le départ. Et de fait, l’ordre des attelages une fois la borne dépassée est le même que celui de la présentation des concurrents : il reflète en quelque sorte la valeur réelle des cochers et des chevaux, telle qu’elle est connue à la fois des concurrents eux-mêmes et de la foule avisée qui assiste à l’épreuve.
38La fin de la course est marquée par deux péripéties qui corrompent l’ordre attendu à l’arrivée : d’abord l’action d’Apollon contre Diomède – qui court avec les chevaux pris à son protégé Énée – aussitôt contrebalancée par l’intervention d’Athéna qui met définitivement le vainqueur naturel, Eumèle, hors course ; ensuite un geste téméraire et incorrect d’Antiloque qui lui permet de passer devant Ménélas par la ruse.
39Compte tenu de ces circonstances, l’attribution des prix est une longue négociation qui a pour objectif de laisser intact l’honneur des concurrents et d’accroître globalement leurs gains. Pour contrebalancer le coup du sort qui a touché Eumèle, Achille est obligé d’ajouter un prix surnuméraire, qui ne correspond pas à ceux qui sont habituellement donnés pour l’épreuve de la course de chars. Il tire de son trésor personnel un objet inestimable, la cuirasse prise à Astéropée. De cette manière seulement, il peut distribuer les prix rituels aux concurrents en fonction de leur rang d’arrivée. L’attribution du deuxième prix donne toutefois lieu à une longue joute oratoire entre Ménélas et Antiloque, où s’affrontent l’honneur et l’autorité du premier contre l’astuce et l’excès de la jeunesse du deuxième. La concorde l’emporte lorsque les deux personnages trouvent un compromis dans lequel ils sont tous deux gagnants : Ménélas retrouve son honneur en cédant de bon gré à son jeune adversaire le deuxième prix duquel il se juge légitime propriétaire ; Antiloque accroît sensiblement son gain en remportant finalement le deuxième prix là où son rang de départ lui laissait espérer seulement le quatrième. Enfin, tout cela permet à Achille d’accroître son honneur en offrant le cinquième prix, resté libre, au vieux roi Nestor en raison de son rang, de sa sagesse et de son grand âge. La grande gagnante des jeux est ainsi la famille de Pylos (Nestor et son fils Antiloque) qui remporte, au lieu des 2,5 talents d’or auxquels la seule valeur athlétique lui donnait droit, une jument pleine, un talent d’or et une urne, soit une somme de cinq ou dix fois supérieure, gagnée par l’astuce, le rang et les privilèges de l’âge – c’est-à-dire le respect dû au grand âge de Nestor et l’indulgence face au jeune âge d’Antiloque.
40Loin de n’être qu’une compétition athlétique, les jeux à la mémoire de Patrocle sont une arène où s’expriment tour à tour toutes les qualités et les valeurs attachées aux membres d’une société de l’honneur, qui permettent à ceux-ci d’optimiser leurs gains économiques et symboliques en fonction du rang qu’ils occupent au sein de l’assemblée des héros achéens. La valeur des biens distribués n’est que le révélateur matériel des modifications qui touchent les positions respectives qu’occupent les participants dans un système de rang et d’honneur où se manifestent à la fois la permanence du prestige des grandes familles et de leurs représentants les plus éminents et les fluctuations induites par les comportements individuels de personnes – comme Antiloque – qui ont les moyens de s’écarter temporairement des règles habituelles de l’honneur.
Annexe
Journée d'étude "Les archéologues face à l’économie" - Autour de la valeur (session 1)
Voir la vidéo : https://streaming.inrap.fr/widget/FEN_G.HplJ$
Intervenants : Laurent Feller (Univ. Paris I, LaMO), André Orléan (CNRS, PSE, Centre Simiand), Stéphane Verger (EPHE, UMR 8546 AOrOC)
Crédits : Inrap, UMR 8546 AOrOC, ENS
Notes
1 Les traductions sont extraites, par commodité, de l’édition de la Collection des Universités de France par Paul Mazon, volume 4 [chants XIX à XXIV].
Haut de pageTable des illustrations
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|---|---|
| Titre | 1. Les prix pour les vainqueurs des épreuves lors des jeux en l’honneur de Patrocle et l’estimation de leur valeur. |
| Légende | En orange foncé, les prix dont on connaît la valeur en bœufs ; en orange clair, les prix dont la valeur ne peut être estimée que de manière relative. |
| Crédits | S. Verger |
| URL | http://journals.openedition.org/archeopages/docannexe/image/8600/img-1.png |
| Fichier | image/png, 79k |
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| Titre | 2. Les modifications successives de l’ordre des concurrents lors de l’épreuve de la course de chars, jusqu’à l’attribution définitive des prix. |
| Crédits | S. Verger |
| URL | http://journals.openedition.org/archeopages/docannexe/image/8600/img-2.png |
| Fichier | image/png, 128k |
Pour citer cet article
Référence papier
Stéphane Verger, « Valeur des biens, valeur des hommes. Les prix pour les vainqueurs aux jeux funéraires en l’honneur de Patrocle (Iliade XXIII, 257-897) », Archéopages, Hors-série 5 | 2019, 27-33.
Référence électronique
Stéphane Verger, « Valeur des biens, valeur des hommes. Les prix pour les vainqueurs aux jeux funéraires en l’honneur de Patrocle (Iliade XXIII, 257-897) », Archéopages [En ligne], Hors-série 5 | 2019, mis en ligne le 14 octobre 2022, consulté le 16 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeopages/8600 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeopages.8600
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