Entre hommage à la javanité et universalisme colonial triomphant : les ressorts théologiques et politiques d’une esthétique missionnaire jésuite (1896-1940) 1
Résumés
Au tournant du vingtième siècle, abandonnant les centres urbains de la colonie néerlandaise, une poignée de missonnaires jésuites s’installèrent dans l’arrière pays javanais. Sur ces terres réputées musulmanes, la Compagnie de Jésus fut à l’origine d’un étonnant succès. Marchant sur les traces des missionnaires protestants, ses représentants parvinrent, en quelques décennies, à implanter solidement leur religion en terre d’islam. De quelques centaines au début du siècle, le nombre de catholiques javanais atteignit près de 80 000 en 1939 (ils sont aujourd’hui près de deux millions), un cas sans équivalent à l’échelle du monde islamique. Cette implantation réussie du catholicisme à Java fut, bien sûr, le fruit de ce que les missionnaires jésuites « donnaient à croire » et que l’on peut appréhender au travers des nombreux écrits (lettres, souvenirs, articles de revues) qu’ils ont laissés. Mais, dans une société très peu alphabétisée où les barrières de langue demeuraient considérables, ce qu’ils « donnaient à voir » joua également un rôle majeur.
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- 1 L’auteur tient à remercier Hélène Njoto pour sa relecture attentive et ses conseils avisés.
1Au tournant du vingtième siècle, abandonnant les centres urbains de la colonie néerlandaise, une poignée de missonnaires jésuites s’installèrent dans l’arrière-pays javanais. Sur ces terres réputées musulmanes, la Compagnie de Jésus fut à l’origine d’un étonnant succès. Marchant sur les traces des missionnaires protestants, ses représentants parvinrent, en quelques décennies, à implanter solidement leur religion en terre d’islam. De quelques centaines au début du siècle, le nombre de catholiques javanais atteignit près de 80 000 en 1939 (ils sont aujourd’hui près de deux millions), un cas sans équivalent à l’échelle du monde islamique.
- 2 Voir en particulier, Karel Steenbrink, Catholics in Indonesia 1808-1942, A documented history, Volu (...)
2Cette implantation réussie du catholicisme à Java fut, bien sûr, le fruit de ce que les missionnaires jésuites « donnaient à croire » et que l’on peut appréhender au travers des nombreux écrits (lettres, souvenirs, articles de revues) qu’ils ont laissés2. Mais, aspect moins étudié, ce qu’ils « donnaient à voir » eut certainement son importance, dans une société très peu alphabétisée où les barrières de langue demeuraient considérables.
- 3 Volker Küster, Karel Steenbrink & Rai Sudhiarsa, “Christian Art In Indonesia”, in Jan Sihar Ariton (...)
- 4 Selon la belle expression des coordinateurs du dossier des ASSR, « La force des objets – Matières à (...)
- 5 En 1889, fut créée aux Pays-Bas une congrégation dédiée à la récolte de fonds pour la mission Saint (...)
3Il ne sera pas question ici de dresser un inventaire complet de cette culture matérielle de la mission jésuite, un travail qui demeure d’ailleurs à faire car fort peu d’études se sont intéressées à l’architecture et à l’art sacré chrétien3. Mon propos sera plutôt d’inscrire ces expressions visuelles, « attaches tangibles de l’intangible »4, que l’on peut suivre à travers le bulletin missionnaire Claverbond, dans une réflexion plus globale sur les modalités de l’insertion des catholiques dans l’univers javanais5.
4Dans les deux premières décennies du siècle apparut, en effet, un hiatus entre l’hommage à la javanité sur lequel reposa la réussite de la stratégie missionnaire pour ce que l’on donnait à croire, et l’esthétique toute européenne que donnait à voir les bâtiments dont les jésuites parsemèrent le paysage. Cet écart renvoyait, nous le verrons, à la double fonction de la mission, à la fois religieuse et éducative. Mais il tenait aussi aux contraintes de l’universalisme auquel aspirait le catholicisme romain et, partant, à la prudence de la hiérarchie des Indes néerlandaises à s’éloigner du modèle européen dominant. À partir du début des années 1920 toutefois, l’émancipation progressive d’une première génération de catholiques javanais, encouragée par les jésuites, ainsi que l’indigénisation du clergé, recommandée par Rome, commencèrent à produire leurs effets. L’évolution toucha d’abord la statuaire et l’art chrétien et s’inscrivit dans un mouvement mondial dont témoigna l’exposition d’art missionnaire du Latran, organisée sous le patronage de Pie XI en 1925. Puis, au cours des années 1930, cette prise en compte de la javanité s’étendit progressivement à l’architecture, rendant visible aux yeux de tous cette Église nationale qui s’annonçait.
- 6 Denys Lombard, Le Carrefour javanais, Édition de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, vo (...)
- 7 Précontraintes dont l’étude, mise à l’honneur par Claude Lévi-Strauss et Roger Bastide, a été prolo (...)
5Ces hésitations esthétiques, dont nous allons suivre la trace, ne tenaient pas qu’aux missionnaires : partagés entre leur aspiration à une modernité occidentale, identifiée comme le nouvel universalisme dominant, et le désir de voir célébrer les particularismes de leur culture, les nouveaux convertis étaient eux-mêmes tiraillés entre des attentes quelque peu contradictoires. Le statut doublement minoritaire du catholicisme aux Indes néerlandaises – branche cadette d’un christianisme qui demeurait marginal – et surtout les longues décennies d’une errance stérile face à la « forteresse musulmane », avaient développé, chez les jésuites, une acuité toute particulière quant au fragile équilibre à trouver entre ces deux horizons. Toutefois, pour incarner collectivement cette promesse de relier deux univers si différents, la Compagnie se devait de la rendre visible aux yeux de tous. Le « carrefour javanais » était depuis longtemps coutumier des processus de négociations identitaires et de ses mises en scène : tout au long du XIXe siècle, le monde des priyayi avait excellé dans des stratégies d’extraversion, mêlant influence coloniale et affirmation javanaise, que ce soit dans l’architecture, l’habillement et le mode de vie6. S’agissant d’un ordre religieux dont le registre stylistique était par définition contraint, les marges de manœuvre étaient plus limitées et une distinction très nette – reflet des tensions évoquées plus haut – fut donc établie entre enseignement et savoir scientifique d’une part et expressions artistique et architecturale de l’autre. Les premiers rendirent très tôt hommage à un univers spirituel javanais, les secondes ancraient clairement les jésuites dans une modernité coloniale. Bénéfique au début du vingtième siècle, le décalage entre ces déclinaisons d’un prosélytisme hybride, à la fois esthétique et théologique, perdit peu à peu de sa pertinence. Les « précontraintes de la matière symbolique »7 sous-tendant les syncrétismes et bricolages religieux qui avaient conduit à une inculturation précoce du croire, durent bientôt se rendre visibles aux yeux des convertis.
L’hommage à la javanité ou la « science jésuite de l’Autre »8
- 8 Selon l’expression de Jean Lacouture, Jésuites, une multibiographie, Tome 2, Les revenants, Seuil, (...)
- 9 Pour une description des ressorts de la mission jésuite à Java-central, on se permettra de renvoyer (...)
- 10 Thomas Banchoff et José Casanova (eds.), The Jesuits and Globalization: Historical Legacies and Con (...)
- 11 Sur les efforts de Nobili et de Ricci pour se rapprocher des univers hindouiste et bouddhiste tout (...)
- 12 Cf. M.P.M. Muskens, Partner in Nation Building. The Catholic Church in Indonesia, Missio Aktuell, V (...)
- 13 Cette citation et celles qui suivent sont extraites d’un manuscrit inédit dont une version dactylog (...)
- 14 Ibid. p. 37.
- 15 Lettre de Hoevenaars à Mgr Hellings, Mendut 23 septembre 1900, cité par Maryse Kruithof, ‟Shouting (...)
6En quittant les grandes villes coloniales pour entrer au contact des Javanais musulmans, plusieurs membres de la Compagnie, au premier rang desquels le père Franciscus van Lith (1863-1926), plus tard considéré comme « l’apôtre de Java », s’émancipèrent du conformisme missionnaire alors en vigueur. Avec une étonnante audace liturgique et théologique, ils parvinrent à prendre place dans un univers spirituel dont ils se gardèrent de bousculer les fondements9. Les remarquables résultats qu’ils obtinrent dans ce qui avait longtemps été considéré comme l’une des forteresses imprenables de l’islam sunnite, leur conférèrent une surprenante liberté vis-à-vis de leur hiérarchie. Bien loin de la fameuse « querelle des rites », close en 1704 par la condamnation de la doctrine de l’accommodation par le pape Clément XI, les innovations de Van Lith et de ses compagnons bénéficièrent d’une étonnante mansuétude de Rome. « L’attention aux circonstances locales et l’affirmation des singularités positives des cultures rencontrées », caractéristiques de l’approche missionnaire de la Compagnie10, furent ici, en bien des points, plus audacieuses que celles de leurs lointains prédécesseurs Matteo Ricci (1552-1610) en Chine et Roberto de Nobili (1577-1656) en Inde11. Consacré par le baptême collectif de 170 Javanais à Sendangsono, en 1904, qui marqua les véritables débuts du catholicisme javanais, le patient travail d’approche de Van Lith, les longues années consacrées à une connaissance profonde et respectueuse de la culture javanaise qui lui avaient valu le cœur, puis l’âme des habitants, firent de son audace théologique et pastorale, attentive à la continuité de l’univers spirituel dans lequel il inscrivait son prosélytisme, un modèle célébré par la mission jésuite12. Pendant près de sept ans en effet – il s’était installé à Muntilan en 1897 – le jésuite n’avait quasiment baptisé personne, s’imprégnant de cette spiritualité javanaise composite dans laquelle l’islam, officiellement professé par l’ensemble de la population, n’était qu’un élément parmi d’autres. À l’inverse de son concurrent Petrus Hoevenaars, un autre jésuite installé à Mendut, à quelques kilomètres de là, qui prônait une assimilation culturelle totale des nouveaux convertis, Van Lith, remarquant « que lorsqu’un Javanais adoptait la religion chrétienne, ses compatriotes, aussi bien les plus modestes que les maîtres, lui reprochaient d’avoir cessé d’être javanais, parce qu’il a rompu le lien avec l’adat javanais », proposa de tolérer chez les nouveaux convertis certains éléments de cette culture à qui il déniait le statut de religion13. Contre la plupart de ses collègues missionnaires, il refusa de condamner la participation des chrétiens javanais aux slametan, ces banquets communautaires au cours desquels étaient rassemblées des offrandes au danyang desa, « cet esprit gardien du village, dont viennent toutes les bénédictions ». S’y opposer frontalement revenait pour lui « à jeter un seau d’eau froide sur le corps » des Javanais. Il proposait plutôt, pour « une question de tactique », d’inciter à une évolution de la cérémonie, que « le dieu du village en devienne le saint patron » et que les « prières arabes accompagnant l’événement deviennent des prières chrétiennes ». Van Lith acceptait l’assimilation de certaines divinités hindoues ou locales à des personnages bibliques, comme par exemple, nous y reviendrons, l’équivalence suggérée entre Dewi Sri, déesse du riz et de la fécondité, et la Vierge Marie. Enfin, il considérait que l’identification du Christ au Ratu Adil, le Roi de justice des mouvements millénaristes javanais, pouvait constituer « une magnifique amorce pour l’annonce de la bonne nouvelle de la venue de Jésus-Christ ». Cette ouverture à la culture javanaise et ses spiritualités s’étendait aux domaines artistiques. Les spectacles de wayang et de danses (tayuban) qui accompagnaient les cérémonies lui semblaient ainsi pleins de promesses. La dimension sacrée de la danse javanaise en particulier, la rendait « beaucoup plus susceptible d’améliorations et d’une utilisation dans un but plus noble » que les danses européennes14. À l’inverse, son confrère Hoevenaars se refusait catégoriquement à envisager toute adaptation culturelle au service de son prosélytisme : « L’an dernier il y avait des représentations de théâtre d’ombres (wayang), mais si nous voulons voir le royaume céleste, on peut tout aussi bien visiter les bars » écrivait-il ainsi au vicaire apostolique, en septembre 190015.
- 16 La régence, période d’apprentissage plus pratique, se poursuivait sur l’île, au sein des établissem (...)
- 17 Van Lith suggéra même aux Javanais de « bouter le malais hors des écoles » et de « brûler les journ (...)
- 18 J.B. Soedarmanta, Politik Bermartabat. Biografi I.J. Kasimo, Jakarta, Penerbit Buku Kompas, 2011, p (...)
- 19 Ibid. p. 45.
- 20 Anton Haryono, Awal mulanya adalah Muntilan, op. cit., p. 95.
7L’indéniable succès de Van Lith qui, après le baptême collectif de 1904, transforma Muntilan en un établissement scolaire catholique réputé, inaugura une approche missionnaire dans laquelle la double appartenance au catholicisme et au javanisme était, de fait, tolérée. Assez tôt, et bien plus que leurs concurrents protestants ou leurs confrères et consœurs d’autres ordres catholiques, les jésuites s’efforcèrent, par leur connaissance de la langue, des arts et de la culture javanaise, de se situer en intermédiaires entre la société de leur apostolat et cette modernité coloniale à laquelle leur enseignement donnait accès. À Muntilan, dès les années 1910, les scolatisques de la Compagnie venus des Pays-Bas étudier sous la férule de Van Lith, devaient consacrer à la langue et à la culture javanaise une part importante de leur formation. Plus tard, en 1925, l’installation à Yogyakarta d’une Maison de la philosophie au sein du complexe Saint Ignatius, permit aux futurs membres de la compagnie de suivre la première partie de leur formation dans la ville princière et aux candidats hollandais de débuter leur apprentissage linguistique16. L’insistance sur l’usage du javanais – le malais, langue de l’islam, était quant à lui largement ignoré – à égalité avec le néerlandais, était une particularité des établissements jésuites17. Van Lith, qui lui-même enseignait le hollandais, avait l’habitude de dire à ses élèves que la maîtrise de la langue du colonisateur était certes nécessaire pour trouver du travail mais que leur langue maternelle devait demeurer celle de la culture18. Lors des discussions informelles qu’il avait avec ses pupilles, il illustrait volontiers ses arguments par des exemples tirés des adaptations javanaises des grandes épopées indiennes19. L’un de ses confrères, le père Van Driessche, présent à Yogyakarta à partir de 1914, était sans doute l’un des meilleurs javanisants de la mission, réputé pour sa maîtrise du kromo (le plus haut niveau de langue), pour ses références aux « sagesses » (kearifan) locales et son intérêt pour les tembang (poèmes chantés) javanais qu’il déclamait volontiers devant des auditoires avertis20.
8Au sein de la mission catholique, cette conscience aiguë de leurs talents dans ce domaine se mua parfois en un sentiment de supériorité à l’égard de leurs confrères moins bien formés. En 1925, le père Jos van Baal s’inquiétait ainsi des conséquences du transfert de la gestion de plusieurs établissements scolaires de Muntilan aux Frères de Maastricht, et préconisait de conserver sur place plusieurs pères jésuites :
- 21 Lettre aux autorités jésuites à Rome, Yogyakarta, 18 mars 1925, Archives jésuites de Rome.
« Concernant l’éducation de la jeunesse javanaise, je me rends compte que nous pouvons mieux faire que les Frères. La plus grande part de notre succès doit être attribuée au fait que nos personnels ont mieux compris les penchants naturels, les coutumes et les mœurs des gens du cru et qu’ils sont capables de s’en accommoder en sacrifiant leur “caractère européen”. Ce dernier point est indispensable pour la mission de Java afin que les nôtres, sans relâche, s’efforcent de pénétrer et “faire leur” le mode de pensée javanais /…/ Ils ne sont guère nombreux ceux qui y parviennent et transforment cette compréhension en actions, de même qu’ils ne sont pas nombreux ceux qui, à la mission, sont capables d’intervenir directement en milieu javanais »21.
- 22 Claverbond, volumes annuels : 1925, p. 132-144 ; 1926, p. 168-177 ; 1928, p. 266-273 ; 1929 : p. 81 (...)
- 23 Claverbond, volumes annuels : 1926, p. 278-280 ; 1928, p. 71-77 ; 1932, p. 50-56 ; 1927, p. 269-273
9Cette attention à la culture javanaise se transforma progressivement en savoir organisé. D’abord empirique et toute entière tournée vers la justification missionnaire – à l’image des écrits de Van Lith – la connaissance se présenta, à partir des années 1920, sous un jour plus neutre, plus descriptif. La revue Claverbond publia de plus en plus fréquemment des articles des pères jésuites consacrés aux coutumes javanaises. Dans un premier temps sur des sujets exotiques et relativement anodins du point de vue missionnaire, comme les danses, les vêtements traditionnels, le wayang ou le gamelan22. Puis, dans un second temps, sur des thèmes témoignant d’un investissement croissant des jésuites dans la vie spirituelle locale : l’art de déterminer les jours propices dans le calendrier javanais, les diverses sciences religieuses javanaises (ngelmu Jawa, ngelmu tuju, ilmu rasa) ou encore les arts divinatoires (takhayul Jawa)23.
- 24 D’un abord difficile mais demeurant une référence, la thèse de Zoetmulder a été éditée et traduite (...)
- 25 Frans J. Verstraelen, « Protestant and Catholic missions in Java », in Carine Dujardin and Claude P (...)
10À partir des années 1930, les travaux de Piet Zoetmulder (1906-1995) conférèrent une dimension plus académique à ce savoir jésuite. Arrivé en 1925 comme novice à Yogyakarta, il profita de ses années d’études au séminaire de Kotabaru pour étudier, outre la philosophie générale, la langue et la culture javanaise. En 1931, il retourna aux Pays-Bas pour rédiger une thèse consacrée aux « Panthéisme et monisme dans la littérature suluk javanaise ». Soutenue à l’Université de Leiden en 1935, ce monument d’érudition polyglotte comparait les grands textes versifiés du mysticisme javanais aux principaux auteurs de ce courant dans l’hindouisme et dans l’islam. Il constituait une défense vigoureuse de ces traditions, soupçonnées de brouiller voire d’abolir la frontière entre Dieu et les hommes24. Reprenant une tradition catholique portée, entre autres, par Louis Massignon, Zoetmulder exonérait ainsi le grand maitre soufi persan Al-Hallaj des accusations qui lui avaient valu d’être exécuté pour hérésie en 922. Dans ses analyses des principaux textes de la littérature suluk, le jésuite relevait la pression de l’immanence dans des œuvres comme la Serat Centini ou la Seh Bari et recensait les passages relevant d’un monisme radical – proche des grands mystiques hindous – dans des textes comme la Suluk Samsu Tabarit ou encore la Serat Siti Jenar. Mais il soulignait que dans ces textes, la différence de nature entre humain et divin demeurait. À bien des égards, mais sous une forme beaucoup plus scientifique, ce travail s’inscrivait dans la lignée des intuitions de Van Lith : en proposant une vision du mysticisme javanais beaucoup plus positive que celle des missionnaires protestants, il espérait inscrire le catholicisme dans une continuité spirituelle dans laquelle il pourrait, à terme, se substituer à l’islam25.
L’architecture catholique dans les premières décennies du vingtième siècle : les ressorts d’une esthétique purement européenne
11En contraste avec les audaces théologiques et leur hommage à la javanité, le registre architectural de la mission jésuite demeura longtemps très en retrait. Jusque dans les années 1930, la volonté de marquer le paysage, en limitant au strict nécessaire les adaptations au style de construction local, domina. Églises et bâtiments ecclésiastiques signalaient, dès que les moyens de la mission le permettaient, des enclaves européennes surplombant la campagne ou les quartiers alentours.
Les symboles d’une modernité éducative
- 26 La plupart de ces bâtiments avaient d’ailleurs été édifiés sans l’autorisation du supérieur général (...)
12En 1898, à Muntilan, Franciscus van Lith avait fait construire, selon les techniques locales, une première église qui – était-ce volontaire ? – pouvait être confondue avec une mosquée (fig. 1). Mais lorsque ses succès lui donnèrent accès à d’importants financements, il se lança dans d’imposants travaux dans lesquels on serait bien en peine de trouver trace de cette culture javanaise qu’il glorifiait par ailleurs : une nouvelle église fut inaugurée en 1914 (fig. 2). Des bâtiments voués à l’enseignement commencèrent à être édifiés dès 1910 et l’ensemble du complexe fut achevé au début des année 1920 (fig. 3) 26.
Fig. 1 – Franciscus van Lith en 1903 devant la première église de Muntilan (source : Claverbond, 1920)
Fig. 2 – L’église du collège de Muntilan édifiée en 1914. Photographie extraite d’une brochure sur les missions hollandaises, présentée par la « Rotterdamsche Lloyd » (source : Yogyakarta 1925, Archives Jésuites de Rome)
13De facture européenne, seuls bâtiments en pierre à des lieues à la ronde, imposants par leur dimension et leur austérité, ces édifices signalaient tout à la fois le prestige et la rigueur de l’éducation catholique. Ce premier ensemble constitua un modèle, reproduit en plusieurs endroits de Java central, au fur et à mesure de la progression de la mission jésuite. À Mendut, une station missionnaire proche de Muntilan où Van Lith avait fait venir les sœurs franciscaines de Heijtuijsen pour éduquer les jeunes filles javanaises, un imposant complexe fut édifié à partir de 1908. En 1919, il accueillait plus de 250 jeunes pensionnaires, scolarisées en hollandais. Plus au nord, sur la route de Semarang, le complexe d’Ambarawa, inauguré en 1924, rassemblait sur un même terrain une autre école des sœurs franciscaines de Heijtuijsen (à gauche de l’église sur la photographie aérienne) et le collège jésuite Saint-Joseph (à droite).
- 27 Ces recherches d’hybridation furent d’abord réalisées à l’initiative des souverains javanais, bien (...)
14Comme on peut le voir, et bien que ces complexes n’accueillaient que des enfants javanais, quasiment aucune concession n’était faite à cette javanité pourtant célébrée par les jésuites, en dehors de quelques menus aménagements liés au climat. Plusieurs considérations pouvaient expliquer ce manque d’audace architecturale alors, qu’ailleurs, des expérimentations d’hybridation dans l’architecture de commande européenne étaient déjà en cours27. La première tenait au rapport entretenu par les jésuites avec les communautés européennes, principaux financeurs de ces projets immobiliers, que ce se soit dans la colonie ou la métropole. En majorité conservateurs et peu au fait des ouvertures théologiques et liturgiques de la mission jésuite à la javanité, ces milieux considéraient la religion catholique comme indissociable de cette civilisation occidentale que l’on devait apporter aux Indes. Les membres de la Compagnie, eux-mêmes divisés sur ce sujet, pouvaient craindre que l’enthousiasme des donateurs quant à la construction de nouvelles églises ne soit moindre si l’on s’éloignait trop de l’architecture européenne.
15La seconde raison tenait à la double nature de la mission évoquée plus haut : si l’attrait pour un catholicisme situé avait bien contribué à son succès dans les campagnes javanaises et participé de la construction d’un récit dans lequel une partie des priyayi, désireux de tenir les exigences de l’islam réformiste à distance, se retrouvaient, ces derniers étaient avant tout attirés par les opportunités éducatives offertes par les jésuites.
16Engagés plus tardivement que leurs concurrents protestants dans l’entreprise missionnaire, les bons pères avaient su profiter pleinement du nouveau cours que prit la politique éducative coloniale au tournant du siècle. En 1907, le gouvernement des Indes néerlandaises avait entièrement réorganisé les établissements qu’il gérait selon un système dual. Pour la grande masse des Javanais, on créa des écoles de villages (desascholen également appelées écoles du peuple, volkscholen). À une étroite élite, désireuse de faire profiter ses rejetons des nouvelles opportunités qu’offrait le développement de l’administration et du commerce, on proposa un cursus complet en néerlandais progressivement mis en place dans les années 1910 : écoles primaires (HIS, Hollandsch-Inlandsche Scholen, écoles hollando-indigènes), collèges (MULO, Meer Uitgebreid Lager Onderwijs, écoles primaires complémentaires) où les Javanais rejoignaient Chinois et Européens, et enfin des lycées (AMS, Algemeene middelbare scholen, écoles secondaires générales), destinés à préparer l’entrée à l’université.
- 28 Karel Steenbrink, Catholics in Indonesia, vol. 2, op. cit. p. 379.
17Bien que limitées à l’échelle de Java (et plus encore à celle de l’Archipel), ces réformes du gouvernement colonial furent déterminantes pour l’influence jésuite. Les bons pères surent habilement tirer parti de ce système dual et, à partir des années 1910, leurs efforts missionnaires en épousèrent progressivement les contours. Les marges spirituelles de la ruralité javanaise avaient formé le berceau du catholicisme indigène grâce aux écoles de villages, collèges et lycées qui lui permirent d’investir un milieu urbain et élitiste et lui conférèrent bientôt un nouveau visage. À Muntilan, Franciscus van Lith comprit très tôt tout le profit qu’il pouvait tirer des réformes de la politique éthique : alors que le but premier des écoles missionnaires était de former des catéchistes, il choisit très tôt d’inscrire son action dans les plans d’éducation du gouvernement et envoya certains de ses catéchistes préparer un diplôme de professorat (kweekeling). Cette formation permettait de percevoir un salaire du gouvernement pour enseigner dans les écoles de villages et rendait ces mêmes écoles éligibles aux subventions publiques28. En 1905, grâce aux fonds reçus de Buitenzorg, le jésuite put transformer son modeste établissement de Muntilan en Kweekschool-A, une école normale de langue javanaise pour professeurs-assistants. Cette première étape lui permit d’ouvrir six écoles missionnaires dans les villages alentours (des desascholen), toutes subventionnées puisque les jeunes diplômés de Muntilan y enseignaient. Poursuivant ses efforts, il entreprit de fonder une Kweekschool-B, une école normale formant, cette fois, des professeurs capables d’enseigner en néerlandais.
- 29 Rapport de la visite apostolique du père Isodoro Vogels, Praep. Prov. Neerlandicae 30 septembre 191 (...)
18En 1911, la visite du supérieur de la province jésuite de Hollande, le père Vogels, consacra la réussite de cette stratégie. Impressionné par les « bons et solides édifices du collège » et surtout par la prise en charge de l’essentiel des dépenses par le gouvernement colonial – les deux tiers de la construction et la totalité du fonctionnement de l’école –, il rédigea un rapport extrêmement favorable à Rome29. Sur la base de cette recommandation, la kweekschool de Muntilan fut élevée par le général de la Compagnie au rang de collège jésuite et reçut, comme il se doit, le nom de Collège Xavierus. Fort de cette reconnaissance et grâce aux excellentes relations qu’il entretenait avec le gouverneur général, A.W.F Idenburg (1909-1916), qui visita en personne l’établissement, le collège obtint sa qualification comme kweekschool-B en 1912, un label qu’il fut le premier établissement privé des Indes néerlandaises à recevoir.
- 30 Anton Haryono, Awal mulanya adalah Muntilan, op.cit., p. 87.
- 31 Floribertus Hasto Rosariyanto, S.J., Father Franciscus Van Lith, S.J. : Turning Point of the Cathol (...)
19À cette date, le complexe de Muntilan rassemblait, outre les deux écoles normales qui formaient le collège Xavierus, une Hollandsch-Inlandsche School (HIS, école primaire pour indigènes en hollandais) et plusieurs écoles de villages. L’ensemble accueillait près de cinq cents jeunes garçons, dont cent cinquante internes30. Pour compléter ce dispositif et s’assurer que leurs élèves, convertis dans leur immense majorité, puissent fréquenter des jeunes filles catholiques, les jésuites avaient invité, en 1908, les sœurs franciscaines de Heythuisen à venir s’installer à Mendut. Dans l’ancien fief de Petrus Hoevenaars, les sœurs attirèrent, grâce à un enseignement dispensé en hollandais, les jeunes Javanaises de bonne famille dont les opportunités d’éducation étaient jusque-là très limitées. En 1916, elles ouvrirent, en plus de l’école primaire, une école normale de jeunes filles. En 1919, les deux établissements comptaient déjà deux cent cinquante élèves scolarisées en hollandais31.
- 32 Le vorstenlanden de Yogyakarta ne comptait ainsi, en 1917, que deux HIS rassemblant 422 élèves (pou (...)
- 33 En 1911, dans son rapport de visite apostolique le père Isodoro Vogels, visiblement très influencé (...)
- 34 Karel Steenbrink, Catholics in Indonesia, A documented history, volume 2, op. cit. p. 389.
20Offrant de précieuses opportunités d’éducation aux familles souhaitant voir leurs enfants – du moins les garçons – embrasser les carrières liées au développement de l’administration et de l’économie coloniale, les établissements de ce type étaient rares dans la région32. Un changement important dans la sociologie du catholicisme naissant s’ensuivit : attirées par le prestige de ces pensionnats jésuites, de nobles et riches familles des villes alentours (Yogyakarta, Solo, Klaten et Magelang) commencèrent à envoyer leurs rejetons à Muntilan et à Mendut où ils étaient d’autant mieux reçus que les frais de scolarité relativement élevés de ces écoles ayant le hollandais pour langue d’enseignement limitaient leur développement33. Progressivement, grâce aux efforts du père Henri van Driessche (sj), la Compagnie put même étendre ses activités au cœur de la principauté (vorstenlanden) de Yogyakarta ce qui leur était interdit jusque-là. Enseignant à Muntilan depuis 1912, cet excellent javanisant – il avait grandi à Surabaya – allait régulièrement visiter les familles de ses élèves dans la capitale princière. En 1919, il s’installa définitivement en ville avec l’autorisation du sultan34. Avec l’aide d’un autre jésuite, le père Frans Sträter, il parvint en quelques années à faire croître la petite communauté catholique indigène de la principauté et à pénétrer les milieux palatins. En 1923, consacrant l’installation des jésuites au cœur de la principauté de Yogyakarta, débuta la construction du collège Saint Ignace, un imposant complexe de style colonial qui accompagna l’essor du nouveau quartier de Kotabaru, au nord-est de Yogyakarta.
De nouvelles églises paroissiales
21La spectaculaire augmentation du nombre de catholiques à Java central, au cours des deux décennies qui précédèrent l’invasion japonaise, entraîna la construction ou la reconstruction d’une quinzaine d’églises et posa la question du style à adopter avec une acuité nouvelle. Dans les bourgs modestes, nombre d’entre elles succédaient à de modestes bâtiments en bois et étaient parfois coiffées de simples toitures de palme que rien, hormis une croix souvent discrète, ne distinguaient des demeures villageoises qui les entouraient.
- 35 Selon l’expression du jésuite J.J. Hoevenaars. Lettre au provincial, Semarang, 27 janvier 1914, Arc (...)
22En ville, les premières paroisses indigènes – distinctes des rares lieux de cultes européens – avaient généralement investi des bâtiments existants : de simples hangars le plus souvent, des édifices plus prestigieux parfois, comme à Yogyakarta où une première église javanaise avait été inaugurée en 1922 dans les locaux de l’ancienne loge maçonnique Mataram marquant une victoire très symbolique sur les « frères trois-points » honnis des jésuites35.
23La plupart des nouvelles constructions demeuraient fidèles au concept inauguré par les grands complexes mentionnés plus haut, quand bien même elles ne remplissaient aucune fonction d’éducation. De plan et de facture européenne, elles ne présentaient que de modestes adaptations à la culture locale, là encore principalement pour des raisons d’adaptation au climat (auvent devant le porche, toits superposés pour une meilleure aération, clochers à toits débordants…) à l’image des églises de Kalasan, de Medari ou de Mlati.
24À l’évidence, la volonté de construire des édifices immédiatement identifiables comme étant chrétiens, afin de se distinguer visuellement des autres religions, primait sur toute autre considération. Un dessin paru en plusieurs occasions dans Claverbond, en en-tête d’articles sur Java, rappelait l’attachement jésuite à ce bon ordonnancement des esthétiques.
- 36 Jan Sihar Aritonang, Karel Steenbrink (eds), A History of Christianity in Indonesia, op. cit. p. 70 (...)
25Les responsables de la mission (le vicaire apostolique et le superior missionis) exprimèrent d’ailleurs clairement cette exigence lorsque la famille Schmutzer leur présenta, en 1924, un projet de construction d’une église sur leur plantation de canne à sucre à Ganjuran, à une vingtaine de kilomètres au sud de Yogyakarta. Joseph et Julius Schmutzer, les deux frères qui avaient repris l’exploitation familiale au début des années 1910, étaient de fervents catholiques36. À partir de 1919, ils ouvrirent plusieurs écoles dans les environs et firent venir des diplômés de Muntilan pour y enseigner. En 1920, Julius épousa Caroline, une jeune infirmière, sœur cadette du jésuite Leopold van Rijkervorsel. Elle fonda peu après un dispensaire sur la plantation. Le nombre de catholiques augmenta et le besoin d’un lieu de culte se fit ressentir. Les plans de l’église que les Schmutzer voulaient édifier s’inspiraient ouvertement des constructions javanaises. Cependant, les autorités ecclésiastiques, effrayées par la nouveauté du projet, en limitèrent l’ambition et imposèrent une église de facture beaucoup plus classique.
Fig. 12 – Inauguration de l’église construite par la famille Schmutzer à Ganjuran en août 1924, en présence du Vicaire apostolique de Batavia, Mgr. J.M. van Velsen (source : Claverbond, 1934)
Les ressorts politiques d’une lente javanisation de l’art chrétien
- 37 Une première version de cet autel fut envoyée à l’exposition d’art sacré qu’organisa le Pape Pie XI (...)
- 38 Gregorius Utomo, The Church of the Sacred Heart of Jesus at Ganjuran. Yogyakarta, Unggul Jaya, 2011 (...)
26L’initiative de la famille Schmutzer ne demeura cependant pas sans lendemain. Mieux ancrés dans le paysage local et moins contraint par les rigidités de l’universalisme romain, ces laïcs jouèrent un rôle important dans la reconnaissance catholique de l’art javanais. Joseph Schmutzer se passionna même pour la question et fit réaliser de nombreuses sculptures mêlant les deux univers. À l’intérieur de l’église, il installa un autel décoré de motifs typiquement javanais et sur lequel trônaient deux statues d’anges dont la silhouette s’inspirait des danseurs de wayang wong 37. L’initiative reçut, cette fois, l’approbation de la hiérarchie catholique puisque le vicaire apostolique de Jakarta, Mgr van Velsen, vint en personne consacrer l’église et bénir cet autel, toujours en place de nos jours38.
- 39 Karel Steenbrink, Catholics in Indonesia, A documented history, vol. 2, op. cit. p. 397.
- 40 Merle C. Ricklefs, Polarising Javanese Society, op. cit. p. 122.
27Encouragés par cette reconnaissance, les Schmutzer se firent plus audacieux et, en 1927, ils édifièrent un petit temple, à côté de l’église. Construit dans le style caractéristique des candi hindo-javanais, il accueillit une statue représentant le Christ en roi javanais, le doigt pointé sur son cœur. À sa base, une plaque de cuivre, portant la mention « même si ce temple est un jour détruit, le Christ Roi demeurera toujours à Ganjuran », situait le sanctuaire à la croisée de deux traditions. Elle célébrait le projet d’une royauté chrétienne universelle que venait de revivifier l’encyclique Quas primas (instituant la fête du Christ Roi) tout en l’inscrivant dans le temps long de l’histoire javanaise. Selon une légende locale, c’était en effet à Ganjuran qu’une voix divine avait assuré à Senopati, fondateur de la dynastie de Mataram, qu’il règnerait sur Java39. Dans les années qui suivirent, le complexe de Ganjuran devint rapidement un lieu de pèlerinage fréquenté, dont l’audience dépassa la seule communauté catholique. Légitimé par ce succès, le sanctuaire fit l’objet, dans les décennies qui suivirent, de plusieurs réaménagements qui le rapprochèrent du plan prévu à l’origine. Les bas-reliefs du projet initial, représentant un chemin de croix dans un style hindo-javanais, furent installés en 1997. Après la destruction de la première église, lors du tremblement de terre de 2006, un nouvel édifice fut reconstruit, dans le style joglo, comme le souhaitaient les Schmutzer 40.
- 41 Schmutzer J. (dr) Ten Berge J.J - S.J, Européanisme ou catholicisme, Louvain, De Vlaamsche drukkeri (...)
28Poursuivant ses recherches, Joseph Schmutzer publia, en 1929, avec le père jésuite Jan J. Ten Berge, fervent partisan d’une « adaptation artistique » du christianisme, un ouvrage richement illustré de photographies et de dessins originaux de cet art javano-chrétien naissant41. Témoignant d’un
long compagnonnage avec les sculpteurs qu’il employait, le livre proposait une intéressante réflexion sur la manière d’inscrire le christianisme dans des références artistiques et architecturales javanaises.
Fig. 16 – J. Schmutzer et Iko, l’un des sculpteurs, posent devant quelques exemples d’art chrétien (source : Schmutzer et Ten Berge, 1929)
- 42 Schmutzer et Ten Berge, Européanisme ou catholicisme, op. cit., p. 59.
- 43 Ibid, p. 60-62.
29Glorifiant le passé hindouiste « d’une race que l’islam mal assimilé avait à peine enrichie », Schmutzer se disait persuadé de la nécessité d’accompagner la naissance d’un art javanais chrétien, s’inspirant « des grandioses créations artistiques par lesquelles les anciens princes hindous avaient exprimé leur sentiment religieux »42. À l’instar des jésuites héritiers de Van lith qui avaient parrainé l’entrée en politique de leurs jeunes pupilles, Joseph Schmutzer était persuadé de l’urgence de débarrasser l’église catholique javanaise de son statut infamant de fille de la colonisation. Constatant que « la génération montante, à tendance nationaliste, appréciait de plus en plus les œuvres d’un grand passé » il remarquait, au contraire, que la jeunesse catholique « saturée de principes de science européenne dans les écoles de la mission », se « tenait complètement à l’écart de tout mouvement artistique » et ne « semblait même pas songer à la possibilité de puiser jamais une inspiration artistique religieuse dans les trésors d’architecture et de plastique amoncelés dans les constructions telles que le Boroboedoer, le Tjandi Mendoet et les temples de Prambanan »43.
- 44 Gerry van Klinken, Minorities, Modernity and the emerging nation, op. cit. p. 54.
30Cet encouragement à une javanisation de l’art revêtait une dimension éminemment politique, en rendant visible aux yeux de tous le patient travail d’éducation et de mobilisation entrepris depuis des années par le beau-frère de Joseph Schmutzer, Leopold van Rijkervorsel. Avec plusieurs pères de la Compagnie, ce dernier s’était efforcé de diffuser, auprès de la jeunesse catholique éduquée, la doctrine sociale de l’Église dont les encycliques fondatrices Rerum Novarum (1891) et Quadragesimo Anno (1931) avaient théorisé une certaine vision catholique du progrès, faite de méfiance à l’égard de toute modernité politique et de défense d’une société paternaliste et corporatiste44.
- 45 Sur la pensée politique de ce nationalisme aristocratique, voir Romain Bertrand, État colonial, nob (...)
31Le principe, défendu par l’Église, d’une hiérarchie naturelle, entrait en résonnance profonde avec les idéaux des nouveaux priyayi, dont bien des convertis étaient proches. À l’opposé d’une révolution sociale susceptible de remettre en cause leurs intérêts de classe, les partisans catholiques d’une émancipation progressive étaient, avec les encouragements des jésuites, désireux de voir consacré à Java le règne d’une aristocratie éduquée qui saurait puiser dans la tradition les ressorts de l’harmonie nécessaire à la conduite du peuple. Les penseurs de ce nationalisme aristocratique, comme Raden Sutomo (1888-1938), Raden Supomo (1903-1958) ou encore Raden Mas Noto Suroto (1888-1951), promouvaient un ordre social inégalitaire, seul garant à leurs yeux d’un équilibre entre microcosme et macrocosme45. Les dirigeants du catholicisme javanais trouvèrent dans le paternalisme volontiers autoritaire de la doctrine sociale, une justification chrétienne à ces propositions qui permettaient de tenir à distance et l’islam et le communisme. Ce projet, porté par l’Union catholique javanaise, une organisation née en 1923 à l’initiative des pères Léopold et Jan Van Rijckevorsel, s’était progressivement émancipé de la tutelle du Parti catholique (hollandais) des Indes. Ses conseillers jésuites l’encouragèrent dans cette voie et c’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les initiatives de Joseph Schmutzer, mécène d’un concordisme artistique destiné, lui aussi, à assurer l’intégration à long terme de la jeune Église.
32Inauguré par la statuaire, le processus de métissage se déplaça progressivement vers l’architecture au début des années 1930. Investir en ce domaine dans une hybridation signifiante religieusement – et allant donc bien au-delà de la simple adaptation – se heurtait à des obstacles pratiques (il fallait former des architectes) et surtout symboliques. Impossible à déplacer ou à cacher, une fois construite, une église engageait durablement la communauté catholique dont les financeurs, rappelons-le, se trouvaient en partie en métropole. Encore mal assumée, cette javanisation de l’architecture des églises procéda parfois de simples juxtapositions dont on se demande même si le signifiant était totalement maîtrisé. L’un des exemples les plus frappants à cet égard fut l’église de Bara, une station missionnaire des environs de Muntilan. Le plan proposé en 1929 – et à partir duquel les fonds furent levés – ne sortait pas d’un registre art-déco légèrement tropicalisé, alors en vogue dans la colonie (fig 16). Cependant une fois édifié au sommet d’une butte avec sa façade en escalier de forme oblongue et son clocher très effilé, il pouvait évoquer, vu de loin et de face, la forme d’un stupa ou d’un candi (fig 17).
- 46 “Een Katholiek Kerkgebouw in Javaanschen Stil?”, Claverbond, 1929.
33Les prémices d’une véritable réflexion sur une architecture catholique javanaise apparurent à cette époque dans les pages de Claverbond. En 1929, le jésuite néerlandais Hermanus Caminada sj (né à Rotterdam en 1902 et mort en avril 1944 dans un camp d’internement japonais) en posa les bases dans un article publié sous un titre (« Une église catholique de style javanais ? ») dont la forme interrogative témoignait du caractère expérimental. Il y préconisait l’utilisation du style joglo avec toutefois une diminution du nombre de poteaux, en dehors bien sûr, des quatre maître-piliers (« saka guru ») constituant le cœur de l’édifice46. Tout en reconnaissant que « des architectes javanais seraient mieux à même de traduire les sentiments de leurs compatriotes que des Occidentaux », il proposait quelques esquisses reposant sur l’emboîtement de deux pendopo de tailles inégales, le plus grand constituant la nef, l’autre, plus modeste abritant le chœur. Un double clocher assurant à l’ensemble une forte identité chrétienne complétait l’édifice surmonté de quatre croix.
34Quelques mois plus tard, Caminada passa à la pratique en dessinant les plans de la nouvelle église de Ngijon. Édifiée en 1931, cette dernière, ainsi que celle de Somohitan construite peu après, reprenait les plans de 1929 à l’exception du double clocher.
35À la suite des travaux de Caminada, plusieurs propositions furent publiées dans la Claverbond, à l’image de l’esquisse d’une imposante « église de village » signée par l’architecte J. Th. v. Oyen de Surabaya.
36La principale réalisation de ce style catholique javanais, caractérisé par un plan carré avec un clocher peu proéminent en position centrale, fut l’église du Sacré-Cœur de Pugeran, à Yogyakarta, inaugurée en grande pompe en 1935.
- 47 Volker Küster, Karel Steenbrink & Rai Sudhiarsa, “Christian Art In Indonesia”, op. cit.
37À l’image des dimensions de ces bâtiments, les références mobilisées prirent de l’ampleur et on évoqua désormais comme modèle le Bangsal Kencana (Pavillon doré) du palais du sultan à Yogyakarta 47.
- 48 Le vicariat apostolique de Batavia ne compta dès lors plus que vingt-deux mille fidèles (dont moins (...)
- 49 Endo Suanda, Agus Aris Munandar, Lono Lastoro Simatupang, Catalogue de l’exposition « Teruntuk sang (...)
38Plusieurs remarques peuvent être faites à propos de cette nouvelle édilité missionnaire reposant désormais sur un désir d’assimilation et non plus de différenciation. La première est qu’elle accompagna une indigénisation du clergé qui fut, bien plus que dans d’autres régions de l’Archipel, une préoccupation majeure pour les jésuites. L’un des premiers diplômés de Muntilan, Francis Xavier Satiman (1891-1941), suivit le long cursus proposé par la Compagnie de Jésus et devint, en 1926, le premier prêtre indigène de la colonie. L’ouverture d’un noviciat en 1922 à Yogyakarta (transféré en 1931 à Girisonta) accéléra le processus. En 1939, les jésuites comptaient déjà dans leurs rangs trente-six Javanais, prêtres ou scolastiques, et dix-sept frères coadjuteurs. En 1940, les autorités romaines décidèrent de diviser le vicariat apostolique de Batavia en deux entités distinctes afin de placer la grande majorité des catholiques javanais à l’abri des menaces qui se profilaient et ils nommèrent l’un d’eux, Albertus Soegijopranoto, sur le siège épiscopal de Semarang48. Comme l’avait pressenti Hermanus Caminada, cette indigénisation du clergé eut des effets immédiats sur l’esthétique proposée par la Compagnie. L’un des premiers jésuites javanais, Michael Reksaatmadja (1896-1954), compléta sa formation artistique lors de ses études de théologie à Maastricht, à la fin des années 1920, et devint l’un des pionniers d’un art liturgique hybride qui, à travers ces multiples réalisations (sculptures, illustrations, objets de cultes,…), marqua profondément la jeune Église49.
- 50 La double et stricte neutralité (vis-à-vis de leur patrie d’origine et vis-à-vis de tout engagement (...)
39Cette javanisation de l’esthétique du catholicisme n’alla pas sans tensions au sein des Indes néerlandaises. Au cours des années 1930, nous l’avons vu, des églises européennes continuèrent à être édifiées et celles de style javanais suscitèrent sans doute des réactions négatives : quelques mois après la publication dans Claverbond des photographies de l’inauguration de l’église de Ngijon, le magazine publia un projet d’ajout des clochers, prévus dans les plans initiaux de Caminada et une souscription fut lancée auprès des lecteurs hollandais. L’enjeu symbolique de ces querelles esthétiques et architecturales – au demeurant très feutrées – reflétait les profondes divisions de la communauté catholique durant cette décennie. Exacerbées par la crise du début des années 1930 et le repli des Pays-Bas sur leur égoïsme colonial, ces tensions opposaient les catholiques conservateurs d’une part, majoritaires au sein du parti catholique des Indes (IKP) et qui bénéficiaient du soutien du RKSP (le parti catholique de la métropole), aux catholiques éthicistes dont Josef Schmutzer était l’un des principaux porte-paroles au Volksraad. Pour ces derniers, épaulés par les jésuites formés par Van Lith, il était essentiel d’accompagner l’émancipation progressive des catholiques javanais afin qu’ils trouvent leur place dans la future « nation indonésienne » qu’annonçait le Congrès de la Grande Indonésie organisé par Raden Sutomo en 1932 et auquel l’Association politique catholique indonésienne (PPKI) avait participé. Face à ces querelles, la hiérarchie catholique de la colonie se conforma à la prudente neutralité que recommandait le Vatican en la matière50.
- 51 Lors d’un long séjour pour raison de santé, le missionnaire de Muntilan fit paraître dans deux numé (...)
- 52 Pour une biographie de Maclaine Pont et une description détaillée du site, voir Karel Steenbrink, C (...)
40Mais, comme l’avait annoncé Franciscus van Lith dans son fameux pamphlet de 1923, le mouvement d’émancipation était désormais lancé et il touchait tous les domaines51. En 1936, débuta sur les flancs du Mont Ngliman (Java-Est), dans le village de Pohsarang, la construction d’un remarquable complexe de style javanais. Son maître d’œuvre, le néerlandais Henricus Maclaine Pont, était un ancien protestant, « rebaptisé » catholique à Ganjuran en 1931. Architecte de formation, il avait dirigé les fouilles de Trowulan (Java Est), capitale du dernier empire de Java à la période indianisée (c.1200-1500), avant que les financements du projet ne disparaissent dans la tourmente de la crise du début des années 1930. S’inspirant des bâtiments qu’il avait réalisés pour le musée de Trowulan, il organisa son projet à la manière des cours fermées qui abritaient les temples de Majapahit. Les décorations et le chemin de croix furent réalisés en briques très fines, selon les usages de l’ancienne capitale impériale. Un amphithéâtre et une Grotte de Lourdes complétèrent cet ensemble qui devint bientôt lui aussi un lieu de pèlerinage52.
- 53 La « pétition Soetardjo » fut adoptée par le Volksraad par 26 contre 20. Bien que jugée fort tiède (...)
41Cette même année 1936, Ignatius Kasimo, président de l’Union politique catholique indonésienne et ancien élève de Muntilan, apposa sa signature au bas de la « pétition Soetardjo » qui réclamait l’organisation d’une conférence pour organiser la souveraineté des Indes néerlandaises, en convoquant, devant le Volksraad, la mémoire de Franciscus van Lith, disparu dix ans plus tôt53. Cette signature marqua l’émancipation de la communauté catholique javanaise de la tutelle coloniale et son engagement en faveur de l’indépendance. Une fois cette dernière définitivement acquise, en 1950, le registre des esthétiques évolua plus librement. Comme durant la période précédente – et pour des raisons aisément compréhensibles – statuaire et liturgie poursuivirent leur marche vers la javanité à un rythme plus soutenu que celui de l’architecture. Ce n’est qu’après le concile Vatican II (1962-1965) – qui consacra l’ouverture du catholicisme à d’autres cultures – que des bâtiments plus audacieux, à l’image de l’église Sainte-Marie de l’Immaculée, inaugurée en 1967 à Surabaya, furent édifiés.
Notes
1 L’auteur tient à remercier Hélène Njoto pour sa relecture attentive et ses conseils avisés.
2 Voir en particulier, Karel Steenbrink, Catholics in Indonesia 1808-1942, A documented history, Volume 2, The spectacular growth of a self-confident minority, 1903-1942, KITLV Press, Leiden, 2007 ; Maryse Kruithof, ‟'Shouting in a desert' Dutch missionary encounters with Javanese Islam, 1850-1910”, thèse de doctorat, Erasmus Universiteit Rotterdam, 2014 ; Gerry van Klinken, ‟Power, symbol and the Catholic mission in Java : The biography of Frans van Lith”, Documentatieblad voor de geschiedenis van de Nederlandse zending en overzeese kerken, n° 4, 1997. Sur un mode parfois plus hagiographique mais toujours riche d’informations, les jésuites eux-mêmes ont largement contribué à écrire cette histoire : Anton Haryono sj, Awal mulanya adalah Muntilan : misi Jesuit di Yogyakarta, 1914-1940, Yogyakarta : Kanisius, 2009 ; Th. Hendriks sj, Serikat Yesus di Indonesia, 1860-1987, Kanisius, Yogyakarta, 1988 ; Martinus Muskens (ed.), Sejarah Gereja Katolik di Indonesia, 5 volumes, Jakarta, Kantor Waligereja Indonesia, Bagian Dokumentasi Penerangan, 1972-1974 ; Adolf Heuken sj, 150 Tahun Serikat Jesus berkarya di Indonesia, Jakarta, Cipta Loka Caraka, 2009 ; Budi Subanar sj, « Seabad van Lith, Seabad Soegijapranata », Gereja Indonesia Pasca-Vatikan II: Refleksi dan Tantangan, Yogyakarta, Penerbit Kanisius, 1997, p. 419-441.
3 Volker Küster, Karel Steenbrink & Rai Sudhiarsa, “Christian Art In Indonesia”, in Jan Sihar Aritonang, Karel Steenbrink (eds), A History of Christianity in Indonesia, Leyde, Brill, 2008, p. 925-949 est la principale référence pour notre période ; Kuster, V., “The Christian Art Scene in Yogyakarta, Indonesia”, International Bulletin of Mission Research 40, 2016 et Gregorius Budi Subanar, “Christian Art and Architecture in Indonesia in the Twentieth Century: Rooted in Local Images and Buildings”, Retorik, Vol. 10 (2), 2022, traitent essentiellement d’évolutions plus récentes.
4 Selon la belle expression des coordinateurs du dossier des ASSR, « La force des objets – Matières à expériences ». Jean-Pierre Albert, Anouk Cohen, Agnieszka Kedzierska-Manzon et Damien Mottier, « Présentation », Archives de sciences sociales des religions, 174, 2016, p. 9-11.
5 En 1889, fut créée aux Pays-Bas une congrégation dédiée à la récolte de fonds pour la mission Saint-Claverbond, du nom du jésuite catalan Pierre Claver – canonisé l’année précédente – qui avait œuvré au XVIIe siècle auprès des esclaves de Carthagène des Indes. Elle publiait un trimestriel, De Berichten uit Nederlandsch Oost-Indië ten dienste der Eerwaarde Directeuren van den Sint-Claverbond, (« Les Nouvelles des Indes orientales néerlandaises au service des vénérables administrateurs de l’Union Saint-Claver ») bientôt connu sous le nom de Claverbond. Regroupés en volumes annuels avec une pagination continue, la collection que j’ai consultée est conservée à la bibliothèque du Collège jésuite Saint-Ignace de Yogyakarta.
6 Denys Lombard, Le Carrefour javanais, Édition de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, vol. 1, 2004, p. 89-92.
7 Précontraintes dont l’étude, mise à l’honneur par Claude Lévi-Strauss et Roger Bastide, a été prolongée par les travaux d’André Mary. Voir Carmen Bernand, Stefania Capone, Frédéric Lenoir et Françoise Champion, « Regards croisés sur le bricolage et le syncrétisme », Archives de sciences sociales des religions, 114, avril-juin 2001.
8 Selon l’expression de Jean Lacouture, Jésuites, une multibiographie, Tome 2, Les revenants, Seuil, 1992, p. 287.
9 Pour une description des ressorts de la mission jésuite à Java-central, on se permettra de renvoyer le lecteur à Rémy Madinier : « The Catholic Politics of inclusion: A Jesuit tale in Central Java in early 20th », in Rémy Madinier and Michel Picard (eds.), The Politics of Agama in Java and Bali, Routledge (London & New York), 2011, p. 23-48.
10 Thomas Banchoff et José Casanova (eds.), The Jesuits and Globalization: Historical Legacies and Contemporary Challenges, Georgetown University Press, 2016, p. 1.
11 Sur les efforts de Nobili et de Ricci pour se rapprocher des univers hindouiste et bouddhiste tout en condamnant la doctrine de la réincarnation, voir Francis X. Clooney, Jesuit Intellectual Practice, in ibid, p. 49-68.
12 Cf. M.P.M. Muskens, Partner in Nation Building. The Catholic Church in Indonesia, Missio Aktuell, Verlag Aachen 1979 ; L. van Rijckvorsel, SJ, Pastoor van Lith, S.J., de stichter van de Missie in Midden-Java 1863-1926, Nijmegen: Stichting St. Claverbond, 1952 ; Panitia Kerja Monumen Romo F.V. Lith, S.Y., Memanunggal dengan rakyat dasar mangrasul: Romo F. van Lith, SY, pendiri missi Jawa Tengah, 1863 – 1926, Yogyakarta: Panitia Kerja Monumen Romo F. van Lith, SY, 1979.
13 Cette citation et celles qui suivent sont extraites d’un manuscrit inédit dont une version dactylographiée est conservée aux archives jésuites de Semarang: Van Lith, Franciscus S.J. 1924, ‟Kjahi Sadrach, Eene les voor ons uit de Protestantsche Zending van Midden-Java”, p. 34 à 36.
14 Ibid. p. 37.
15 Lettre de Hoevenaars à Mgr Hellings, Mendut 23 septembre 1900, cité par Maryse Kruithof, ‟Shouting in a desert”, op. cit., p. 132.
16 La régence, période d’apprentissage plus pratique, se poursuivait sur l’île, au sein des établissements d’éducation ou des postes missionnaires et ce n’est que pour la partie théologique de leurs études (troisième grande étape de la formation jésuite) que les jeunes membres de la compagnie rejoignaient les Pays-Bas.
17 Van Lith suggéra même aux Javanais de « bouter le malais hors des écoles » et de « brûler les journaux en malais ». ‘De nationale spraakkunst’, Djåwå vol. 4 (1924), p. 267. Cité par Gerry van Klinken, G. A. v. Migrant Moralities: Christians and nationalist politics in emerging Indonesia, A biographical approach, PhD thesis annex, Griffith University, 1996.
18 J.B. Soedarmanta, Politik Bermartabat. Biografi I.J. Kasimo, Jakarta, Penerbit Buku Kompas, 2011, p. 41.
19 Ibid. p. 45.
20 Anton Haryono, Awal mulanya adalah Muntilan, op. cit., p. 95.
21 Lettre aux autorités jésuites à Rome, Yogyakarta, 18 mars 1925, Archives jésuites de Rome.
22 Claverbond, volumes annuels : 1925, p. 132-144 ; 1926, p. 168-177 ; 1928, p. 266-273 ; 1929 : p. 81-91.
23 Claverbond, volumes annuels : 1926, p. 278-280 ; 1928, p. 71-77 ; 1932, p. 50-56 ; 1927, p. 269-273.
24 D’un abord difficile mais demeurant une référence, la thèse de Zoetmulder a été éditée et traduite en anglais par Merle C. Ricklefs : Pantheism and monism in Javanese Suluk literature, Islamic and Indian mysticisme in an Indonesian setting. Edited and translated by M.C. Ricklefs, Leyde, KITLV Press, 1995.
25 Frans J. Verstraelen, « Protestant and Catholic missions in Java », in Carine Dujardin and Claude Prudhomme (ed.), Mission & Science: Missiology Revised / Missiologie revisitée, 1850-1940, p. 301-330.
26 La plupart de ces bâtiments avaient d’ailleurs été édifiés sans l’autorisation du supérieur général de la Compagnie, ce qui ternit quelque peu l’enthousiasme du père Isodoro Vogels lors de sa visite apostolique. Voir le rapport de la visite apostolique du père Isodoro Vogels, Praep. Prov. Neerlandicae, 30 septembre 1910-18 mars 1911, Archives jésuites de Rome.
27 Ces recherches d’hybridation furent d’abord réalisées à l’initiative des souverains javanais, bien avant les tentatives européennes. Voir Hélène Njoto, Sultans bâtisseurs et innovations architecturales à Java au début de la période coloniale (XVIe siècle- début XIXe siècle), Mémoires archéologiques, EFEO, 2024 (sous presse). Les emprunts européens d’éléments d’architecture et de décor javanais ont eu lieu plus tard au cours des XIXe s. et XXe s. Voir Helen Jessup, « The Dutch Colonial Villa », MIMAR 13, 1984, p. 35-42 et Helen Jessup, Netherlands Architecture in Indonesia, 1900-1942, Thèse de doctorat non publiée présentée au Courtauld Institute of Art, 1988, London, University of London.
28 Karel Steenbrink, Catholics in Indonesia, vol. 2, op. cit. p. 379.
29 Rapport de la visite apostolique du père Isodoro Vogels, Praep. Prov. Neerlandicae 30 septembre 1910-18 mars 1911, Archives jésuites de Rome.
30 Anton Haryono, Awal mulanya adalah Muntilan, op.cit., p. 87.
31 Floribertus Hasto Rosariyanto, S.J., Father Franciscus Van Lith, S.J. : Turning Point of the Catholic Church’s Approach in The Pluralistic Indonesian Society, Dissertation ad Doctoratum in Facultae Universitatis Gregorianae, Romae, 1997, p. 219.
32 Le vorstenlanden de Yogyakarta ne comptait ainsi, en 1917, que deux HIS rassemblant 422 élèves (pour 1,3 million d’habitants). Anton Haryono, Awal mulanya adalah Muntilan, op. cit. p. 63.
33 En 1911, dans son rapport de visite apostolique le père Isodoro Vogels, visiblement très influencé par ses discussions avec Van Lith suggérait « que le collège de Moentilan, au moins dans un premier temps, soit le centre principal de la Mission de Java » et « qu’ensuite, si nous en avons la force, nous éduquions aussi, dans ce collège, les fils des nobles javanais, afin qu’il y ait plusieurs conversions dans l’aristocratie », Praep. Prov. Neerlandicae 30 septembre 1910-18 mars 1911, Archives jésuites de Rome.
34 Karel Steenbrink, Catholics in Indonesia, A documented history, volume 2, op. cit. p. 389.
35 Selon l’expression du jésuite J.J. Hoevenaars. Lettre au provincial, Semarang, 27 janvier 1914, Archives jésuites de Rome.
36 Jan Sihar Aritonang, Karel Steenbrink (eds), A History of Christianity in Indonesia, op. cit. p. 702-703.
37 Une première version de cet autel fut envoyée à l’exposition d’art sacré qu’organisa le Pape Pie XI en 1925, il est aujourd’hui encore exposé au musée du Vatican. Gregorius Budi Subanar, “Christian Art and Architecture in Indonesia in the Twentieth Century: Rooted in Local Images and Buildings”, op. cit.
38 Gregorius Utomo, The Church of the Sacred Heart of Jesus at Ganjuran. Yogyakarta, Unggul Jaya, 2011, p. 2-3.
39 Karel Steenbrink, Catholics in Indonesia, A documented history, vol. 2, op. cit. p. 397.
40 Merle C. Ricklefs, Polarising Javanese Society, op. cit. p. 122.
41 Schmutzer J. (dr) Ten Berge J.J - S.J, Européanisme ou catholicisme, Louvain, De Vlaamsche drukkerij, 1929.
42 Schmutzer et Ten Berge, Européanisme ou catholicisme, op. cit., p. 59.
43 Ibid, p. 60-62.
44 Gerry van Klinken, Minorities, Modernity and the emerging nation, op. cit. p. 54.
45 Sur la pensée politique de ce nationalisme aristocratique, voir Romain Bertrand, État colonial, noblesse et nationalisme à Java, Karthala, Paris, Coll.: Recherches internationales, 2005, p. 511-593.
46 “Een Katholiek Kerkgebouw in Javaanschen Stil?”, Claverbond, 1929.
47 Volker Küster, Karel Steenbrink & Rai Sudhiarsa, “Christian Art In Indonesia”, op. cit.
48 Le vicariat apostolique de Batavia ne compta dès lors plus que vingt-deux mille fidèles (dont moins de deux mille indigènes) alors que celui de Semarang, recouvrant une partie de Java-Central abritait quarante-cinq mille fidèles, Javanais dans leur immense majorité. Adolf Heuken, 150 Tahun Serikat Jesus berkarya in Indonesia, op. cit. p. 140.
49 Endo Suanda, Agus Aris Munandar, Lono Lastoro Simatupang, Catalogue de l’exposition « Teruntuk sang maha indah. Pameran Religi dan Kesenihan Nusantara », Musée national d’Indonésie, 2015, p. 73.
50 La double et stricte neutralité (vis-à-vis de leur patrie d’origine et vis-à-vis de tout engagement temporel dans le pays de mission), proclamée au lendemain de la Première Guerre mondiale par l’encyclique Maximum illud (1919) de Benoît XV et par l’instruction de la Propaganda Fide Quo efficius (1920) avait été réaffirmée, dans un contexte de développement des revendications anticoloniales par Pie XI (Rerum Ecclesiæ, 1926). Claude Prudhomme, « La mission du XXe siècle : triomphe, crise et mutations du côté catholique en particulier à travers l’exemple des Spiritains », Histoire et missions chrétiennes 2009/2 (n° 10), p. 9-31.
51 Lors d’un long séjour pour raison de santé, le missionnaire de Muntilan fit paraître dans deux numéros successifs de la revue jésuite Studien (« Études »), en octobre et novembre 1922, ce qu’il considérait comme son testament politique. Rassemblés en un petit opuscule quelques mois plus tard ces deux articles reçurent un écho considérable dans la mesure où Van Lith, en termes à peine voilés, appelait les missionnaires à prendre le parti des catholiques indigènes face aux colons. Franciscus van Lith, S.J., De politiek van Nederland ten opzichte van Nederlandsch-Indië, Anvers, L.C.G. Malmberg, 1923.
52 Pour une biographie de Maclaine Pont et une description détaillée du site, voir Karel Steenbrink, Catholics in Indonesia, A documented history, vol. 2, op. cit. p. 370.
53 La « pétition Soetardjo » fut adoptée par le Volksraad par 26 contre 20. Bien que jugée fort tiède par la plupart des courants nationalistes, elle suscita de violentes réactions dans la presse néerlandaise de la colonie. Les représentants du Parti catholique des Indes refusèrent la conférence proposée, arguant du fait qu’il valait mieux parler des liens économiques entre la métropole et la colonie. J.W. Huub, M. Boelaars, Indonesianisasi: Dari Gereja Katolik di Indonesia menjadi Gereja Katolik Indonesia, Yoyakarta, Kanisius, 2005, p. 111. Afin de populariser les revendications portées par la pétition, plusieurs actions furent organisées par le « Comité central de la pétition Soetardjo » dont Kasimo était membre. M.P.M. Muskens, Sejarah Gereja Katolik Indonesia, vol. 4, op. cit., p. 283.
Haut de pageTable des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Franciscus van Lith en 1903 devant la première église de Muntilan (source : Claverbond, 1920) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 218k |
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| Titre | Fig. 2 – L’église du collège de Muntilan édifiée en 1914. Photographie extraite d’une brochure sur les missions hollandaises, présentée par la « Rotterdamsche Lloyd » (source : Yogyakarta 1925, Archives Jésuites de Rome) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 386k |
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| Titre | Fig. 3 – Vue aérienne du complexe de Muntilan (sources :Claverbond, 1931) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 149k |
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| Titre | Fig. 4 – Vue aérienne du complexe d’Ambarawa, achevé en 1924 (sources : Claverbond,1938) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-4.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 166k |
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| Titre | Fig. 5 – Le collège Saint-Ignace devenu petit séminaire de Yoyakarta (source : Claverbond 1931) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-5.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 172k |
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| Titre | Fig. 6 – L’ancienne église de Baturetno (source : Claverbond, 1939) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-6.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 133k |
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| Titre | Fig. 7 – L’ancienne église de Tomohon (source : Claverbond, 1923) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-7.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 144k |
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| Titre | Fig. 8 – La nouvelle église de Kalasan (source : Claverbond, 1932) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-8.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 119k |
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| Titre | Fig. 9 – église Saint-Joseph de Medari (source : Claverbond, 1932) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-9.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 109k |
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| Titre | Fig. 10 – É́glise de Mlati (source : Claverbond, 1936) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-10.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 76k |
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| Titre | Fig. 11 – La mosquée, l’église et le temple (source : Claverbond, 1931) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-11.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 110k |
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| Titre | Fig. 12 – Inauguration de l’église construite par la famille Schmutzer à Ganjuran en août 1924, en présence du Vicaire apostolique de Batavia, Mgr. J.M. van Velsen (source : Claverbond, 1934) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-12.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 235k |
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| Titre | Fig. 13 – Autel de l’église de Ganjuran (photographie : R. Madinier, 20/11/2010) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-13.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 168k |
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| Titre | Fig. 14 – Statue du Christ en roi javanais (source : Claverbond 1928 ) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-14.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 68k |
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| Titre | Fig. 15 – Plan du temple érigé pour l’abriter (source : Schmutzer et Ten Berge, 1929) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-15.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 48k |
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| Titre | Fig. 16 – J. Schmutzer et Iko, l’un des sculpteurs, posent devant quelques exemples d’art chrétien (source : Schmutzer et Ten Berge, 1929) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-16.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 86k |
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| Titre | Fig. 17 – Projet de 1929 et inauguration de l’église de Bara en 1931 (source : Claverbond, 1931) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-17.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 94k |
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| Titre | Fig. 18 – Projet de 1929 et inauguration de l’église de Bara en 1931 (source : Claverbond, 1931) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-18.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 214k |
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| Titre | Fig. 19 Projet d’Hermanus Caminada d’une église javanaise (source : Claverbond, 1929) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-19.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 61k |
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| Titre | Fig. 20 –Projet d’Hermanus Caminada d’une église javanaise (source : Claverbond, 1929) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-20.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 75k |
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| Titre | Fig. 21 – Église de Ngijon (source : Claverbond, 1931) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-21.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 224k |
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| Titre | Fig. 22 – Églises de Somohitan (source : Claverbond, 1931) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-22.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 166k |
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| Titre | Fig. 23 – projet dʼéglise javanaise de village (source : Claverbond, 1931) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-23.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 125k |
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| Titre | Fig. 24 – Inauguration de la nouvelle église du Sacré-Cœur, Yogyakarta (source : Claverbond, 1935) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-24.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 130k |
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| Titre | Fig. 25 – Un offertoire (source : Claverbond, 1935) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-25.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 75k |
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| Titre | Fig. 26 – Illustration du père jésuite Michael Reksaatmadja (source : Claverbond, 1935) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-26.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 188k |
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| Titre | Fig. 27 – L’église de Pohsarang (Java-Est) (source : Claverbond,1937) |
| URL | http://journals.openedition.org/archipel/docannexe/image/3633/img-27.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 86k |
Pour citer cet article
Référence papier
Rémy Madinier, « Entre hommage à la javanité et universalisme colonial triomphant : les ressorts théologiques et politiques d’une esthétique missionnaire jésuite (1896-1940) », Archipel, 106 | 2023, 151-178.
Référence électronique
Rémy Madinier, « Entre hommage à la javanité et universalisme colonial triomphant : les ressorts théologiques et politiques d’une esthétique missionnaire jésuite (1896-1940) », Archipel [En ligne], 106 | 2023, mis en ligne le 01 juillet 2024, consulté le 08 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/archipel/3633 ; DOI : https://doi.org/10.4000/11wua
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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
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