Navigation – Plan du site

AccueilNuméros16Les usages de l’alun dans l’Occid...Les usages de l’alun

Les usages de l’alun dans l’Occident médiéval

Les usages de l’alun

Quelques considérations concernant l’emploi des matières premières dans l’Occident médiéval
Didier Boisseuil
p. 133-144

Texte intégral

  • 1 Singer, 1948.
  • 2 Borgard, Brun, Picon, 2005.
  • 3 Delumeau, 1962 ; Ruiz Martín, 2005.
  • 4 « alli quali [tintori] non le altrimenti necessario chel pane a l’homo », cité dans Biringuccio Va (...)
  • 5 Cardon, 2014.
  • 6 Pour un large aperçu, voir Kirby, Bommel, Verhecken, 2014.
  • 7 Kirby, Bommel, Verhecken, 2014 ; Córdoba de la Llave, 2015a ; Córdoba de la Llave, 2013.
  • 8 Pour un bel exemple du caractère diffus de l’alun dans de multiples recettes, voir Brambilla, Haye (...)
  • 9 Chahine, 2005 ; Córdoba de la Llave, 2013.
  • 10 Notamment pour la soudure des métaux, Córdoba de la Llave, 2015b, p. 144.
  • 11 Córdoba de la Llave, 2020.
  • 12 Pour une présentation d’un inventaire des recettes, voir le site Colour Con Text, https://www.colo (...)
  • 13 Irène Brückle soutient que la gélatine des papiers anciens contenait de l’alun, Brückle, 1993.
  • 14 Al Azharia, 1999.

1Si l’alun est connu des historiens pour son importance économique à la fin du Moyen Âge, sa place dans les processus techniques reste encore largement à préciser. En effet, de nombreuses études – à commencer par celle de Charles Singer1 – ont souligné combien ce produit, importé et distribué partout en Europe entre l’Antiquité et l’époque contemporaine, avait contribué à l’essor artisanal puis industriel de l’Occident2 et combien il pouvait apparaître comme un indicateur de la croissance européenne3. En revanche, son rôle pratique dans les procédés techniques reste encore bien souvent incertain. Certes, il est admis qu’il servit de mordant pour teindre des textiles, notamment dans la draperie médiévale, au point d’apparaître « aussi nécessaire au teinturier que le pain à l’homme » pour reprendre les propos de Vannoccio Biringuccio4, mais il ne convenait pas nécessairement à tous les pigments naturels – comme le rappelle Dominique Cardon5 – et sa fonction dans les processus chimiques n’est pas toujours bien identifiée6. Cette méconnaissance est d’autant plus regrettable qu’en raison de ses qualités, l’alun pouvait intervenir à différents moments du cycle de production et pouvait servir à la réalisation de très nombreux produits, comme le révèle sa présence dans de nombreuses recettes antiques et surtout médiévales7, ou encore dans les livres marchands, les inventaires d’ateliers ou de boutiques, les registres de douanes qui restent les sources documentaires les plus accessibles pour connaître son histoire8. Ainsi était-il utilisé, en dehors de la teinturerie, en tannerie9, en métallurgie10, en pharmacopée11, en cosmétique, comme le révèle ici Ricardo Córdoba de la Llave, dans la fabrication des peintures, des enluminures, des laques12 et peut-être même des papiers13 ou la purification des eaux14. Néanmoins, il est difficile de saisir, à travers ces documents, son rôle véritable, pour un faisceau de raisons.

  • 15 Picon, 2005.
  • 16 Hocquet, 2007.
  • 17 Çolak, Thirion-Merle, Blondé, Picon, 2005 ; Picon, Vichy, Ballet, 2005 ; Jacoby, 2005 ; Picon, Kar (...)
  • 18 Pour une présentation du procédé, voir Picon, 2000.
  • 19 En effet, « Alum is historically important as the first substance deliberately prepared in what th (...)
  • 20 Elle se poursuivit tout au long de l’époque moderne, voir Delumeau, 1962.
  • 21 Igual, Boisseuil, Martínez Alcalde, 2020 ; Dallai, Bianchi, Stasolla, 2020.
  • 22 Voir le dossier « Le commerce de l’alun en Occident aux xive-xve siècles », Mélanges de l’École fr (...)

2D’abord, parce que derrière le terme d’alun et toutes ses formes anciennes se cache une multitude de produits, principalement des sulfates, dont les qualités chimiques pouvaient être différentes, comme l’a souligné, à la suite de Charles Singer, Maurice Picon15. Aussi convient-il d’être attentifs aux modes de désignation et à la provenance des matières premières observées, comme le rappelle Jérôme Hayez dans ce volume, car les confusions sont possibles. L’allume catino désignait, par exemple, des cendres utilisées dans la fabrication des verres16. Quoi qu’il en soit, avant la fin du Moyen Âge, les aluns employés semblent principalement des aluns natifs, c’est-à-dire extraits de quelques gisements naturels ou recueillis à même le sol. Leurs origines ne sont pas toujours faciles à identifier. Durant l’Antiquité, ils semblent provenir des oasis occidentales du désert égyptien, de Macédoine, d’Anatolie ou des îles Lipari17. Ce n’est qu’à la fin du xiiie siècle qu’apparaît dans le bassin méditerranéen une production de masse d’aluns artificiels, réalisés selon des techniques éprouvées – calcination des roches, macération des résidus calcinés, lessivage des boues obtenues, concentration et cristallisation des solutions saturées –, utilisant des gisements alunifères – principalement l’alunite – et permettant d’établir un sulfate double d’aluminium et de potassium18, un produit pur19. La zone la plus connue pour cette production est celle de Phocée, en Anatolie, qui fut intensément exploitée, suscitant un commerce d’ampleur vers l’Occident, contrôlé étroitement par les marchands génois, entre la fin du xiiie et le milieu du xve siècle. À partir de 1460, l’activité de déploya de façon rapide et considérable à Tolfa20, près de Rome, grâce à l’utilisation d’abondants gisements d’alunite. Des études récentes ont montré que l’activité ne s’était pas limitée à cette seule région du Latium et ont révélé que de nombreux autres lieux de production, dans les péninsules italienne et ibérique notamment, avaient vu le jour à la fin du xve siècle21. En sorte qu’il convient d’être attentif à la variété des circuits de distribution, aux aléas du commerce pour entrapercevoir l’origine et la nature véritable des aluns employés22. Certains produits étaient réputés et recherchés tandis que d’autres étaient évités. Au xve siècle, la palette des produits consommés paraît plus réduite : des aluns aux qualités standardisées semblent avoir évincés les aluns natifs. L’alun est probablement assez répandu en Occident, grâce à l’étendue et l’efficacité des réseaux commerciaux (capillarité, etc.), mais il n’était pas partout également et/ou durablement employé.

  • 23 Halasz-Csiba, 2002b.
  • 24 Pour un aperçu du cycle de production, voir Halasz-Csiba, 2002a.
  • 25 Tangheroni, 1994, p. 189.
  • 26 Córdoba de la Llave, 2002.

3Ensuite, le mode d’utilisation de l’alun n’est pas toujours facile à identifier à travers les descriptions contenues dans les livres de recettes, les inventaires et les traités. Il peut ainsi intervenir à différents moments du cycle de production, comme par exemple pour le tannage des cuirs. Son usage – attesté dès l’Antiquité23 – pouvait concerner le traitement des peaux brutes en début de cycle, ou bien au contraire intéresser les phases finales du processus24. Ainsi, à Florence, le traitement des peaux à chaud pour défaire les chairs et la graisse se développe à la fin du xiiie siècle : les peaux étaient trempées dans un bain de chaux et d’alun, à la place de « mortella » (myrte). Le travail était réalisé par un groupe d’artisans appelés addobatores25. À l’inverse, l’alun pouvait servir à la fin du cycle pour tanner (en le mélangeant à du sel, de la farine, des œufs et de l’huile) ou teindre les cuirs26.

  • 27 Delort, 2002, p. 405.
  • 28 Arles, Téreygeol, 2011.
  • 29 Córdoba de la Llave, 2015b ; Giumlia-Mair, 2005.

4Son usage pouvait être toléré et connu ou bien au contraire prohibé, voire occulté. Pour les fourrures, on évitait les techniques du tanneur et par conséquent son utilisation27. S’il servait à blanchir les monnaies28, il pouvait aussi contribuer à falsifier l’apparence des métaux ; une pratique réprouvée, comme le suggèrent Florian Teréygeol et Adrien Arles. Son rôle pouvait être discret, mais fondamental comme pour la soudure des métaux29.

  • 30 Pour un aperçu des quantité nécessaires en teinturerie, voir Cifuentes i Comamala, Córdoba de la L (...)
  • 31 Demo, 2001, p. 109.
  • 32 Franceschi, 2014.

5Partout la nature, la qualité, comme la quantité mobilisée jouaient un rôle important. Quelques grammes pouvaient suffire pour faciliter une réaction, ou bien au contraire de grosses quantités étaient nécessaires30. Or, il est rare que l’on connaisse les volumes employés et seule, bien souvent, une analyse fine des comptabilités marchandes permet d’apprécier le poids d’alun employé, comme le démontre l’étude de Dominique Cardon et Ingrid Houssaye Michienzi dans ce volume. Ces données sont précieuses non seulement pour comprendre les techniques et la qualité des tissus teints (et éventuellement reproduire le processus), mais aussi pour apprécier l’ampleur des besoins industriels. La production nécessitait parfois la constitution de stocks importants – ainsi, en 1449, plus d’une tonne d’alun était conservée dans les magasins d’un teinturier de Vérone31 –, des lieux de stockage adaptés, des réseaux d’approvisionnements efficaces32. Elle immobilisait des moyens qui n’étaient pas à la portée de toutes les bourses et pouvait motiver des choix alternatifs.

  • 33 Cherry, 1991, p. 299.
  • 34 Tito, 1973.
  • 35 Galoppini, Zaccagnini, 1994, p. 201.
  • 36 Utz Tremp, Gemmingen, 2013, p. 43, p. 62.
  • 37 Nada Patrone, 1994, p. 25.
  • 38 Curto, 1994, p. 75.
  • 39 Gourdin, 1991, p. 587.
  • 40 Delort, 1978, p. 749.

6Se dégagent, toutefois, quelques usages privilégiés donnant parfois naissance à des formes de spécialisation, à des filières techniques, artisanales et industrielles qui restent à explorer. Dans l’artisanat du cuir, dont l’importance au Moyen Âge partout en Occident a été rappelée ces dernières années, l’alun semble avoir joué un rôle privilégié dans le traitement des peaux fines de mouton, parfois de veau, permettant la réalisation d’un type particulier de produits, les basanes ou alude. La pratique est attestée en Angleterre33 et à Pise à la fin du xive siècle34. En Sardaigne, les peaux étaient réalisées par des aluders35 et, à Paris et Fribourg, par des mégissiers en 147336. Certaines régions semblaient plus particulièrement productrices. Les peaux commercialisées à Milan – alors qu’elles étaient peu présentes dans le Piémont37 – provenaient d’Avignon ou de Fribourg38. Les aluta vendues à Gênes, entre la fin du xive et le milieu du xve siècle, étaient importées de la péninsule ibérique39. D’après la correspondance du marchand Francesco di Marco Datini, de Prato, Perpignan aurait été un grand centre de production d’alude au xive siècle40.

  • 41 Ammannati, à paraître en 2023.
  • 42 Molà, 2009.

7La spécialisation de certains acteurs paraît plus précise en teinturerie. À Florence, l’usage de l’alun était réservé à quelques teinturiers de premier plan qui pratiquaient la teinture en grand teint, c’est-à-dire ceux qui teignaient les laines avec des pigments prisés, précieux, utilisant des bains chauffés, comme le rappellent Dominique Cardon et Ingrid Houssaye. À Prato, Francesco di Marco Datini s’adjoignait les services de Niccolò di Piero di Giunta del Rosso, un teinturier de l’Arte Maggiore41. L’alun servait aussi à teindre les tissus de soie, dont la production en Italie connut un remarquable essor au xve siècle42. En sorte que, à la fin du Moyen Âge, l’alun paraît associé à quelques industries de luxe. Toutefois, il conviendrait de mieux comprendre l’ampleur et la durée de ces industries dans les principales régions de production – notamment en Italie, dans les Flandres, voire en Angleterre –, la place véritable de l’alun dans les processus et les coûts de production pour expliquer l’importance des quantités employées et déterminer des flux ou des rythmes d’approvisionnement.

  • 43 Bourgeois, Alexandre-Bidon, Feller et al., 2018.
  • 44 Appadurai, 2014.
  • 45 Faut-il rappeler par exemple l’intérêt de Chaptal pour l’alun, Chaptal, 1798 ?
  • 46 Boisseuil, Rico, Gelichi 2021.
  • 47 Warde, 2018.
  • 48 Les aluns du Moyen Âge. The Exploitation of Mediterranean Alums in Europe (13th-16th Century) / GD (...)

8Quoi qu’il en soit, ces observations montrent que l’histoire des usages de l’alun participe pleinement du renouveau des études sur la culture matérielle43. Elles méritent d’être approfondies, pour mieux comprendre les multiples facettes – la vie sociale en quelque sorte44 – de ce produit qui a très tôt fasciné les chimistes45 et pour saisir son importance économique (par son implication dans des processus techniques, industriels très diversifiés, dans des courants d’échanges et des pratiques commerciales complexes ou ramifiées). Elles suggèrent, enfin, combien l’étude des matières premières, aussi nombreuses et variées qu’elles aient été, demeure utile pour mieux saisir l’essor technique des sociétés occidentales46 et le rôle de l’exploitation des ressources naturelles – ouvrant sur des perspectives écologiques, comme le propose des études récentes sur les cendres47. Les contributions rassemblées dans ce cahier, présentées à l’occasion d’une séance du GDRi EMAE qui s’est tenue à Gand les 2 et 3 février 201748, visent à révéler la diversité des pistes d’études possibles et des modes d’approche variés – notamment l’archéologie expérimentale – pour mieux appréhender le rôle véritable de ce sulfate dans les sociétés anciennes.

Haut de page

Sources et bibliographie

Sources

Biringuccio Vannoccio, De la pirotechnia. Libri X. Dove ampiamente si tratta non solo di ogni sorte & diversità di miniere, ma anchora quanto si ricerca intorno a la prattica di quelle cose di quel che si appartiene a l’arte de la fusione over gitto de metalli come d’ogni altra cosa simile a questa, Venise, Curtio Navo, 1540.

Chaptal Jean Antoine Claude, « Analisi comperata delle quattro principali sorta d’allume conosciute nel commercio e osservazioni sulla loro natura e uso », Annali di chimica e storia naturale, ovvero raccolta di memorie sulle scienze, arti e manifatture ad essa relative, no 15, 1798, p. 130-148.

Bibliographie

Al Azharia Jahn Samia, « From Clarifying Pearls and Gems to Water Coagulation with Alum. History, Surviving Practices, and Technical Assessment », Anthropos, no 94, 1999, p. 419-430.

Ammannati Francesco, « La tintura d’Arte maggiore in una bottega pratese di fine Trecento » Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge, vol. 135, no 2, à paraître en 2023.

Appadurai Arjun (dir.), The Social Life of Things. Commodities in Cultural Perspective, Cambridge, Cambridge University Press, 2014 [1988].

Arles Adrien, Téreygeol Florian, « Le procédé de blanchiment dans les ateliers monétaires français au xve-xvie siècle : approche archéométrique et expérimentale », Anuario de Estudios Medievales, vol. 41, no 2, 2011, p. 699-721.

Boisseuil Didier (dir.), « Le commerce de l’alun au xixe-xve siècle », Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge, vol. 135, no 2, à paraître en 2023.

Boisseuil Didier, Rico Christian, Gelichi Sauro (dir.), Le Marché des matières premières dans l’Antiquité et au Moyen Âge, Rome, École française de Rome, 2021.

Borgard Philippe, Brun Jean-Pierre, Picon Maurice (dir.), L’Alun de Méditerranée, Naples/Aix-en-Provence, Centre Jean Bérard/Centre Camille Jullian, 2005, https://doi.org/10.4000/books.pcjb.544.

Bourgeois Luc, Alexandre-Bidon Danièle, Feller Laurent et al. (dir.), La Culture matérielle : un objet en question. Anthropologie, archéologie et histoire, Caen, Presses universitaires de Caen, 2018.

Brambilla Simona, Hayez Jérôme (dir.), Il tesoro di un povero. Il Memoriale di Francesco Bentaccordi, fiorentino in Provenza (1400 ca), Rome, Viella, 2016.

Brückle Irene, « The Role of Alum in Historical Papermaking », Alkaline Paper Advocate, vol. 17, no 4, 1993, p. 53-57, https://cool.culturalheritage.org/byorg/abbey/an/an17/an17-4/an17-407.html.

Cardon Dominique, Le Monde des teintures naturelles, Paris, Belin, 2014.

Chahine Claire, « L’utilisation de l’alun dans la transformation de la peau en cuir », dans Borgard Philippe, Brun Jean-Pierre, Picon Maurice (dir.), L’Alun de Méditerranée, Naples/Aix-en-Provence, Centre Jean Bérard/Centre Camille Jullian, 2005, p. 299-309, https://doi.org/10.4000/books.pcjb.610.

Cherry John, « Leather », dans Blair John, Ramsay Nigel (dir.), English Medieval Industries. Craftsmen, Techniques, Products, Londres, The Hambledon Press, 1991, p. 295-318.

Cifuentes i Comamala Lluís, Córdoba de la Llave Ricardo (dir.), Tintorería y medicina en la Valencia del siglo XV. El manual de Joanot Valero, Barcelone, Consejo Superior de Investigaciones Científicas, 2011.

Çolak Mümtaz, Thirion-Merle Valérie, Blondé Francine, Picon Maurice, « Les régions productrices d’alun en Turquie aux époques antique, médiévale et moderne : gisements, produits et transports », dans Borgard Philippe, Brun Jean-Pierre, Picon Maurice (dir.), L’Alun de Méditerranée, Naples/Aix-en-Provence, Centre Jean Bérard/Centre Camille Jullian, 2005, p. 59-68, https://doi.org/10.4000/books.pcjb.559.

Córdoba de la Llave Ricardo, « Usos del Alumbre en actividades productivas no textiles durante los siglos XV y XVI », dans Igual Luis David, Boisseuil Didier, Martínez Alcalde María (dir.), Los alumbres españoles y mediterráneo en la Europa dela siglo XV e inicios del XVI. Producción, uso y distribución de una materia prima, Madrid, Consejo Superior de Investigaciones Científicas, 2020, p. 87-107.

Córdoba de la Llave Ricardo « Making and Using Alum in Hispanic Craft Recipe Books from the Fifteenth and Sixteenth Centuries », ICON. Journal of the International Committee for the History of Technology, no 21, 2015a, p. 51-66.

Córdoba de la Llave Ricardo, « Técnicas de soldadura de metales según recetarios italianos de los siglos xv-xvi », dans Córdoba de la Llave Ricardo, Pino García José Luis del, Cabrera Sánchez Margarita (dir.), Estudios en Homenaje al profesor Emilio Cabrera, Cordoue, université de Cordoue, 2015b, p. 139-150.

Córdoba de la Llave Ricardo (dir.), Craft Treatises and Handbooks. The Dissemination of Technical Knowledge in the Middle Ages, Turnhout, Brepols, 2013.

Córdoba de la Llave Ricardo, « Late Medieval Italian Recipes for Leather Tanning », dans Córdoba de la Llave Ricardo (dir.), Craft Treatises and Handbooks. The Dissemination of Technical Knowledge in the Middle Ages, Turnhout, Brepols, 2013, p. 271-298.

Córdoba de la Llave Ricardo, « Un recetario técnico castellano del siglo XV: el manuscrito H490 de la Facultad de Medicina de Montpellier », En la España Medieval, no 28, 2005, p. 7-48.

Córdoba de la Llave Ricardo, « Textes techniques médiévaux sur le tannage et la teinture du cuir », dans Audoin-Rouzeau Frédérique, Beyries Sylvie (dir.), Le Travail du cuir de la préhistoire à nos jours, Antibes, APDCA, 2002, p. 351-365.

Curto Emanuela del, « La lavorazione delle pelli in terra lombarda (secoli XI-XV) », dans Antonielli Livio (dir.), La Conceria in Italia dal Medioevo ad oggi, Milan, La Conceria, 1994, p. 67-93.

Dallai Luisa, Bianchi Giovanna, Stasolla Francesca Romana (dir.), Archeologia I paesaggi dell’allume. Archeologia della produzione ed economia di rete/Alum landscape. Archaeology of Production and Network Economy, Florence, All’Insegna del Giglio, 2020.

Delort Robert, « Les techniques de la pelleterie en Occident (xive et xivsiècles) », dans Audoin-Rouzeau Frédérique, Beyries Sylvie (dir.), Le Travail du cuir de la préhistoire à nos jours, Antibes, APDCA, 2002, p. 399-410.

Delort Robert, Le Commerce des fourrures en Occident à la fin du Moyen Âge (vers 1300 - vers 1450), Rome, École française de Rome, 1978.

Delumeau Jean, L’Alun de Rome, xve-xixe siècle, Paris, SEVPEN, 1962.

Demo Edoardo, L’« anima della citta ». L’industria tessile a Verona e Vicenza (1400-1550), Milan, Unicopli, 2001, p. 109.

Franceschi Franco, « Il ruolo dell’allume nella manifattura tessile toscana dei secoli XIV-XV », Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge, vol. 126, no 1, 2014, p. 159-170, https://doi.org/10.4000/mefrm.1582.

Galoppini Laura, Zaccagnini Gabriele, « Il commercio del cuoio dalla Sardegna a Pisa (1351-1397) », dans Antonielli Livio (dir.), La Conceria in Italia dal Medioevo ad oggi, Milan, La Conceria, 1994, p. 195-214.

Gensini Sergio (dir), Il cuoio e le pelli in Toscana: produzione e mercato nel tardo medioevo e nell’età moderna, Pise, Pacini, 1999.

Giumlia-Mair Alessandra, « Alum in Ancient Metallurgy », dans Borgard Philippe, Brun Jean-Pierre, Picon Maurice (dir.), L’Alun de Méditerranée, Naples/Aix-en-Provence, Centre Jean Bérard/Centre Camille Jullian, 2005, p. 335-341, https://doi.org/10.4000/books.pcjb.616.

Gourdin Philippe, « Les approvisionnements en cuir de la ville de Gênes pendant la deuxième moitié du xve siècle (d’après les actes du notaire Nicolò Raggi) », Nuova Rivista Storica, vol. 75, 1991, p. 571-612.

Halasz-Csiba Eva, « Le tan et le temps. Changements techniques et dimension historique du tannage en France (xive-xviiie siècles) », Technique et culture, no 38, 2002a, p. 147-174, https://doi.org/10.4000/tc.1585.

Halasz-Csiba Eva, « Peau et cuirs. Méthode d’investigation de la dimension historique du tannage en France (xiiie-xive siècles) », dans Audoin-Rouzeau Frédérique, Beyries Sylvie (dir.), Le Travail du cuir de la préhistoire à nos jours, Antibes, APDCA, 2002b, p. 387-398.

Hocquet Jean Claude, « Giacomo Badoer et le commerce de l’alun et des cendres à Constantinople au xve siècle », Thesaurismata, no 37, 2007, p. 87-100.

Igual Luis David, Boisseuil Didier, Martínez Alcalde María (dir.), Los alumbres españoles y mediterráneo en la Europa dela siglo XV e inicios del XVI. Producción, uso y distribución de una materia prima, Madrid, Consejo Superior de Investigaciones Científicas, 2020.

Jacoby David, « Production et commerce de l’alun oriental en Mediterranée, xie-xve siècles », dans Borgard Philippe, Brun Jean-Pierre, Picon Maurice (dir.), L’Alun de Méditerranée, Naples/Aix-en-Provence, Centre Jean Bérard/Centre Camille Jullian, 2005, p. 219-267, https://doi.org/10.4000/books.pcjb.601.

Kirby Jo, Bommel Maarten van, Verhecken Andre (dir.), Natural Colorants for Dyeing and Lake Pigments. Practical Recipes and Their Historical Sources, Londres, Archetype Publications, 2014.

Molà Luca, « L’industria della seta in Italia nel Rinascimento », dans Rauch Simone (dir.), Le mariegole delle arti dei tessitori di seta: veluderi (137-1474) e i samitari (1370-1475), Venise, Comitato per lapubblicazione delle fonti relative alla storia di Venezia, 2009, p. xvi-xlix.

Nada Patrone Anna Maria, « Le pelli e l’arte conciaria nel Piemonte medievale », dans Antonielli Livio (dir.), La Conceria in Italia dal Medioevo ad oggi, Milan, La Conceria, 1994, p. 21-66.

Picon Maurice, « Des aluns naturels aux aluns artificiels et aux aluns de synthèse : matières premières, gisements et procédés », dans Borgard Philippe, Brun Jean-Pierre, Picon Maurice (dir.), L’Alun de Méditerranée, Naples/Aix-en-Provence, Centre Jean Bérard/Centre Camille Jullian, 2005, p. 13-38, https://doi.org/10.4000/books.pcjb.553.

Picon Maurice, « La préparation de l’alun à partir de l’alunite aux époques antiques et médiévales », dans Pétrequin Pierre, Fluzin Philippe, Thiriot Jacques et al. (dir.), Arts du feu et productions artisanales, Antibes, APDCA, 2000, p. 519-530.

Picon Maurice, Karadima-Matsa Chrysa, Blondé Francine, « À propos des alunières de Sapès (Macédoine orientale) : techniques et artisanats sur la longue durée », dans Blondé Francine (dir.), L’Artisanat en Grèce ancienne. Filières de production, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires Septentrion, 2016, p. 391-418, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.

Picon Maurice, Vichy Michèle, Ballet Pascale, « L’alun des oasis occidentales d’Égypte. Recherches sur le terrain et recherches en laboratoire », dans Borgard Philippe, Brun Jean-Pierre, Picon Maurice (dir.), L’Alun de Méditerranée, Naples/Aix-en-Provence, Centre Jean Bérard/Centre Camille Jullian, 2005, p. 43-57, https://doi.org/10.4000/books.pcjb.556.

Ruiz Martín Felipe, Los alumbres españoles. Un índice de la coyuntura económica europea en el siglo XVI, Madrid, Fundación Española de Historia Moderna, 2005.

Singer Charles, The Earliest Chimical Industry. An Essay in the Historical Relations of Economics and Technology Illustrated from the Alum Trade, Londres, Folio Society, 1948.

Tangheroni Marco, « Commercio e lavorazione del cuoio in Toscana », dans Antonielli Livio (dir.), La Conceria in Italia dal Medioevo ad oggi, Milan, La Conceria, 1994, p. 171-192.

Taylor Sherwood, Singer Charles, « Pre-scientific Industrial Chemistry », dans Singer Charles, Holmyard Eric John, Hall Alfred Rupert et al. (dir.), A History of Technology. II. The Mediterranean Civilizations and the Middle Ages c. 700 B.C. to c. A.D. 1500, Oxford, Clarendon Press, 1957.

Tito Antoni, « I costi industriali di una azienda conciaria della fine del Trecento (1384-1388) », Bollettino Storico Pisano, no 42, 1973, p. 9-52.

Utz Tremp Kathrin, Gemmingen Hubertus von, Gens du cuir, gens du drap à Fribourg au Moyen Âge, Fribourg, Archives de la Société d’histoire du canton de Fribourg, 2013.

Warde Paul, « Trees, Trade and Textiles: Potash Imports and Ecological Dependency in British Industry, c. 1550-1770 », Past & Present, vol. 240, no 1, 2018, p. 47-82, https://doi.org/10.1093/pastj/gty007.

Haut de page

Notes

1 Singer, 1948.

2 Borgard, Brun, Picon, 2005.

3 Delumeau, 1962 ; Ruiz Martín, 2005.

4 « alli quali [tintori] non le altrimenti necessario chel pane a l’homo », cité dans Biringuccio Vannoccio, 1540, p. 31.

5 Cardon, 2014.

6 Pour un large aperçu, voir Kirby, Bommel, Verhecken, 2014.

7 Kirby, Bommel, Verhecken, 2014 ; Córdoba de la Llave, 2015a ; Córdoba de la Llave, 2013.

8 Pour un bel exemple du caractère diffus de l’alun dans de multiples recettes, voir Brambilla, Hayez, 2016 ; Córdoba de la Llave, 2005.

9 Chahine, 2005 ; Córdoba de la Llave, 2013.

10 Notamment pour la soudure des métaux, Córdoba de la Llave, 2015b, p. 144.

11 Córdoba de la Llave, 2020.

12 Pour une présentation d’un inventaire des recettes, voir le site Colour Con Text, https://www.colourcontext.be/fr/.

13 Irène Brückle soutient que la gélatine des papiers anciens contenait de l’alun, Brückle, 1993.

14 Al Azharia, 1999.

15 Picon, 2005.

16 Hocquet, 2007.

17 Çolak, Thirion-Merle, Blondé, Picon, 2005 ; Picon, Vichy, Ballet, 2005 ; Jacoby, 2005 ; Picon, Karadima-Matsa, Blondé, 2016.

18 Pour une présentation du procédé, voir Picon, 2000.

19 En effet, « Alum is historically important as the first substance deliberately prepared in what the modern chemist would regard as a substantially pure state », Taylor, Singer, 1957, p. 369.

20 Elle se poursuivit tout au long de l’époque moderne, voir Delumeau, 1962.

21 Igual, Boisseuil, Martínez Alcalde, 2020 ; Dallai, Bianchi, Stasolla, 2020.

22 Voir le dossier « Le commerce de l’alun en Occident aux xive-xve siècles », Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge, vol. 153, no 2, à paraître en 2023.

23 Halasz-Csiba, 2002b.

24 Pour un aperçu du cycle de production, voir Halasz-Csiba, 2002a.

25 Tangheroni, 1994, p. 189.

26 Córdoba de la Llave, 2002.

27 Delort, 2002, p. 405.

28 Arles, Téreygeol, 2011.

29 Córdoba de la Llave, 2015b ; Giumlia-Mair, 2005.

30 Pour un aperçu des quantité nécessaires en teinturerie, voir Cifuentes i Comamala, Córdoba de la Llave, 2011, p. 98-99, repris dans Córdoba de la Llave, 2015b, p. 58.

31 Demo, 2001, p. 109.

32 Franceschi, 2014.

33 Cherry, 1991, p. 299.

34 Tito, 1973.

35 Galoppini, Zaccagnini, 1994, p. 201.

36 Utz Tremp, Gemmingen, 2013, p. 43, p. 62.

37 Nada Patrone, 1994, p. 25.

38 Curto, 1994, p. 75.

39 Gourdin, 1991, p. 587.

40 Delort, 1978, p. 749.

41 Ammannati, à paraître en 2023.

42 Molà, 2009.

43 Bourgeois, Alexandre-Bidon, Feller et al., 2018.

44 Appadurai, 2014.

45 Faut-il rappeler par exemple l’intérêt de Chaptal pour l’alun, Chaptal, 1798 ?

46 Boisseuil, Rico, Gelichi 2021.

47 Warde, 2018.

48 Les aluns du Moyen Âge. The Exploitation of Mediterranean Alums in Europe (13th-16th Century) / GDRI EMAE (GDRI 811), https://aluns.hypotheses.org.

Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Didier Boisseuil, « Les usages de l’alun »Artefact, 16 | 2022, 133-144.

Référence électronique

Didier Boisseuil, « Les usages de l’alun »Artefact [En ligne], 16 | 2022, mis en ligne le 15 juin 2022, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/artefact/12115 ; DOI : https://doi.org/10.4000/artefact.12115

Haut de page

Auteur

Didier Boisseuil

Didier Boisseuil est maître de conférences HDR en histoire médiévale à l’université de Tours. Il s’intéresse à l’histoire économique et sociale, à l’histoire des techniques de la fin du Moyen Âge, tout particulièrement en Italie. Il a dirigé le GDRi EMAE (The Exploitation of Mediterranean Alums in Europe) de 2014 à 2017.

Articles du même auteur

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search