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AccueilNuméros hors-sérieHors-série 51 - La valeur, l’idéel et le maté...La valeur des choses au Moyen Âge

1 - La valeur, l’idéel et le matériel

La valeur des choses au Moyen Âge

The value of things in the Middle Ages
El valor de las cosas en la Edad Media
Laurent Feller
p. 45-47

Résumés

L’étude de l’échange à l’époque médiévale bute sur l’impossibilité de distinguer clairement les transactions relevant de l’échange marchand de celles relevant d’autres formes d’échange. La possession et le transfert de propriété permettent de faire circuler des valeurs, mais aussi d’affecter des rangs à l’intérieur d’une hiérarchie tout en fournissant des objets ayant une utilité pratique.

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Entrées d’index

Mots-clés :

monnaie, valeur, hiérarchie

Index chronologique :

Moyen Âge

Palabras claves:

Época Medieval, moneda, valor, jerarquía
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Texte intégral

  • 1 C’est toute la difficulté des entreprises anciennes de collecte des données chiffrées : Avenel, 189 (...)

1Les médiévistes ont longtemps limité leur étude de la valeur à celle des prix et des salaires, c’est-à-dire à la correspondance entre le travail et une utilité, pour reprendre les termes de ma présentation lors de la journée d’étude « les archéologues face à l’économie ». Prix et salaires sont en effet les seuls faits susceptibles de donner naissance à des séries chiffrées longues, même si leur homogénéité et donc leur caractère exploitable en tant que données scientifiques est problématique1.

  • 2 Les médiévistes ont évidemment lu K. Polanyi (Polanyi, 2011, p. 72 sv) et penchent plutôt du côté d (...)

2Réfléchir sur la valeur des choses permet de sortir de ce point de vue en regardant la vie économique à partir de ce que font effectivement les hommes avec les choses qu’ils fabriquent, échangent et consomment et qui intègrent ou incorporent des valeurs qui vont au-delà de l’utilité ou du travail qu’elles représentent. Le présupposé dont partent désormais ordinairement les médiévistes est que l’économie qu’ils étudient diffère en effet de la nôtre autant que les économies dites primitives ou que les économies de l’Antiquité le font. Les traces documentaires qu’elle a laissées ne se prêtent qu’imparfaitement ou incomplètement à la quantification. La documentation médiévale écrite, si elle nous permet parfois de compter et de mesurer objets et valeurs, nous montre aussi très fréquemment les rapports que les hommes entretiennent entre eux à travers les choses qu’ils fabriquent, qu’ils font circuler et consomment. Elle nous montre aussi que l’échange marchand coexiste avec toute une série de formes d’échanges qui ne sont pas marchandes. C’est là est un point essentiel pour comprendre la réalité de la production, de l’échange et de la consommation durant la période qui va du Ve au XVe siècle (Guerreau, 2001)2.

3D’autre part, et de façon apparemment paradoxale, les choses au Moyen Âge ont tout de même un prix et la mesure de la valeur est toujours possible pour les agents. L’outil monétaire a toujours été à la disposition de la société pour cela, même durant les hautes périodes, entre vie et VIIIe siècle. La monnaie n’est pas nécessairement utilisée comme moyen de paiement, mais elle est présente au moins en arrière-plan comme instrument auquel il est toujours possible de recourir. Il est rare cependant que les agents d’une transaction ne s’intéressent pas du tout à la valeur de la contrepartie qu’ils reçoivent ou qu’ils donnent dans le cadre d’un échange, qu’il soit ou non marchand (Feller, 2019).

4Par exemple, au début du VIIe siècle dans l’Espagne wisigothique, le prince Sisenand se révolta contre son père le roi Swinthila. Le jeune homme demanda l’aide du roi des Francs Dagobert et promit alors de lui offrir en contrepartie un plateau ou une table d’or pesant 500 livres. C’était un objet extraordinaire par sa masse, par son ancienneté et par son origine : il avait été donné à un roi wisigothique, Thorismond, par le général romain et conseiller de l’empereur, Aetius. Les grands qui entouraient Sisenand s’opposèrent à la cession de cet objet. Sisenand, par conséquent, ne put pas le donner à Dagobert mais il lui proposa à la place une somme d’or monnayé, s’élevant à 200 000 sous. La relation de cette somme avec l’éventuelle valeur marchande de 500 livres-poids d’or ne peut évidemment pas être établie, parce que l’exceptionnalité de la situation ainsi que celle de l’objet considéré rendent impossible toute analyse en termes de marché. Il s’agit cependant d’une somme énorme et proprement fabuleuse : la compensation la plus lourde qui se puisse exiger en cas de crime majeure est, dans les lois wisigothiques, de 300 sous d’or (Frédégaire, 2001, p. 171).

5Cet exemple montre l’existence de deux logiques antagonistes. D’une part, le prince a besoin d’un service qu’il entend rémunérer et, à ce service, il finit par affecter une valeur dont l’énormité est évidente. La table d’or a pour lui une valeur d’échange et il est disposé à la céder à Dagobert comme moyen d’obtenir les services politiques et militaires dont il a besoin : elle est alors un moyen de paiement. Mais la valeur de la table, ce qui en fait un objet précieux et unique, ne se résume pas à son poids ni même à la qualité de sa facture. Elle incorpore en elle une histoire, qui est celle du peuple wisigoth dans ses rapports avec Rome au Ve siècle, au moment de l’implantation des peuples germaniques dans l’Empire. Vecteur de la mémoire historique des Wisigoths, la table fait partie de leur trésor et ne saurait sans conséquences quitter le trésor de ses rois. Ce serait comme une perte de substance ou comme la reconnaissance d’une soumission aux Francs de Dagobert, l’objet pouvant être considéré aussi comme l’un des insignes de la souveraineté.

6Cette table d’or est littéralement hors de prix. Elle appartient à la catégorie des objets que Godelier définit comme étant ceux qui ne doivent en aucune façon être mis en circulation, parce que sur eux repose l’identité d’une famille ou d’un groupe et que, par conséquent, ils relèvent du sacré (Godelier, 2007 ; Grierson, 1959 ; Devroey, 2003, p. 182). Elle fait partie « des biens que l’on doit garder pour les transmettre ». La réunion d’objets appartenant à cette catégorie ou à cette classe constitue le trésor. C’est ici de celui du souverain qu’il s’agit, constitutif de son identité et de la légitimité de son pouvoir. Les objets précieux qui y sont renfermés sont liés de près à l’histoire du peuple gouverné et ont quelque chose à voir avec son honneur. Ils ne peuvent donc être mis en circulation qu’avec la plus extrême circonspection et en aucun cas vendus : ils sont exclus par définition de l’échange marchand, parce qu’ils sont porteurs d’une valeur sociale et politique plus importante que la valeur monétaire qui pourrait être la leur. C’est en revanche dans le trésor que puise le souverain pour honorer ses proches et ses amis lorsqu’il veut leur donner quelque chose qui marque son estime et son affection. Les objets mis en circulation par le don permettent d’établir ou de consolider les hiérarchies en assignant un rang à ceux qui les reçoivent : le langage des dons est parfaitement clair pour tous (Reuter, 1995 ; Feller, 2013).

7Ainsi, les remises d’armes, par exemple, ne se font pas au hasard : elles ont une valeur économique autant que symbolique (Le Jan, 2001). Leur prestige provient peut-être de leur histoire : posséder une épée portée autrefois par un individu important confère à celui qui la détient une part de la gloire passée du précédent possesseur. La valeur intrinsèque de l’épée vient également des matières qui la composent et de son coût. Ainsi, au milieu du IXe siècle, le comte du Frioul Évrard disposa, dans son testament, de son pouvoir et de ses biens. À l’aîné de ses fils, Unroch, qui aurait dû lui succéder dans ses charges et profiter de l’essentiel de ses biens, il donnait une épée dont la garde et la poignée contenaient de l’or. Au cadet, Bérenger, qui succéda à Unroch et finalement hérita, il donnait une épée décorée d’argent. Au benjamin, il ne donnait pas d’armes mais une somme d’argent conséquente. Le caractère plus ou moins précieux des objets permet ainsi d’établir une gradation entre les bénéficiaires du don où la valeur est liée au luxe de ce qui est offert et à la signification que les acteurs apportent à ce luxe (La Rocca, Provero, 2000). Les testaments du haut Moyen Âge permettent parfois d’établir le classement d’un entourage, de comprendre comment il se hiérarchise. Le vassal qui reçoit par testament la selle utilisée par son seigneur est sans doute honoré. Il l’est évidemment moins que le fils qui a reçu l’épée d’apparat ornée d’or ou que l’ami qui a reçu un livre de prières. En tout état de cause, l’objet choisi maintient un lien entre le mort et les vifs et stabilise le classement que le défunt avait fait des membres de son entourage (Bruand, 2010). Mais le caractère précieux d’un objet est également lié à sa rareté, qui en fait précisément le prix.

8La mobilisation des objets signifie qu’on leur attribue une valeur symbolique, mais celle-ci n’est jamais totalement disjointe de leur valeur économique : le prix doit s’entendre de ces manières et inclure aussi bien les éléments non mesurables contenus dans la chose considérée (l’histoire, le prestige) que la valeur monétaire dépendant de la rareté ou de la qualité des matières utilisées pour les fabriquer : l’or, l’argent, l’acier.

9Cela entraîne un recours constant à la monnaie, quel que soit le moment du Moyen Âge où l’on se situe : elle est toujours présente à l’arrière-plan, même lorsqu’un autre moyen de paiement est choisi pour solder un achat. Dans le cas des terres, la mesure de la valeur accompagne aussi une capacité forte à mesurer les surfaces, que les acteurs aient recours à des mesures volumétriques ou linéaires pour calculer des superficies et les estimer en fonction des éléments connus déterminant la capacité économique du terroir (Feller, Gramain et Weber, 2005). La mesure des quantités fait partie des qualités que l’on attend d’un agent économique quel qu’il soit, à côté de l’appréciation de la qualité de l’objet. La monnaie est alors l’instrument indispensable permettant de relier qualité et quantité pour reprendre des catégories que les gestionnaires de patrimoines ou les hommes chargés de diriger l’État maîtrisaient parfaitement dès le IXe siècle (Feller, 2016).

10Si la monnaie est bien utilisée comme équivalent universel, les transactions cependant ne l’impliquent pas systématiquement, du moins pas de façon directe. Les contreparties données en prix, en effet, constituent des signes et s’articulent en un langage dont nous n’apercevons que des bribes. La valeur d’un objet est en effet aussi fonction du contexte de sa mise en circulation : les armes reçues de son seigneur par le jeune guerrier ont une valeur autre que leur équivalent monétaire, mais celle-ci n’est pas disjointe de la valeur économique de la chose considérée. C’est l’objet en lui-même qui est désirable, non pas la valeur qu’il représente ou sa contrepartie monétaire. Dans les miracles de sainte Foy de Conques, écrits au début du XIe siècle, l’argent circule et les choses ont une valeur monétaire. C’est cependant la chose qui est désirée, et non pas sa contre-valeur monétaire. Ainsi, un pèlerin avait promis à la sainte, une jeune fille coquette et espiègle qui garde ce caractère dans les narrations de ses miracles, de lui donner une bague à laquelle il était particulièrement attaché. Pris de remords de ce qu’il considéra rapidement comme un vœu inconsidéré et désirant garder l’objet pour lui, il imagina de donner des pièces d’or à la place du bijou promis. Il fut aussitôt puni par la sainte qui rendit la bague invisible à son propriétaire, persuadé alors de l’avoir perdu. La bague ne fut rendue de nouveau visible qu’après que le pèlerin eut promis de l’offrir vraiment, ce qu’il fit, sans pour autant récupérer l’or qu’il avait tenté de donner à la place de l’objet (Liber Miraculorum Sancte Fidis, 1994, p. 121).

11L’argent, d’autre part, est souvent suspect aux hommes du haut Moyen Âge. Éginhard raconte ainsi, dans la Translatio sancti Marcellini et Petri, qu’un homme vint offrir à Seligenstadt, monastère dont il était l’abbé laïc, une somme d’argent au reste mesurée, 40 deniers ; il lui demanda d’abord, avec quelque véhémence, qui il était et ce qu’il voulait avant de lui faire dire comment, pourquoi et dans quelles circonstances il s’était procuré cet argent dont il désirait maintenant faire offrande aux saints (Translatio et miracula sancti Petri et Marcellini, 1887, p. 249). Le donateur dit alors qu’il avait procédé à la vente d’un porc dans le but d’offrir son produit aux saints : il avait été guéri d’une maladie grave par leur intercession et désirait s’acquitter de sa dette par un don. Pour Éginhard, l’argent était un peu suspect. Il lui fallait d’abord s’assurer de la pureté de sa provenance : il aurait pu être le fruit d’un larcin ou d’une transaction malhonnête. Or, la finalité de la vente était d’affecter le montant obtenu à un don : la transaction commerciale effectuée dans ce but s’en trouvait en quelque manière sanctifiée et justifiée. D’autre part, l’offrande étant proposée après la guérison, il était évident qu’il ne s’agissait pas d’acheter celle-ci mais simplement d’exprimer a reconnaissance aux saints. Un objet ou un animal eût cependant été, aux yeux d’Éginhard, plus approprié que de l’argent.

12Dans le cas de cet exemplum comme dans celui de sainte Foy, l’équivalence entre un objet et de l’argent n’allait pas de soi parce qu’il s’agissait de faire un don aux saints : ceux-ci préfèrent les objets à l’argent parce qu’ils supposent que le sacrifice fait est plus grand, et a donc plus de valeur, si c’est une chose qui est proposée et non de l’argent. Offrir un objet est en effet donner quelque chose de soi, ce que l’argent ne permet pas de faire – sauf cas d’extrême avarice. Or, la vie implique aussi de savoir circuler entre différents aspects de la valeur, symbolique, sociale, monétaire, afin de savoir adopter un comportement approprié, répondant aux nécessités de la scène sociale sur laquelle on opère.

13Il est nécessaire pour cela de détenir une qualité ou une capacité caractérisant le comportement économique médiéval, la discretio, le discernement, qui permet à la fois de fixer les prix et de déterminer les rangs (sur cette qualité de l’homme médiéval, caractérisant plus spécialement les abbés des monastères, Toneatto, 2012). C’est de discretio que font preuve les auteurs de testaments lorsqu’ils établissent une équivalence entre nature de l’objet, valeur monétaire et rang de son possesseur. Maîtriser cette qualité de discernement implique de savoir décrire un bien, par exemple, s’agissant d’une terre, en calculant sa surface et en reconnaissant les éléments entrant dans la composition de sa valeur économique. Cette compétence particulière peut être doublée d’une autorité qui permet d’affecter un prix à des unités de surface ou d’imposer les termes d’un échange à deux parties en contentieux : il arrive parfois qu’un document nous offre les raisons des choix (Feller, 2016). La valeur d’un objet ou d’une terre est liée, à la fin, non pas à sa position dans l’échange mais à la finalité de l’action entreprise par les parties transactantes et dans laquelle les questions liées à la capacité productive ou aux éléments objectifs de description sont finalement moins importantes que la volonté des agents qui fixent les prix. Seuls les objets relevant de la sphère du sacré sont mis en marge de ces processus et exclus par définition de toute transaction parce qu’ils sont exclus de toute circulation, comme la table d’or de Sisenand, immobilisée parce que, simple objet de prix pour le prince, elle fait partie pour son entourage des objets sacrés sans lesquels le pouvoir souverain revendiqué par le prince ne saurait avoir de légitimité.

14Si la question de la valeur est certainement l’une des plus complexes qui soient, parce que sa signification est plurielle, son insertion dans les problématiques d’étude de l’économie médiévale est indispensable. Celle-ci ne fonctionne pas en effet comme un avatar ou un précurseur de l’économie libérale mais comme un objet complexe où différents mécanismes sont à l’œuvre qui excluent de donner aux actions envisagées une et une seule signification. En donnant un objet, on classe sans doute un individu, il n’en demeure pas moins que l’objet transféré a aussi une utilité et que celle-ci n’est pas disjointe de sa valeur monétaire : valeur d’échange et valeur d’usage sont ici impossibles à séparer. Ce sont ces interactions et ces liaisons qui doivent être l’objet de la réflexion et de l’étude s’agissant de l’économie médiévale, où même les écritures comptables signifient une rationalité autre que la mesure des flux et des mouvements, du profit et des pertes : les raisons de l’économie sont ailleurs et c’est à cet ailleurs qu’il convient désormais de réfléchir (Coquery, Menant et Weber, 2006).

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Bibliographie

Frédégaire, Chronicorum quae dicuntur Fredegarii scholastici, IV, 73, Krusch B. (éd.), 1882, MGH, SS. Rerum Merov., p. 157-158 ; nouvelle édition : Kusternig A., 1982, Darmstadt (Quellen zur Geschichte des 7. und 8. Jahrunderts) ; trad. Devillers O. et Meyers J., 2001, Turnhout, Brepols.

Liber Miraculorum Sancte Fidis, Robertini L. (éd.), 1994, Spolète, Centro Italiano di Studi sull’Alto Medioevo (Biblioteca di Medioevo Latino, 10).

Translatio et miracula sancti Petri et Marcellini, Waitz G. (éd.), 1887, Stuttgart, MGH, SS, t. 15, 1.

Avenel G. d’, 1894-1898, Histoire économique de la propriété, des salaires, des denrées et de tous les prix en général, depuis l’an 1200 jusqu’en l’an 1800, Paris, Impr. nationale.

Beveridge W., 1939, Prices and wages in England from the twelfth to the nineteenth century, vol. 1, Price tables : mercantile era, Londres, Longmans (réimpr. 1965).

Bloch M., 1939, « L’histoire des prix : quelques remarques critiques », Annales d’histoire sociale, 11, p. 141-151. [Mélanges Historiques, Paris, SEVPEN, 1963, t. 2, p. 878-889].

Bruand O., 2010, « La gestion du patrimoine des élites en Autunois. Le prieuré de Perrecy et ses obligés (fin IXe-Xe siècle) », in Devroey J.-P., Feller L. et Le Jan R. (dir.), Les élites et la richesse au haut Moyen Âge (Actes du colloque, Bruxelles, 13-15 mars 2008), Turnhout, Brepols, p. 233-250.

Coquery N., Menant F., Weber F. (éd.), 2006, Écrire, compter, mesurer. Vers une histoire des rationalités pratiques, Paris, Éd. rue d’Ulm, 277 p.

Devroey J.-P., 2003, Économie rurale et société dans l’Europe franque, VIe-IXe siècles, Paris, Belin, 380 p.

Feller L., 2013, « Transformation des objets et valeur des choses. L’exemple de la Vita Meinwerici », in Feller L., Rodriguez A. (dir.), Objets sous contrainte. Circulation des richesses et valeur des choses au Moyen Âge, Paris, Publications de la Sorbonne, p. 91-122.

Feller L., 2016, « Compétence, savoir expert et expertise : L’exemple d’Adalhard de Corbie (752-826) », in Feller L., Rodriguez A. (dir.), Expertise et valeur des choses au Moyen Âge (2). Savoirs, écritures, objets, Madrid, Casa de Velázquez, p. 25-41.

Feller L., 2019, « Ideas of Money : Payment Methods in the Middle Ages », in Naismith R. (dir.), Cultural History of Money in the Medieval Age, Londres, Bloomsbury, p. 37-55.

Feller L., Gramain A., Weber F., 2005, La fortune de Karol. Marché de la terre et liens personnels dans les Abruzzes au haut Moyen Âge, Rome, Collection de l’École française de Rome, n° 137, 213 p.

Godelier M., 2007, Au fondement des sociétés humaines. Ce que nous apprend l’anthropologie, Paris, A. Michel, 292 p.

Grierson P., 1959, « Commerce in the Dark Ages : a critique of the Evidence », Transactions of the Royal Historical Society, 5e série, vol. 9, p. 123-140.

Guerreau A., 2001, « Avant le marché, les marchés, XIIIe-XVIIIe siècles », Annales, Histoire, Sciences Sociales, 156, 6, p. 1129-1175.

La Rocca C., Provero L., 2000, « The Dead and Their Gifts. The Will of Eberhard, Count of Friuli, and His Wife Gisela, Daughter of Louis the Pious (863-864) », in Theuws F., Nelson J. L. (dir.), Rituals of Power. From Late Antiquity to the Early Middle Ages, Leyde-Boston-Cologne, Brill, p. 225-280.

Le Jan R., 2001, « Remises d’armes et rituels du pouvoir chez les Francs : continuités et ruptures de l’époque carolingienne », in Femmes, pouvoir et société, Paris, Picard, « Les médiévistes français », p. 171-189.

Polanyi K., 2011, La subsistance de l’homme. La place de l’économie dans l’histoire et la société, Paris, Flammarion, 420 p.

Reuter T., 1995, « Property transactions and social relations between rulers, bishops and nobles in early eleventh-century Saxony : the evidence of the Vita Meinwerici », in Davies W., Fouracre P. (dir.), Property and power in the early middle ages, Cambridge, Cambridge University Press, p. 165-199.

Toneatto V., 2012, Banquiers du seigneur : évêques et moines face à la richesse (IVe siècle-début IXe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 437 p.

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Annexe

Journée d'étude "Les archéologues face à l’économie" - Autour de la valeur (session 1)
Voir la vidéo : https://streaming.inrap.fr/​widget/​FEN_G.HplJ$
Intervenants : Laurent Feller (Univ. Paris I, LaMO), André Orléan (CNRS, PSE, Centre Simiand), Stéphane Verger (EPHE, UMR 8546 AOrOC)
Crédits : Inrap, UMR 8546 AOrOC, ENS

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Notes

1 C’est toute la difficulté des entreprises anciennes de collecte des données chiffrées : Avenel, 1894-1898 ; Beveridge, 1939. La collecte de ces données de même que la possibilité d’en tirer des analyses scientifiques a été soulignée dès les années 1930 par Marc Bloch : Bloch, 1939.

2 Les médiévistes ont évidemment lu K. Polanyi (Polanyi, 2011, p. 72 sv) et penchent plutôt du côté des substantivistes que des formalistes.

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Pour citer cet article

Référence papier

Laurent Feller, « La valeur des choses au Moyen Âge »Archéopages, Hors-série 5 | 2019, 45-47.

Référence électronique

Laurent Feller, « La valeur des choses au Moyen Âge »Archéopages [En ligne], Hors-série 5 | 2019, mis en ligne le 14 octobre 2022, consulté le 15 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/archeopages/8884 ; DOI : https://doi.org/10.4000/archeopages.8884

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Auteur

Laurent Feller

Université Paris I Panthéon-Sorbonne, UMR 8589 « Lamop »

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Droits d’auteur

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